‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 2)Chapitre 53 sur 224 · Le volcan Guidé — Pangrango · texte numérisé non relu

Le volcan Guidé — Pangrango

Ces volcans jumeaux, bien connus, sont situés à la limite des résidences de Batavia et des Préanguer; le sommet se trouve à peu près tout entier sur le territoire des Préanguer, et c'est pourquoi nous le

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décrivons ici. A consulter les feuilles F, XI et F. XII de la carte topographique, échelle i : 20.000.

A. La partie la plus ancienne du massif est assurément le Pangrango, dont la cime consiste en un large cirque, de 1650 mètres de rayon. Le bord septentrional se nomme Pangrango; il s'élève, au signal, à 2640 mètres d'altitude ; le bord méridional s'appelle Gottnoung Séla (2560 mètres). Vers l'Est, le bord est recouvert par les produits d'un cône volcanique plus récent, le Mandalawangui. Les produits de ce volcan ont aussi recouvert le fond de l'ancienne chaudière; cependant, du sommet du Mandalawangui, on aperçoit très distinctement la limite de la paroi escarpée intérieure de l'ancienne chaudière et du versant extérieur du cône édifié plus tard. Cette limite se voit aussi très clairement sur les cartes du service topographique, échelle i r 20.000.

Du côté Sud-Ouest, le rempart est détruit; la chaudière qu'il entoure s'y prolonge en une large vallée, dans laquelle coule le Tii Heulang et qui, des deux côtés, est bornée par des parois très abruptes, hautes de 600 mètres. D'une paroi à l'autre cette vallée a 2300 mètres de largeur. On rencontre donc ici encore la même forme de montagne que celle que nous avons décrite précédemment à propros du Tênggucr, du Galounggoung, du Bourangrang. du Tiakrabouwana et chez d'autres volcans encore.

a. Sur le versant extérieur Sud-Sud-Ouest du Pangrango est situé un point d'éruption indépendant, le lac Sitou Gounoung. La surface de ce lac est à 1015 mètres d'altitude; la profondeur en est inconnue; ses eaux s'écoulent du côté de l'Ouest et son contour, sensiblement circulaire, a 200 mètres de rayon. Ce lac est situé dans une cuve, dont le bord est bien conservé au Sud et au Sud-Est, et s'élève en moyenne à 1 100 mètres d'altitude. Le bord circulaire a un rayon de 450 mètres; le centre est à peu près à 190 mètres au nord de celui du lac. Vers le Nord, on ne voit pas de bord distinct, mais le versant extérieur du Pangrango y descend à pic vers le lac.

b. Sur le bord Est-Nord-Est du grand cirque s'est édifié le Mandalaivangui. Ce nom a été donné à ce cône par JUNGHUHN ; et il a été conservé sur les cartes topographiques, bien qu'il soit inconnu des indigènes. Au sommet, on trouve un terrain plat, dont la décharge est vers l'Ouest; il est environné d'un cirque peu élevé, de plus de 100 mètres de rayon, qui ne s'élève que de 30 mètres au-dessus du point le plus bas de la plaine. Ce bord constitue la partie la plus haute de toute la montagne et, au signal Pangrango, il atteint l'altitude de 3019 mètres.

ku versant extérieur de ce beau cône, on ne rencontre que des ravins peu profonds; ses produits ont recouvert l'ancien Pangrango ainsi que Ja partie la plus ancienne du Guèdé.

B. Le cirque le plus ancien du sommet du Guédé a un rayon de

86o mètres et est admirable ment conservé, pour plus de la moitié, au Sud-Est et au Nord-Est. Au Sud, ce bord se nomme Goumourouh {2850 à 2930 mètres); au Nord-Est, on l'appelle Sêdaraiou (2740 à 2830 mètres).

Vers l'extérieur, le volcan descend de toutes parts très régulièrement, selon le profil habituel des volcans; en dedans, on trouve une paroi escarpée, qui entoure une vaste plaine, l'Aioun aloun (2725 mètres d'altitude). Cette plaine se décharge par le Tii Gounoung, qui tourne autour de l'extrémité occidentale du Goumourouh pour se joindre, plus en aval, au Tii Lèbak siout. C'est surtout par dessus le bord du Goumourouh que de nombreuses coulées de lave se sont échappées vers le Sud.

a. (Ici se rattache la carte Fig. 71). Au nord-ouest du cirque le plus ancien, décrit tantôt, se dresse le Guédé proprement dit. Ce cône relativement jeune, qui s'est édifié sur l'ancien Guédé et qui recouvre, pour une grande partie, la plaine Aloun aloun, est couronné par un cirque de 500 mètres de rayon.

A l'extérieur, on aperçoit un versant volcanique peu incliné, dans lequel ■ il n'a pas encore été creusé de ravins; à l'intérieur, le bord descend en terrasses, à parois sensiblement verticales. La partie supérieure de cette paroi intérieure abrupte consiste en couches minces de cendre et de lapilli; mais plus bas on voit d'épaisses plaques de roche massive. Celles-ci ont au milieu jusqu'à 30 mètres d'épaisseur et y sont séparées en prismes irréguliers. Des deux côtés, elles s'amincissent peu à peu, et on remarque que certaines d'entre elles se terminent en coin. Les masses rocheuses compactes sont contenues dans une brèche, avec de nombreux fragments scoriacés.

Les % environs du bord sont bien conservés; seule la partie du Nord- Ouest a disparu. Le plus haut point de ce bord est au Sud, au signal Guëdé, à 2958 mètres d'altitude.

A l'extrémité occidentale le cirque est démoli ; il descend ici en pente très raide depuis 2800 mètres jusqu'à 2400 mètres, et au pied on trouve un terrain relativement plat, avec deux petits cratères en activité, le Lègok sûâf et le Kandang badak (voir plus loin).

L'extrémité orientale de la paroi intérieure du cirque se prolonge en un mur très escarpé, haut de 70 à 100 mètres, le Gounoung Roumpang, dont le bord supérieur descend avec le versant du volcan. Ce mur se dirige d'abord au Nord-Nord-Ouest, sur une longueur de 500 mètres; puis il fait un coude assez prononcé, et on peut le suivre encore très distinctement, sur une étendue de 1000 mètres, au Nord-Nord-Est. Le mur lui-même consiste en tufs, alternativement grossiers et fins et en bancs de roche compacte. Au pied du mur, on trouve un terrain qui est rendu tout-à-fait inaccessible par un amoncellement irrégulier de gros blocs de roche poreuse et qui forme probablement la partie supé-

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rieure d'une coulée de lave, d'où se dégagent les sources thermales que l'on rencontre sur la route de Tiîbeureum au sommet.

Déjà JUNGHUHN avait fait la remarque qu'il y a un rapport entre la disparition de la partie Nord-Nord-Ouest du cirque et l'origine du mur abrupt du Roumpang.

La lave s'est élevée dans le cratère et une partie du bord a cédé sous la pression; une grande coulée de lave s'est dégagée et a pris d'abord la direction Nord- Nord-Ouest, mais elle a été détournée au Nord-Nord-Est par la masse déjà existante du Mandalawangui. Par là il se creusa, dans le corps du volcan, un ravin profond, limité par des parois escarpées; la paroi abrupte orientale est encore conservée actuellement et forme le Gounoung Roumpang, La paroi correspondante de l'Ouest a été détruite par l'érosion et recouverte par les produits plus récents du Mandalawangui. Cet événement a été le dernier qui ait modifié les contours principaux de la montagne; mais il est invraisemblable que, comme le pense JUNGHUHN, il ait eu lieu en 1747 ou 1748. La paroi occidentale est en effet devenue méconnaissable, et après la catastrophe se sont formés deux petits points d'éruption, le Lègok saàt et le Kandang badak, sur le fond de la large vallée ; il faut aussi qu'ultérieurement il se soit manifesté, chez le Mandalawangui, une activité puissante; mais à ce sujet on ne dispose d'aucune donnée.

La large vallée, que nous avons décrite plus haut, est le chemin tout indiqué par lequel doivent se dégager les produits de l'activité volcanique; dès lors il n'est que naturel que déjà en 1747 et en 1748 les plus grandes dévastations se soient produites au pied de cette vallée. Ce fut aussi le cas lors de l'éruption du 12 novembre au 4 décembre 1840, qui a été décrite dans la 4= année du ,,Tijdschrift van Nederlandsch Indië," par J. K. Hasskarl; et on peut aisément se convaincre, à l'inspection de la carte, qu'à présent encore, lors d'une recrudescence dans l'activité du Guëdé, l'établissement sanitaire de Sindanglaïa et la maison de campagne du Gouverneur Général, qui sont situés au pied de cette vallée, feront partie des points les plus menacés.

En ce qui concerne les endroits où, pour le moment, se manifeste encore l'activité volcanique, nous signalerons ce qui suit.

Sur une espèce de terrasse, située devant l'ouverture Nord- Nord-Ouest du cirque a, on remarque, à 2390 mètres d'altitude, deux excavations en forme d'entonnoir, d'où se dég^ent presque constamment de la vapeur d'eau et de l'anhydride sulfureux. Le bord de la plus grande des deux chaudières, le Lëgok Saàt, a un rayon de plus de 100 mètres, et le fond est de plus de 50 mètres en dessous du bord. Au Nord-Est de la précédente, il en existe une plus petite, le Kandang. badak, qui offrait une faible activité en 1886; celle-ci n'a qu'une profondeur de

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30 mètres, et sa forme est devenue quelque peu îrrégulîère, probablement par l'élargissement de la première.

La partie la plus basse de l'espace circonscrit par le cirque a est à 2680 mètres d'altitude; vers le Nord, elle descend, en pente très rapide, vers la terrasse Kandang badak, dont il vient d'être question, et qui est située 300 mètres plus bas. Dans cet espace, il y a trois points d'éruption en activité; ils ont édifié des cônes irr^uliers, très jeunes, dont le plus haut point est à une altitude de 2800 mètres.

Ces trois points d'éruption sont situés tout près du pied de la partie Sud- Ouest du cirque. Lors de la visite de VoN Hochstetter, en 1858, il y avait, au sommet du cane du milieu, une excavation en entonnoir de 400 pieds de diamètre et de 250 pieds de profondeur; le fond était recouvert de boue et il ne s'y manife-ftait aucune activité. Dans des fentes du bord et le long du versant extérieur ainsi que d'un creux irrégulier situé à l'Ouest, il se dégageait de la vapeur d'eau qui, en certains endroits, avait une odeur d'hydrogène sulfuré.

Lors de ma visite en avril 1874 l'entonnoir était presque tout à fait comblé par du sable et du limon. Au sommet du cône central, je n'ai trouvé qu'une dépression peu profonde, dont le fond était, au plus, à 10 mètres en dessous du bord et était recouvert d'une croûte de boue durcie. Au milieu, il y avait une ouverture, d'où rayonnaient des fissures. Cette ouverture était comblée, jusqu'aux bords, par de la vase chaude, d'où se dégageait de la vapeur d'eau et où il se produisait, de temps en temps, un bouillonnement assez vif. Lors du relèvement fait par le service topographique en 1876 il s'était de nouveau formé au milieu une excavation en entonnoir, de 25 mètres de rayon et de 20 mètres de profondeur. Des deux côtés, deux anciens points d'éruption sont signalés comme des solfatares îrrégulières.

En juin i886, il se produisit des éruptions assez violentes; au mois d'aôut suivant, nous avons, pour cette raison, levé le cratère à nouveau et nous y avons constaté des changements notables. Dans la carte-annexe, Fîg. 71, on a indiqué l'état des lieux le 10 août de cette année.

Les 28 et 29 juin 1886, on a ressenti de toutes parts autour de la montagne des tremblements de terre. Le 30 juin il se dégageait du cratère des colonnes de fumée, et, sous l'influence d'un vent violent du N.-E., on a pu observer une pluie de cendres au Sud-Ouest du volcan, entre autres à Tiitiouroug, tandis qu'aucune cendre n'est tombée à Sindanglaïa, au Nord, beaucoup plus près du cratère.

Sur le sommet du mont, tout autour du point d'éruption, toute végétation fut détruite dans un rayon de plus de 500 mètres. Sur le bord du Guëdé proprement dit (a), il y avait une couche de débris et de cendre, fraîchement tombée, de l'épaisseur d'un demi-mètre environ, et

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le long du versant extérieur on voyait les troncs des arbres morts s'élever au-dessus d'un linceul de cendres. Jusque dans le voisinage immédiat de Tiibeureum, les feuilles des arbres étaient couvertes de cendre fratche ; et même sur le sommet du Mandalawangui, on a trouvé de la cendre grossière, sableuse, nouvellement toinbée. Quelques gros fragments ont été lancés à une distance de plus de 1200 mètres du cratère. Sur l'arête, à l'ouest de Lègok saât, à près de 1000 mètres du point d'éruption, une bombe volcanique (No. 1727), pesant plus de 3 kilogrammes, avait pénétré dans le sol jusqu'à 35 centimètres de profondeur; au bord du trou, l'herbe et les feuilles étaient carbonisées. Cette bombe avait la forme d'un boulet déprimé; à la surface, on voyait un réseau de fentes, de plus d'un centimètre de profondeur, conséquences d'un refroidissement rapide, i).

A l'extrémité occidentale du grand bord de cratère il y eut des éboulements considérables, peut-être à la suite des tremblements de terre du 28 et du 29 juin.

Ce point d'éruption central, cité plus haut, s'était notablement élargi. Au lieu de la fosse insignifiante, qui avait été signalée par le service topographique, on trouve maintenant un entonnoir très régulier, dont le bord a un rayon de 140 mètres. Le sommet de la colline, dont l'altitude est 2800 mètres, se trouve à présent au bord de l'entonnoir; et de l'autre côté, le bord du cratère méridional descend directement dans l'entonnoir. La paroi intérieure de celui-ci présente, vers le Sud, une pente de 60°; partout ailleurs cette pente est au moins de 40°.

Le fond est à une altitude de 2675 mètres; donc, à 125 mètres en dessous du plus haut point septrentrional. Dans ce fond on voit un trou de 10 mètres de diamètre environ; et l'on ne peut voir le fond de cette fosse qu'en un seul point, en s' aventurant sur une portion saillante du bord. On estime que ce fond est encore à 10 ou 15 mètres en dessous du fond de l'entonnoir; vu à travers une lunette, il paraît se composer uniquement de sable et gravier secs; l'agitation vive des couches d'air y révèle une haute température.

Durant notre visite, il se dégageait, du trou le plus profond, de là vapeur d'eau seulement, à faible odeur d'hydrogène sulfuré, et cela principalement vers le bord, où les débris rocheux sont adossés à une paroi plus ferme. Le long de crevasses aussi, dans des parties plus élevées de l'entonnoir, il s'échappait de la vapeur d'éau et il se déposait un peu de soufre.

Par suite du développement acquis par le point d'éruption central, la forme de la chaudière de l'Ouest est très irrégulière ; celle de l'Est est devenue

i) Cette bombe a ité envoyée au cabinet de minéralogie il'L'irechU

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«Iltptique. Dans l'une etdans l'autre, on n'a observé qu'un dégagement de vapeurs de peu d'importance.

Comme chez la plupart des anciens volcans, les versants extérieurs du Pangrango et du Guèdé consistent principalement en argile rouge k blocs rocheux arrondis; toutefois ces derniers sont très peu abondants le long du versant méridional du Pangrango.

Le No. 1704 est originaire du versant Sud du Pangrango; il a été recueilli au nord-est de Sinagar, près Tiikawoung. Ces fragments sont assez tendres et les indigènes en façonnent des dalles, A l'œil nu, on y voit de nombreux petits (eidspaths et quelques grands pyroxènes gisant dans une pâte compacte, grise; au microscope, on observe une andésite à pyroxène assez altérée.

Les échantillons No. 1705, qu'on a recueillis au Sud-Est dti Sitou. Gounoung, au versant méridional du Pangrango, sont aussi des andésites à pyroxène, mais ceux (No. 1706) qu'on a enlevés au bord Sud du lac sont des basaltes, dont l'olivine est en partie vert terne par décomposition.

Les fragments No. 1707 viennent du versant Nord, de la cascade du Tii Beureum, au dessus du jardin de culture de Tiibodas ; ce sont des roches sombres, compactes, dans lesquelles, à l'œil nu, on ne peut apercevoir que de très petites aiguilles de feldspath ; au microscope, on reconnaît encore des andésites à pyroxène.

Sur le volcan plus récent Mandalawangui, on a fait collection des échantillons qui suivent.

Le No. 17 10 vient d'un bloc du sommet; c'est une roche gris bleuâtre, compacte, ayant l'aspect du pechstein; au microscope, on voit qu'elle a été fortement modifiée par des vapeurs acides. Dans une pâte claire, on observe un très grand nombre de petits cristaux, du feldspath parait il ; puis, à l'état porphyrique, de gros cristaux de feldspath, des sphérolithes qui offrent une croix d'interférence entre niçois croisés, et beaucoup de minerai de fer, dont certains amas présentent des contours peu distincts de hornblende. Il est probable que c'est une andésite altérée, riche en verre.

Le No. 1709 se compose de lapilli scoriacés, gris, qui ont été recueillis sur le versant du Mandalawangui, mais qui ont pu cependant être projetés par le Guëdé.

Le No. 1708 a'été pris à un bloc du même versant; il consiste enandésite à pyroxène assez altérée.

Au versant extérieur du grand cirque du GuÉdé, on a recueilli de nombreux échantillons.

Du côté Sud sont originaires: un échantillon enlevé à Tiipanêngah, au sud de Tiisaat ; c'est une andésite à pyroxène.

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Le No. 1 7 1 8 vient du terrain où l'on a établi la gare de Soukaboumi; c'est également une andésite à pyroxène; des morceaux qu'on a détachés un peu plus à l'Est, à Lëmahdouhour, sont poreux et contiennent du plagioclase vitreux; c'est encore une andésite à Pyroxène, mais la roche paratt tant soit peu altérée dans les préparations microscopiques.

Au versant du Sud-Est on a recueilli; le No. 1719 dans la rivière Bèléng, en amont de Guekbrong, au plus haut point de la grande route de Soukaboumi à Tiiandiour; c'est une andésite à pyroxène à faible teneur en olivine. Le No. 1720, pris à Kaiiastana, à la limite des district de Peser et Baïabang, est une andésite à pyroxène à cristaux porphyriques de pyroxène.

Le kampong Tiikolek, près Sawahlouhour, où l'on a recueilli également de l'andésite à pyroxène, se trouve entre les deux gisements précédents.

Le No. 1721, de la cime Moundioul, entre Tiiandiouret Kadèmangan, est une andésite à pyroxène avec quelques hornblendes.

Sont encore des andésites à pyroxène: les morceaux No. 1722, récoltés au versant oriental, à l'Ouest de Mangounkerta ; le No. 1723, du versant Nord-Est, au Nord-Est de Patiet, à la rive gauche du Tiî Pandawa; et d'autres échantillons, rassemblés plus au Nord, près de la campagne du Gouverneur général, à Tiipanas.

Ainsi donc, alors que la masse principale du Guëdé consiste en andésite à pyroxène, on trouve exclusivement du basalte dans la plaine qui s'étend près Tiiandiour, au pied Sud-Est de la montagne.

En cet endroit se trouvent des collines innombrables, hautes ordinairement de 20 à 50 mètres; quelques unes ont plus de 80 mètres de hauteur. La base de ces collines présente d'ordinaire un diamètre de 200 à 300 mètres, quelquefois cependant de plus de 600 mètres. Ces collines sont formées de gros fragments incohérents de roche volcanique et rappellent vivement celles des environs de Tasikmalaïa.

Sur la carte, on a indiqué par une ligne pointillée rouge les hmites de ce domaine; vers le Nord-Ouest, au pied du versant du Guëdé, cette limite est à 440 mètres d'altitude; et au Sud-Est, les collines s'avancent jusqu'au pied même de la chaîne tertiaire, où la plaine volcanique est à 350 mètres d'altitude. La longueur de ce terrain, dans cette direction radiale, est en moyenne de 1 1 kilomètres. A l'Ouest, la limite est formée par la chaîne volcanique tertiaire du Gounoung Gueulis, qui se recouvre de produits basaltiques vers le Nord, sur le petit plateau de Kandangsapi ; vers l'Est, on rencontre encore ces collines à l'autre bord du Tii Sokan, dans la plaine de Tiihéa. La largeur est ici de plus de 15 kilomètres, et la superficie totale du terrain comporte plus de 150 kilomètres carrés.

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Il faut donc que, dans une période antérieure de l'activité du Pangrango- Ouëdé, une très forte coulée de lave soit descendue de ce côté, qu'elle ait inondé la plaine de Tiiandiour et qu'elle ait été refoulée sur la chatne ancienne, où elle s'est arrêtée. Les collines sont probablement ies restants de nombreux volcans parasites en miniature, qui se sont formés sur cette coulée épaisse, restée fluide à l'intérieur pendant longtemps encore.

Ainsi donc, il y a dans l'histoire de ce volcan une période dans Jaquelle il a fourni des produits basaltiques; à celle-ci a succédé une activité de longue durée qui a amené à la surface presque exclusivement des produits andésitiques. Ces derniers ont recouvert totalement les points d'éruption d'où se dégageaient les basaltes, de sorte que le cratère de l'ancien volcan basaltique ne peut plus se retrouver ; et même nous ne pouvons- plus déterminer si ce cratère était situé dans Je domaine du Guèdé ou dans celui du Pangrango. Au versant oriental du Guëguèrbentang, on a ramassé des basaltes; il est donc possible «ncore que' les masses basaltiques aient été fournies par ce dernier volcan, beaucoup plus ancien.

A la limite occidentale du terrain de collines on a détaché des échantillons sur la grande route, à Maïak, au Nord de Tiibëber; puis au Nord, tout près du bord de ta brèche tertiaire, sur le petit plateau près Kandang sapi, à i^ kilomètre au Nord de Rawahbogo (No. 1717) ; «t enfin à Rawahbogo même (No. 1716).

Ces échantillons ont tous une pâte gris bleuâtre, à petits rectangles de" feldspath vitreux et gros cristaux d'olivine et pyroxène. Au micro- ■scope, on voit que ce sont de vrais basaltes ; toutefois, le No. 17 16 est pauvre en olivine.

A l'extrémité Sud-£st de la coulée, tout près du pied de la chatne tertiaire, on -a recueilli les échantillons qui suivent:

le No. 1713 à la rive droite du Tii Kondang, à Bantarpandiang; le No. 17 12 au confluent du Tii Kondang et du Tii Sokan; et le No. 17 11 près de Soukarama, à la rive droite du Tii Sokan. Ces échantillons ressemblent aux précédents. Le No. 1713 est fin, poreux et à traînées iluidales; les autres sont compacts et le No. 1712 est assez altéré. Au microscope, ce sont encore des basaltes véritables; le No. 1713 surtout contient de l'olivine très limpide, qui devient brune en s'altérant.

On a recueilli des fragments sur deux des petites collines. Le No, 1714 provient de la cime Gounoung Malang, à ^\ kilomètres au Nord-Est de Tiibëbër, et le No. 1715 de la cime Noungka, tout près de la halte <iu chemin de fer Pasiraïam. Ces roches ressemblent souvent à une lave compacte; elles consistent en une pâte qui est de teinte grise par suite de la présence de petites aiguilles, très nombreuses, de feldspath, ■eX dans laquelle sont disséminés, d'une manière irrégulière, des cristaux

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de pyroxène beaucoQp plus grands. Au microscope, on observe que cesont de vrais basaltes, à olivine de teinte très claire.

Sur le volcan le plus jeune de ce massif, le Gucdé proprement dit^ on a recueilli les échantillons suivants :

Le No. 1725 vient de l'aile occidentale de la paroi escarpée qui entoure B.a. C'est une roche nettement rubanée, par ci par là poreuse, dont la pâte gris sombre ne contient que des cristaux très petits de feldspath. et de pyroxène ; au microscope,, c'est une véritable andésite à pyroxène.

Les échantillons No. 1724 ont été pris tout près de la source thermale, entre Tiibeureum et Kandangbadak ; ils sont gris clair, et contiennent de nombreux petits cristaux de feldspath vitreux, mais il n'y a que peu de pyroxène. Au microscope, ce sont A^?, andésites à pyroxène ^^sUc^^^,

Les échantillons Nos. 1726 et 1727 sont des produits d'éruption du plus jeune entonnoir situé à l'intérieur du bord du Guèdé, projetés probablement le 30 juin 1886. Ce sont &ncaT& Aes andésites à pyroxène.

LORIÊ a déterminé comme suit les roches dont JUNGHUHN a fait collection.

Comme andésite augitique, la roche compacte du mur du cratère dw GuSdé proprement dit (notre No. 1725; voir plus haut). Partie comme andésite partie comme basalte, une lave scoriacée ponceuse, qui a été recueillie aussi au plus haut bord de cratère.

Des fragments des collines de la plaine de Tiiandiour ont aussi été décrits par LORIÉ comme basaltes.

M. BehreNS a décrit, parmi les roches du Guedé, des échantillons du Mégamendoung, qui sont notablement plus anciens.

Dans le „Jaarboek van het Mijnwezen" 1873 I p. 219, figure une analyse de cendre, projetée par le Guëdé le 18 septembre 1866, faite par le Dr. g. L. Vlaanderf.N. La composition de cette cendre correspond à celle d'une andésite à pyroxène.

Les produits de ce volcan occupent une très grande superficie. Vers. l'ÏLst, ils .s'étendent jusqu'à la vallée du Tii Taroum; entre Tiipétir et Faloumbon, cette rivière établit sensiblement la limite du domaine du Bourangrang. Vers le Sud, la limite est formée par la chaîne tertiaire, qui s'y dresse en pente abrupte; et au Sud-Ouest, les produits, du Guëdé recouvrent de vastes régions situées le long des rives du Tii Tiatih et du Tii Mandiri, jusque tout près de Bantargadoung. Les points extrêmes, Paioumbon et Bantargadoung. sont à plus de 80 kilomètres de distance l'un de l'autre. Cette base peu inclinée a été exhaussée, pour une petite partie, par des sédiments éoliens, et, en quelques points, par des coulées de lave fort avancées; mais^ elle consiste, de loin en majeure partie, en produits volcaniques qui se sont déposés dans une eau courante, quelque temps après l'éruption, et qu'on pourrait, pour cette raison, classer dans les sédiments fluviatiles-

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quaternaires. Ce sont cependant tous des produits du volcan ; et même l'activité volcanique a exercé la plus grande influence sur la manière dont le dépôt s'est formé. C'est pourquoi ces terrains font partie du volcan et ont été teintés de la même couleur. La composition est assez variable en divers points ; dans le terrain du Sud-Ouest, on trouve presque constamment de l'argile avec fragments de roche; mais à l'Est, où l'on a construit le pont du chemin de fer sur le Tii Taroum, des bancs parfaitement horizontaux de brèche cohérente sont dénudés sur une épaisseur de 60 mètres; ces bancs consistent, en majeure partie, en morceaux anguleux de grosseur très différente. Par contre, à trois mille mètres seulement plus au Sud, là où la grande route postale traverse le Tii Taroum, on rencontre, sur une épaisseur verticale de 80 mètres, exclusivement des grès de débris altérés de roche éruptive assez peu cohérents. Les grès à grain fin et ceux à grain grossier passent graduellement les uns aux autres, de sorte qu'on n'y aperçoit aucune séparation nette en couches ; la roche ressemble aux sédiments lacustres de la plaine de Bandoung.

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