I. Environs de la baie de TUlëtoii
Des roches éruptives anciennes et des grès quartzeux de cette partie du district de Diampang koulon ont déjà été recueillis par Jl'NGHUHN.
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Les roches éruptives ont été analysées par M. BehrenS, qui les a décrites dans les „Beitrâge zur Pétrographie des Indischen Archipels", publiés en 1880 par l'Académie Royale des Sciences d'Amsterdam.
JuNGHL'HN avait déjà observé aussi qu'à Java les meilleures houilles se trouvent entre des grès quartzeux; et c'est pour cette raison qu'en 1855 les ingénieurs des mines Aquasi Boachie et HuGUENlN furent spécialement chargés de rechercher le charbon dans ce terrain. Les résultats de leurs recherches sont consignés dans le ,,Natuurlcundig Tijdschrift van Ned. Indië," Tome XI et XII; articles No. 16 et No. 17 sur la Géol. et la Miner, des Indes Néerlandaises. Les roches signalées dans les „Beitrâge" par M. BehreNS comme originaires de la collection „van Diest" ont été récoltées durant ces recherches.
Nous avons dressé une carte spéciale de ce terrain remarquable, la carte No, IX à l'échelle i : 50.000. C'est une copie du relèvement du service topographique, mais elle a été corrigée en ce qui concerne le cours des petites rivières; celles-ci ont été presque toutes expressément levées pour les besoins de l'exploration géologique.
a. I-£ terrain schisteux.
Les couches les plus anciennes sont ici des schistes avec les roches qui s'y rattachent; ils sont recouverts en discordance par des grès quartzeux, ainsi qu'il sera exposé plus loin. Le long du sentier qui conduit de la baie de Lagouan haour, en direction orientale par la crête de la chaîne, vers la vallée du Tii Lëtou, ces roches affleurent sur une grande étendue; ailleurs elles ne sont dénudées que dans le lit et le long des bords des rivières qui ont creusé les grès supérieurs jusque dans les schistes.
Schistes et quartsite. De beaux schistes siliceux (No, 1017) se montrent surtout dans le Tii Batou nounggoul IL Les échantillons en sont de teinte vert grisâtre, d'un éclat mi-cireux mi-vitreux, et peu fissiles. Ils ont une cassure conchoïdale et consistent en une masse siliceuse à peu près pure avec quelques cordons de quartz.
Nos. 1018 et loig. Des schistes argileux apparaissent dans le Tii Batou nounggoul II (No. 1018), dans le Tii Këpouh et dans la crête dont il a été question tantôt, près de la cime Pamidangan (No. 1019). Il est difficile d'y récolter de beaux échantillons, car les fragments se séparent d'ordinaire en baguettes. Les préparations des échantillons recueillis présentent, au microscope, tant de chlorite, qu'on pourrait presque les nommer des schistes chloriteux.
No. 1020. On a trouvé du schiste talqueux dans la vallée du Tii Mapak, tout près du hameau de ce nom. La roche est de teinte blanc sale, très fissile et grasse au toucher. Dans la cassure transversale on voit de petites couches interposées d'un asbeste radié, à éclat soyeux, dont les rayons font un angle avec la schistosité.
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No, I02I. Du schiste micacé a été recueilli à la rive gauche de la petite rivière Tii Gadoung et tout près de sa source ; ces morceaux consistent entièrement en quartz et en mica potassique blanc (muscovite).
On trouve aussi des schistes à serpentine, mais ceux-ci sont si friables qu'on n'a pas réussi à en obtenir de bons fragments.
Les quartzites (Nos. 1022 à 1025) se rencontrent très fréquemment; on risque parfois de se tromper tout près de la limite des grès quartzeux, puisque dans ces derniers les grains de quartz sont parfois a^lomérés par un ciment siliceux. Les quartzites en question se trouvent entre les schistes que nous venons de décrire ; ils consistent en petits grains de quartz anguleux, parfois arrondis, toujours unis par un ciment de silice. Dans les fragments originaires du cours supérieur du Tii Patirëman (No. 1022}, on trouve, à côté du quartz, du plagioclase, un peu de minerai de fer à bords gris de leucoxène, des particules de chlorite vert trouble et de l'hydroxyde de fer brun. Le fragment du Tii Mapak (No. 1023) contient plus de minerai, moins de chlorite, et seulement quelques fibres de mica; tandis que les échantillons qui furent recueillis sur le rivage, près de l'embouchure du Tii Batou nounggoul 1 (No. 1024} renferment peu de minerai, du calcaire apathique et peutêtre un peu de feldspath terne.
On a trouvé du calcaire en quelques points, entre des schistes. Dans le Tii Mapak, un peu en aval du confluent des trois rivières de ce nom, il en existe un banc (No. 1026) de 8 mètres d'épaisseur au moins, que l'on peut suivre, comme une petite croupe saillante, sur une distance de 20 mètres. Plus en amont il existe dans le Tii Mapak I une couche calcaire encore moins épaisse, et dans le Tii Banteng aussi on a trouvé des cailloux roulés de calcaire. Ces calcaires sont tous compacts, de teinte bleue ou gris jaunâtre et traversés par un réseau de nombreuses veines de calcaire spathique; il n'y a pas trace de fossiles.
11 se montre cà et là dans les schistes des veines et des cordons de quartz à allure irrégulière; on y trouve aussi des géodes remplies de calcédoine et de quartz ; mais nulle part on n'a rencontré de filons épais de quartz.
La disposition de ces couches superposées de schistes et de quartzites est souvent très irrégulière. Dans le Tii Batou nounggoul 11, p. ex. à 2 kilomètres environ de la côte, on a observé le profil Fig, 47. Un peu plus en amont, au point où les couches ont une position un peu plus normale, on constate que D. = 35" à 38°, 1. = 30 à 50° au Nord-Ouest; et 1200 mètres plus loin, D. = 77°, L = 60 à 70° au Nord. Tout près de la source de la rivière, au versant du mont Tiikëpouh, on trouve souvent encore des couches pliées et contournées; mais au point où, sur une faible étendue, elles sont disposées régulièrement, on a constaté
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0. = 105°, I- "= ^o" tantôt au Nord, tantôt au Sud; parfois aussi on a observé une position verticale.
Dans le Tii Képouh, d'aval en amont, furent constatées les valeurs suivantes: dans des bancs de quartzite, de 0.3 à 0.8 mètre d'épaisseur, qui reposent en concordance sur de la serpentine, D. ^ 111°, I. ^ 61° au Nord; dans des couches minces de quartzite, D. ^ 103°, I. ^ 57° au Nord; dans des schistes, D. = 85°, I. = 35° au Nord; dans des bancs de quartzite, D. ^ 62°, I, = 26° au Nord-Ouest; et dans des schistes ' alternant avec du quartzite, D. ^ 86°, I. ^ 26° au Nord. On y trouve aussi dans les schistes des plissements irréguliers pareils à ceux qui viennent d'être signalés.
Dans les schistes du Tii Mapak II on n'a pu faire qu'une seule détermination digne de confiance ; elle a donné D. ^ 78", I. ^ 36° au Sud.
Dans le Tii Boulakan, tout près de l'embouchure, les couches sont assez planes, maïs les déterminations sont fort sujettes à caution. Dans le cours supérieur de la rivière, en un seul point, on a pu constater avec assez de certitude D. = 68\ I. = 42° au Sud,
Entre le cap Oudioung Sodong parât et le Tii Boulakan, on trouve le long du rivage de nombreux blocs incohérents de quartzite, mais il n'y a aucune roche compacte.
Gabbro et serpentine. Comme il a été dit plus haut, ces roches ont déjà été collectionnées par JuNGHL'HN et par HUGUENIN et elle.'i ont été décrites en détail par M. Behrens (I. c.)
A cause du peu de précision de l'esquisse de JuNGHUHN et de la mauvaise orthographe des noms de son travail, il n'a plus été possible de déterminer avec certitude l'origine exacte de la plupart des échantillons qu'il a recueillis. La serpentine {J. No. 671 ; voir JuNCHUHN 3e sect. de l'Edit. hollandaise p. 376; édition allemande p. 242} a probablement été récoltée sur le sentier, cité plus haut, qui conduit de la baie de Lagouan haour, en direction orientale, vers la vallée du Tii Lètou; et les échantillons J. Nos. 672 à 677 proviennent apparemment du cap qui, sur notre carte, porte le nom d'Oudioung Sodong parât.
Les lieux de provenance des fragments de la collection van Diest, récoltés par BoACHiE et par HucuENiN, peuvent être déterminés avec précision grâce aux indications que l'on trouve dans le mémoire de HUGUENtN, dont nous avons fait mention plus haut.
Les échantillons v. D. 124 du Gg. Batou nounggoul, ont été recueillis sur le sentier dont il vient d'être question à propos de J. 671, probablement très près de la cime Pamidangan ; les Nos. 125 et 126 de v. D. sont originaires du même sentier, près de la cime Tiikëpouh et les Nos. 120 et 122 v. D. viennent du cours supérieur de la rivière Tii Batou nounggoul II.
Le gabbro et la serpentine apparaissent toujours simultanément en
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certaÎDS endroits; ainsi dans le Tii Batou nounggoul II le gabbr» prédomine, tandis qu'en d'autres points, p. ex. dans le lit du Tii Kèpouh, on trouve presque exclusivement de la serpentine. Le gabbro est un mélange grenu de diallage, de plagîoclase, d'olîvine et de magnétite. Dans la serpentine, on voit, dans une pâte vert foncé, presque noire, compacte, des diallages de teinte bronzée et à éclat métallique qui atteignent la taille de 8 mm. Au microscope, on voit que les gabbros aussi bien que les serpentines sont des roches à diallage et à oîivine. Ces roches ont donc une grande analogie au point de vue pétrographique ; et comme il est impossible de bien les séparer sur le terrain, elles ont été indiquées, sur la carte, par la même teinte. En ce qui concerne les rapports de ces deux roches, nous ne savons rien de certain, car nulle part on n'a pu observer un contact franc. Il est possible qu'elles passent souvent l'une dans l'autre; mais, dans le -cours supérieur du Tii Batou nounggoul II, on a trouvé un bloc de serpentine dans lequel existe une veine de gabbro, de 8 mm. d'épaisseur, limitée par des faces planes.
Si l'on remonte le cours du Tii Batou nounggoul II, on trouve d'abord de la serpentine, et plus loin de très gros blocs amoncelés, qui consistent en deux espèces de gabbro. La première espèce {No. 1027) est d'un grain très grossier; elle renferme des cristaux de diallage de la taille de 50 mm. et des feldspaths de 40 mm. de longueur. Au microscope, on voit dans le diallage, dont la teinte est très claire, des aiguilles fines, noires, parallèles à la direction de clivage, tandis que d'autres parties ont été décomposées en chlorite; le plagioclase est parfois limpide, mais d'ordinaire il est trouble et quelques parties sont totalement transformées en zéolithe. A côté de ces deux minéraux, on voit aussi distinctement de l'olivine et un peu de minerai de fer.
L'autre espèce {No. 1027} est d'un grain fin; à la loupe, on distingue à peine les divers éléments; au microscope, on voit néanmoins un beau mélange grenu de diallage, de beau pyroxène rhombique, de plagioclase, d'olivine limpide, dans laquelle il ne s'est déposé du minerai de fer que le long des cassures, et enfin de la magnétite.
Ces deux espèces de gabbro sont enchevêtrées d'une manière irrégulière et passent graduellement l'une dans l'autre; toutefois, du côté qui consiste en un mélange grenu, fin, les blocs sont d'ordinaire limités par des faces planes. A quelque distance de ces blocs affleure du schiste, mais on n'a pu trouver aucun contact de la roche sédimentaîre avec le gabbro. Il est probable qu'à l'origine le gabbro formait, dans les schistes, un filon épais; et que, par désagrégation et par érosion, la roche adjacente plus tendre a fini par disparaître, de sorte que le filon est resté comme une arête saillante; par " altération ultérieure cette arête s'est divisée en gros blocs. La roche grenue, fine,
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à faces terminales planes, provient des bords du filon ; la roche à grains grossiers vient du centre. Il importe encore de faire observer que ces deux espèces, tant celle à grains grossiers que celle à grains fins, apparaissent uniquement en cet endroit; car tous les échantillons qui ont été récoltés en d'autres points présentent un grain de dimension moyenne et sont donc d'une espèce intermédiaire entre les deux précédentes.
Le gabbro du cours supérieur du Tii Batou nounggoul 11 (No. 102$) contient p. ex. des cristaux de dîallage et de feldspath, de 3 à 4 mm. de longueur; la taille maxima est de 7 mm. Au microscope, on voit que le diallage de teinte claire est décomposé, en grande partie, en hornblende, et celle-ci à son tour transformée partiellement en chlorite. Le feldspath est trouble et, pour une bonne part, changé en zéolithe; l'olivine s'y détermine avec bien moins de certitude que dans les roches précédentes; au minerai de fer sont accolés des cristaux de titanite, légèrement rosés ou incolores.
Dans les morceaux de serpentine du cours supérieur du Tii Batou nounggoul 11 (Nos, 1029 à 1031), on peut très bien reconnaître l'olivine à côté du diallage; on voit, au microscope, un réseau de serpentine, dont les mailles sont remplies d'olivine polarisant encore vivement la lumière. Le diallage s'y observe en lambeaux irrégulièrement délimités, à stries fines et de teinte brun clair. Parfois la serpentine est totalement décolorée et blanche (voir plus loin).
Sur la crête portant les cimes Béas, Pamidangan et Tiikëpouh, on reconnaît immédiatement les parties où la serpentine vient à la surface, à la végétation extraordinaire ment maigre qui les couvre ; on n'y voit que des alang alang très espacés, entre lesquels la roche vert sombre apparaît de toutes parts. Ce n'est que très près des cimes que nous venons de nommer qu'à côté de la serpentine on trouve aussi du gabbro.
Le gabbro de la cime Pamidangan (No. 1032) est, au point de vue macroscopique, identique à celui du cours supérieur du Tii Batou nounggoul 11 ; les cristaux de diallage et de feldspath y ont 3 à 4 mm. de longueur. Au microscope, on voit aussi la même structure, mais le diallage y est beaucoup plus décoloré.
La serpentine de cette crête a été décrite d'une manière très détaillée par M. Behrens (I. c. pp. 7 à 11); c'est surtout le mode de décomposition de l'olivine qui y est traité dans toutes ses particularités.
Des deax côtés de l'arête qui se termine au cap Oudioung Sodong parât, on trouve, au pied de la saillie, de laserpentine avec des fragments de gabbro (No. 1033), et sur la crête même du quartzite. Quelques fragments de serpentine présentent des faces de glissement, „Rutsch-
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flachen" i) et englobent des inclusions qui contiennent elles-mêmes du feldspath et qui passent donc au gàbbro. A la surface, la serpentine est recouverte d'une couche blanche d'un minéral plus dur, qui se fond avec la serpentine en passant par toutes les nuances. Au microscope, on n'a pas réussi à observer cette modification dans tous ses détails; on remarque seulement que la serpentine devient de plus en plus fibreuse et se décolore de plus en plus.
Les fragments de gabbro recueillis sur ce contrefort et à l'embouchure du Tii K^pouh (Nos. 1033 et 1034), sont d'un grain un peu plus fin que ceux du Pamidangan; dans les échantillons frais, les baguettes blanches limpide de feldspath présentent encore un vif éclat. On observe, au microscope, que dans les morceaux frais également le diallage est décomposé en fibres de hornblende vertes et brunes; Jes plagioclases y sont troubles, mais polarisent très nettement; le minerai de fer a des bords de leucoxène. Les fragments à grains grossiers (No. 1034) contiennent peu d'olivine, ceux à grains fins (No. 1033) en contiennent beaucoup, dans un réseau de particules de serpentine. A côté de ces éléments ordinaires, il se montre assez bien de beaux grains de quartz limpides, à inclusions liquides nettes, mais qu'on doit cependant tenir pour secondaires puisqu'ils sont disséminés dans les particules de chlorite. Dans les fragments altérés la hornblende est changée partiellement en chlorite ; les feldspaths y sont tout-à-fait troubles et on y trouve de l'épidote jaune-citron.
Dans le lit du Tii Këpouh, tout près de l'embouchure, on rencontre un banc de serpentine, épais au moins de 40 mètres, qui repose en concordance évidente entre les quartzîtes et les schistes; D. == m", I. ^ 61° au Nord. La roche {No. 1035) est tout-à-fait identique aux fragments décrits précédemment; au microscope, on y observe aussi distinctement de l'olivine polarisante.
Au Nord du Tii Batou nounggou! II, ce n'est qu'en un seul point, dans le Tii Banteng, qu'il vient au jour de la serpentine à veines de quartz (No. 1036).
On peut conclure de ce qui précède que les gabbros et les serpentines constituent un élément des terrains schisteux et quartzeux. Ils ont percé, sous forme de filons, les couches plus anciennes et ils les ont recouvertes en coulées. Dans les éléments de certains schistes chloriteux et schistes à serpentine, on retrouve probablement les tufs qui se sont formés en même temps. Les couches de schiste et de quartzite, qui recouvrent ces bancs de roche cristalline, sont plus récents
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que celle-ci, car nulle part il n'y a lieu de songer à des nappes d'intrusion.
Diabase. Il existe encore, dans ce terrain, une autre roche éruptive, notamment de la diabase. Parmi les fragments qui ont été examinés par M. Behrens, il y a aussi des diabases, mais la plupart d'entre eux ne proviennent pas de la roche compacte; ils ont été récoltés dans des brèches éocènes. Il se peut que J. 680 ait été détaché de la roche compacte de Palawakëris, mais cela n'est pas certain.
Nous avons nous-même trouvé la roche compacte : au versant escarpé Nord du Gg- Badak, près du rivage de la baie de Tiilëtou; dans le lit du Tii Mapak, tout près du gisement de calcaire mentionné précédemment et plus en amont dans le Tii Mapak I; puis, en très beaux bancs, à la côte dans la portion Sud-Ouest du terrain, au Sud de l'embouchure du Tii Boulakan.
La roche du Gg. Badak n'affleure que sur une petite étendue, et est entourée de brèches qui, pour une grande partie, consistent en fragments de la même roche. A l'œil nu, cette roche (No. 1037) est de teinte vert-clair; à la loupe, on ne voit que quelques cristaux d'augite disséminés dans une pâte compacte. Des fentes nombreuses traversent irrégulièrement la roche et sont parfois remplies de quartz: on observe aussi des veines fines de calcaire spathique; mais d'habitude, la roche offre simplement une teinte bleu sombre dans le voisinage des fentes. Au microscope, on voit un mélange grenu, fin, de feldspaths oblongs, troubles; d'augite non altérée, vert-clair; de beaucoup de chlorite vert jaunâtre et de minerai de fer.
La diabase du cours inférieur du Tii Mapak se trouve tout entière dans le terrain des schistes anciens; elle y existe probablement à l'état de filon, car la roche forme une arête nettement limitée, qui se dirige sensiblement du Nord au Sud et fait donc un angle avec la direction générale des schistes. Malheureusement, dans le voisinage immédiat de la diabase, les couches schisteuses n'étaient pas suffisamment dénudées pour pouvoir y mesurer la direction et l'inclinaison. C'est une belle roche, fraîche, vert sombre (No. 1038), dans laquelle, à la loupe, on observe un mélange à grain fin de feldspath et d'augite. Au microscope, on voit un mélange cristallin, grenu, fin, d'augite fraîche, de plagioclase et de minerai de fer, avec de la chlorite et du mica brun, qui peut provenir d'augite (ou peut-être d'hypersthène). La roche ressemble quelque peu à un gabbro à grain fin, mais l'augite n'y a nullement les caractères du diallage.
Depuis l'embouchure du Tii Boulakan jusqu'au cap Palawakëris, on trouve, le long de la côte, de la diabase en une couche horizontale, de 20 mètres d'épaisseur au moins, recouverte par des brèches plus récentes, mais dont le mur ne s'aperçoit nulle part. La roche se distingue par sa structure amygdaloïde; les amandes sont sphériques et consistent en
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quartz et en zéolithe. Dans certains fragments elles sont dissoutes par les eaux d'infiltration et c'est ainsi qu'il se présente dans la roche de nombreuses cavités sphériques.
A Palawakëris, les amandes sont moins régulièrement sphériques et présentent souvent des sections polygonales ; les cavités sont remplies non seulement de quartz et de zéolithe, mais aussi de calcaire spathique, de chlorite ou d'un minéral serpentinique trouble. Il est possible que dans cette dernière roche les amandes proviennent d'olivine dissoute, bien qu'aucune trace d'olivine ne puisse se découvrir dans les échantillons récoltés.
En général, ces roches sont de teinte vert grisâtre, mais les morceaux frais sont vert foncé et à grain fin dans la cassure. A la loupe, on voit dans la pâte compacte de gros feldspaths, mais il y a communément peu d'augite; par contre, il existe une forte proportion d'augite dans les échantillons de Palawakëris. Cette dernière roche semble toujours plus ou moins silicihée et renferme parfois de nombreuses veines de quartz, ou bien encore de calcaire spathique.
Au microscope, on voit dans un échantillon originaire de l'embouchure du Tii Boulakan {No. 1039) des rectangles allongés de plagioclase limpide, beaucoup d'augite nettement monoclinique, de teinte brun rouge, et puis des fibres vert foncé, qui sont pour une grande partie de la chlorite, mais pourraient aussi, pour une autre partie, être de la serpentine issue d'olivine. Les contours de certaines portions rendent cette hypothèse assez probable.
Un échantillon (No. 1040) récolté dans le lit du Tii Bouwaïa, à 700 mètres de l'embouchure, est noduleux, et les nodules se fragmentent radialement. Au microscope, cet échantillon ressemble beaucoup aux précédents. On y voit aussi des portions qui consistent en serpentine, chlorite, minerai de fer et calcaire spathique, et qu'on reconnaît à leurs contours pour des divines décomposées. C'est une diabase à olivine.
Dans le terrain diabasique du Tii Roiiwaïa, nous avons trouvé un gros bloc (No. 1041) consistant en une roche très riche en verre. A cause de nombreuses fentes irrégulières, la roche paraît brècheuse dans la cassure ; et même elle ressemble véritablement à une brèche, dont certains morceaux présentent plutôt un éclat vitreux, d'autres plutôt un éclat gras. Au microscope, on n'observe aucune différence dans les préparations des différentes parties de la roche ; seulement l'une de ces préparations est un peu plus altérée que l'autre. Cette roche ressemble donc fort à l'échantillon J. 708 qui fut recueilli par Jl'NGHUHN et décrit par M. Behrens I. c. p. 17. Les échantillons que nous avons recueillis nous-même présentent, au microscope, un verre brun clair, qui devient parfois vert trouble par altération ; dans ce verre, se trouvent quelques plagioclases limpides, qui ont d'ordinaire des bords brun terne, et l'on
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Tencontre encore en d'autres endroits de la roche des taches de cette même teinte brune. A côté du plagioclase se montrent des ohvines admirablement limpides, nettement délimitées. La roche est donc une modification vitreuse d'un mélaphyre ; c'est une espèce rare. Les préparations qui ont été examinées par M. BehreNS paraissent un peu plus dévitrifiées et contiennent, d'après le dessin Fig. 6 de son mémoire, des fibres réunies en touffes et en éventails, comme celles que nous avons observées dans les fragments de mélaphyre trouvés dans la brèche 4u roc Batou nounggout (No. 1049). (Voir plus loin).
-Comme plus en amont dans le lit du Tii Bouwaïa, et le long des rives, affleurent des brèches plus récentes qui consistent, en grande partie, en fragments de diabase (voir plus loin), il est encore fort possible que ce bloc soit originaire de la brèche. Ces brèches éocènes «e sont néanmoins formées très probablement par la dislocation des anciens bancs de diabase, et dans ce cas l'échantillon appartient encore aux roches anciennes.
La roche du cap, Palawakëris (No. 1042) présente, au microscope, l'image ordinaire des diabases, notamment un mélange cristallin de plagioclase, d'augite brun clair et de minerai de fer. Dans le centre ■de Java, à savoir dans la chaîne de Diiwo (Solo), de la diabase repose €n couches concordantes entre les schistes chloriteux et les schistes à serpentine. Ce fait n'a pas été observé ici, et cependant nous rangeons la roche dans les schistes, parce qu'elle est incontestablement plus ancienne que le terrain qui y succède immédiatement. En effet, dans les brèches éocènes nous trouvons non seulement des fragments de diabase, mais aussi des morceaux de tufs diabasiques qui se sont formés probablement en même temps que la diabase.
Age du terrain schisteux et des roches cristallines. Comme nulle part, dans ce terrain, on n'a rencontré de fossiles, une détermination d'âge n'est pas directement possible. Toutefois, les couches sont recouvertes en discordance par des brèches et des grès éocènes; et, sous le rapport pétrographique, le terrain correspond entièrement à celui que nets avons décrit précédemment, sur la frontière de Baguélen et de Banioumas, et qui se caractérise comme crétacé par la présence de petites orbitolines. II y a donc une certitude suffisante pour ranger aussi ces couches dans le terrain crétacé, b. I^ terrain êocène.
Le terriiin que nous venons de décrire est recouvert en discordance par un dépôt qui consiste, en grande partie, en grès quartzeux et en conglomérats de quartz. Le long de la côte, et dans certains ravins, il apparaît aussi, en dessous de ces grès quartzeux, des brèches que l'on peut séparer des grès pour en former un étage distinct.
I. Etage brècheux. Dans les couches qui composent cet étage, on
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retrouve comme inclusions la plup)art des roches du terrain précédent, principalement des morceaux de diabase et de tuf diabasique.
Autour du Gg. Badak, ces brèches sont très bien à découvert, et leur présence en cet endroit est signalée déjà par HUGUENiN 1. c. p. 120. Dans certains bancs épais, les fragments de diahase (No. 1043) anguleux ont une taille qui varie de \ mètre cube à i décimètre cube, et à côté de ceux-ci se montrent des morceaux plus petits de tuf diabasique (No. 1044) ; tous ces éléments sont solidement unis, sans qu'on puisse observer un ciment proprement dit. Dans d'autres bancs, les morceaux sont moins grands et l'on y observe un ciment arénacé, qui néanmoins consiste aussi tout entier en débris de diabase. Un peu à l'Ouest du Tii Badak, on trouve des conglomérats et des brèches (\o. 1046), qui contiennent, outre la diabase, des fragments de calcaire et de schiste argileux (No. 1045), ainsi que des morceaux de quartz tout-à-fait arrondis.
De ce terrain sont originaires les échantillons v. D. 151 i), 115, 141 et 181, que M. Behrens a décrits le. pp. 17 et 19.
Au bord septentrional du Tii Mapak III, on trouve des conglomérats et des brèches (No. 1047) très compacts, formés de gros fragments de diabase, de schiste et de quartz, agglomérés par un ciment siliceux.
Fossiles. A la rive droite du Tii Lëtou apparaissent, sur une petite étendue, et en-dessous des grès quartzeux et des conglomérats du Kiara diadiar, des grès verts, assez grossiers (No. 1048), dans la rivière Tii Kramat, affluent de droite du Tii Létou. Dans ces grès ont été trouvées les pétrifications suivantes :
1. Nummulites javanus, var. a. Petits exemplaires de l'espèce lisse de Solo, à chambre centrale très petite. D. =î 6 a 8^ mm., ép. = ij à 3 mm.
2. Nummulites javanus, var. il Un jeune exemplaire de l'espèce lisse de Baguelen. D. ^ 11 mm.; ép. ^ 3^ mm.
3. Nummulites Baguëlensis la. De nombreux exemplaires de la petite espèce lisse, N. Baguelensis I, à fines !ignes courbes à la surface, et toujours à chambre centrale très grande. L'espèce homologue à petite chambre centrale (N. Baguelensis Ib) doit être cherchée probablement dans le N. javanus var w. D. ^ 5 mm., ép. ^ ij à 2 mm.
4. Nummulites (Assilina) Leymeriei, D'Arch ET H., nov. var. Une petite espèce grenue. D. = 5 à 7 mm., ép. = i| à 2 mm.
5. Orbitoides papyracea BOUB. var. javana, minor. On n'a trouvé
Il M, BElineNS cilc comme lieu il'urigîne de cet éehanlillon le Poulou Manouk, un rocher escirpt qui s'élève dans la mer na Sud du cap Sodong parât et qui, sur notre carie, ])orle le nom de Batou niasiguit. Cette citation est îneiacle, car ce rocher Bntou niasiguit est complètement inaccessible à cause de ta violence des fluU. I.e vcritable lieu d'origine, c'est l'Ile P' iilou Manouk, .lu Nord-Est du Gg. Badak.
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que quelques exemplaires de -cette orbitoïde. D. = 25 mm., ép. = 4 mm.
6. Orbitoides dispansa, Sow. Il est remarquable que cette deuxième espèce n'est pas l'O. ephippium éocène lisse et incurvée, mais 10. dispansa grenue, non contournée et papilliforme, qui se présente en d'autres points de Java dans des couches oligocènes. Ceci tendrait à prouver que les couches que nous avons nous-même considérées comme oligocènes ne forment en réalité qu'une section du terrain éocène; mais il se peut aussi que l'O. dispansa existe dans les deux terrains, et dans ce cas elle ne peut naturellement plus servir à distinguer les couches éocènes des oligocènes.
Les exemplaires de la baie de Tiilètou ont les mêmes dimensions que ceux du terrain de Nanggoulan ; d'ordinaire, D. ^ 1 2 mm., ép, =^ 3 mm.
Les grès de Tiilëtou contiennent donc 3 espèces de nummulites (dont l'une se présente en deux variétés), et une couple d'orbitoïdes à chambres médianes rectangulaires. On n'a pas rencontré d'autres fossiles dans ces couches, mais ta présence simultanée de discocyclines et de nummulites, dont deux espèces existent dans les couches éocènes de Baguêlen, assigne avec une certitude suffisante le même âge aux grès de Tiilëtou.
Pour la description complète de ces fossiles, nous renvoyons à la section V.
Sur la plage Ouest il affleure aussi, par ci par là, des brèches sous les grès quartzeux. Le ,,Batou nounggoul" bien connu, un peu au Nord de l'embouchure du Tii Batou nounggoul I, est un roc isolé, de 9 mètres de hauteur environ, dont la superficie ne dépasse pas 100 mètres carrés. Ce n'est pas un bloc apporté d'ailleurs en cet endroit, c'est ce qui reste d'un rocher jadis plus étendu. Ce roc consiste en une brèche très compacte de fragments de diabase (No. 1049) et de quelques morceaux de calcaire (No. 1050), agglomérés par un ciment siliceux. Le calcaire est cristallin et, au microscope, on ne peut y reconnaître que quelques contours de foraminifères qu'on ne saurait déterminer exactement. Les fragments de diabase sont de teinte vert grisâtre ou bien vert foncé; ils ont une structure compacte et sont grenus dans la cassure. Au microscope, on aperçoit une image assez bizarre; toute la pâte est remplie de microlithes fins, réunis en touffes, en éventails ou même en sphéroïdes; quelques grands contours de cristaux rappellent l'oHvine, mais la matière est totalement décomposée en calcaire spathique, hydroxyde de fer, etc. Il y a enfin des granulations rondes, issues probablement aussi d'olivine, et consistant entièrement en calcite, zéolilhe ou quartz (calcédoine). La pâte est trouble, mais consiste probablement en un verre qui s'est dévitrifîé par la formation des fibres dont il vient
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d'être question. On ne peut se prononcer* avec certitude sur la nature de ces fibres, mais ce sont apparemment des mîcrolithes de calcédoine et de feldspath. La roche a donc été, à l'origine, une diabase à olivine avec verre ; donc, à proprement parler, un mélaphyre.
Un peu au Nord du Batou nounggoul I, au bord méridional du cap Oudioung Karang heulang, il apparaît encore des brèches sous les grès. Les échantillons récoltés dans ces brèches consistent en tuf diabasique {No. 1051), dans lequel on peut distinguer du feldspath trouble, de petits fragments brun foncé, à grain fin, qu'on ne peut déterminer avec précision, beaucoup de chlorite, des veines de spath calcaire et de calcédoine.
Plus au Sud, près de la côte, les brèches de diabase affleurent sur une grande étendue. Au Sud du Tii Boulakan et dans la vallée du Tii Bouwaïa, elles reposent directement sur la diabase compacte. Entre te cap Palawakëris et le cap Panarikan, le long du rivage et très près de celui-ci, les brèches sont bien dénudées, mais plongent, en pente douce, sous les grès quartzeux du Gg. Keroud. Dans le Tii Bouwaïa, on a observé D, = 21', 1. ^ 15° au Sud-Est. A l'est du Gg. Keroud, elles reparaissent dans le cours supérieur du Tii Tiram et l'on y a observé D. = 115", 1. = 10° au Nord. Au sud du cap Panarikan, les deux étages de l'éocène sont recouverts par des couches miocènes.
La brèche No, 1052, originaire de la rive gauche du Tîi Boulakan, consiste essentiellement en fragments de diabase, mais renferme aussi des morceaux de calcaire et des cailloux roulés de quartz. Dans le gravier qui cimente ces fragments on observe des foraminifères peu distincts, non susceptibles de détermination. Les morceaux de calcaire inclus (No. 1053) sont tout-à-fait cristallins.
La brèche du cours supérieur du Tii Bouwaïa (No. 1055} se compose de fragments de diabase vert foncé, cimentés par un gravier de diabase. Au microscope on voit dans la diabase des plagioclases oblongs, de petites augites brunes, du minerai de fer, des sections vert jaunâtre qui peuvent être de l'olivine, et une très forte proportion de chlorite et de calcédoine ; ce dernier minéral se présente parfois en beaux sphéroïdes qui, entre niçois croisés, montrent une croix noire.
La brèche de l'embouchure du Tii Tiram (No. 1056) est d'un grain moins grossier que la précédente et présente une teneur plus forte en ciment. L'image microscopique des fragments de diabase est tout-à-fait identique à celle de la roche précédente.
Au cap Panarikan, les brèches alternent avec des grès, qui sont toujours plus ou moins siiicifiés, et contiennent des veines de calcédoine et de calcaire spathique (No. 1054). Les échantillons de ^/-tV No. 1057 et No. 1058 sont, en certains points, un peu poreux, mais le plus souvent ils sont compacts et plus ou moins siiicifiés; leur teinte varie
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<Ju gris jaunâtre clair au gris verdâtre foncé ; à la loupe, on voit que certains d'entre eux sont d'un grain très fin, et que d'autres consistent en débris anguleux, tandis que d'autres encore sont plus ou moins schisteux. Dans beaucoup de fragments on rencontre un réseau de veines fines, dont la teinte est plus foncée que celle de la roche, mais dont la composition est au demeurant la même. Au microscope, ils donnent tous à peu près la même image. Dans une pâte à microiithes nombreux de feldspath, on voit quelques cristaux frais d'augite et des rectangles limpides de plagioclase (le No. 1057 surtout contient beaucoup de feldspath) ; puis, dans cette pâte, se trouvent disséminés irrégulièrement des îlots limpides de calcédoine qui, à la lumière polarisée, donnent une image en mosaïque faiblement colorée. Ce sont donc tous des grts diabasiques, fins ou grossiers, plus ou moins silicifiés.
Les roches que nous venons de décrire sont superposées les unes .aux autres, en bancs épais, dont il est généralement difficile de déterminer convenablement la direction et l'inclinaison. A l'Est du Gg, Badak seulement on a pu faire de bonnes observations, le long de la plage. A la pointe extrême du cap Kounti, on a constaté D. ^ 20", I. ^ 30' à rOuest-Nord-Ouest. Plus au Sud, tout près de l'embouchure du Tii Biouk, sur une étendue de quelques centaines de mètres, on a observé successivement D. = 143", I- = 41° au Sud-Ouest; D. ^ iio', I. = <,^' au Sud; et D. = 98", 1. == 63° au Sud. Les couches reposent probablement, en forme de manteau, tout autour de l'ancienne diabase et plongent sous les grès quartzeux plus récents.
Dans la région du Sud-Ouest, les couches brècheuses forment le bassin plat décrit plus haut ; mais, à cause de la faible pente des couches, les mesures y sont toujours assez sujettes à caution.
2. Etage gréseux. Les couches brècheuses qui viennent d'être décrites sont recouvertes, dans ce terrain, par des bancs alternatifs de grès quartzeux et de conglomérats, qui restent identiques sur une grande distance et que nous retrouverons encore ailleurs dans les Préanguer, Ce sont les mêmes roches qui, en Java central et surtout à Sumatra, caractérisent sur une vaste étendue le terrain éocène.
Les grès Nos. 1059 à 1062 sont de teinte gris clair, jaune clair, jaune bnm et parfois rouge. D'ordinaire, les grains de quartz sont unis par un ciment argileux, parfois aussi par un ciment siliceux.
Il existe des grès fins et grossiers; dans ces derniers, il y a par ci par là des inclusions de petits cailloux roulés de quartz, d'un blanc laiteux; et lorsque ces cailloux deviennent plus nombreux, la roche passe graduellement à un conglomérat. Les couches de conglomérat (Nos. 1063 à 1066) forment le type d'une roche clastique; tous les fragments sont totalement arrondis et consistent, en grande majorité, en quartz laiteux, à éclat gras dans la cassure, et presque toujours
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à inclusions liquides, visibles au microscope. A côté du quartz, on trouve quelques cailloux roulés de diabase et des morceaux allongés et arrondis de schiste. Ces morceaux sont de taille variable; mais il est rare qu'ils dépassent la grosseur d'une noix. Le ciment est d'ordinaire du sable quartzeux mélangé d'un peu d'argile; il est rarement siliceux. Par l'augmentation de la teneur en ciment arénacé, les conglomérats passent de nouveau aux grès.
Les endroits sont rares où, dans ce terrain monotone, il apparaît d'autres roches. Nous avons trouvé au versant oriental du Gg. Guèdogan, dans le Tii Paniarédan, des argiles tendres, jaune brunâtre (No. 1067), qui font très faiblement effervescence avec l'acide chlorhydrique. A la plage Ouest, un peu au Nord du cap Batou nounggoul, affleure une couche mince de houille bien luisante (No. 1068); elle n'a qu'une épaisseur de 2^ centimètres et se trouve entre des grès à grain fin, qui contiennent des restes nombreux, mais peu distincts, de végétaux. Dans les bancs voisins de conglomérats, on rencontre aussi çà et là des morceaux de charbon. Ces débris de plantes sont les seuls vestiges de la vie organique que l'on ait rencontrés dans cet étage.
Comme les grès et les conglomérats passent sans cesse les uns aux autres, les contacts sont d'ordinaire peu distincts et la mesure de la direction et de l'inclinaison est dès lors fort difficile. C'est seulement le long du rivage de la mer, où les couches sont bien dénudées en nombre de points, qu'on a pu faire des mesurages exacts.
Entre le Tii Banteng et le cap Tiipantiour, le long de la côte, on a observé D. ^ 110° à 125°, I. ^ 30" à 40° au Sud-Ouest. Un peu à l'est de ce point, là où le sentier descend vers le sud, nous avons trouvé D. ^ 156°, I. ^ 36° à l'Ouest-Sud-Ouest ; mais plus près du cap Karang Tiapis, sur une distance de plus de 100 mètres, D. ^ 95", I. ^ 12° au Sud. Plus au sud, les couches sont en général plus horizontales; dans les couches de grès argileux du Tii Paniarédan, que nous venons de citer, au mont Guëdogan, on a constaté p. ex. D. = 82°, I. '= 13" au Sud; dans le cours supérieur du Tii Këpouh, D. = 110°, I. = 5° au Sud ; et dans le Tii Bouwaïa, D. = 70°, I. = 6° au Sud.
Si l'on examine sur la carte la distribution des grès (e,), on observe que, conjointement avec les brèches (e,), ils forment une couverture sur les schistes. Le long de l'arête qui porte les cimes Pamidangan et Tiikëpouh vient affleurer la chaîne ancienne; mais ailleurs elle n'est dénudée que là oii les rivières se sont creusé un lit à travers les couches éocènes. Au bord septentrional, les couches de cette couverture sont assez redressées; plus au Sud, elles sont plissées en bassins ou selles peu prononcés, dont la direction est sensiblement à l'Ouest-Nord-Ouest. Le long de la plage Ouest, la disposition des couches est très
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anormale. A l'Ouest de la chaîne proéminente, entre T^lok Bédog et Tëlok Lagouan haour, on a constaté successivement: D. ^ 158°, I. ^ 62° à rOuest-Sud-Ouest ; D. = 190',- I. ^ 90°; D. ^ 145° et I. ^ 60" à 90° à l'Ouest-Sud-Ouest; D. = 140°, I. = 70° au Sud-Ouest et D. = 202=>, I. = 75° à rOuest-Nord-Ouest ; D. = 238°, 1. = 90' et D. = 205°, I. = 90°.
Plus avant dans l'intérieur du pays, la disposition est plus routière ; le long de la baie de Lagouan haour, entre le sentier qui conduit à l'Est et l'embouchure du Tii Képouh, on a constaté D. = 79', I. = 35= au Sud; D. = 56°, I. = 46' au Sud-Est et D. = 135=, I. = 35° au Nord-Est.
Plus au Sud-Ouest, à l'endroit où la côte tourne de nouveau à' l'Ouest, on trouve encore une disposition anormale: D. ^ 10°, I. ^ 28' à l'Est.
Nous pouvons déduire de ce qui précède que, dans les portions les plus avancées, la ligne côtière coïncide avec une faille le long du laquelle les couches sont recourbées à angle aigu.
Age des étages brëcheux et gréseux. Les seuls fossiles que l'on ait pu déterminer dans ce terrain sont les foraminifères décrits plus haut. Ils indiquent un âge éocène ; et il en est de même de l'analogie, dans la disposition et dans la composition pétrographique, entre les grès de Tiilïtou et les couches bien caractérisées comme éocènes de centre de Java.
c. Le terrain miocène.
Les terrains que nous venons de décrire sont recouverts par des couches tertiaires récentes, qui jouent un grand rôle dans toute l'étendue de Java. Nous n'en ferons mention que pour autant que cela est nécessaire pour indiquer leur position relativement aux dépôts plus anciens et pour faire ressortir la grande divergence entre les sédiments anciens et récents.
Le flanc du Lingkoung. L'ancien pays de collines, qui atteint sa plus grande attitude (250 m.) au Kiara diadiar, est environné au Nord, à l'Est, et en partie aussi au Sud, par une paroi abrupte dont les belles cascades ont de tout temps vivement intéressé le voyageur. Les indigènes donnent le nom de Pasir Lingkoung à la partie centrale seule, située au nord du Tii Lëtou; mais depuis la visite de Junghuhn, c'est sous ce nom qu'on connaît la paroi tout entière.
Ce flanc constitue le" bord escarpé, éboulé, d'un haut plateau qui descend graduellement du Nord au Sud. Vers le Nord i), depuis le sommet Batou karoût (425 m,), en direction S.E. jusqu'à la cime Tiimanggou (425 m.), il est long de 8.5 kilomètres et son altitud-^ moyenne est de 400 mètres. Près de la cime Tiimanggou, la direction change assez brusquement du Sud-Est au Sud-Sud-Ouest, et se
(l) Voir outre la carie à l'échelle l: 50000, le dessin Fig. 50.
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maintient ainsi sur une distance de 5 kilomètres, jusqu'à Pasîr Lingkoung (310 m.). Au Sud de ce sommet, le Ht du Tii Létou est profondément encaissé; toutefois l'emplacement de la paroi est indiqué par une série de cascades et de rapides, par lesquels la rivière descend, sur une longueur de 500 mètres, depuis l'altitude de 125 mètres jusqu'à celle de 25 mètres, A l'autre bord de la rivière, cette paroi peut encore se suivre distinctement à l'Ouest-Sud-Ouest par Pasir \angka (signal ^ 291 m.}, sur une distance de 4^ kilomètres.
Le haut plateau, dont ce flanc escarpé forme le bord, consiste en couches miocènes, et la limite du miocène et de l'éocène coïncide a ve.c le pied de la paroi. Et même au Sud-Ouest de Pasir Nangka, là oiJ cet escarpement s'efface, la limite du miocène se trouve toujours "dans le prolongement de la direction que présente la paroi près Pasir Nangka, et cela jusqu'à la côte au cap Panartkan.
JUNGHUHN a mal dessiné cette paroi au Sud de ta rivière Tii Lètou, et cette direction erronée a été reproduite sur la carte annexée au travail de M. Behrens. Junghuhn prolonge la paroi le long de la rive gauche du Tii Lètou et la fait aboutir au cap Kounti près du Gg. Badak. Elle y perdrait donc son caractère de limite de roche, et d'ailleurs il ressort assez clairement de la carte même que le long de cette ligne on ne saurait trouver une tranche abrupte entre Pasir Nangka et le Gg. Badak.
Au flanc du Lingkoung, que nous venons de décrire, on voit partout des couches alternantes de brèche d'andésite, de conglomérat d'andésite et de grès vert foncé, qui consistent à peu près totalement en matériaux d'andésite, mais qui, par la faible effervescence qu'ils font avec l'acide chlorhydrique, attestent une légère teneur en calcaire.
Au rivage septentrional de la baie de Tiilëtou, un peu à l'est du cap Karang ragak, on voit p. ex. sur une paroi presque verticale le profil No. 48. On y a observé D. = 109°, I. = 14° au Nord; et 20 mètres plus à l'est, D. = 99°, f. = 17° au Nord.
Dans la brèche existent, à côté de fragments de roche compacte, des morceaux de grès provenant de couches plus profondes ; dans les fragments de roche compacte, c'est l'andésite à hornblende qui prédomine. Dans le No, 1069 p. ex., on voit au microscope une belle pâte floconneuse, dans laquelle on observe, outre le 'feldspath et le minerai de fer, beaucoup de hornblende fraîche, mais presque pas d'augite. Le No. 1070 est la même andésite à hornblende; mais il s'y présente des parties qui, à côté de la hornblende, contiennent assez bien d'augite.
L&s grès No, 1071 sont les uns à grain fin, les autres à grain grossier, et ils passent aux conglomérats et aux brèches. Dans ceux d'un grain fin on trouve parfois des globigérînes, et leur faible teneur en calcaire, qu'on observe aussi chez ceux à grain grossier, provient probablement
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toujours des coquilles de petits foraminifères. Dans les grès grossiers, on observe parfois des grains de quartz, d'un blanc laiteux, provenant des conglomérats éocènes, mais ils consistent principalement en débris d'andésite à hornblende et d'andésite augitique.
Au nord de Balé kambang, le Tii Marindioung descend le long de la paroi en belles cascades. Les couches sont disposées très régulièrement comme suit: D. ^ 136°, I- "^ 14' au Nord-Est, Des bancs de conglomérats et de brèches, épais de 3 à 5 mètres, alternent avec quelques couches de grès à grain fin (No. 1074), qui n'ont au plus que 0.3 mètre d'épaisseur. Plus en amont, dans la rivière, des bancs de roche éruptive massive se trouvent entre les couches de brèches {voir plus loin), mais on n'y a trouvé aucune trace des filons mentionnés par JUNGHUHN (section III p. 369 de l'édition hollandaise et p. 238 de l'édition allemande). Les brèches y consistent essentiellement aussi en matériaux d'andésite à hornblende ; les grès purs contiennent parfois des cristaux de hornblende et de feldspath, d'une fraîcheur exceptionnelle. Dans un même échantillon, il y a parfois alternance entre des couches qui font effervescence avec l'acide chJorhydrique et d'autres qui ne le font pas. Au microscope, on voit dans le No. 1076 de la hornblende brun verdâtre, du feldspath limpide (certains cristaux ressemblent à la sanidine) du minerai de fer et un peu d'augite. Tous ces éléments sont compris dans une pâte de calcaire spathique et de minerai de fer finement divisé, dans laquelle on peut reconnaître de petits foraminifères, surtout des globigérines. C'est un tuf de hornblende et d'andésite déposé sous les eaux, à ciment calcaire et à fossiles.
Sur la route qui conduit aux cascades du Tii Kanté on voit, au pied de la paroi et à la limite des grès quartzeux, un banc qui se compose d'andésite quartzeuse micacée à hornblende (No. 1077}. Cette roche sera décrite ultérieurement plus en détail ; elle se montre aussi sur le plateau, dans la rivière Tii Emas, à l'état de couches interposées dans les brèches. A la première cascade, le Tiourouk Sodong (cascade de la grotte), est à nu le profil Fig. 49; on y a observé D. = 118', I. = 22° au Nord-Est. Les brèches et les grès sont tout-à-fait analogues à ceux du Tii Marindioung.
Les échantillons v. D. 179, qui ont été décrits en détail par M. Behre.ns, I. c. p. 23, sont originaires de la couche de grès tendre située au pied de cette cascade. Cette roche doit aussi être considérée comme un tuf déposé sous l'eau, eu égard à ses inclusions de frais cristaux de feldspath et pour ses éclats tranchants de verre. La teneur en calcaire est due à des globigérines.
Plus en amont, à la grande cascade du Tii Kanté, haute de plus de 100 mètres, les mêmes couches sont admirablement dénudées. Seulement jes bancs épais de brèches et de conglomérats n'y sont que secondaires,
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tandis que les grès fins et grossiers y prédominent: D- = 145°, I. = 18° au Nord-Est.
Les grès (No. 1078) y sont aussi, en grande partie, àsa grès tufeux, qui font effervescence avec l'acide chlorhydrique, A l'œil nu, on y distingue surtout de belles aiguilles de hornblende inaltérée. Au microscope, on observe de la hornblende brun verdâtre avec jolies sections transversales à angles de 124°, de gros plagioclases partiellement altérés, du minerai de fer rongé par l'eau et un peu d'augite, le tout dans une pâte gris jaun&tre, trouble, formée de particules de calcaire spathique, dans laquelle on n'a pas trouvé de pétrifications.
Dans d'autres couches gris verdâtre (No. 1079) on ne peut pas observer de cristaux, même à la loupe ; la roche e.st tout-à-fait compacte ; dans les échantillons altérés on voit de petits corps discoïdes, de 4 à 10 mm. de diamètre; ces disques sont plus durs que la roche elle-même et sont disposés parallèlement aux couches; ils ont déjà été remarqués par JUNGHUHN. Dans la cassure, ces disques paraissent silicifiés, tandis que la pâte est plutôt grenue. Au microscope, on voit un fin gravier d'andésite, dans lequel on peut reconnaître du feldspath, de l'augite et du minerai de fer; à côté de ces éléments se présentent des parties troubles, issues probablement de feldspath zéolithisé ; on ne peut voir aucune différence entre la composition des disques et celle du reste de )a masse. D'autres couches encore (No. 1080) sont de teinte gris verdâtre clair, à grain fin, assez dures; elles font avec l'acide chlorhydrique une faible effervescence. Au microscope, on voit du feldspath, de l'augite et du minerai de fer dans une pâte très finement grenue de particules de feldspath, de chlorite, de Hmonite et de magnëtite, totalement imprégnée de calcédoine; on ne trouve un peu de calcaire spathique que dans les fentes. C'est un grès d'andésite silictfié.
Sur la route qui conduit de Tiikanté vers le haut de la paroi abrupte, et sur le sentier qui mène, le long du pied de la paroi, de Tiisouren à Nangguéwer, on trouve, au pied, des grès quartzeux et des conglomérats éocènes, dont on ne peut voir distinctement ni la direction ni l'inclinaison, mais qui sont probablement horizontaux. Là où commence la pente raide, affleurent néanmoins de toutes parts des couches des roches miocènes décrites tantôt; ces couches inclinent de 15° à 20' au Nord-Est.
Aux cascades du Tii Lëtou, les couches sont dirigées du Nord au Sud, et inclinent de 25° à l'Est; on y observe la même alternance de brèches, de conglomérats et de grès que plus haut. Les échantillons J. 657 et 658, décrits par M. Behrens 1. c. p. 20, sont originaires de ces couches.
Si, au Sud du Tii Lëtou. on descend du plateau de Pasir Nangka, le long du flanc abrupt, vers la plaine de Lëbaklarang, on trouve.
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à l'altitude de 150 mètres, une limite très nette entre le miocène et les couches de grès quartzeux de l'éocène. Dans les grès quartzeux et les conglomérats éocènes, on n'a pu constater avec certitude ni la direction ni l'inclinaison; mais il est probable que les couches sont horizontales. Dans le miocène, on a observé D. = 54°, I. = 18' au Sud-Est. Outre des brèches, on y trouve surtout des conglomérats; et les grès y deviennent parfois si riches en calcaire qu'il faut les appeler des marnes (No. 1081) ou des calcaires marneux (No. 1082). Au microscope, on voit dans la masse calcaire du feldspath, des morceaux d'augite et quelques débris de lithothamnium. Si l'on suit plus loin la limite de l'éocène, on voit les grès quartzeux toujours recouverts par des grès d'andésite avec quelques fragments arrondis de quartz laiteux. Les conglomérats et les brèches se montrent moins fréquemment ici que dans les terrains plus élevés, mais ils ne font pas totalement défaut. La direction des couches est toujours sensiblement Nord-Est, et la pente au Sud-Est. Dans le Tii Panarilcan p. ex., près Tiitespong, on a observé D. ^38°, I. = 12° au Sud-Est.
Sur le croquis (échelle r : 200.000) Fig. 50, on a marqué la direction du bord de la paroi du Lingkoung, et d'autre part toutes les directions et les inclinaisons que l'on a observées sur le terrain et qui ont été données plus haut. On voit que partout les couches ont une direction sensiblement parallèle au bord de la paroi et qu'elles descendent partout à partir du terrain ancien; en d'autres termes, les couches miocènes gisent, en forme de manteau, tout autour du terrain ancien.
Le miocène à rintérieur du Lingkoung. En un seul point du cercle formé par la paroi que nous venons de décrire, on a trouvé des couches qui sont probablement miocènes. Sur l'arête qui aboutit au cap Kounti et qui, près du signal Gg. Badak (153 m), atteint sa plus grande hauteur, on trouve, sur une petite étendue, au-dessus des grès quartzeux, des marnes dures, ou plutôt des grès d'andésite, agglomérés par un ciment abondant de calcaire. Au microscope, on voit des morceaux de feldspath, en partie encore très frais et très limpides; puis, de l'augite chloritisée, du minerai de fer altéré et de l'hydroxyde de fer; le tout relié par du calcaire. Le quartz ne paraît pas y exister. Dans le voisinage apparaît une couche d'une roche à pâte felsitique. A première vue, on pourrait prendre ces roches, qui affleurent encore ailleurs dans le miocène, pour des liparites; mais dans cette couche-ci (No. 1083), le caractère élastique est particulièrement net, car il se montre dans la roche des débris végétaux silicifiés, tels que de petits rameaux et d'autres restes. Au microscope, on observe quelques feldspaths troubles, des fibres de chlorite, du quartz, ainsi que des particules troubles, irrégulièrement délimitées; tous ces corps gisent ensemble dans une pâte de calcédoine.
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Rapports des couches avec la contour des côtes. Si l'on examine sur l'esquisse, Fîg, 50, dont nous venons de parler, la disposition des couches, on voit que celles-ci se contournent à angle aigu entre le cap Karang ragak et te cap Tiihourang, et qu'à partir de cet endroit, jusqu'à l'embouchure du Tii Mandiri, elles se dirigent parallèlement à la ligne côtière. Dans la vallée du Tii Mandiri, on retrouve la direction normale de l'Est à l'Ouest.
Le long de ce ' rivage, la montagne s'élève dans la mer, pareille à un mur escarpé; ce mur forme le bord éboulé d'un haut plateau, qui descend lentement depuis plus de 700 mètres au Nord jusqu'à l'altitude de 550 mètres au Sud. De la plage, on voit toujours devant soi les tètes des couches; et il n'y a aucun doute que la ligne côtière y coïncide avec une ligne de rupture, qui indique le trajet d'une faille.
Rappelons-nous à présent les couches recourbées à pic du terrain tertiaire, près du cap Batou nounggoul; ce pli dénote aussi une faille; nous pouvons en conclure que la ligne A. B. C. (Fig. 50) représente une ligne de rupture très importante, qui forme la frontière naturelle de la partie méridionale des Régences du Préanguer.
Origine du flanc du Lingkoung. A l'intérieur de cette ligne côtière naturelle A. B. C, le terrain limité par le flanc du Lingkoung forme une baie profonde. Quelle est l'origine de cette baie?
Comme nous avons tout lieu d'admettre que le terrain ancien se continue plus à l'Est, en-dessous du miocène, il ne peut s'être produit une faille le long du flanc du Lingkoung.
Ce qui est le plus probable, c'est que toute l'étendue, jusqu'à la ligne A. B. C, a été recouverte par le miocène, et que, par la dénudation qui s'est faite durant le soulèvement, l'ancien terrain a été mis à découvert et la baie s'est formée. Représentons-nous le plateau miocène prolongé jusqu'à la ligne A. B. C. ; dans ce cas, la couverture doit avoir eu, dans la portion septentrionale, une épaisseur d'environ 200 mètres, et dans la partie méridionale de 50 mètres environ. Le peu de miocène que nous avons rencontré au Sud du signal Gg. Badak constitue le dernier reste de cette couverture. Le fait que le terrain miocène est limité par une paroi si abrupte doit être attribué à cette circonstance que l'action dénudante s'est opérée sur des couches horizontales et, dans la dernière période, contre les têtes des couches.
Les profils. Les profils Nos. XXVIII et XXIX représentent des coupes du terrain faites suivant les lignes A. B. et C. D. de la carte No. IX ; le premier a été pris sensiblement perpendiculaire à la direction des couches; le second est parallèle à cette direction.
Profil No. XXVIII. Au Sud de la vallée du Tii Tirara, l'éocène est recouvert en discordance par le miocène. Entre le Tii Tiram et le Tii Boulakan, les couches éocènes forment un bassin plat, de sorte que,
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tant au Nord qu'au Sud, les couches éocènes inférieures ej apparaissent sous forme d'une bande étroite. En dessous de ces brèches anciennes, éocènes, se trouve de ta diabase, qui est à Qu plus en aval, dans le Tii Boiilakan. Dans le voisinage de la roche compacte, la disposition des couches éocènes est assez irrégiilière. Sous la diabase se trouvent les schistes, qui inclinent ici au Sud et qui sont bientôt recouverts en discordance par les couches de grès presque horizontales de Tëgal Pamidangan et de Tëgal Sabouh. Dans le lit du Tii Këpouh, les schistes viennent au jour avec des couches interposées de serpentine et de gabbro, et sont ici en pente assez raide vers le Nord. Près de la cime Pamidangan, ces couches les plus anciennes sont coupées sur une grande distance: elles forment une selle aiguë. Plus au Nord, elles ■■ sont recouvertes par les couches éocènes, faiblement ondulées, du plateau Banteng, Néanmoins, les coupes dans les rivières Banteng et Patirëman font voir que la chaîne schisteuse se continue à une faible profondeur. Autour de la diabase du Gg. Badak, les couches éocènes sont fortement redressées ; ici sont coupées aussi les couches miocènes du sommet du Gg. Badak. Le fond de la baie de Tiilëtou consiste probablement encore, pour une grande part, en couches éocènes; mais à la rive Nord on ne trouve que du miocène.
Profil No. XXIX. Dans le profil C. D. on voit, au cap Batou nounggoul, le pli aigu des couches de grès quartzeux Cg, puis a été coupé le vaste terrain schisteux de Pasir Pamidangan et de Pasir Tiikëpouh ; on a figuré le gabbro du Tii Batou noungoul II comme un filon, en communication avec un vaste lit interposé de gabbro et de serpentine. La diabase du Tii Mapak aussi a été dessinée comme un filon. Plus à l'est, le terrain schisteux est régulièrement recouvert par des grè.s quartzeux et par des conglomérats e^, qui, au flanc du Lingkoung, disparaissent sous le terrain miocène.
Epaisseur du terrain. En ce qui concerne l'épaisseur du terrain schisteux, les profils nous apprennent uniquement qu'elle doit être très importante; mais, par suite du plissement considérable des couches et du défaut de mur, les données sont tout à fait insuffisantes, même pour une simple estimation de cette épaisseur.
D'après le profil A. B. (No. XXVIII), l'épaisseur du terrain éocène ne doit pas dépasser 200 mètres ; toutefois, il ressort du profil C. D. (No. XXIX), que les couches du mont Kiara diadiar ont une épaisseur de 250 à 350 mètres.
Si de la plage Nord de la baie de Tiilëtou jusqu'au bord du plateau près Batou karout (425 m.), nous admettons pour les couches une pente moyenne de 10°, l'épaisseur du terrain miocène en cet endroit doit être au moins égale à 425 cos 1-0" + 225 sin 10' ^ 418.5 -t- 390.7; elle est donc de plus de 800 mètres. Cependant nous verrons plus loin
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que l'épaisseur des couches miocènes de ce plateau est probablement bien plus considérable.
II. Couches éocènes dans la vallée du TU Mandiri et plus à l'Est.
Sauf aux environs de la baie de Tiilétou, nulle part dans les Préanguer n'affleurent des schistes, des gabbros, des serpentines ni des diabases de l'époque crétacée. Au contraire, des grès éocènes sont à découvert en d'autres endroits encore, notamment dans le lit du Tii Mandiri et du Tii Panarouban, dans le terrain à couches de houille du Gg. Walat, au Sud-Ouest de Soukaboumi, et (conjointement avec le calcaire oligocène) en quelques points de la chaîne qui s'étend au Sud de la plaine de Tiihéa.
I. Couches de grès quartzeux dans le Tii Panarouban et le Tii Mandiri.
Entre Palabouhan ratou et Bantai^adoung, à la rive méridionale du Tii Mandiri, la chaîne se dresse comme un mur escarpé dirigé de l'Est à l'Ouest. Ce mur forme le bord septentrional du plateau de Pasawahan et indique une faille importante ; il consiste en brèches d'andésite et en grès, qui inclinent au Sud sous un angle de 12° à 20°. Au pied du mur, dans la vallée du Tii Panarouban, sur une distance de plus de 5 kilomètres, et en quelques points de la vallée du Tii Mandiri, affleurent des grès quartzeux. La composition de ces couches est très uniforme ; presque partout les grès quartzeux et les conglomérats, déjà trouvés ailleurs (No. 1084), contiennent des morceaux arrondis de quartz laiteux et quelques fragments de quartzite et de schiste siliceux. A la rive droite du Tii Panarouban, tout près du confluent avec le Tii Mandiri, on trouve dans les conglomérats des morceaux de marne calcaire sans fossiles et des fragments arrondis de charbon. En divers points, on voit aussi des cordons de charbon de quelques millimètres d'épaisseur, mais nulle part on n'a rencontré des couches de quelque importance. Un peu plus en amont, vis-à-vis de Bodionghaour, à la rive droite du Tii Panarouban, on a rencontré des argiles dures (No. 1084a} entre les grès quartzeux.
Les couches sont fortement plissées; leur direction moyenne est de 110° à 115° I en remontant le Tii Panarouban depuis son embouchure, on a constaté successivement, jusqu'au delà de Bodionghaour, D =: 105°, 100°, 115° et 118°; en un seul point 140". Le long de la frontière septentrionale, on a trouvé une inclinaison de 40" à 60" N. Au Nord de Bodionghaour, les couches se redressent verticalement dans le lit de la rivière; et plus à l'Ouest, tout près de Bodiongkalong, on a observé une pente de 75^ au Sud. Néanmoins, au Sud de Bodionghaour, tout près de la limite du miocène méridional, on trouve de nouveau nettement une inclinaison de 70° au Nord.
Dans le prolongement de ces couches, dans les collines situées le
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long de la rive droite du Tii Mandîri, au pied de la chatne calcaire miocène, on voit aussi des grès quartzeux qui sont cependant, en grande partie, recouverts par de l'argile volcanique avec blocs de la roche du Guëdé. Dans une petite rivière, qui se dirige vers l'Ouest en suivant la limite du calcaire miocène, et se joint au Tii Mandiri, vis-à-vis de Paroung peundeui, gisent des blocs de grès quartzeux et affleurent des couches massives de schiste argileux, avec D. ^ ioo°, I, ^ 65° au Nord, qui ressemblent complètement aux schistes éocènes du terrain carbonifère de Baïah en Bantam.
Près de Paroung peundeui, à la rive gauche du Tii Mandiri, il se dresse dans l'alluvium un rocher composé de couches verticales de grès -quartzeux; D. = 105". Plus en aval, près de Tëgalnourmaïn et à l'ouest de Tiibountou, les grès quartzeux (No. 1085) viennent affleurer -SOUS l'alluvium ; mais leur direction ne peut être déterminée.
Profil. Dans le dessin Fig. 51 on a coupé les couches éocènes du Tii Panarouban ; vers le Sud, elles sont recouvertes, en discordance, par des grès et des brèches, tout-à-fait analogues aux couches miocènes du terrain de Tiilëtou, que nous avons décrites ci-dessus. Vers le Nord, on trouve aussi une couverture discordante de couches calcaires et marneuses, qui sont également miocènes, mais appartiennent, en grande partie, à un étage plus récent. (Voir plus loin.)
Age des couches. Il ressort clairement de la description et du profil que ces couches, en ce qui concerne leur disposition et leur composition pétrographique, sont tout-à-fait analogues aux couches e, de la baie de Tiilètou, et que, pour les mêmes raisons, nous pouvons les ranger dans le terrain éocène.
2. Le terrain de grès quartzeux à couches de charbon près Soukaboumi.
Dans la chatne aride du Walat, qui se dresse au Sud de la voie ferrée, entre les haltes Tiibadak et Tiisaât, viennent au jour, sur une grande étendue, les grès quartzeux et les conglomérats bien connus. Çà et là, on rencontre entre les grès des couches de charbon qui ne sont pas sans importance, et qui ont fait l'objet d'une exploration détaillée de la part des ingénieurs des mines HuGUENIN et HOOZE. Un rapport succinct du premier a été publié par le „Jaarboek van het Mijnwezen" 1880 Tome I ; et la description plus détaillée de HooZE figure dans l'annuaire de 1882, première partie.
Plus tard des affleurements de grès furent rencontrés plus à l'Est et plus à l'Ouest, et l'on étudia en particulier la disposition de ces couches et leurs rapports avec les dépôts plus récents.
Au point de vue pétrographique, les couches (Nos. 1086 à lo8g) sont tout-à-fait identiques aux grès quartzeux et conglomérats décrits ailleurs; seulement les grès sont, par cl par là, un peu plus riches en mica. Dans le voisin^e des couches de charbon (No. 1090), on trouve
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des argiles et de l'argile schisteuse, mais elles ne constituent qu'une portion fort secondaire de ce terrain ; parfois aussi, les grès reposent directement sur le charbon. Les couches charbonneuses découvertes jusqu'à présent sont trop peu importantes pour êtie exploitées ; en un même profil on ne trouve d'ordinaire qu'une seule couche ; en quelques points seulement il y en a deux, et l'épaisseur du charbon utilisable ne dépasse jamais 40 à 50 centimètres. Dans les petits cours d'eau Tii Diati et Tii Katomas, qui descendent du versant méridional de la portion Est du Gg. Walat, on croyait avoir trouvé des couches plus épaisses; mais l'exploration qui en fut faite par le creusement d'une galerie a prouvé qu'on n'avait affaire qu'à des irrégularités locales. Il arrive parfois aussi que des couches ép3.isses de sc/iù(e car6onifère (Ko. 1091} sont traversées par des cordons de charbon si nombreux, que fréquemment on les a regardées, sur le terrain, comme du charbon en couches
Cet affleurement de couches éocènes forme un triangle, limité par trois failles. Vers le Nord, les couches sont interrompues suivant la direction 108°. Elles inclinent au Sud, de sorte qu'on a devant soi tes têtes des couches, bien à découvert sur une tranche abrupte. Au pied de celle-ci se trouve partout une couverture volcanique récente, de sorte que la portion descendue le long de la crevasse n'affleure pas. Du côté Sud, à la rive droite du Tii Pèlang, on trouve un escarpement pareil, une ligne de rupture dont la direction est de 80 , Au pied s'étend aussi une couverture volcanique, mais plus à l'Ouest les couches miocènes sont pressées contre les éocènes, et on y observe une disposition très anormale, ainsi que nous le décrirons tantôt plus amplement. Plus à l'Est, les lignes de rupture Sud et Nord se coupent; et, en dehors de la région limitée par ces deux lignes, on n'a pas rencontré de couches éocènes.
Vers l'Est, le terrain est borné par une crevasse transversale, la vallée du Tii Tiatih. A la rive droite de cette rivière, des couches éocènes affleurent encore, sur une faible étendue; mais celles-ci sont franchement déplacées par rapport aux couches de la rive gauche. Comme on le verra plus loin, plus au Sud, le long de cette même crevasse du Tii Tiatih, il existe également une faille dans les couches miocènes.
Le terrain borné de la sorte mesure en longueur 14 kilomètres, entre le Tii Pëlang à l'Est et le Tii Tiatih à l'Ouest; sa largeur, du Nord au Sud, est de 6 kilomètres. Mais sur une grande étendue, ce terrain carbonifère est recouvert par des couches miocènes plus récentes et par des produits volcaniques du Guëdé. Les couches forment au moins deux plis synclinaux, reliés par un pli anticlinal {voir les dessins Fig. 52 et 53). Au bord septentrional, au Gg. Walat, on peut suivre les couches, sans interruption, sur une distance de plus de 8 kilomètres; on a
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observé des directions comprises entre 85" et 130°; et l'on peut admettre une direction moyenne de 105 à lie Au bord septentrional de la chatne, on voit que la pente est constamment au Sud, et décroît depuis 50°, au pied, jusqu'à 20°, près du sommet. Au bord méridional les couches inclinent au Nord de 35° à 20°; dans la partie occidentale, les couches se recourbent de nouveau au Sud, entre autres au Gg. Bongkok; mais plus à l'est, au sud de la crête du Walat, elles sont immédiatement recouvertes par des dépôts plus récents. Là où reparaissent les grès quartzeux, au Pasir Tiipitioung, on a constaté D. ^ 80°, I. ^ 30° au Sud.
A la limite méridionale de ce terrain, les couches de grès quartzeux sont bien dénudées dans la paroi escarpée que l'on peut suivre à la rive droite du Tii Pèlang sur une distance de plus de 5 kilomètres, et que recouvre le calcaire du Pasir Pogor. La direction des couches varie de 75° à 85°; la pente est de 60' à 65° au Nord.
Au pied de la paroi s'étend partout une couverture volcanique, mais plus à l'Ouest, au Gg. Walang, des roches miocènes reposent contre le bord de l'éocène, dans une position très anormale et avec un caractère pétrographique exceptionnel. Au pied de la montagne escarpée, le long de l'aqueduc, les conglomérats, brèches et grès d'andésite miocènes ordinaires ont D. = 90°, \. = 35° au Nord. Toutefois, au sommet du Gg. Walang, les bancs de brèches et les schistes verts, que nous allons décrire complètement tantôt, sont plus redressés ; la direction y reste très constante et égale à 90', mais l'inclinaison oscille entre 75° au Nord, la verticale et 80° au Sud. Un peu au nord de la crête, sur une petite étendue, des grès quarteeux (No. 1092) sont très distinctement à découvert; D. = 50', I. ^ 55° au N.W. ; ils sont recouverts par de beaux bancs calcaires miocènes, dont D. = 80', I. = 60' au Nord.
Le mur escarpé de grès quartzeux, avec calcaire superposé, qui est si admirablement à nu le long du Tii Pelang, apparatt donc un instant en cet endroit.
Ce qu'on appelle les schistes verts (No. 1248}, sont des roches compactes, argileuses, parfois distinctement schisteuses. Leur teinte est toujours vert clair ; mais çà et là il se montre des taches vert sombre, que l'on est tenté de prendre pour de l'augite décomposée. D'autres fragments ne sont pas schisteux, mais se laissent cependant séparer en couches minces et sont d'un grain fin dans la cassure. D'autres encore sont, comme les précédents, de teinte vert clair, mais sont compacts dans la cassure; et, à la loupe, on peut y distinguer des points blancs et des lamelles vert foncé très petites. Au microscope, toutes ces variétés donnent la même image; on y voit une pâte qui, entre niçois croisés, devient sombre, mais dans laquelle on observe cependant quelques fibres qui polarisent faiblement. C'est
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apparemment un agrégat de chlorite de teinte claire ou de mîca. Dans cet agrégat se trouvent de gros plagioclases limpides, la plupart en fragments brisés et pressés les uns contre les autres ; d'autres morceaux limpides, qui polarisent plus fortement encore, sont probablement du quartz dans lequel on n'a pu voir d'inclusions liquides; puis, il y a beaucoup de chlorite. Ce sont des grès d'andésite et des argiles, dont les éléments constituants, sous la pression qui les a soulevés le long de la faille, ont été écrasés pour se cimenter de nouveau par les dépôts d'anhydride silîcique.
Dans le prolongement du Gg, Walang on trouve le Gg. Katé (No, 1245) et le Gg. Gueulis (Nos. 1243 et 1244}. Au Gg. Katé on rencontre les mêmes roches anormales qu'au Gg. Walang ; et encore au Gg. Gueulis, mais en proportion moindre. Les couches sont aussi fort redressées; la direction est de 90° à 100°,
Bien qu'on n'y ait pas rencontré d'affleurements de grès quartzeux, on peut néanmoins admettre que sous le versant septentrional de ces cimes se prolonge le bord Sud du terrain éocène.
A l'ouest de la chaîne éocène qui vient d'être décrite, à l'autre bord du Tii Tiatih, sur une distance de plus de 2 kilomètres de l'Est à l'Ouest, apparaissent aussi des grès quartzeux et des conglomérats.
Dans une petite rivière, à peu près à 700 mètres au sud du signal Lioung gounoung, on a trouvé une couche de charbon d'un demi-mètre d'épaisseur; D. ^ 65°, I. = 20° à 25° au N.W. ; ailleurs encore on a observé une pente au Nord. Ces couches ne sont donc pas dans le prolongement de celles qu'on a rencontrées immédiatement à l'autre bord du Tii Tiatih, mais elles se sont déplacées le long de la faille.
A 7 bons kilomètres à l'est de Soukaboumi, au bord sud du Tii Mandtri, affleurent encore des grès et des conglomérats, dans lesquels cependant on n'a pas trouvé de couches de charbon. L'arête nue et aiguë, qui porte les cimes Pogor et Adag, au sud de la halte Gandasouli, se compose de ces roches (Nos. 1093 et 1094). Au versant septentrional du Pasir Pogor, on a constaté D. = 114°, I- = 28° au Sud. Ce terrain peu vaste est interrompu, vers le Nord, par un ravin, une faille, dont nous parlerons en décrivant le miocène.
Profils. Dans les profils Fig. 52 et 53, les couches ont été figurées telles qu'elles ont été décrites plus haut. La Fig. 52 passe par la cime Gueulis et l'extrémité occidentale du dos du Walat. Là où sous la couverture volcanique les couches miocènes font leur apparition au sommet Gueulis, elles gisent, fortement dérangées, contre le bord méridional de la chaîne éocène, laquelle toutefois n'y arrive pas à la surface. Plus au Nord, on observe d'abord une couverture volcanique, et ensuite des couches alternantes de grès et de brèches, qui inclinent régulièrement au Nord, sous un angle qui décroît vers le Nord. Dans
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les couches supérieures, du calcaire est interposé entre les brèches et les grès. A l'endroit où ils affleurent, les grès éocènes inclinent au Sud, mais s'infléchissent aussitôt vers le Nord ; et plus au Nord ils forment le pli synclinal du Gg. Walat.
Dans la Fig. 53, en allant du Sud au Nord, on rencontre d'abord les couches miocènes, très redressées, du Gg. Walang, adossées à la paroi abrupte éocène. Dans les grès quartzeux, on a observé D. ^ 50', i. = 55° au N.W. ; et dans le calcaire superposé, D. == So^jl. = 60" au Nord, Ce calcaire est recouvert à son tour par des grès miocènes, entre lesquels existe encore une deuxième couche calcaire, et qui sont disposés assez irrégulièrement. Au Sud du kampoung Tiiboungour, les grès éocènes affleurent de nouveau; D. = 80°, I. ^ 30" au Sud; mais bientôt ils disparaissent, avec le miocène qui les couvre, sous la couverture volcanique. Au Gg. Walat, nouvelle apparition des grès éocènes, qui y forment un beau pli synclinal. Au versant méridional, on trouve un peu de calcaire, qui les couvre en discordance; vers le Nord, la couverture volcanique est directement adossée aux têtes des couches de grès.
Epaisseur du terrain. Comme le mur des cbuches éocènes ne vient par au jour, il ne peut être question que d'une détermination de l'épaisseur minima. Au versant nord du Gg. Walat, les couches inclinent constamment au Sud, de 20° à la crête, de 50" au pied. Dans la partie occidentale, la distance horizontale du pied à la crête est de 720 mètres, et la crête s'élève de 190 mètres au dessus du pied. Pour une pente moyenne de 30°, l'épaisseur des couches est donc au moins de 720 X sin 30° + 190 X cos 30° ou de 525 mètres. A l'extrémité orientale du Gg. Walat, la distance horizontale de la crête à la cime est de 640 mètres, et la différence de hauteur est de 230 mètres. Pour la même pente moyenne de 30°, l'épaisseur est donc ici de 640 X sin 30° + 230 X cos 30" = 520 mètres. L'épaisseur totale du terrain est donc au moins de 500 mètres, mais elle peut être notablement plus forte.
Age du terrain. Dans ce terrain encore on n'a nulle part rencontré des pétrifications; toutefois, à cause de sa disposition par rapport au miocène et du caractère pétrographîque des couches, il a été teinté comme éocène sur la carte.
3. Grès quartzeux et couches calcaires, dans la chaîne qui s'étend au Sud de la plaine de Tiihéa.
La chaîne qui se dresse au Sud de la plaine de Tiiandiour, de Tiihéa et de Radiamandala consiste en couches miocènes anciennes, qui sont en général très redressées, et qui, au cœur de la montagne, sont même parfois verticales. Dans quelques rivières, au lit profondement encaissé, de l'éocène est dénudé sous ces couches, sur une petite distance.
a. La vallée du Soukaratna. Le Soukarama est un petit affluent de droite du Tii Sokan ; il se joint à ce dernier un peu en aval de l'endroit oii le Tii Sokan débouche dans la plaine de Tiihéa. Si dans !e cours supérieur de cette rivière, près de Gouha Loutoung et tout près de l'embouchure du Tii Pangkalan, on gravit l'escarpement de la rive gauche, on trouve d'abord, jusqu'à lo mètres environ au dessus de la rivière, du calcaire massif à nummulites; puis, des couches de grès verts d'andésite, en pente raide au Sud; et là-dessus, du beau calcaire avec grandes orbitoïdes à chambres spatuliformes. Ce calcaire supérieur se continue encore plus loin à l'Ouest et à l'Est, sous forme de banc épais, et constitue un membre important de l'ancien terrain miocène. Dans un affluent du Soukarama, à un niveau moins élevé que le calcaire inférieur, on trouve du grès quartseux, dont la direction et l'inclinaison ne peuvent être observées. A la rive gauche, donc au Nord, on voit les grès et brèches miocènes ordinaires; D. ^ 75°, 1. = 65° au N.N.W. ; et un peu plus en aval, D. = 75', I. = 70'' au N.N.W.
Les grès quartseux (Nos. 1095 et logô) sont de teinte grise ou gris rougeâtre; outre les particules de quartz, ils ne contiennent que du minerai de fer en grains noirs et de l'hydroxyde de fer, ainsi qu'un ciment argileux. L'échantillon No. 1095 est d'un grain particulièrement fin, et à la surface altérée des couches on voit de nombreuses figures d'érosion, qui ont l'apparence d'empreintes de corps discoïdes peu épais et plats, d'un diamètre de 3 à 33 mm. ; ce sont probablement des orbiculines.
Le calcaire (Nos. 1097 et 109g) est de teinte bleu grisâtre dans la cassure; à la surface décolorée, on voit que la roche se compose, pour la plus grande partie, de coquilles de foraminifères, tandis que dans la cassure fraîche on ne peut distinguer que par ci par là une structure organique.
Dans le calcaire du Gouha Loutoung {No. 1097), on voit au microscope des nummulites, longues de 14 mm. et épaisses de 4 mm., à dix tours de spire; des nummulites, plus épaisses et plus courtes, de 4 mm. de longueur et de 2 mm. d'épaisseur, à grande chambre centrale et à six ou sept tours de spire; puis des cycloclypées longues et minces, le lithothamnium et des sections qui ressemblent à des alvéolines. Quelques sections incomplètes seulement ressemblent à des orbitoïdes à chambres rectangulaires, mais il est probable qu'elles appartiennent à des cycloclypées.
No. 1098. Ce fragment a été récolté un peu plus à l'est que je précédent; on y voit des nummulites de 20 mm. de longueur et de 2^ mm. d'épaisseur. Il s'y montre aussi de nombreuses petites nummulites, les unes à grande chambre centrale, les autres à petite chambre. Puis, des
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sections d'alvéolines et les autres fossiles énumérés au No, 1097.
No. 1099. Dans cet échantillon, récolté à l'Ouest de Gouha Loutoung, on peut distinguer de petites nummulites de 2^ mm. de rayon, à 10 tours de spire, et à chambres longues et basses. Cette espèce rappelle fort le N. Sub-Brongniarti de Bornéo, et lui est probablement identique.
Les nummulites contenues dans ce calcaire s'écartent des formes ^ocènes habituelles de Java, mais ressemblent à celles de l'étage /• de Bornéo, dont l'âge oligocène est probable. Les alvéolines elles-mêmes ne sont pas analogues à celles des couches éocènes de Baguëlen. Comme d'ailleurs le calcaire est interposé entre du grès quartzeux et des couches incontestablement miocènes, nous le considérons comme le représentant du terrain de Nanggoulan en loguia, et nous l'avons teinté comme oligocène sur la carte.
Les indigènes récoltent des fragments de grès quartzeux pour les vendre comme pierres à aiguiser. JUNGHUHN signale dans son „Java", 3e section p. 389 et 391 de l'édit. hollandaise et p. 252 de l'édition allemande, que de pareilles meules ont été prises tout près de la source du Tii Héa, dans des couches verticales, parallèles à la crête de la montagne. Ces couches forment sans doute le prolongement des couches éocènes du Soukarama, mais le gisement exact ne peut être déterminé d'après la description de JUNGHUHN.
Plus en aval, dans certains petits affluents de droite du Tii Héa, p. ex., dans le Tii Rangkong, en amont de Këmang, on rencontre des morceaux de grès quartzeux; mais nulle part on n'a observé des couches manifestement massives.
b. Grès quartaeux, au Sud de Radiamandala, dans la vallée du TU Sambëng.
Si en aval des sources thermales du kampoung Tiisambëng, on s'avance dans le lit de la rivière du même nom, on trouve sur une étendue de deux cents mètres environ des affleurements nets de couches éocènes. Les grès quartaeux (No. iioo) sont tout-à-fait analogues à ceux décrits plus haut, et ils contiennent parfois des fragments de schiste siliceux (No. iioi).
D'aval en amont, donc du Nord au Sud, on a observé successivement D. = 35°, I. = 30° au N.W.; D. = 50°, I. = go° (verticale); et, sur une distance de 50 mètres on a constaté très distinctement D. := 35°, I. = 60' au S.E. Ici encore les couches éocènes forment donc une selle aiguë. Des deux côtés, cet éocène est recouvert, en discordance, par des grès miocènes, à bancs calcaires interposés. La direction de ces couches est constamment de 80° à 90°; vers le sud, elles sont en pente raide au Sud; au nord, elles sont en pente douce vers le Nord.
Si l'on remonte le lit de la rivière Tii Léïat, à partir du point où
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le sentier, qui conduit de Radiamandala par Tiiléïat vers la montagne, traverse cette rivière, on trouve des grès à grain fin (Nos. 1363, 1364), qui consistent à peu près totalement en gratns de quartz, reliés par un ciment calcaire. Ce sont des couches alternativement minces et épaisses, entre lesquelles les couches caractéristiques de conglomérats font défaut.
On y a observé- successivement: D. = 60°, I. ^ 45° au S.E. ; D. = 55°, 1. = 45' au S.E. et D. = 65°, I. = 50° au S.E.
D'après leur direction, ces couches pourraient être le prolongement des couches éocènes du TU Sambëng. Mais, vu leur teneur en calcaire et l'absence de conglomérats, il est plus probable qu'elles appartiennent aux couches inférieures du miocène.
Plus à l'Est, sur la grande route postale, à Tiisitou, affleurent des couches qui sont très riches en matériaux quartzeux, mais qui contiennent aussi des fragments d'andésite, le tout relié par un ciment calcaire; elles appartiennent sans doute aux couches inférieures du miocène. On a trouvé encore des blocs incohérents de véritable grès quartzeux; et bien qu'on n'y ait pas, jusqu'à présent, rencontré de roches massives, on peut néanmoins admettre que i'éocène existe ici à une faible profondeur en-dessous de la surface.
B. Andésites et basaltes les plus anciens.
Alors que dans les terrains traités jusqu'à présent les sédiments miocènes reposent sur le pré-miocène, en d'autres endroits des Préanguer c'est la roche éruptive massive qui constitue la base sur laquelle se sont déposés les brèches et les grès miocènes. Cette base forme une surface très inégale; et c'est à cause de cela qu'on rencontre la roche massive non seulement dans les tranchées les plus profondes du terrain, mais encore à l'état de cimes saillantes, environnées par les couches sédimentaires. Dans un très grand nombre de cas, ces sommets paraissent avoir été jadis recouverts aussi par des brèches et des grès, et c'est l'érosion qui les a mis à nu ; c'e.st seulement pour les cimes les plus élevées, celles qui s'élèvent à une altitude de près de 2000 mètres, qu'un recouvrement antérieur est invraisemblable.
Le mur de cette roche éruptive est inconnu; bien qu'elle apparaisse parfois dans le voisinage du terrain éocène, nulle part on n'a trouvé une coupe dans laquelle l'andésite ancienne ou le basalte repose sur le grès quartzeux, le tout étant recouvert par des couches miocènes, i)
Néanmoins, il est hors de doute que ces roches sont plus jeunes que
1 1 Pri^s du Tii Kanlé, au pied de la paroi du Lingkoung, il \ liorulilende qunrtzeuse et micacée a la liniite dis deux lerrai ilÉ rencontrée plus au Norl, à Tiitimas. en bancs nettement îi
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l'éocène. Sous le rapport pétrographique, elles présentent un tout autre caractère que les fragments de diabase de l'étage inférieur de l'éocène ; et, dans cette résidence du moins, on n'a trouvé nulle part dans l'étage éocène supérieur, soît de la roche éruptive en masse compacte, soit des fragments de cette roche. Par contre, il existe un rapport intime entre ces andésites et basaltes et les brèches et grès miocènes. Ces derniers contiennent des fragments des premiers ; et il est probable ■ que les brèches se sont déjà formées, en partie, lors de l'éruption de l'andésite. En tout cas, la formation des sédiments a commencé immédiatement après cette éruption, et c'est pour cette raison que nous devons considérer la roche éruptive comme le plus ancien membre connu du terrain miocène. Il n'est pas pour cela tout à fait certain qu'elle soit toujours le plus ancien de tous. Des bancs de roches compactes existent aussi entre les brèches ; et bien que d'ordinaire ces bancs ne soient pas fort épais et qu'ils n'aient qu'une faible étendue, tandis que la roche sous-jacente peut se suivre à de grandes distances, il est néanmoins possible que, par un forage profond, on arriverait à atteindre, sous la roche massive, des sédiments miocènes plus anciens encore.
I. Cimes d'andésite dans la section de Soumèdang. La chaîne tertiaire de Chéribon se prolonge, dans la même direction, dans la partie Nord de la section de Soumèdang. La moitié méridionale de cette chaîne consiste en roches de l'étage brècheux m,, entre lesquelles l'andésite apparaît çà et là ; ta moitié septentrionale se compose de roches de l'étage marneux m^. Vers l'Ouest, les brèches sont recouvertes par les produits volcaniques du Tampomas; .mais aux contins de Krawang, les roches tertiaires arrivent de nouveau à la surface. '
Dans le terrain brècheux du Sud-Ouest, à 8 bons kilomètres à t'Est de Darmaradia, s'élève le mont abrupt Diagat {700 m. d'alt.) ; et à 2 kilomètres plus au Sud se dressent encore trois cimes, sur la route de ■ TiadasQgampar à Tiipeundeuï, par Tiibobokoh ; ce sont le Gg, Dogdog, le Gg. Batou et le Gg. Dalëm, qui, de même que le Diagat, sont formés de roche éruptive massive. Près du kampoung Tiibobokoh, cité tantôt, on rencontre, dans l'argile brune, de très gros blocs incohérents d'une roche gabbroïde; on ne peut décider avec certitude s'ils sont originaires de brèches, ou si la roche est massive. Les monts d'andésite dont il vient d'être question sont tous environnés par des couches de grès et de brèches qui, le plus souvent, inclinent au Sud.
Au Gg. Diagat, on a enlevé des fragments (No. 1102) du flanc Sud, au dessus du kampoung Tiibareubeuh. La roche est à grain fin et de teinte gris clair. A l'œil nu, on ne voit que quelques aiguilles de hornblende. Au microscope, on reconnaît jne andésite à pyroxène et à hornblende, dont une partie de l'augite a été décomposée en chlorite
et en un peu de quartz. La pâte consiste, en grande partie, en plagioclase, avec peu de chlorite et de minerai de fer.
La roche du Gg, Dogdog (No. 1103) est foncée et à grain fin; au microscope, on voit un mélange cristallin, presque sans verre, dans lequel les olivines sont un peu plus grandes que les autres cristaux, et limpides en grande partie; elles tiennent en inclusion de petits octaèdres sombres, noirs ou bruns, et elles sont un peu serpentinisées le long des fentes seulement. A côté de l'olivine, on voit du plagioclase, de l'augite et du minerai de fer; l'augite est partiellement décomposée en chlorite et en mica brun. C'est un basalte.
No. 1104. Ces échantillons ont été détachés des blocs, cités plus haut, au kampoung Tîibobokoh. A l'œil nu c'est une roche cristalline grossière, gabbroïde. Au microscope, elle est complètement cristalline et ne consiste qu'en plagioclase, augite et minerai de fer, avec leurs produits de décomposition : chlorite, mica brun, épidote et calcédoine; le dernier minéral est en agrégats finement radiés. C'est une andésite à pyroxène cristalline grossière, à caractère de diabase ou de gabbro ; elle ressemble beaucoup à la roche du Gg. Dogdog, mais ne contient pas d'olivine et est d'un grain plus grossier.
Plus au Nord, sur la route de Darmawangui à Tomo, non loin du Tii Loutoung, rivière qui borne Chéribon, il existe encore deux petites cimes d'andésite. Elles s'élèvent jusqu'à 60 mètres au-dessus de la rivière et sont environnées de marnes tendres, qui y ont une direction de 130° et une pente de 40° au S. W. Ces petits sommets se nomment Gg. Tèguèh. La roche qui les compose (No. 1105) est de teinte gris clair. Au microscope, c'est évidemment une andésite à hornblende très altérée; toute la substance des hornblendes a disparu, et dans l'intérieur des contours des cristaux on trouve du calcaire spathîque, de la chlorite vert brunâtre, un peu d'épldote et du minerai de fer. On ne retrouve pas davantage l'augite, et dans la pâte on distingue surtout du feldspath, puis du calcaire, de la chlorite et du minerai de fer.
A treize kilomètres au nord de Soumëdang, le chef-lieu de sousdistrict Tiisèguèl est situé dans le terrain volcanique du Tampomas et du, volcan Soudiplak ; la rivière Tii Kandonng forme la limite de ce terrain et du pays de collines tertiaires; il s'y dresse, à 2J kilomètres environ au nord de Tiisèguèl, une cime très abrupte, qui déjà de loin attire le regard par sa forme pointue. Ce mont, le Gg. Gueulis (573 m, d'alt. ou 200 m. au-dessus du terrain environnant de grès et de brèches) consiste en andésite massive.
Dans la roche {No. 1 106) on observe à l'œil nu, dans une pâte gris-clair, de gros cristaux sombres de hornblende et des feldspaths ternes, plus petits. Au microscope, on voit que l'intérieur de certaines hornblendes inaltéré et de teinte brun verdâtre ; ces cristaux sont
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entourés d'un rebord noir, grenu. Le plus souvent cependant ce minéral est totalement décomposé en un mélange d'augite, de minera et de chlorite. Les gros plagioclases sont ternes et décomposés en partie; dans la pAte, on distingue du plagioclase, de.l'augite et du minerai de fer. C'est une andésite à pyroxène et à hornblende.
A peu près à 4 kilomètres au Sud de Tiisèguèl, sur la rive gauche du Tii Kandoung, au village de Dépok, il se dresse encore une petite cime d'andésite, le Pasîr Touhoureun. Elle est environnée de matériaux volcaniques récents. Cette roche {No. 1107) est de teinte gris brunâtre, et à l'œil nu on y distingue seulement quelques gros cristaux de hornblende. Au microscope, elle est tout à fait identique à celle du Gg. Gueulis ; c'est donc aussi une andésite à pyroxène et à hornblende. Dans cette roche, ainsi que dans la précédente, le pyroxène est en partie, sinon totalement, de l'augite monochnique.