‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 2)Chapitre 126 sur 224 · IX. Les volcans · texte numérisé non relu

IX. Les volcans

L'activité éruptive, qui était très violente au commencement de l'époque miocène, faiblit peu à peu dans cette période; dans l'étage m, nous trouvons encore diverses couches interposées d'andésite et de basalte; dans l'étage m, elles sont peu nombreuses et dans l'étage m g on ne connaît, jusqu'à présent, aucune roche éruptive.

Age des volcans. A la fin de l'époque tertiaire, après le soulèvement des couches et probablement à la suite des dislocations qui en furent la conséquence, l'activité éruptive s'accrut considérablement; en nombre de points se dégagèrent des matières en fusion, en coulées de lave ou en projections meubles, et l'on peut admettre avec certitude que le début de cette recrudescence d'activité tombe déjà dans la période tertiaire. C'est ainsi que les ^^s marneux, près de la station de la voie ferrée Lawang, en Solo, consistent en sable volcanique, à peu près Inaltéré, aggloméré par du calcaire spathique ; les feldspaths sont très frais et à angles vifs, et ressemblent complètement à. ceux qu'on rencontre dans certains tufs volcaniques quaternaires. Il est probable que ces marnes, et nombre d'autres de l'étage m^, se sont formées par des déjections volcaniques, qui tombèrent dans la mer, où elles furent enveloppées de limon calcaire.

Les roches leucitiques et phonolithiquesaussiappartiennent incontestablement à la période tertiaire, car on a rencontrédes fragments deces roches dans les couches tertiaires avoisinantes. En ce qui concerne certains volcans de leucite (Bawéan, Ringguit), il n'est pas certain s'ils ont encore été actifs après l'époque tertiaire; pour d'autres (Mouriah), on peut admettre qu'ils étaient encore en activité à l'époque quaternaire,

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parce que leurs produits recouvrent le calcaire de l'étage m^; mais d'aucun d'eux on ne connaît d'éruptions dans les temps historiques. A cause de leur forme de cônes isolés, à cratère bien net, et aussi à raison de l'incertitude qui règne sur leur âge, on les a réunis, comme un groupe relativement plus ancien, aux volcans récents ; et on ne les a pas traités en même temps que les andésites tertiaires, dont ils ne doivent pas fort différer, en partie, quant à l'âge. Ainsi, le Lourous p. ex., présente dans un anneau de roches leucitiques, un jeune cône d'éruption d'andésite à hornblende, qui offre une grande analogie avec la roche du Gg. Lasëni et d'autres andésites tertiaires.

On a même rencontré dans des sédiments néo -tertiaires de Bêsouki, des particules de pierre ponce, qui doivent provenir des volcans voisins, de sorte que chez un grand nombre d'entre eux la première activité paratt s'être manifestée par une éruption de ponce. Maïs comme il existe aussi des fragments ponceux dans l'étage miocène inférieur m,, et qu'en Bantam et en Préanguer une grande partie de l'étage m^ consiste aussi en tufs ponceux blancs — alternant avec des marnes fossilifères, donc assurément tertiaires, bien qu'ils commencent à ressembler fortement aux tufs ponceux quaternaires, qui d'ordinaire sont seulement encore plus fins et plus tendres, — on voit que, durant toute la période tertiaire et la période quaternaire jusqu'à nos jours, il s'est produit des éruptions de pierre ponce; et nous arrivons à cette conclusion, que nos éruptions volcaniques récentes ne sont que la continuation de celles de l'époque tertiaire, dont la violence s'est accrue vers la fin de cette époque et qui atteignirent leur maximum d'activité dans la période quaternaire.

En effet, bien que le début de l'activité volcanique tombe dans l'époque tertiaire, il est incontestable que le massif principal des grands monts coniques est plus jeune que les couches tertiaires, vu que leurs produits recouvrent partout ces couches.

Configuration des volcans. Une distinction notable entre les volcans récents et les roches éruptives tertiaires anciennes se manifeste dans leur configuration. Alors que ces dernières se dégi^èrent d'ordinaire par des fissures, plus ou moins longues, et que par suite on n'y observe que rarement la forme d'un cratère, les déjections des volcans récents s'amassèrent presque toujours autour d'un centre, pour former des monts coniques présentant, presque toujours, un cratère bien distinct. Plus il s'est écoulé de temps depuis la cessation de l'activité, plus irrégulière est généralement la forme du cratère, car celui-ci a perdu par érosion sa forme circulaire primitive. Chez la plupart, on peut encore reconnaître des fragments des anciens bords circulaires, formés par effondrement; et sur la carte on les a signalés par des lignes rouges en trait plein ou interrompu.

Cependant, comme quelques points d'éruption miocènes présentent aussi un bord de cratère plus ou moins apparent, il est souvent difficile.

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lorsqu'ils n'offrent pas de contact avec des sédiments tertiaires, de constater si l'on a affaire à un volcan tertiaire ou à un volcan érodé, plus récent.

Cratères primitifs et cratères d'effondrement. Le cratère actuel de la plupart des volcans n'est pas en général, le cratère primitif; lorsqu'un volcan s'édifie par projection de matières incohérentes qui s'amassent autour d'un point central, il prend une forme conique régulière, dont la génératrice est une courbe logarithmique i); au sommet on trouve une petite dépression, l'ouverture de la cheminée, ou le cratère primitif. Or il arrive très souvent que la partie supérieure des volcans s'effondre par l'excavation du manteau ; il se forme alors une grande dépression circulaire, qui peut prendre parfois des dimensions colossales et que l'on nomme d'ordinaire aussi tout simplement le „cratère".

Il n'est pas rare que dans le cratère effondré se forment des cônes plus petits de points d'éruption plus jeunes ; ou bien il y apparaît seulement des fumerolles et des solfatares.

Ce sont les bords de ces cratères d'effondrement qui éprouvent une modification continuelle par l'érosion. Primitivement, ils se rapprochaient tous de la forme circulaire ; et ces cercles ont été indiqués sur la carte, car ils donnent une image fidèle de l'étendue des espaces effondrés. L'éruption du Krakatau, en 1883, a fourni la preuve que les grands effondrements ne se bornent nullement aux temps préhistoriques; l'effondrement sensiblement circulaire qui s'est produit alors a un rayon de près de 4 kilomètres.

Produits tes plus anciens. Comme par l'entassement des matières meubles et des coulées de lave autour d'un point central, les produits anciens sont recouverts par les plus jeunes, il n'est pas, en général, possible d'apercevoir les plus anciens ou premiers produits des grands volcans. C'est donc un hasard particulièrement heureux qu'il existe aussi à Java, de même qu'à Sumatra, quelques embryons de volcans, dont l'activité a cessé peu après leur édification. Ils sont constitués de déjections basaltiques, d'ordinaire de teintes claires; et il est très vraisemblable que les .produits les plus anciens des grands volcans, dérobés à présent au regard, consistent aussi en déjections ordinaires, soit de basalte, soit d'andésite. Ce qui prouve qu'ils ont un âge plus reculé, c'est que ces petits cônes sont recouverts des produits des grands volcans voisins.

Matériaux. Les matériaux des cônes volcaniques récents consistent en produits incohérents d'andésite et de basalte — gros blocs, sable et cendre, cette dernière désagrégée à la surface en une ai^ile brune —

(i) Voir R. D. M. Verbkee. Topc^pvfische «n geol<^sche beschiijving van een gedeelte van Sntnatra'g Westknst p. 391 & 398.

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et en coulées de lave. Puis en produits vitreux, pechstein, obsidienne et pierre ponce, qui sont toutefois à Java beaucoup moins importants que les roches à pâte ,, pierreuse". Parmi les andésites, on trouve principalement des andésites à pyroxène; néanmoins, il y a aussi des andésites à hornblende, lesquelles cependant sont peu nombreuses en comparaison des andésites miocènes anciennes.

Influence des volcans sur le relief de Java. Altitudes. Beaucoup de volcans atteignent des altitudes de 2000 à plus de 3000 mètres; ce sont donc, bien que les plus jeunes, les plus hautes montagnes de Java, car les anciennes andésites, avec les brèches qui s'y rattachent, ne dépassent pas 1900 mètres environ (seuls l'Halimoun II et le Sanggabouwana, sur la frontière de Bantam, s'élèvent respectivement à 1929 et 1919 mètres), Vt les sédiments tertiaires ne vont pas au delà de 1350 mètres.

Ils contribuent donc dans une large mesure au relief de Java; ils donnent à cette (le le vrai caractère montagneux; et par la désagrégation facile des produits meubles, riches en sels de sodium et de calcium ils donnent en même temps au sol un haut degré de fertilité.

Plusieurs volcans, notamment dans les Préanguer, et tous les volcans de Bantam et du détroit de la Sonde, ont néanmoins une altitude inférieure à 2000 mètres.

Altitude des principales cimes volcaniques. Les altitudes des cimes volcaniques les plus importantes de Java sont:

*ci Le Sémérou 3676 mètres

+ 0 Le Slamat 3472

L' Ardiouno 3339

Le Soumbing 333^

*o Le Raoun 3332

* Le Lawou 3265

* Le Wëlirang 3156

Le Mérbabou 3 '45

+ 0 Le Sëndoro 3145

* L' Argopouro 3088

* Le Tiërimaï 3077

Le Këpala (Aïëk aïëk) 3035

Le Diambangan (Aftk aïëk) 3020

Le Pangrango 3019

14 cimes dont

l'altitude dépasse

3000 mètres.

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45 cimes entre

3oooet 2000

mètres d'altitude.

Le Guëdé 2958 mètres

Le Souklèt (au N. du Raoun) 2950 „

Le Mèrapi (en Solo) 2875 „

Le Boutak (chaîne du Kawi) 2868 „

Le Tîikouraï 2820 „

L'Aïëk aïèk 2819 „

Le Mërapi (chaîne de r Mien) 2800 ,,

L'Ai^owoulan (Tëng^uër) 2725 „

Le Papandaïan 2660 ,,

Le Kawi 2651 „

Le Ranté (Mien) 2644 „

Le Poundak lèmbou (Tëngguér) . . . 2635 „ Le Kèndang IV (au nord du Papandaïan) 2608 „

Le Prahou 2565 „

Le Dorowati (Wilis) 2556 „

Le Patouha 2433 „

Le Gg. Diaïa (au nord du Papandaïan ) 2416 „

Le cirque du Bromo (Téngguèr).. 2390 „

Le Pëndil (Idien) 2375 „

Le Bismo (chaîne du Prahou) 2365 „

Le Malabar II 2343 „

Le K^tiiri (Tëngguér) 2296 „

L'Andiasmoro 2282 „

Le Masiguit (Gountour) 2248 „

Le Beusi tianar (Galounggoung)... 2240 „

Le Boutak (à l'ouest du Gg. Prahou) 2222 „

Le Salak 2211 ,,

Le Boukit Tounggoul 2208 „

Le Sédatapa (au N. du Windou) 2202 „

Le Tianar (Galounggoung) 2200 ,.

L'Ouroug (à l'est du Patouha) 2192 ,,

Le Kantiana (volcan Sïtou Tii-

rompang) 3182 ,,

Signal Windou (Waïang) 2181 ,,

Le Rogodiambangan 2175 „

LeGg.Kantîana(ausudduWaîang) 2174 „

Le Toumpak nglouroup (Wilis).... 2169 „ Le Gg, Waringuin (au S. W. du

Gg.Tilou) 2139 „

Le Gg. Gadia (Gountour) 2123 „

Le Gg. Kendang (à l'est du Patouha) 2120 „

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45 cimes entre

3oooet 20O0

mètres d'altitude.

* Le Gg. Walang (volcan Windou) 2110 r Le Mësiguit (au N. W. du Pa-

touha) 2078

*o Le Tangkouban prahou 2075

Le Bouran^rang 2063

L'Oungaran 2050

Le Tilou (à l'ouest du Malabar),.. 2040

50 cimes entre

2000 et 1 000

mètres.

Le Tambak rouïoung (au N. du

Patouha) 1990 mètres

Le Rakoutak (à l'est du Malabar) 1940

Le Tëlomoîo 1 892

Le Këndëng (au N.W. du Patouha) 1887 Le Gg. Lémo (limite de Batavia

et des Préanguer) 1880

Le Sanggar (à l'est du Rakoutak) 1879 Le Gg. Malang (volcan Têlaga

patengan) 1870

Le Gg. Tiidiambou (au S.W. du

Kadaka, Préanguer) i868

Cime au S.E. du sommet Diapoura

(volcan Danou Tîiharous).,, 1850 Le Kratiak (à l'W.S.W. du Galoung-

goung 1 838

Le Manglaïang (au S. du Boukit

Tounggoul, Préanguer) i8i2-

Le Gg, Këntiana (Buitenzorg) 1800

Le Gg. Karang (Bantam) 1778

Le Gg. SawaI (Chéribon) ^7^Z

Le Gg. Halimoun I (Préanguer)... 1744

Le Këlout 1731

Le Tiakrabouwana 1720

L'Andoung (Këdou) 1700

Le Përbakti i6gg

Le Gg. Diawa (volcan Danou Tiî-

harous, Préanguer) ■. . . . 1690

Le Tampomas 1683

Le Kareumbi 1682

Le Sédakëling (Préanguer) 1675

Le Taroub (Lëmongan) 1670

Le Tialantiang (volcan SimpaT,

Préanguer) 1 666

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* o Le Lëmongan

1664 mètres

Le Fënanggoungan

Le Mandalawanguî (Prëanguer)..,

Le Kadaka (limite des Préanguer

et de Krawang)

Le Soutorën^o (Mouriah, Diapara)

Le Dorowati (en Pasourouhan)....

Le Malang (volcan Poutri—Malang,

Préanguer)

Le Gagak (Buitenzorg)

Le Tandiak nangsi (volcan Bou-

bou t-Tandîakn angsi)

Le Bingoung (au sud du Tiakra-

bouwana)

L'Endout (Préanguer)

Le Kiara béres (Buitenzorg)

50 cimes entre 2oooetiooo ■ mètres.

Le Tiimoulou (volcan Mësiguit.au S.-W. du Simpaï

Le Tiaïour (au N.-W. du Boubout)

Le Tëlaga randieng (volcan Pënou-

soupan, en Tègal).

* Le Poulosari (Bantam)

Le Radiabasa (Sumatra)

Le Boubout (volcan Boubout-Tan-

diaknangsi)

Le Balouran

Le Boukit Diarian (à l'ouest du

Kareumbi)

Le Ringguit

Le Kalédong

Le Pangradinan (au S.-W. du

volcan Mésiguit)

L' Haroumën

L'Aseupan

Le Parakasak (Bantam)

990 mètres

Le Pipisan (près Baloubour lïm-

22 cimes

en dessous de

looo mètres

d'altitude.

bangan)

Le Sëbësi (Sumatra)

*o Le Krakatau (Sumatra)

La cime Guèdé (volcan Toukoung-

Guëdé, Bantam)

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22 Cimes

en dessous de

looo mètres

d'altitude.

La cime Sariioung (volcan Danou) 72omèl

Le Tiilërïng (Diapara) 717

Le Gg. Bèsar (le plus haut point

de rtle de Bawéan) 655

Le Malang (volcan Tompoh-Malang,

Bantam) 603

La cime Guëdé (volcan Salak —

Guëdé, à la pointe St. Nicolas]

Le Gg. Tidar (près Maguëlang)...

Lu cime Pakëmbaran (volcan Mari-

kanguën — Kopia, Bantam)...

Le Séboukou (Sumatra) 426

La cime près Gouha oupas (volcan

Batou Pipisan, Bantam) 380

Le Bërgad gondok (volcan Patî-

aïam, Diapara) 348

La cime Raksa (tie des princes}.. 320

Le Pinang (Bantam) 260

Le Dago (Buitenzorg) 187

Le petit volcan de Chéribon 165

Le Dwars in den weg (île) 140

Le Sëmongkrong (Pasourouhan),,. 84 Le volcan Grati (Pasourouhan).... 63

Volcans actifs. Les volcans avec le signe * dégagent encore des gaz, principalement de la vapeur d'eau et de l'anhydride sulfureux; ceux marqués par les signes * o , ont eu dans les temps historiques des éruptions de matières solides, coulées de lave, sable, cendres et pierres. Mais la distinction entre ces volcans et ceux qu'on appelé inactifs est tout-à-fait chimérique ; car d'abord tous les volcans ont été en activité, soit aux temps historiques, soit antérieurement; et en second lieu, ils peuvent reprendre leur activité même après de longues périodes de repos. Le Krakatau p. ex. avait été en repos durant 203 ans avant l'éruption de 1883, et si fortuitement le souvenir de l'éruption de 1680 n'avait pas été conservé, nous aurions rangé ce volcan, avant 1883, parmi ceux dont l'activité a cessé. 11 est donc fort bien possible que certains volcans de Java, qui dans la liste précédente ont été signalés comme ayant perdu toute activité, la reprennent, surtout ceux qui sont situés dans le voisinage de la côte ou dans la mer, parce que c'est chex ceux-ci que la pénétration des eaux de la mer dans l'espace occupé par la lave peut se faire le plus facilement. Ce sont d'ailleurs les 14 volcans qui ont été en activité à diverses reprises aux temps historiques

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chez lesquels on peut s'attendre encore à des éruptions, et principalement les 7 suivants: Le Raoun, le Lêmongan, le Sëmérou, le Këlout, le Mërapi (en Solo), le Gountour et le Guëdé, que nous pouvons considérer comme les plus actifs de Java.

Situation sur des crevasses longitudinales et transversales. Sur la carte No. II, échelle i ; 1.500.000, les différents volcans de Java ont été représentés avec leurs anciens bords de cratère.

Un coup d'œil jeté sur cette carte fait voir clairement que les principaux volcans, entre le Krakatau dans le détroit de la Sonde et ridien, à proximité du détroit de Bali, sont sensiblement situés sur une seule ligne qui se rapproche de Vaxe longitudinal de Java, dirigé suivant 104^°.

Un examen plus attentif fait voir cependant que les volcans de l'est de Java forment une double série, dont la plus septentrionale part de l'Idien ' et passe par l'Ai^opouro (Hiiang), le Lêmongan, l'Ardiouno, l'Andïasmoro et le Tëlomoîo, et se dirige vers le Gg. Prahou; la plus méridionale 1 se dirige, à partir de l'Aïëk aïëk, par le Kawi, le K^out, le Wilis, le Koukousan (Lawou), le Mérapi et le Béser, vers le . Pënousoupan (Slamat) ; puis, en Java occidental, en s 'in fléchissant légèrement, par le Simpaï, le Tangkouban prahou, le Bourangrang et le Karang vers le Krakatau. La ligne de jonction du Pënousoupan au Prahou passe par le Slamat et le Rogodiambangan,

En Préanguer, on peut reconnaître, en deux endroits, diverses séries parallèles à la série principale, notamment en Préanguer occidental, une série du Guëdé au Gagak, par le Pangrango et le Salak; en Préanguer oriental, trois séries dont la plus septentrionale va du Sédakëling au Këndëng louhour; celte du milieu, du Sawal {en Chéribon) au Patouha, par le Guëlounggoung ; celle du Sud, du Tiikouraï au Sitou tiirompang par le Papandaïan.

De ces lignes, plus ou moins parallèles à l'axe longitudinal de Java, 1 partent plusieurs directions transversales, le long desquelles se rangent j de nouveau un certain nombre de volcans.

Tout à fait isolés des autres volcans, et constitués de roches d'une autre nature, sont le Rin^uit, le Lourous, le Mouriah, le Tiilëring et le volcan de Bawéan. Bien que certains d'entre eux aient encore été actifs à l'époque post-tertiaire, ils se sont cependant formés, en grande partie, dans la période tertiaire et sont donc plus anciens que les autres volcans de Java.

Signification des lignes. En ce qui concerne à présenj les lignes ■ tracées en rouge sur la carte No. II, le long desquelles sont rangés les volcans, il est bien clair qu'il ne faut pas voir dans toutes ces lignes une crevasse de la croûte terrestre ou une faille continue. Car d'abord, on peut encore joindre d'une autre manière que nous l'avons

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fait les volcans situés à proximttë les uns des autres en Préanguer ; et en second lieu, il arrive parfois que ces lignes ne portent aucun point d'éruption sur une grande distance. C'est le cas, p. ex. entre le SimpaT et le Pënousoupan, sur une longueur de 133 kilomètres, et du Tëlomoïo à l'Andiasmoro, sur une distance de 234 kilomètres.

On peut cependant admettre que les matières en fusion aient apparu aux endroits mêmes où elles ont pu trouver l'issue la plus facile, et comme par les plissements de la chatne tertiaire, les couches se sont disloquées le plus le long des selles et des bassins, qui à Java correspondent très souvent en direction avec la direction longitudinale de cette tie, on comprend que l'on trouve dans cette direction plusieurs volcans, l'un derrière l'autre, soit en une seule rangée, soit en plusieurs rangées disposées parallèlement l'une à côté de l'autre.

Quant aux directions transversales, celles-ci peuvent coïncider aussi, en partie, avec des lignes syn-ou anticlinales, ou même avec des failles; mais d'ordinaire cela ne peut se constater sur le terrain; car la chatne tertiaire se recouvre de produits volcaniques' précisément le long de ces lignes.

Il faut donc les considérer plutôt comme permettant d'embrasser plus aisément l'ensemble que comme ayant une importance pour l'architecture du sol. En dessinant ces lignes, nous avons accordé plus d'attention aux cratères les plus anciens qu'aux points les plus hauts, encore actifs, de date plus récente; c'est ainsi que sur la direction longitudinale on ne trouve pas le Slamat, maïs le Pënousoupan, plus ancien ; non le Soumbing, mais le Béser; non le Sèmérou, mais l'Aïëk aïek etc. ; et cela parce qu'il faut voir sans doute dans les centres des cirques effondrés les plus anciens et les plus grands le point d'éruption primitif des volcans, tandis que les jeunes i cônes se sont formés après l'effondrement, soit à l'intérieur du cirque, ' soit en dehors, en parasites sur l'ancien manteau. Ordinairement ces derniers dépassent de beaucoup en altitude le bord de l'ancien cône.

Liste des volcans.

Dans l'énumération suivante des volcans, de l'Est à l'Ouest, on a d'abord mis à part les anciens volcans à roches leucitiques; puis on a mentionné régulièrement les volcans que l'on rencontre successivement en allant de l'Est à l'Ouest, en prenant pour guide les lignes longitudinales et transversales figurées sur la carte No. 11. Les nombres indiqués sur cette carte sont les mêmes que ceux des divers alinéas qui suivent.

I. Le Ringguit, ancien volcan de roches leucitiques, dont il existe de gros fragments dans les conglomérats tertiaires, et dont l'activité tombe donc, sinon en totalité, du moins et à coup sûr en grande partie dans la période tertiaire. Il présente le plus grand espace cratériforme

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effondré de tous les volcans de Java; son rayon est de lo^ kilomètres.

2. Le Lourous, petit volcan à bord ancien de roches leucitiques et cône plus récent d'andésite à hornblende.

3. Le Mourtak, ancien volcan de roches leucitiques ; il présente deux grands cratères effondrés, dont les rayons sont respectivement de 2.4 et 3.15 kilomètres, et un petit cratère de 1.35 kilomètre de rayon.

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