‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 2)Chapitre 62 sur 224 · I. Sédiments marins · texte numérisé non relu

I. Sédiments marins

Le long du rivage sud des Régences du Préanguer, on trouve partout et toujours des brisants. L'accroissement de laterre ferme par un dépôt de limon entre des broussailles de bakau (rhiiophores ou palétuviers), qui joue un si grand rôle à la côte Nord et surtout à la côte Est de Sumatra, ne s'observe ici nulle part.

Cependant, on trouve presque partout une zone étroite de sable marin; et ce sable s'est amoncelé, en quelques points, en dunes peu élevées. .\ l'embouchure de la plupart des rivières il existe derrière la bande de sable une lagune qui se remplit petit à petit de sédiments fluviatiles. C'est ainsi que jusqu'au pied de la chatne tertiaire on trouve, en beaucoup d'endroits, une zone marécageuse (rawah), dont les plus hautes parties sont aménagées en rizières.

Le long des rives du Tii Tandoui s'étend un terrain bas, marécageux, qui appartient à la vaste plaine alluviale de Banioumas et qui a été décrit dans cette résidence. Il consiste en dépôts fluviatiles d'un grain très lin, principalement de l'argile gris bleuâtre.

Si, à partir de la frontière de Banioumas, nous suivons la côte vers l'Ouest, nous remarquons, entre la presqu'île de Kabouioutan et le cap Solok timoun des couches tertiaires, qui sont interrompues perpendiculairement à leur direction générale et sortent à pic de la mer. Depui's Solok timoun jusqu'à l'embouchure du Poutra pinggang, la ligne côtîère est de nouveau parallèle aux couches; et nous y trouvons une plage étroite, qui se perd toutefois près des rochers calcaires du mont Kapala. Plus à l'Ouest, le rivage s'élargit ; l'île primitive de Panandioung peut s'atteindre à présent, même à marée haute, par une lisière de sable, large de 200 mètres et elle s'est transformée ainsi en presqu'île. Entre Panandioung et Tiidioulang, le long de la baie Dirk de Vries, on trouve une zone basse et étroite de sable; et, en arrière, avec une largeur moyenne de 4 kilomètres, un terrain bas et marécageux qui a été transformé, en grande partie, en sawahs.

A l'endroit oij, au Sud de Tiidioulang, la côte s'avance vers le Sud, les couches calcaires de l'étage m^ sortent directement de la mer; mais au delà du cap Madasari, depuis Legokdiawa jusqu'à Rantiahérang, il existe de nouveau, en avant des couches calcaires, une bande dé sable qui toutefois n'a qu'une largeur de 300 à 400 mètres.

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Entre Rantiahérang et Sindangbarang, ['étage calcaire m, manque et les marnes m^ affleurent tout près de la côte Sud. Ici encore ta lisièrede sable marin n'a qu'une largeur moyenne de 300 à 400 mètres au plus; près du plateau de Leuweungdatar, à la limite des districts de Kandangwësi. et Tiidamar, la chaîne pointe un peu en avant et les marnes se dressent à pic dans la mer sous forme d'un mur haut de 20 à 30 mètres. En d'autres points, et principalement tout près de l'embouchure des rivières, la bordure côtière est plus large. Près du chef-lieu de district Pameungpeuk p. ex. le Tii Laout eureun a formé un delta considérable; et à l'est de cette embouchure, jusqu'à la rivière Kaso II, on trouve sur une longueur de plus de 6 kilomètres les plus hautes dunes de cette côte. Dans la partie moyenne, celies-ci forment une triple rangée, dont l'arête du milieui a plus de 30 mètres de hauteur, et qui a une largeur totale de 500 mètres. Derrière ces dunes existe un terrain bas, large de 2 kilomètres, qu'on a aménagé en sawahs aux alentours de Pameungpeuk; mais à i'OuestîI. constitue un marécage, le Rantia Boungour.

Ces hautes dunes reposent sur un sous -sol de couches calcairesmassives mg, qui sont dénudées au. Sud du signal Pogor 11 (30 mètresd'altitude), le long de la côte, sur une longueur de 200 mètres et qui. forment, au Sud de l'embouchure du Tii Laout eureun, une arête étroite longue de 700 et haute de 15 mètres.

Vers l'Ouest, depuis la baie de Tiilaout eureun jusqu'à 3 kilomètres de l'embouchure du Tii Kandang, on trouve du corail mort, qui est soulevé au-dessus du niveau actuel de la mer, ainsi que des bancs moderneshorizontaux de sable corallien, de fragments de coquillages et de débrisde roches miocènes, le tout aggloméré par un ciment calcaire, à l'état de marnes calcaires dures. Ces couches se montrent aussi plus à l'Ouest, près Oudioung Guënteng, et nous les y décrirons plus en détail; maïs plus à l'Est, on ne les a trouvées nulle part.

C'est JUNGHUHN le premier qui dans son „Java" Sect. Il p. 1421 de l'édit. hollandaise et p. 957 de l'édit. allemande, a appelé l'attention' sur , .cette brèche très récente de coquilles et de débris de coraux" et' Von Richthofen en a décrit les caractères en détail dans le „Zeitschriftder Deutschen geologischen Geselschaft 1874 pp. 23g à 250, ,,Beobachtungen an dem gehobenen Korallenriff tTdjong — Tjilauf — ôrôn an der Sûdkûste von Java."

Entre les embouchures des rivières Tii Laïou et Tii Laki, la zone sableuse n'a pas plus de 80 mètres de largeur; on 'y rencontre, dansle sable, des bancs de cailloux roulés de roche éruptive. En arrière de la couche, on trouve presque partout un marécage assez profond,, large de 50 à 60 mètres.

Les bancs de brèches m, décrits précédemment, qui sont à découvert près de l'embouchure du Tii Séla, s'élèvent directement, dans la mer-

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Près du chef-lieu de sous -district Tiidaoun apparaissent quelques Junes qui ont plus de lO mètres de hauteur: le long de la rive gauche du Tii Damar, on a aménagé en sawahs une bande de terrain de looo mètres de largeur.

A l'embouchure du Tii Oudioung, sur une longueur de 5 kilomètres, ■on rencontre des dunes de plus de 10 mètres de haut; et en arrière, il y a partout du terrain marécageux, dont la largeur est de plus de 1000 mètres au Rantia Daoun.

De Sindangbarang jusqu'au cap Guénteng, le calcaire marneux m, .arrive de nouveau jusque tout près de la côte. La bordure de sable y a aussi une largeur de 100 à 200 mètres; et en arrière se trouve une zone marécageuse, de même étendue, qui ne s'élargit un peu qu'aux ■embouchures des rivières Tii Bouni et Tii Kaso I. Le plus haut point <le la langue de terre qui se termine dans l'Oudioung Guënteng n'est .qu'à 3 mètres d'altitude. A la surface, on n'y trouve que du sable marin ; et entre ce sable et la chaîne tertiaire existe un marécage, le Rawah Guebang, de plus de 1500 mètres de largeur.

Entre Oudioung Guënteng et la ,,Zandbaai" (baie du sable), la ligne des côtes se dirige du Nord au Sud; aux points nombreux qui s'avancent dans la mer, la chaîne ancienne se dresse partout à pic; et dans [es baies intermédiaires seules on trouve une bande étroite de sable marin.

Entre les embouchures du Tii Panarikan et du Tii Tiram, on voit le long du littoral des couches anciennes recouvertes sur une grande étendue de corail mort, que les eaux ne recouvrent qu'aux très hautes marées. La présence de ces dépôts et de ceux dont nous avons fait mention tantôt dans la baie de Tiilaout eureun constitue dans les Préanguer l'unique témoignage d'un déplacement négatif de la ligne des côtes dans ces tout derniers temps.

Jusqu'à la ligne qui joint le cap Karangr^ak au cap Kounti, la Zandbaai n'a pas plus de 10 mètres de profondeur; le long de la côte Sud on ne trouve qu'en quelques points, aux embouchures des rivières, une bande étroite de sable marin ; celle-ci fait totalement 4éfaut à la côte Nord.

Dans le prolongement de la baie existe une vallée étendue, longue de 6^ kilomètres dans la direction Sud-Est, et large de 2 kilomètres dans la direction perpendiculaire. Cette plaine est à moins de 10 mètres d'altitude et en partie marécageuse. Le cours inférieur du Tii Lëtou présente aussi des rives larges et basses, depuis l'embouchure jusque tout près du flanc du Lingkoung. Ces terrains bas consistent, à la surface, en sable et limon marins ; mais il est probable que la chaîne tertiaire existe partout à faible profondeur. C'est seulement dans ces ^lerniers temps que la plaine a été mise à sec ; l'exhaussement par

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sédimentation y a contribué; mais la cause principale réside probablement dans un. léger soulèvement, par lequel la mer s'est retirée.

Entre le cap Karangragak et l'embouchure du Tii Mandiri, la chaîne se dresse à pic dans la mer; et c'est seulement à l'embouchure de cette rivière que l'on retrouve le terrain alluvial. Par suite de cette position abritée, la bande sableuse y est étroite ; derrière le sable, il y a un marécage, le Rawah Kalong; et le long des bords de la rivière est déposée de l'argile fluvîatile oii l'on a aménagé des rizières.

Le long de la côte Nord de la Wijnk'oops-Baai, on trouve aussi d'ordinaire du sable marin; mais la zone y a rarement plus de loo mètres de largeur, et ce n'est qu'aux embouchures des rivières qu'on rencontre, près Tiimadia et près Tiisolok, de grandes plaines alluviales. Tout près de la frontière de Bantam, la ligne côtîère s'avance de nouveau dans la mer, au cap Karang badar; et la chaîne tertiaire arrive directement au rivage.

Outre le sable de mer fin, le limon des lagunes et des marais et le corail mort, on observe encore, le long de la plage, des dépôts modernes de calcaires compacts, de conglomérats et de grès. Ces sédiments remarquables, sur lesquels JUNGHCHN et HuGUEMN ont déjà appelé l'attention, ne se montrent que là où la chaîne tertiaire arrive tout près de la mer. On y a recueilli les échantillons qui suivent.

Les fragments No. 1747 sont originaires de la côte Sud, à la rive droite de l'embouchure du Tii Karang. La roche consiste en nombreux fragments de coquilles et de corail ainsi qu'en débris tins, arrondis, de roche éruptive avec quelques grains de quartz ; le tout est aggloméré en une masse compacte par un ciment calcaire.

Les échantillons No. 1746 ont été recueillis à 5 kilomètres à l'est du cap Guënteng, à l'embouchure du Tîi Kodchel. Ce sont des calcaires presque purs, qui consistent en petits fragments calcaires et très peu de débris de grès, réunis par un ciment calcaire abondant. Ces particules calcaires sont des morceaux de coquillages et de corail; mais comme elles sont souvent recouvertes d'une couche du ciment, on ne peut pas toujours les reconnaître comme telles.

Les fragments No. 1745 ont été recueillis à l'embouchure du Tii Boulakan; ils consistent encore en débris fins de roche éruptive et en petits morceaux de coquillages, unis par un ciment calcareux abondant.

Les fragments No, 1744, originaires de l'embouchure du Tii Kèpouh, se composent d'un conglomérat, dans lequel on retrouve toutes les roches des deux sections de l'éocène, agglomérées par un ciment calcaire.

Les échantillons No. 1743 ont été récoltés à l'ouest de Tiisolok, sur la plage, près de Tiibangban, On n'y a trouvé aucun débris de coquillage ; ils consistent exclusivement en gravier des roches qui existent dans le voisin^e, relié par un ciment calcaire; c'est ainsi que la roche ressemble complètement à certains grès d'andésite tertiaires,

Il n'est pas difficile de se représenter comment ces roches prennent naissance encore de nos jours. Le long du rivage, on voit presque partout des débris grossiers de coquilles et de corail, entremêlés, dansune mesure plus ou moins grande, de gravier et de sable ou de cailloux roulés des roches tertiaires qui existent à proximité. Cette couche de gravier est sans cesse mouillée par les vagues qui viennent s'y briser, et puis mise à sec quand le flot se retire. C'est principalement là oà les vagues s'élancent à l'assaut des rochers massifs que les eaux, par leur contact avec l'air atmosphérique, se chargent d'une certaine teneur en acide carbonique et acquièrent ainsi la propriété de dissoudre un peu du carbonate de calcium des fragments de coquilles et coraux morts. Lors du retrait du flot, l'eau s'infiltre dans le gravier ; elle perd sa teneur en air atmosphérique et en acide carbonique et laisse déposer chaque fois une portion du carbonate de calcium dissous , c'est ainsi que petit à petit le gravier s'a^lomère par un ciment calcareux.

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