V. Les roches éocènes de Soukahoumi
1. Au sud de la voie ferrée, entre Karangiëngah et Soukaboumi, s'étend un terrain éocène divisé en 12 petits terrains se rattachant sous la couverture, composée en partie de brèches et calcaires miocènes anciens, en partie encore de matériaux volcaniques. L'un de ces lambeaux est situé à l'ouest du Tii Tiatih, au pied septentrional du Gg. Mësiguit; les autres sont tous situés à l'est de cette rivière. Le plus grand lambeau, le Gg. Walat, a plus de 5 kilomètres de longueur et une largeur de f de kilomètre. Les couches consistent essentiellement en grès quartzeux, avec quelques couches d'argiles et de charbon, ces dernières d'une faible épaisseur; et en une couche de schiste carbonifère à cordons de charbon, d'une épaisseur de 2 à 3 mètres, qui a été explorée en divers points au point de vue de l'industrie minière, mais a été reconnue de trop mauvaise qualité pour être exploitée.
Au Gg. Walat, les couches forment un bassin ; plus au Sud, une ou plusiers selles; et enfin, encore un bassin, comme on peut le voir aux Figs. 52 et 53. Au bord méridional, les couches miocènes ont été soulevées par pression le long des éocènes.
L'épaisseur de la partie visible du terrain éocène est ici de 300 mètres environ, mais l'épaisseur réelle peut être notablement plus grande.
2. Au sud de la halte de chemin de fer Gandasovli, à l'est de Soukaboumi, à la rive gauche du Tii Mandiri, s'étend une petite arêtci portant les cimes Pogor et Adag, qui consiste en grès quartzeux dont D. = 114', I. ^ 28'' au Sud. Les brèches et grès miocènes qui l'environnent ont D. = 92° à 112°, mais la pente est raide et au Nord, de 64" à 70'.
VI. Les couches éocènes des vallées du Tii Sokan et du Tii Taroum. I. Vallée du Tii Soukarama. Au sud du village de Tiikondang est
situé le confluent du Tii Soukarama et du Tii Sokan. Dans le cours supérieur du Soukarama est dénudé un peu de grès quartzeux, recouvert de calcaire à nummulites qui, vers le Sud, se recouvre à son tour, à peu près en concordance, de brèches et grès miocènes; puis d'un banc calcaire épais à orbitoïdes miocènes caractéristiques; et enfin à nouveau par des grès et des brèches; l'inclinaison est constamment au Sud. Vers le nord, on rencontre des grès et brèches miocènes, inclinant au Nord, qui toutefois ne correspondent pas aux couches méridionales, car le calcaire miocène épais y fait défaut. Il est donc probable que les couches éocènes sont longées par une faille contre laquelle les couches miocènes ont été soulevées du côté nord.
Fossiles. Les grès quartzeux fins (Nos. 1095 et 1096) présentent, sur
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quelques surfaces de contact, des empreintes peu distinctes de foraïuinifères. Dans le calcaire (No. 1097, 1098 et 1099), on observe un nombre exceptionnellement grand de foramin itères, que l'on ne peut cependant extraire en leur entier de la roche dure, bleu-grisâtre, et qu'on ne peut donc examiner que dans les plaques microscopiques. On y reconnaît au moins 3, peut-être 4 espèces de nummulites, ou même davantage, qui ressemblent fort à celles de l'étage / de Pëngaron, en Bornéo; mais on n'a pu les identifier à celles-ci avec certitude, car on a affaire à toutes sortes de sections obliques.
Nummulites spec, D. = 20 à 24 mm., é. := 2^ à 3 mm. Un très grand nombre de tours serrés, même 10. pour un rayon r. = 2} mm.: chambres très longues et très basses. Est très probablement identique au N. Sub-Brongniarti de Pëngaron, en Bornéo,
Nummulites spec, D. = 14 mm., é. = 4 mm. Tours nombreux, 10 ou II. Ressemble fort au N. Biarîtzensis spec. de Bornéo.
Nummulites spec. Disques plus petits 0^4 mm., é, = 2 mm., à grande loge centrale et 6 à 7 tours. Ressemble à de jeunes exemplaires de N. Striata var. f. de Bornéo, (peut-être bien une N. Ramondi spec).
Nummulites. Encore une ou plusieurs espèces.
Cycloclypeus. Sections transversales, longues et minces, D. = 10 mm.
Alveolina spec. Petite espèce, ne ressemblant /ai à l'espèce éocêne de Baguëlen. Les sections n'ont qu'une longueur de 1.45 mm. et une épaisseur de 0.4 mm.; elles ne présentent, il est vrai, dans chaque tour de spire qu'une seule rangée de chambres, de même que l'espèce éocène de Baguëlen, [mais leur forme est ronde ou elliptique et non rectangulaire, ainsi que chez l'A. javana {Voir section V.)
Orbitoides du sous-genre Discocyclina. GûMB.
Lithoihamnium, en nombreuses sections.
De nombreux petits foraminifères, textularia etc.
Comme les nummulites ressemblent fort à celles de l'étage 7 de Pëngaron que j'ai tenues jadis pour éocènes et que je considère à présent comme plus jeunes (oligocènes) ; et que les petites alvéoltnes ne ressemblent pas aux éocènes de Baguëlen, un âge éocène est pour ce calcaire moins vraisemblable qu'un âge oligocène. Toutefois, il est probable que les grès quartzeux qui gisent sous le calcaire sont éocènes, car c^s roches n'existent pas dans les terrains que nous sommes tentés de regarder comme oligocènes. Ce terrain est représenté en coupe dans la Fig. 58.
Un peu plus à l'Est, dans la vallée du Tii Héa, surtout dans l'affluent de droite Tii Rangkong et aux alentours, on rencontre des blocs isolés de grès quartzeux; mais le terrain éocène n'y apparatt pas en couches massives.
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2. Au sud de Radiamandala, le Tii Taroum perce les brèches et le calcaire; à la rive gauche, les couches miocènes sont redressées et inclinent toutes au Sud, ainsi que la couche calcaire, qui, près du hameau de Gouha, n'existe que dans une seule série (voir Fig. 59}; à la rive droite on trouve deux séries de calcaires miocènes, qui forment une selle, et entre lesquelles apparaissent un peu de grès quartzeux et de conglomérats de quartz éocènes, ainsi qu'on l'a représenté dans la Fig. 60. La disposition y est très nettement discordante, car la direction des grès éocènes est de 35° à 50° ; la pente est raide, même verticale, tandis que les roches miocènes qui les couvrent ont une direction qui se rapproche de 90°. Dans le lit de la rivière Tii Sambèng, on voit distinctement que les couches éocènes forment une selle à arête aiguë. A l'Est de ce point se montrent, en divers endroits, des blocs incohérents de grès quartzeux, qui ont été englobés dans des couches miocènes ; mais on n'y voit pas de couches éocènes massives. De pareils blocs se rencontrent, entre autres, dans le Tii Léat, au Sud du hameau Tiiléat, et plus au Nord-Est, sur la grande route postale et le long de cette route, entre les poteaux 18 et 15, près des localités Tiibogo, Tiîsitou et au Gg. Mësiguit.