CHAPITRE III
Système da Aad.
Ce système se compose d'une série de petites chaînes basses, mais souvent très-abruptes, comprises entre le 37" et le 38" degré de latitude sud, 39** et 64** de longitude occidentale. Elles touchent d'une part à la mer, au cap Corrientes, par 38°6' de latitude , et de Tautre se terminent au milieu de la grande plaine des Pampas. Au lieu de se diriger du nord au sud, comme le§ deux précédents systèmes, c'est c^e Test à l'ouest, avec une très-légère inclinaison vers le sud, que
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sV*chelouneut ces chaînons, en laissant tontefois entre eux de grands espaces vides où la pampa reparaît.
Ces groupes montagneux s'étendent dans Tordre suivant, en partant du cap Corrientes où finit le prolongement oriental des hauteui's du Yulcau :
Sierra del Vtdcan^ — del Tandil^ — de la Tinta ou Amarilldy — de losHuesos^ — de Chapaléofu^ — de Tapalquen; puis à Touestsud-ouest, im groupe complètement séparé et distinct des précédents, celui des sierras de la Vetitana et de Guamini.
Différentes expéditions militaires faites à plusieui's reprises par le gouvernement de Buénos-Ayres, ainsi que les reconnaissances de Texpédition scientifique du Beagle^ ont fourni des renseignements précieux sur ces montagnes placées ti T extrémité du désert et dont les Indiens Pampas occupent en partie les environs.
La sierra del Vtdcan commence près de la mer et s'élève doucement en formant de grandes ondulations de terrain dont la plus haute aiTive à 273 mètres ( D. Felipe Senillosa). Son versant septentrional regarde plusieurs lagunes, dont Tune est la lagxina de ias Padres^ près de laquelle les jésuites avaient fondé, en 1747, la mission de Nuestra Seilora del Pilar, qui fut abandonnée en 1763 par suite de Timpossibilité de discipliner les Indiens Pampas, lesquels, habitués à la vie nomade, s'assujettissent difficilement à l'agriculture. Cet établissement, bien situé, dans une petite vallée parfaitement arrosée, non loin du lac assez étendu appelé Mar- Chiquitn (petite mer), qui communique avec l'Océan et peut servir de port de cabotage, serait devenu important, s'il avait eu de meilleurs éléments à mettre en œuvre. Cette sierra présente, malgré sa faible liauteur, de grands escarpements qui , en certains endroits, la font Tessembler à une muraille. Les sommets sont formés de petits plateaux qui renferment de bons pâturages, très-fréquentés des Indiens. Ceux-ci parviennent à y monter par quelques ravins assez rapid(»s et connus d'eux seuls. Les sommets les plus remarquables qui composent cette chaîne sont connus sous le nom de Cetro-Paulino^ de los Padres, Nogote, los Tres-Cerros^ etc., etc.
Une large ouverture plane, dite Vulcan (mot pampa qui signifie ouverture), sépare ce groupe de celui du Tandil qui est plus à l'ouest, et où, en 1828, le gouverneur Rodriguez fit bâtir le fort de ce nom. La petite chaîne du Tandil est analogue à celle du Vulcan. Elle a pourtant des sommets plus élevés, puisque les explorateui's de 1825 en fixent le point culminant à 340 mètres. Ses ruisseaux coulent veij
le nord-est et vont fertiliser de ce côté des pAtiirages qui sont les meilleurs de la province de Buenos- Ayres.
Le même système se continue «vers Toùest-nord-ouest sous le nom de sierras de la Tinta^ ou AmaYilla^ de los Huesos^ deChapaleo/id, de Tapalquen. Ici les pentes sont beaucoup plus douces que dans la sierra del Vulcan, et Ton arrive sans peine sur les sommets de ces collines. Depuis rétablissement de la nouvelle frontière de 1828 et l'expédition au désert de 1833, toute cette région s'est peuplée et renferme^ de bonnes estancias ; malheureusement elle est encore exposée aux incursions des Indiens qui revendiquent ce territoire comme leur appartenant. Tous les courants d'eau qui descendent de ces collines suivent une direction nord-est et vont se perdre dans des ba&-fonds couverts de roseaux où ils forment quelques petites lagunes. Ce que Ton appelle Picos de Lima-huida et de Curico n'atteint en réalité que de faibles hauteurs qui ne dépassent point 58, 60, et 70 mètres au*de8Sus de la plaine environnante, mais que Thorizontalité du terrain fait paraître plus élevées.
Ce groupe peut avoir une longueur totale de 160 milles. Tous ses reliefs appartiennent à la même formation géologique où prédominent les quartz, les granits, les gneiss, enfin les roches primitives. Les sierras de la Ventana et de Guamini qui forment deux groupes séparés, ou du moins réunis seulement par quelques ondulçttions de terrain connues sous le nom de sierra de Currn-malal^ sont à Touestsud-ouest des dernières croupes de Tapalquen. Elles se rapprochent de la série de lagunes, dont le point principal est le lac de las Salinas^ situé par 37° 10' et 66"* 40' de longitude occidentale. Les ruisseaux qui descendent du versant occidental coulent vers ce bassin ; ceux qui viennent du versant oriental, tels que le Saucer-Grande et le Que^ jen-Salado , vont à T Atlantique. Cette sierra est beaucoup plus élevée que les précédentes, puisque, selon les explorateurs de 1822, elle a 760 mètres, ou 1020 suivant Fitzroy, qui estime la distance du point culmincant à 45 milles de la côte. Il est vrai que les premiers ne jugeaient de l'altitude que relativement au ten'ain où ils avaient pris leur base. Le naturaliste Darwin l'a gravie et l'a trouvée composée de quartz blanc et d'autres roches métamorphiques. Le sol est absolument nu, sans apparence d'aucune végétation; rien de plus désolé et de plus solitaire que cette montagne. Les collines environnantes offrent des escarpements très-abrupts. Quant au bas, l'humidité du sol y entretient d'excellents pâturages trèsfréquentés des Indiens. Il avait été question d'y établir un fort, mais