I. Le terrain calcaire à l'est du cap Guënteng
Ce terrain s'étend depuis le cap Guënteng jusque près de l'embou-
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chure du Tii Sadéa, sur une longueur de 75 kilomètres environ. Tout près de ce cap le terrain est très étroit, mais il s'élargit régulièrement jusqu'à 18 kilomètres; à l'ouest du Tii Dolog, la bande se rétrécit brusquement; et, entre les embouchures du Tii Bouni et du Tii Sadéa, elle n'a, en moyenne, que 4 kilomètres de laideur. A la limite septentrionale, le calcaire repose sur des marnes de l'étage m^ ; mais dans la portion occidentale, aux flancs des vallées des rivières profondément encaissées Tii Kaso, Tii Seureuh et Tii Tîouroug, du calcaire marneux se trouve à peu près directement sur la roche éruptive. Toutefois, à l'est du Tii Bouni, l'étage m g est de nouveau disposé en concordance sur l'étage m^. Le long du bord septentrional, on observe une pente de 3° à 5° au Sud, mais tout près de la côte les couches sont constamment horizontales. Par suite de cette disposition régulière, sensiblement horizontale, on peut déduire directement l'épaisseur du dépôt de l'altitude à la surface du plateau et du niveau auquel affleure la roche sous-jacente, dans le lit des rivières nommées plus haut. A l'endroit où, près de Bodiongguëntëng, la roche compacte est dénudée dans le Tii Seureuh, on observe le contact avec les marnes à l'altitude de 130 à 150 mètres. A ta rive droite, la surface du plateau est à 300 mètres, mais à ta rive gauche, près du signal Gg. Manglid, à 388 mètres d'altitude. L'épaisseur du dépôt est donc ici de plus de 200 mètres.
Dans le Tii Tiouroug, près de Bangbaîang, la roche massive est dénudée sur une grande étendue, à 200 mètres d'altitude. Sur tes deux rives, le plateau atteint très régulièrement l'altitude de 400 mètres. Ici encore l'épaisseur est donc de 200 mètres au moins.
Plus vers le sud, au sud du cours inférieur du Tii Tiouroug, s'étend une vaste plaine nommée Leuweung guëdé et située à 200 mètres d'altitude. A l'ouest, dans la gorge du Tii Kaso, on rencontre la roche massive à l'altitude de 20 à 30 mètres; et plus à l'est, dans la vallée du Tii Bouni, on trouve, à la même hauteur, des couches que nous rangeons dans l'étage m^. L'épaisseur de l'étage y est donc à peu près de 175 mètres.
On peut admettre, en moyenne, une épaisseur de 200 mètres pour ce terrain occidental, Vers tes bords elle diminue; ainsi, aux alentours du chef-lieu de district Tiitiouroug, elle ne dépasse pas 20 à 30 mètres. Les calcaires marneux jaunes forment, tout près de la limite, des lambeaux minces isolés, qui reposent, nettement délimités, sur des couches de l'étage m^, et qui, près du Pasir Pogor, au nord de Tiiwalat, se rencontrent encore à l'altitude de 660 mètres. Il est probable que par suite de dénudations une forte partie de l'étage a été enlevée et que jadis ces lambeaux se rattachaient les uns aux autres.
Les fossiles des gisements C. et D. de JungHlihn sont originaires de ce terrain. On y a recueilli les échantillons suivants:
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Au Sud de Tiiratiap, près du hameau Nangguërang, on a pris des morceaux de calcaire (No. 1566) gris jaunâtre, qui renferment un grand nombre de fossiles; de la plupart de ceux-ci il n'est cependant resté que les moules.
Près de l'embouchure du Tii Kârang, à la côte Sud, affleurent des marnes et des marnes calcaires (No, 1567) tendres, g ris -jaunâtre, à grain fin, avec quelques fragments de coquillages à éclat de nacre.
Au Sud-Est de Tiiratiap, à la rive gauche du Tii Pamarangan, et à 2) kilomètres seulement de la côte Sud, on a détaché, à une altitude de 40 mètres environ, des morceaux d'un calcaire are nacé gris (No. 1568), à fossiles peu distincts et à faible teneur en débris de roche éruptive.
Plus au Sud encore, dans le petit affluent Tii Loumpang, on trouve de nouveau du calcaire marneux, gris jaunâtre (No. 1569], à coquillages nombreux, la plupart petits, dont il n'est resté d'ordinaire que les moules.
Des échantillons de calcaire marneux gris jaunâtre (No. 1570) à fossiles ont été recueillis tout près du chef-lieu de district Tiitiouroug et expédiés à Leyde.
A un kilomètre S l'Est de Tiitiouroug on a récolté des échantillons de calcaires marneux analogues fossilifères (No. 1571); ils contiennent beaucoup d'exemplaires de Cycloclypeus communis, longs de 34 mm. et épais de i^ mm.
Plus à l'Est encore, sur le plateau situé entre le Tii Beureum et le Tii Seureuh, au Sud de Tiimanggou, on a trouvé également du calcaire marneux à fossiles (No. 1572), parmi lesquels de grandes échinides et de nombreuses operculines,
Dans des fragments de calcaire marneux {No. 1574) tendre gris jaunâtre, recueillis à 5 kilomètres à l'Est de l'échantillon précédent, un peu au Sud de PÈniagouan et à 400 mètres d'altitude, on trouve des coquillages extrêmement minces, à bel éclat nacré, mais dissous pour la plupart. La roche contient aussi le Cycloclypeus communis (20 mm. sur I mm.).
2. Le terrain calcaire le long de la côte Sud, entre le chef-lieu de sous-district Rantiahêrang et l'a baie de Panandioung.
Cette zone a une longueur de 75 kilomètres environ, et du Nord au Sud une largeur moyenne de 26 kilomètres. A l'Ouest le terrain calcaire est assez nettement délimité par une ligne qui, de Rantiahêrang, se dirige sensiblement vers le Nord-Est. Au Nord, la limite est parallèle à la côte Sud; et, à l'ouest du Tii Woulan, le bord septentrional forme un mur escarpé, de plus de 200 mètres de hauteur, qui s'abaisse graduellement vers l'Est.
A seize kilomètres à l'Ouest de Rantiahêrang, l'étage calcareux affleure encore, sur une petite étendue, tout près du rivage. Au Sud de l'em-
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bouchure du Tïi Laout eureun. des couches calcaires horizontales forment une arête étroite, longue de 700 mètres et haute de 15 mètres, dirigée de l'Est à l'Ouest et bornée, de toutes parts, par des parois abruptes. Deux mille mètres plus à l'Est, le long du rivage, le calcaire est encore dénudé, sur une longueur de 200 mètres, au pied des dunes, qui ont ici 30 mètres de hauteur.
JUNGHUHN a décrit le calcaire du Tii Laout eureun dans son ,,Java" 2* Sect. édit. holl. pp. 1421 à 1425, édit. allem. pp. 957 à 959; et VON RiCHTHOFEN l'a décrit dans le Zeitschrift der Ueutschen geologischen Gesellschaft 1874, pp, 239 à 250.
Si l'on examine dans son ensemble l'allure de l'étage ittg le long de la côte sud des Préanguer, on tient pour probable que les terrains occidental et oriental appartiennent à une seule et même zone, qui se recourbe légèrement autour des étages plus anciens et dont les ailes extrêmes ont éprouvé le soulèvement le plus considérable, tandis que la partie centrale se trouve encore au-dessous de la surface de la mer.
C'est surtout dans la moitié occidentale du terrain de l'Est que la couverture calcaire a été balayée, par l'érosion, sur une grande étendue et la couche sous-jacente mise à nu. Comme on l'a déjà signalé précédemment, la base sur laquelle s'est déposé le calcaire consiste au Nord-Ouest et tout le long du bord septentrional en couches marneuses de l'étage m^, qui sont souvent assez fortement pUssées en-dessous du banc Je calcaire, disposé avec régularité. Plus au Sud, le calcaire repose ordinairement sur de la brèche et parfois aussi sur de la roche éruptive massive.
Le calcaire forme ici aussi un banc épais, disposé parallèlement à la côte et inclinant au Sud. Au bord septentrional, cette pente est de 5" à 10°; mais elle décroît vers le Sud, et le long de la côte le calcaire est presque horizontal.
Il résuite de cette disposition que le calcaire atteint le niveau le plus élevé le long du bord septentrional. Ce bord s'abaisse cependant vers l'Est d'une manière régulière. L'extrémité Nord-Ouest, près du signal Guiriawas, est à 721 mètres d'altitude; plus à l'Est, le bord atteint l'altitude de 600 mètres à la rive droite du Tii Woulan, plus de 400 mètres au sud de Tiilègui, et 200 mètres au moins près de Tiigougour,
Comme dans la partie occidentale la couche sous-jacente au dépôt est bien dénudée, on peut, à raison de la disposition horizontale des couches, y déterminer directement l'épaisseur de l'étage. A l'extrémité Nord-Ouest, les marnes atteignent plus de 500 mètres d'altitude. A la rive droite du Tii Woulan, où le plateau calcaire est à plus de 600 mètres, on trouve les marnes à une altitude qui ne dépasse pas de beaucoup 400 mètres. Aux deux endroits, le calcaire a donc 200 mètres
d'épaisseur; il en est de même k la rive gauche du Tii Woulan, dans la paroi abrupte près Tîiloumba.
Dans la partie occidentale des Fréanguer, on peut donc tout comme dans la partie orientale évaluer à plus de 200 mètres l'épaisseur de l'étage m^.
La composition de ce dépôt est aussi sensiblement la même ; les calcaires marneux jaunes, ordinairement un peu poreux, qui contiennent des fossiles nombreux, mais mal conservés, y prédominent. Ces couches, dont l'épaisseur varie de quelques centimètres à quelques mètres, alternent parfois avec des grès, qui consistent en débris de corail, fragments de coquilles et $able andésitique. C'est surtout dans la portion orientale du terrain, dans la moitié Sud du district de Mandata, que le calcaire est recouvert d'une couche peu épaisse mais très étendue d'aigle blanche, maigre, très stérile, dont les couches profondes font légèrement effervescence avec l'acide chlorhydrique.
Si l'on remonte la vallée du Tii Woulan, tout près de l'embouchure et le long de la rive gauche, on rencontre d'abord la brèche de l'étage m,, entre laquelle apparatt çà et là de la roche éruptive massive. Là-dessus reposent des bancs réguliers de brèches tendres, d'une épaisseur totale de 25 mètres, de teinte jaune ou brun sale, altérées, à grain fin et à fragments de ponce, qui sont parfois silicifîées à la base ; puis 200 mètres des calcaires marneux jaunes ci-dessus décrits, à fossiles mal conservés, et enfin', comme membre supérieur, 20 à 40 mètres de l'argile blanche, maigre, également mentionnée tantôt, qu'on ne peut séparer nettement des calcaires marneux. Il est possible que cette ai^Ie soit issue, par dissolution, du calcaire argileux. Les gisements V. et W. de JuNGHUHN sont situés dans ce terrain.
Lors de notre exploration, nous avons recueilli les échantillons suivants: Au pied de la colline calcaire escarpée que l'on passe sur la route de Paroungponteng à Parakanhondié, on a détaché, au-delà de Tiigounoung, des morceaux (No. 1576) d'un calcaire marneux teinté en brun sale par de l'bydroxyde de fer, et contenant des foraminifères ; on peut encore y reconnaître des amphistégines et l'algue calcaire lithothamnium.
Plus à l'Ouest, au plus liaut point de ta route, on a récolté des échantillons d'un calcaire (No. 1577), coloré en jaune sale par l'hydroxyde de fer, qui contient de nombreux foraminifères et d'autres pétrifications encore. Au microscope on reconnaît dans la masse des orbitoïdes de la taille de 5 mm., à petite chambre centrale et à chambres médianes spatuliformes ; des amphistégines de 2 mm. à trois tours de spire et des cycloclypées. Les fossiles qu'on a isolés ont été expédiés à Leyde. Plus au Sud-Ouest, sur la cime calcaire isolée Pouïouh, à l'Ouest de Parakanhondié, on a recueilli des froments d'un calcaire jaune
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(No. 1575) à nombreux fossiles, devenus méconnaissables par une nouvelle cristallisation.
Sur la route d'Eureunpalaï à Tiibatou, un peu à l'Est de Tiihideung, affleure du calcaire (No. 1578) gris clair, à nombreux foramin itères minces, dont la structure ne peut plus se reconnaître au microscope.
A peu près à 3 kilomètres au Sud de Tiiawi, sur laroutede Tiidadap, localité située à la côte, on a détaché des morceaux d'une marne silicifiée, de teinte brun clair (No, 1579)-
Sur la même route, mais plus au Sud, près Tiikidiing, on a recueilli des froments d'un calcaire marneux gris clair (No. 1580) à fossiles nombreux, mais mal conservés.
A deux kilomètres au Sud de Tiikidiing viennent à la surface des calcaires marneux (No. 1581} jaune clair, à nombreux fossiles mal conservés, parmi lesquels des espèces de balanus.et de pecten.
Encore 3 kilomètres plus au Sud, près du signal Kromong (162 m. d'alt.), on rencontre des marnes gris clair (No, 1582) qui ressemblent à des roches de l'étage m^.
Vers l'Est du Tii Woulan, sur la route de Tiidadap à Tiikatomas, on trouve, près de Sîngkir, du calcaire marneux gris jaunâtre (No. 1583) à fossiles très nombreux. Dans la masse calcaire on observe au microscope des cycloclypées, des orbitoïdes à chambres en spatule, des amphisté* gines, des rotalines et un grand nombres d'autres foraminifères; puis, le lithothamnium. Parmi les coquillages, il y en a de plusieurs espèces (des pectens p. ex.), mais de la plupart il n'est resté que les moules.
Au Nord de Tiikatomas, sur la route de Tiilëgui, on a recueilli au Gg. Radia des fragments de calcaire (No. 1585) jaune brunâtre, qui consistent, pour une grande partie, en coquilles de turritellas.
Près de Tiikatomas affleure, sur une grande étendue, un beau calcaire jaune clair (No. 1584), dans lequel on voit des orbitoïdes très nombreuses, longues de 20 mm. et de 2 mm. d'épaisseur, à chambres spatuliformes ; puis, des cycloclypées et d'autres espèces.
Plus à l'Est, on a recueilli des échantillons dans les districts de Tîidioulang et Parigui.
Des calcaires marneux (No. 1586) gris clair, qui apparaissent à la limite de l'étage mg, et doivent probablement être rangés encore dans m^, sont originaires de la rive gauche du Tii Gougour, près du chef-lieu de sous-district de ce nom.
Au peu près à 3 kilomètres plus au Sud, on a récolté plusieurs morceaux d'un calcaire (No, 1587) jaune clair, presque blanc, grossier et poreux, dans lequel sont enfermés de grands pectens.
Près du chef-lieu de sous-district Tiimindi, la surface se compose, sur une grande étendue, de calcaires marneux (No. 1588) jaune clair, qui ne renferment que quelques fossiles.
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Plus à l'Est encore, au-delà du chef-lieu de sous-district Tiipitioung, on voit du calcaire gris jaunâtre (No. 1589), à coquilles grossières, dont quelques spécimens ont été envoyés à Leyde.
D. Les volcans.
Les régences du Préanguer sont riches en volcans; on y trouve même 46 cônes indépendants; et sur la plupart d'entre eux divers points d'éruption ont été successivement en activité.
A la description des étages du terrain tertiaire, on a déjà reconnu que dans la moitié septentrionale de cette résidence les couches miocènes sont recouvertes, sur une grande étendue, par des produits d'activité volcanique plus récente. Le terrain tertiaire, qui constitue toute la moitié méridionale des Préanguer, est de la sorte presque totalement isolé des terrains miocènes que l'on rencontre aux confins de Chéribon, de Krawang et de Batavia. Ce n'est qu'au centre de la résidence, au nord de Radiamandala, que l'on peut, du Sud au Nord, suivre la chaîne tertiaire, presque sans interruption, le long des arêtes saillantes et dans les tranchées des rivières. Cette zone sépare les volcans en un groupe oriental et un groupe occidental; le premier est de loin le plus important; c'est un terrain volcanique, continu, de plus de 120 milles ' géographiques carrés, sur lequel s'élèvent 39 cdnes indépendants.
Chaque point d'éruption est signalé par un cirque, formé par effondrement, qui, dans l'état primitif, est habituellement un cercle parfait .Le plus souvent, une portion du bord a disparu par des percées latérales ou par l'effondrement de points d'éruption voisins, et les portions restantes ont subi, par érosion, en divers endroits, des déplacements vers l'intérieur ou vers l'extérieur. Les anciens cirques sont du reste souvent recouverts par les produits de points d'éruption plus récents. Sur la carte, la forme actuelle des cirques est signalée par une ligne rouge, tandis qu'on a indiqué par un pointillé rouge les cercles le long desquels l'effondrement s'est probablement produit à l'origine.
Pour les détails des diverses cimes volcaniques, il faut consulter la carte topographique, échelle i : 20.000 ir'est pourquoi nous indiquerons pour les cimes les plus importantes les numéros des feuilles sur lesquelles on les trouve.
Les 39 sommets du groupe volcanique oriental sont situés assez irrégulièrement les uns à côté des autres ; de même qu'en d'autres résidences, on peut cependant les classer en diverses séries, dont les plus importantes sont disposées parallèlement à l'axe longitudinal de Java; d'autres, les séries dites transversales, forment avec les premières un angle plus ou moins grand. (Voir la carte dés volcans de Java No. II). Les volcans sont souvent si rapprochés les uns des autres,
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que déjà à un niveau élevé les versants se confondent et qu'il est douteux si l'on a aifaîre à deux cônes indépendants ou à différents points d'éruption d'un même volcan. Au fond, la différence n'est pas grande. Dans la première série longitudinale, la série la plus méridionale, se trouvent les volcans i à 3.