‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 61 sur 193 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ttyslème central. — MaMlfs de CorAova et de tlaii-L<uiii cl Unni

dépendance».

Le centre de la Confédération argentine , qui est aussi celui du continent sud-américain, entre les 29* et 34® degrés de latitude sud, et les 65* et 68' degrés de longitude , est occupé par un massif de forme à peu près triangulaire dont le grand côté regarde Touest. Il s* étend du sud au nord, en formant une série de petits plateaux qui s'élèvent gFaduellement, et n'offrent des pontes abruptes, exactement comme la chaîne des Andes, que du côté occidental. Mais, à la différence des Andes qui s'élèvent brusquement au milieu du plan incliné qui les environne, ce massif central , excepté vers le sud-ouest , se

dresse pour ainsi dire pas à pas par des contre-forts très-surbaissés qui se confondent avec la plaine et n'arrivent que par degrés aux plateaux du centre , dont Taltitude maximum ne dépasse point 2,300 mètres. Ainsi, vers le sud, la sierra de San-Luis et celle de Cordova viennent se confondre avec la Pampa, vers le 34' degré; le versant oriental tout entier en fait autant : au nord, son dernier prolongement finit au Saladillo , déversoir central du grand bassin des Salines, c'est-à-dire à un endroit où le sol atteint h peine une hauteur de 80 mètres au-dessus du niveau de la mer, malgré son extrême éloignement des côtes. Au nord-ouest, les prolongements de ce massif vers les Salines de Catamarca s'abaissent également en pente douce ; il en est de môme du versîuit qui touche une partie de la province de la Rioja jusqu'à la fin du plateau de la Punilla et au \illage de San-Marcos^ qui se trouve au débouché de la dernière vallée de la sierra dans cette direction. Les pentes abruptes appartiennent au plateau central de San-Javier et de las Achalas^ au plateau secondaire de PocAo, auquel la sierra de Chaquin-chiina sert de contre-fort, et au massif de San-Luis depuis la Punta jusqu'à Quinès,

Ce grand triangle inégal, dont le côté oriental est presque droit, puisqu'il n'a qu'une très-légère courbure vers l'est, embrasse donc la Vîiste étendue de 5 degrés en latitude de ce même côté , où il court exactement sous le méridien compris entre les 63* et 66* degrés de longitude occidentale. Sa base au sud, du bourg depuis le liio-Ctêorto jusqu'à la Punta de San-Luis et ses dépendances, est circonscrite entre les GG*" et GS*" degrés, c'est-à-dire dans l'espace de 2 degrés en longitude. Le grand côté occidental forme une série d'échelons dont le premier finit à Quinès : c'est la sierra de San-Luis; le second, à la petite sierra de la Ccrezuela^ prolongement du plateau de Pocho ; le troisième, aux coteaux qui terminent le plateau de la Pimiila au nord-nord-est de la Cruz del Eje; le quatrième, euiin , à la sierra AWmbarrjasta^ dans la province de Santiago del Estero. La carte fera d'ailleurs mieux juger de cette conformation.

Il y a si peu de différence dans la constitution géologique des sierras de Cordova et de San-Luis^ que nous avons du les décrire en- .<^emble, car elles sont de toute évidence de la môme formation. Il en est de môme de leurs dépendances vei's le sud , tels que le cerro de Suco au midi A\lc/iiras^ des monies isolés du Lince^ de Càazape^ de Tala^ de Chalanta^ de Varela^ au sud de la punta de San-Luis. >ious ne pouvons l'établir d'une manière aussi affirmative relativement au plateau surbaissé de YAlto-Pmcoso^ h la petite sierra de las

SYSTÊMi!: CORDOVAIS. 226

Palmnas, à celle du Gigante, et enfin à celle de las Qiiijadas, toutes petites chatnes qui, se développant en un demi-cercle très-ouvert dont la concavité embrasse le bassin deGuanacache, viennent se terminer près de la sierra du Pié^e-Palo, laquelle fait partie elle-même du système andin. Ces sierras qui ne se composent que d'un morne principid autour duquel se groupent quelques collines allongées, sont d'une faible hauteur au-dessus de la plaine environnante.

Quant à la siertyi de los IJanos^ elle occupe juste le milieu entre le massif de Cordova et la sierra de la Rioja, dépendance des Andes; elle "est environ sous le méridien de 68" 30' et s'étend à peu près dans une longueur de 30 lieues, entre 29''40' et 31** 10'. Sa constitution géologique ressemble à celle du massif central.

Un petit cordon très-bas, la sieira Brava ^ long au plus de 3 à 4 lieues et large d'une demie, se dresse au milieu de la plaine qui s'étend entre la ville de la Rioja et la sierm de Gunzayan^ qui n'est plus qu'à 13 lieues de la ville de Santiago del Estero. Ce dernier groupe de collines est situé sur le prolongement de Ift sien*a centrale de Cordova, mais séparé d'elle par le bassin des Salines, qui, comme nous le savons, s'abaisse presque au niveau de la mer. Entre ces différents massifs aucdognes les uns aux autres, à travei*s la couche alluviale qui forme la plains», s'élèvent quelques buttt^s isolées qui font partie de tous ces systèmes, et que dans le pays on nomme Reventazones de la Sierra (éclats,explosions de la chaîne de montiignes). Ici la dénomination populaire a deviné l'origine de ces boursouflements du sol, en les rattiichaut au système qui a dû leur doinier naissance.

§ I". — Sijstèmc Cordovais,

Le système Cordovais proprement dit forme la partie la plus orientale du massif central. C'est une série de hauteurs, qui, connue nous l'avons déjà indiqué, s'incline très-légèrement à l'est. l*ar ses pentes orientales ce système se confond ^ivec la pampa, qui commence à ses pieds, par Une altitude moyenne de 400 mètres à Cordova même, et à peu près tout le long du méridien de cette ville, depuis Hio-Cuarto^ à rextrémité sud, jusqu'à Sumarnpa^ à l'extrémité nord, sur une ligne de 5 degrés en latitude.

Ces montagnes sont souvent boisées et travt^rsées, au sud du 31'" degré, par d'assez nombreux ruisseaux, qui, utilisés pour la cidture, n'anrivent que bien réduits dans Li plaine et s'y perdent presque aussitôt. Le bourg d'Achiras, où passe la grande route du Chili, se

troMve vers rextrémité méridionale de la chaîne principale qui finit plus loin par de grandes plaines ondulées, couvertes d'excellentes plantes fourragères.

Dans le nord , sous un climat plus sec , les plateaux s'abaissent à un niveau peu supérieur à celui de la mer, dont ils sont à 300 lieues ; ils y forment malgré cela des ondulations profondes semées de grandes roches de gneiss et de micaschistes et recouvertes d'un sable granitique qui n'empêche pas une végétation arborescente assez robuste. Cette partie nord du système Cordovais, qui appartient à la province de Santiago del Estero, et se compose des deux versants d'Ambargasta et de Sumampa , souiFre presque toujours de la sécheresse. Il n'y a point de ruisseaux, mais seulement quelques lagimes temporaires, les étangs artificiels, dits reprcsas^ que construisent les habitants, et des sources naturelles au pied des deux versants. Le terrain médiocrement accidenté de cette région est couvert de maigres broussailles au milieu desquelles peuvent cependant s'élever des bestiaux.

Ces plateaux commencent à gagner en hautetu' a un degré sud du* Saladillo. Vers le bourg du Chafiar, province de Cordova, la roche est moins à la superficie du sol , la couche de terre végétale est plus épaisse et les graminées abondent; de nombreuses vallées croisent la chaîne en tout sens ; mais les pentes sont toujours très-douces , et -toute espèce de chariots les montent et descendent avec facilité. Quant au point culminant de la sierra ou plutôt à son arête principale , elle court du nord au sud, en formant un plateau qui s'élargit de plus en phis , et atteint son maximum de largeur à la Pampa de San-Luis^ aux cumbres (sommités) de las Achalas et k celles de San- Javier et de Lutis^ qui en sont la continuation. Ces hautes plaines très-rocheuses, d'ime altitude variant entre 1800 et 2300 mètres, renferment cependant quelques bons pâturages, et, malgré la rigueur du climat, nourrissent de nombreux troupeaux. Une foule de ruisseaux y prennent naissance et leurs eaux réunies forment les quatre rivières désignées par leur numéro d'ordre , dont la troisième ( Rio-Tercero) arrive seulement au Parana. A peu près sous la latitude de Cordova, la longue et large arête principale que nous venons de décrire est précédée d'une autre zone formée par un chaînon oriental, lequel circonscrit ime première vallée par oii passe la rivière qui arrose cette ville. Ce chaînon gagne en hauteur vers le nord ou il forme, 15 lieues plus loin, les cumbres de la Cal ^ cimes hautes de 1570 mètres, derrière lesquelles, à l'ouest , se trouve le plateau de la PuniUa.

SYSTfcMK CORDOVAIS. 227

Derrière la zoue médiaue principale de tout le massif, celle de las Aehalas, de San-Ja\ier, de Lutis, etc., se présente ini second plateau plus bîis, mais très-remarquable par sa composition géologique, les volcans éteints et les gisements métallifères qu'il renferme. Ce plateau commence au sud par la sierni de Chaquiu-Chuna, qui se détache obliquenïent du massif de Sim- Javier et se dirige au nord-ouest en formant une sorte de demicercle qui embrasse les départements de l^ocho, de la Cruz del Eje et une partie de la Punilla. Cette sierra en forme le re})ord extérieur, et se continue vers le nord par les chaînons de Guaza- l\impa et de la ( iCrezuela, qui s'abaissent vers la plaine de la Rioja, tandis que le bourrelet de Chaquin-Chunaest presque h pic et ne peut se descendre que par des ravins extrêmement mauvais. Le plateau de Pocho compris entre cette sienni , la grande arête des Aehalas et la ligne de cônes volcaniques de la Yerba-Buemi , del Ayua del Tala et de la Ciencfja^ a une altitude moyenne de HOO mètres; celui dt? la Punilla n'en a que 800, et une inclinaison assez rapide vers le nord, dans sa partie supérieure qui ofire un relief inégal et tourmenté.

La ligne des anciens volcans, qui se dirige de Touc^st à Test, en compte quatre, notamment les trois que nous avons déjà cités, dont \v plus occidental que nous avons gravi, celui de la Yerba-Buena, mesure 1643 mètres d'altitude absolue , dont 441 au-dessus de 1 estancia AlJorcosim qui est à ses pieds. Ce cône trachytique est tout à fait sur le bord le plus occidental du plateau, et la pente >ers la plaine de la Uioja est extrêmement abrupte. Le cerro del Agua del Tala est moins escarpé; celui de la Cienega forme un cône parfait. On ressent quelquefois, dans les environs de ces volcans, de très-légères secousses de tremblements de terre, et l'on entend, dit-on, de temps à autre, des détonations souterraines; mais, de mémoire d'homme, ils n'ont jamais jeté ni flamme, ni fumée, et aucun n'a de cratère apparent. Cependant les ponces et surtout les trachytes abondent autour; cette dernière roche y forme des liions giisutres, qui croisent les environs eu différents sens; on en trouve même à 2 lieues du pic principal.

Le plateau de la Punilla, exclusivement formé de gneiss, de micaschistes et de granits très-feldspathiques, se continue vers le nord et se confond avec les plateaux plus bas encore à'hchiUn et de Quilitio. Les eaux assez peu abondantes qui viennent du v(Tsant occidental de l'arête principale, traversent ces deux plateaux inférieurs pour aller se perdre dans la plaine d(^ la Uioja.

Les gisements métalliques renfermant du plomb argentifère en

328 OROGRAI^HIE.

abondance se trouvent au nord et très-proche des cônes volcaniques de Pocho, disséminés dans les petits chaînons du Guayco et de la Higuera. Ce district minéral peut avoir 15 à 16 lieues de superficie. Les minerais de cuivre se rencontrent dans le chaînon le plus oriental, au bord même de la pampa, entre le Rio-Secundo et le Rio-Tercero. C'est aussi à ce chaînon oriental qu'appartiennent les dépôts abondants de calcaire saccharoïde qui rendent la sierra de Cordova si remarquable. Ces dépôts ne lui sont pas pourtant exclusifs, car on en retrouve sur un grand nombre de points de tout le massif.

Placée sous un beau climat, avec une altitude peu considérable, la sierra de Cordova a une belle végétation, des cultures, et est peuplée partout.

§ II. — Système Puntano ou sierra de San-Luis.

Comme l'ensemble du grand massif central, la sierra de San-Luîs forme aussi un triangle rectangle irrégulier dont le côté gauche regarde l'ouest, et à sii pointe fait une légère courbe vers le nord-nordest. Le côté droit, qui vient finir à la pointe du Morro, est très- irrégulier, et se compose de petites chaînes secondaires qui s'abaissent successivement pour se relever au Morro, circonscrivant entre elles une belle vallée, celle de Concaran, occupée par un assez grand nombre de villages.

Le côté occidental de la sierra de San-Luis est très-abrupt. ïl commence à lapunta qui a domié son nom à cette ville : c'est un pic élevé de 700 mètres au-dessus de la plaine environnante, qui a elle-même, en moyenne, une altitude de 800 mètres. Sa continuation vers le nord est le cordon du Paricanta^ dont l'altitude absolue dépasse 2,000 mètres. Cette haute chaîne se prolonge dans le Motiigote^ presque aussi élevé, puis dans les montagnes des environs de la villa de San-Francisco, où elle commence à s'abaisser, pour finir à Quinez, situé par environ 32°. Quelques petites élévations de même nature feldspathique que le reste se détachent vers l'ouest, sous le nom de sierras de Socoscora^ de San-Francisco^ de Las-Saladas, . .

Le massif de San-Luis, par sa face sud, offre une grande ouverture simulant une baie d'une quinzaine de lieues de diamètre, dont les deux caps avancés sont, d'une part la Punta, de l'autre le Morro, et dont le fond est formé par la ligne bizarrement déchiquetée du Tomalasta^ du Sololosta^ de Xlntigua^ des cerros del Valle^ 4e Piedrâ^ Pelado^ Largo^ etc., etc., ligne en partie tracbytique, ima-

SYSTÈME DE SAN-LUIS. !t%9

log^e à QçUe du plateau de Pocho, et dirigée comme elle de l'ouest à Test. Le contrefort sud du massif principal de Pancanta se prolonge, par VAlto-Grande^ en ondulations herbeuses, qui s Rabaissent successivement vers la pampa d'une manière presque insensible. Le centre de la sien*a est occupé par la ligne des pics que nous venons de citer, et qui se groupent ainsi sur le plateau central dans une direction est-sud-i^st. Derrière eux, vers le nord, s'étendent les reliefs longitudinaux de Snnta-Barbara et de la piinta del Agua. Os petites chaînes circonscrivent de belles et larges vallées, dont la plus orientale a pour limites les contre-forts de la partie sud-ouest de la sierra de Cordova, les chaînons secondaires de YEstanzuela et du Partezuelo.

A leur extrémité nord, les derniers prolongements de la sierra de San-Luis font face : la pointe de Quinez, à la plaine ; les autres, oelles de Santa-Barbara, de la punta del-Agua, etc., à la sierra de Chaquin- Chuna, rebord sud-ouest du plaUviu de Pocho.

La sierra de San-Luis est moins longue et moins élevée que celle de Cordova dont eQe n'est, en somme, qu'une dépendance, et de la nature de laquelle elle participe. Il y a cependant une différence assez notable au point de vue de la constitution géologique, c'est la prédominance du mica et du quartz dans les roches gneûssiques qui forment une grande partie de son ossature. Le mica est si abondant, que tout le sable des ruisseaux qui en viennent, même celui de la plaine, est brillante et d'un éclat que nous n'avons vu que là. Quant au quartz pur, il y forme* tantôt des monUignes presque entières, tantôt des culots, des dykes puissiuits qui viennent saillir au sommet d'une colline de gneiss ou de feldspath en murailles cristallines d'une éblouissante blancheur, ou bien leurs débris sont disséminés en gros blocs resplendissants sur le dos des montagnes. Il existe môme dans la vallée de Concaran un gros prisme quartzeux isolé qui forme à lui seul une sorte de pyramide d'un blanc de neige qui se voit de très-loin.

. Les pics isolés du centre, que nous avons nommés, le Tomalasta, le Cerro-del-Vallé, l'Intigua..., forment un système à part, et ressemblent beaucoup aux cerros (montagne isolée, morne), évidemment volcaniques de Pocho. Cependant la roche qui les compose, tout en ayant l'apparence trachytique, est plus compacte et renferme une quantité de mica en petits points brillants. En beaucoup d'endroits, ces roches s'effeuillent et se délitent à la manière de certains basaltes et se creusent des cavités qui, dans le cerro de Tlntigua, arrivent à

230 OHOGRAPHIK.

former une grandt» caverne de 3S mètres de diamètre sur autant de fond, etemiron 8 mètres de hauteur h son milieu.

Les roches qui entourent le Sololosta, gros morne isolé, de 250 à 300 mètres de hauteur au-dessus de la vallée environnante, affectent les formes les plus bizarres. Au milieu des arbustes qui les entourent, sur le fond bien vert de la vallée, elles produisent Feffet le plus pittoresque. Le Tomalasta est un morne conique, le plus élevé de toute la sierra de San-Luis. Il est traversé de nombreuses veines de quartz aurifère, et h ses pieds s'ou\Tent plusieurs mines dont les travaux sont repris et interrompus tour à tour. Près du point culminant de cette sieiTa, se trouvent plusieurs vallées et le plateau de Los^ CeiroS'Blancos^ qui, s'iuclinant doucement vers le nord-est, renferme le département de Santa-Barbara.

Le massif de San-Luis a donc un degré et demi en longueur du nord au sud, pas tout à fait un dans sa plus grande largeur, qui correspond à la Puntii et au Morro. Ce dernier chaînon, dont l'élévation paraît égaler celle du Pancanta, se joint, au nord-ouest, avec la petite sierra de Rosario, qui parfait le demi-cercle de cette sorte de baie terrestre dont nous avons parlé.

Quant aux petites sierras du sud, qui forment aussi une sorte de demi-cercle embrassant depuis la Punta de San-Luis jusqu'au lac Bebedero, elles ont fort peu d'élévation. Ce sont plutôt de gros mornes, flanqués de quelques collines, qui limitent Textrémité méridionale du grand bassin desséché compris entre la sieiTa de San-Luis, l'Alto- Pencoso, Las-Quijadas, etc., etc. Leur nature est pareille à celle de la Punta. Ce sont, en procédant par le point le phis voisin de ce dernier pic et en suivant vers le sud-ouest, le Lince, les cerros de Caazape, ceux del-Tala, de Chalanta, et enfin la petite sierra de Varela, qui touche presque au Bebedero.

La sien*a de Lns-Pa l ornas , qui se surajoute à Y Alto-Peticoso^ grande croupe très-surbaissée qui sépare le bassin du Rio-Desaguadero de la plaine de San- Luis, est peu élevée et analogue aux précédentes; elle renferme, en outre, beaucoup de sulfate de chaux cristallisé et des grès compactes.

La sierra del Giyante^ suite de celle de Las-Palomas, dont elle n'est séparée que par un petit vallon, est encore plus calcaire, mais le quartz y est également abondant. Entre cette chaîne et celle de San-Luis s'étend une vallée tri»s-plane, dans laquelle se creuse, du côté occidental, la Caiiada-de-la-Travesia^ ce lit desséché d'un irrand counuit d'eau dont une branche se termine au lac Bebedero.

SIERRAS DE LOS LLANOS, BRAYA-GUAZAYAN. 331

La sierra de las-Quijadas commence sous le même méridien que le Giganle, mais plus au nord; elle forme un arc de cercle qui va se terminer, au nord-ouest, non loin du gros massif triangulaire du Pié de Palo, lequel appartient au système des Andes. La sierra de las Quijadas semble être le chaînon qui fait communiquer Fimmense arête des Cordillères avec le système central.

§ IIL — Sierras de los-LUmos, Brava de Guazayan,

\J^ sierra de loa-Llanos delà Rioja est un petit massif allongé d'une trentaine de lieues, très-surbaissé, un peu ovalaire, divisé en trois cordons, dits costa-alta, costa-media et costa-baja (côte haute, côte médiane et côte basse). La plus haute de ces trois côtes, suivant la disposition de toutes les chaînes que nous venons de décrire jusqu'à présent, est la plus occidentale, comme la plus basse est la plus orientale. Ces cordons circonscrivent quelques vallées généralement très-sèches, car le sol est pierreux partout, et cette sierra appartient, comme les précédentes, au feldspath et i ses composés. Ses deux versants offrent différentes sources, souvent d'eau S(uimâtre. Les bois maigres et peu touffus qui la couvrent y maintiennent quelques ruisseaux que la première sécheresse tarit. Comme le massif central, elle renferme de nombreux gisements métalliques. Cette sierra s'élève comme une île au milieu d'une plaine absolue qui semble être le lit d'une ancienne mer, dont les Andes d'une part, de l'autre les sierras de Cordova et de San-Luis auraient circonscrit le bîissin ; c'est de chaque côté que l'on trouve les déserts, les salines. La sien*a de los-Llanos est très-basse; elle n'a aucun pic, aucun morne isolé, mais de simples collines qui s'allongent dans le sens des trois cordons que nous venons de nommer. Ce qui la caractérise le plus, c'est son isolement au milieu des solitudes arides qui l'entourent : aussi sa population forme-t-elle une fraction particulière du peuple argentin.

Sietra Brava. — Située 20 lieues plus au nord que la sierra de los-Llanos et à peu près sous le même méridien, elltî a la même structure géologique. Si elle ne se trouvait entièrement isolée au milieu d'une plaine absolue, on n'y ferait pas attention. Elle se rattache évidemment au même système.

Sierra de Guazayan, — Celle-ci diffère de la précédente, dont elle est au moins à 50 lieues dans l'est-nord-est, en ce qu'elle se rat-

OROGRAPHJK.

tache au système Cordovais dont elle a les mêmes roches feldspathîques, partagées par des filons de calcaire cristallin, et en outre par des grès nombreux. C'est un petit massif très-peu élevé, long d'une douzaine de lieues, et qui en a deux au plus de large dans sa partie moyenne. Pour l'apparence, c'est exactement le même relief que les sierras d'Ambargastii et de Sumampa qui sont à 40 lieues au sud-est, mais avec lesquelles il se lie par de petites buttes granitiques isolées qui se lèvent de temps à autre au milieu de la plaine basse des salines, entre ces deux systèmes. Ce petit groupe est sec comme tous les terrains de la province de Santiago, en partie couverte de bois, et n'est guère habité que par des pasteurs. Dans les bas-fonds seulement il y a un peu d'agriculture. On en tire surtout de la pierre à chaux.

Positions et Mtltucteii de» principaux poinUi da «yiitème central des

montaipies de la confédération (1).

Altit.

Lat. S. Loait' 0.

AutoriU».

lU)urg de Rio-Guarto (système cordovais.

Plaine au sud) 61/im 33* 7' 66" 2' De Labei^e.

Bourg d'Achiras (pointe de la sierra) SUS 33" 9' 66*32' id.

Cucliilla (colline) del Portezuelo (id.) 986 33" 10' 66" W id.

Bourg de San-José-del-Morro (à la pointe

duMorro) i0/i6 33f 15' 67" 12' id.

Gué (/'a.vo) du Rio-Ouinto 790 33" 18' 67" 23' îd.

Cuchilla del Mlo-Ttrande 1123 33« 20' 67* 37' M. M.

Ville de San-Luis 766 33" 17' 67* û7' De Laberge.

Sommet du Cerro de la Punta 1415 33* 17' 67* Û6' id.

Pied de la môme montagne à rojo-de-

Agua 855 id. id, id.

Plateau des cerros de las Piedras-Blancas

dans la sierra de San-Luis, au tiers du

demi-cercle que fait le système des pics

de TomalasU, Sololosta, Intîgua, etc. . . 1603 32" 50' 67' 35' M. M.

Vallée de la (;anada-Honda 1666 7 id.

Sommet du Tomalasta ou Cerro de las

Minas 2117 ? îd.

Village de la Carolina, dans la vallée de ce

nom, au pied du TomalasU 1720 ? id.

Plateau du village de los Cerros-Blancos. . 1690 ? ^ id.

Guesta del Palmar. Commencement de la

(1) Toute* les altitudes iiidiquires ont étt- ealcui^es [»ar nous d*Après des observations barométriques directes. — I-,es latitudes et longitudes, a\ec noms à Tappui, ont été fixées par dei obserTatiolU astronomiques. Toutes les autres ont été estimées par noui d*après nos Itinéraires.

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