‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 2)Chapitre 35 sur 224 · Le Malabar · texte numérisé non relu

Le Malabar

. A l'ouest du Rakoutak, de l'autre côté de la vallée du Tii Taroum, se dresse le Malabar. Ce volcan constitue une vaste montagne, en cône tronqué, dont le versant, à pente régulière, s'est bien développé à l'Ouest, au Nord et à l'Est; vers le Sud, il bute contre le massif du Waïang-Windou.

Le vrai caractère de la cime, allongée du Nord au Sud, ne peut se reconnaître que sur les cartes les plus récentes du service topographique. Sur les feuilles M. XXII et XXIII et N. XXII et XXIII, on voit distinctement les restes de deux larges cirques, qui se touchent par le sommet portant le signal Malabar II {^343 mètres).

a. Le cirque du Nord a un rayon de 1630 mètres; il porte les cimes Malabar (2200 mètres), Ipis avec le signal Malabar I (2321 mètres), Paséban (2300 mètres), Pountiak besar avec le signal Malabar II (2343 mètres) et Harouman (2130 mètres). Entre ces sommets, l'érosion a souvent déplacé le bord considérablement vers l'intérieur.

b. Le cirque du Sud a 1450 mètres de rayon; son centre est à plus de 3100 mètres au Sud de celui de a. Sur le bord, on trouve les sommets Pountiak bësar (2343 mètres) (point de contact avec a), Harendong et Tiisangkoung, tous deux à l'altitude de 2300 mètres, un sommet non dénommé (1900 mètres) et le dos Tiibeureum {1830 mètres).

Sur le versant oriental extérieur de b sont placées les cimes Toukoung (2050 mètres) et Gamboung (2170 mètres) avec le Sédatapa (signal 2203 mètres), qui doivent probablement leur origine à des éruptions distinctes, mais dont nous ne pouvons donner de plus amples détails.

Sur le versant occidental se dresse encore une cime pareille, le Tiikoukour (2000 mètres).

Le petit plateau de Barou pëtak, situé au nord-ouest du cirque a, à 1180 mètres d'altitude, indique probablement l'extrémité d'une épaisse coulée de lave.

On ne connaît point d'éruption du Malabar; aussi n'observe-t-on nulle part, ni sur le versant ni au sommet du mont, des solfatares actives de quelque importance.

A la surface, on voit partout de l'argile rouge brunâtre, dans laquelle se montrent de rares blocs de roche compacte, altérés d'habitude. Nous avons recueilli des échantillons sur le versant oriental, à Tiiwarah (No. 1665) et à 1000 mètres au nord du pasan^rahan, à Patiet (No. 1664).

Le premier numéro offre une pâte compacte, sombre, à petits cristaux

Digitizcdby'GOOglC

brillants et quelques rares cristaux porphyriques plus gros de feldspath. L'autre est de teinte plus claire et les cristaux porphyriques y sont plus nombreux. Au microscope, on reconnaît que tous deux sont des andésites à pyroxène.

Au versant du Sud-Ouest on a recueilli les échantillons qui suivent.

Le No. 1666 est originaire de la rivière Tîi Beureum, en amont de la plantation de quinquina de ce nom. C'est une roche grise, à feldspaths en partie vitreux et en partie ternes, à petits pyroxènes et à minéral altéré, vert jaunâtre, qui est probablement de l'oUvine; dans les préparations, ce dernier minéral disparaît presque toujours par la taille. Vu les caractères de la pâte, nous devons nommer cette roche une andésite à pyroxène.

Les échantillons No. 1667, recueillis dans la rivière Tii Niirouwan, à Tirtasari, sont plus foncés et plus frais; ils contiennent des feldspaths plus petits et moins vitreux, ainsi que beaucoup de pyroxène. Au microscope, on y aperçoit distinctement de petites olivines, maïs la pâte est la même que celle du No. 1666; c'est pourquoi nous l'appelons aussi une andésite à pyroxène.

D'autres échantillons {No. 1668) de la même rivière que le No. 1667, présentent une pâte compacte, rubanée, à éclat terne de poix, avec des feldspaths porphyriques, petits et limpides. Au microscope, on voit une pâte abondante et peu de cristaux; les petits rectangles de feldspath indiquent distinctement une structure fluidale. C'est une andésite à pyroxène.

LORIË, I. c. p. 117 à 119, a décrit trois échantillons récoltés par JUNGHUHN au versant septentrional de ce volcan. L'un de ceux-ci est considéré comme une andésite augitique, les deux autres comme des basaltes.

M. Behrens a décrit les mêmes numéros J. 54, 55 et 56; mais il dit <jue les Nos. 55 et 56 ont été recueillis, comme cailloux roulés, aux versants Ouest et Sud-Ouest. Il considère ces derniers numéros comme des roches que ressemblent à des basaltes à grain fin, mais qui, au microscope, consistent pour les trois quarts en pâte et dans lesquelles l'analyse chimique signale l'absence d'olivine et une forte teneur en sanidine. Il faudrait donc les envisager comme des variétés riches en verre de trachytes â sanidine et à ' oligoclase, et seraient ainsi des roches très rares parmi toutes celles de Java. 11 serait donc désirable d'obtenir une preuve plus convaincante qu'on a réellement affaire ici à des trachytes.

Page 1