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Le terrain marneux du district de Tiibalioung

Ce pays de collines, à ondulations douces, s'étend entre les deux terrains brécheux i et 2 décrits plus haut ; au Sud, il est borné par la mer; au Nord, les couches de grès argileux et de marnes disparaissent sous des tufs ponceux quaternaires et sous l'alluvium de la plaine basse de PËrdana.

Les couches ont une position fort régulière; on n'y a observé que quelques plissements, ondulant légèrement dans une direction parallèle à l'axe longitudinal de Java. Dans la Fig. K5, on voit une coupe de ce terrain, effectuée du Nord au Sud. Tout près du terrain brécheux du Gg. Hondlé, les couches sont plissées parallèlement à cette montagne; et plus au Nord, dans la chaîne de Batou hideung, où les couches marneuses s'élèvent directement dans la mer, elles ont encore une direction à peu près Nord-Sud et une pente légère vers l'Est.

En général, ce sont des roches tendres telle? que des argiles schisteuses, des grès argileux et des marnes très fossilifères, qui prédominent dans ce terrain ; les bancs de calcaire pur y sont rares, ainsi que les conglomérats et les brèches de roches éruptives, que l'on trouve presque exclusivement tout près du terrain brécheux de l'Ouest. En quelques points cependant on rencontre des bancs de roche éruptive massive, nettement divisés en plaques, et gisant en concordance entre les marnes. En un seul point, on a observé des filons de roche éruptive.

Si l'on suit la route qui conduit de Bodiong (à l'est du chef-lieu Mènes), par Kadoupandak, vers Moundioul, on voit apparaître pour la première fois les couches tertiaires sous la couverture quaternaire un peu au

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ènd de l'endroit où se détache la route Vet-s Lilitan. De cet endroit jusqu'au lit du Tii Lèmèr, les couches forment une selle plate; car au versant septentrional de l'arète basse, on constate D. ^ 80°, I. ^ 5° au Nord; et plus au sud, un peu en deçà de Paniabrangan , D. = 86-*, I. = 12' au Sud; et dans le lit du Ti Lèmèr, dans des marnes fossilifères (No. 19S9), D. = 95', I. = 15" au Sud.

Aux environs de Kadoupandak, on trouve de l'argile quaternaire, brun rougeâtre, d'origine volcanique; maïs plus au sud reparaissent les couches de marnes. Celles-ci inclinent de 5 à 7" au Nord ; plus loin, sur une petite distance, elles sont redressées; et un peu au nord du signal Tendio, on a noté D = 72", 1. = 35" au Nord. Bientôt cependant la disposition devient moins inclinée; et près de la vedette Saminta, on observe une inclinaison au Sud, de 6° à 7° au maximum. Sur les collines basses, près du hameau de Tiibenreum, on n'aperçoit rien d'autre que de l'argile rouge, entre laquelle existent quelques couches d'une roche kaolinique blanche.

A la descente vers Moundioul, on retrouve des couches de marnes, à fossiles très nombreux, inclinant de nouveau légèrement au Nord; et à Moundioul, au bord du Tii Liman, on a fait la lecture D. = 126°, I. ^ 25° au Nord-Est,

Les mêmes marnes à fossiles (No. 1991), sont aussi dénudées plus à l'ouest, au nord du hameau Angsana; elles y ont une position sensiblement horizontale. Cette roche consiste, pour plus de la moitié, en coquilles reliées par une marne grise.

Sur la route qui conduit de Moundioul au sud vers Tiikeusik, par Fanatiaran et Tiipaâs, on trouve une pente au Sud déjà tout près du hameau Soudimara ; puis derechef une position horizontale ; et plus de 3000 mètres au delà, on voit à Panatiaran des marnes qui inclinent au Nord, mais qui se recourbent aussitôt, en formant une selle basse. Sur une distance inférieure à 100 mètres, on rencontre des couches qui inclinent de 5° environ au Nord, et d'autres qui ont une pente de 4° au Sud. La selle basse située entre Soudimara et Panatiaran consiste en grès argileux, couches kaoliniques qui contiennent des cristaux brillants de feldspath, et en bancs, de ^ mètre d'épaisseur, ressemblant à des lapilli; ces bancs se composent de boulettes parfaitement sphériques, assez peu cohérentes, d'une roche éruptive à pores fins, et de la taille d'une bille jusqu'à celle d'une noix. Au milieu de ce bassin, à couches sensiblement horizontales, font saillie près du hameau Tiouroug, trois filons parallèles de roche éruptive; ils sont dirigés vers le Sud-Est (140'), sont très redressés et ont respectivement I, 2.5 et 1.6 m. d'épaisseur. Sauf aux environs immédiats de cet endroit, on ne trouve nulle part, dans cette contrée, de gros fragments d'andésite ou de basalte. Cette roche en filons (No. 1990} est gris terne et compacte; à la loupe, on n'y voit que de petits cris-

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taux brillants; au microscope, on reconnaît un basalte assez altéré.

Au sud de Panatiaran, on retrouve bientôt des grès argileux, de teinte claire ou sombre, sans pétrifications, et entre ceux-ci des couches de 0.2 à j mètre d'épaisseur, qui consistent en morceaux arrondis d'andésite, dont la taille varie de celle d'une noix à la grosseur du poing, et qui sont poreux en partie. Ce ne sont pas, il est vrai, des couches de lapilli aussi nettes que celles que nous avons décrites tantôt, mais néanmoins ces morceaux peuvent aussi avoir été fournis par des éruptions volcaniques.

Du hameau Tiipaâs jusqu'à Tiikeusik, la route prend au Sud-Ouest et reste constamment dans des marnes calcaires, désagrégées en une argile arénacée, où existent des couches consistant à peu près entièrement en fossiles. On voit celles-ci, entre autres, dans le Tii Toké, près du hameau de ce nom (No. 1992} et à Tiikeusik (No. 1993). M. Martin tient ces dernières pour pliocènes {Beitrâge etc. V p. 42). Tout près du hameau Tiipaâs, on a observé dans ces couches D. = 112'', I. ^ 7° au Nord.

Entre Tiikeusik et l'ancien chef-lieu de district Soudimanik i), on observe de l'argile arénacée, qui est ordinairement de teinte rouge sombre, et dans laquelle sont contenues, çà et là, des masses lacuneuses de marnes encore assez dures. Ces marnes consistent en débris altérés d'andésite, reliés par un ciment calcaire abondant. Surtout aux alentours de Tiisouakan et de Soudimanik, existent des couches totalement désagrégées en argile grise et dans lesquelles se montrent une quantité innombrable de fossiles bien conservés; on en peut aisément recueillir de bons exemplaires. Dans le lit des rivières, on rencontre souvent des amas de coquilles brisées, que l'eau courante a isolées et qui se sont accumulées à l'époque des crues. Dans les kampoungs, on emploie ces débris de coquillages pour l'entretien des routes. Près de Soudimanik, on a fait collection de beaucoup de fossiles (No. 1995)-

La disposition des couches est presque horizontale ; d'ordinaire on observe une pente très légère au Sud,

Plus à l'Ouest, sur la route de Tougou, on rencontre constamment les mêmes roches ; les manies y sont parfois moins altérées, de sorte qu'on peut y distinguer, à la loupe, des aiguilles brillantes de feldspath; on y voit aussi des grès tuffeux gris, verts et jaunes, qui contiennent peu ou point de calcaire. Dans le lit du Tii Tëloukkalapa, près du hameau de ce nom, on a recueilli des échantillons de marnes grises,

1) (Jn nouvel airangemenl, înlrodult en iSgl, a léuni en un wiil dUtnct, Tiibalioune, le» anciens districts de Panimbang et Tiibalioung. Le wédana de ce nouveau district habile Batouhideung, à 5'/» kilomètres au nord-ouest de Soudimanik. Une petite partie de Panimbang a fié onneiÉe 1 MEoes.

typiques (No. iQgô] à fossiles rares, dans lesquelles on peut, à la loupe, reconnaître des débris de roche éruptive. Un peu plus à l'Ouest on a récolté des pétrifications (No. 1997) près de Tiigouha.

Plus à l'Ouest encore, on aperçoit dans le Tii Téloukbarat des marnes altérées (No. 1998), dont la teneur en calcaire est à peu près totalement dissoute, de sorte qu'il n'en reste qu'un gravier désagrégé de roche éruptive et les moules des fossiles.

A l'ouest du Tii Tëloukkalapa, entre ces marnes, existent aussi des couches de brèches h grains fins, agglomérées toutefois d'ordinaire par un ciment catcareux. C'est ainsi que dans l'échantillon No. 2000, qu'on a recueilli dans la rivière Tii Pantiour, tout près de Batouhideung, la pâte fait effervescence avec l'acide chlorhydrique, bien que pour une forte part elle consiste en cristaux brillants de feldspath et en nombreux morceaux anguleux d'une roche éruptive sombre, altérée. Un peu à l'est de ce point, à 150 mètres d'altitude, ou h plus de 90 mètres de hauteur au-dessus des marnes horizontales, on rencontre, dans le Tii Tëloukbarat qui coule dans le voisinage, un banc épais de 5 mètres: on ne saurait affirmer avec certitude si c'est un banc interposé de roche éruptive massive ou de brèche dure, cohérente, sans ciment. C'est une roche gris sombre (No. 1999} dans laquelle on distingue, à la loupe, de nombreux cristaux de feldspath et de pyroxène; au microscope, on ob8er\'e une andésite à pyroxène assez altérée, dans laquelle il y a beaucoup de particules de chloritc d'un vert brunâtre trouble, qui peuvent en partie être issues d'olivine.

Jusqu'à la rivière Tèloukkalapa, les couches ont constamment la direction Est-Ouest, avec une légère inclinaison au Sud, parfois au Nord; plus à l'ouest cependant, on trouve bientôt des couches dirigées du Nord au Sud et inclinant à l'Est. Dans le Tii Tëloukbarat on a observé D. = 194°, l. = 15° à l'Est; et dans le lit du Tii Patoudia, îi Tougou, D. = 160", [. != 17» à l'Est.

Plus au nord aussi les couches se plissent dans une direction Nord-Sud. A Tiipatioung, dans des grès argileux, on a noté D. == 62°, I. ^ 5^ au Sud-Est. Dans le Tii Diaralang bikang, près du hameau Tiidiaralang, non loin de la limite des brèches, on a constaté D. ^ 165", I. :^ 5' à l'Est ; et près de Bangkong, D. ^ 170°, I. = 15° à l'Ouest; tandis que près Tiiseureuheun les couches inclinent de nouveau légèrement à l'Est. Ici aussi le terrain consiste, en grande partie, en couches alternatives de grès argileux et de marnes, toutefois pauvres en fossiles. Plus loin affleurent des grès tuffeux blancs et gris, des bancs interposés de roche éruptive massive, et des couches épaisses de 3 h 7 mètres, qui se composent distinctement de conglomérats neptuniens de roche éruptive.

Le No. 2002 a été recueilli, près de Katoumbiri, dans du conglo-

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mérat ; c'est une roche sombre, qu'on reconnaît, au microscope, pour un basalte altéré dont toute l'olivine est décomposée.

Aux points nommés tantôt, près Tiidiaralang et Bangkong, et dans le Tii Balioung, près Tiidiengkol, on a observé, nettement interposée dans des couches de marnes et divisée en plaques, une roche éruptive, dont un premier banc incline à l'Est et deux autres à l'Ouest.

La roche de Tiidiaralang (No. 2001) est une andésite à pyroxène, d'un grain fin, à beau feutrage de microlithes dans la pâte, et dont les cristaux d'hypersthène sont décomposés en chlorite verte dans les cassures.

Les échantillons No. 2003 ont été recueillis à Bangkong; ils sont également de Vandésite à pyroxène et contiennent, outre les éléments ordinaires, beaucoup d'apatites imprégnées d'une matière brune.

Au nord de la chaîne de Hondié s'étend une arête dirigée du Nord au Sud, le Gg. Batou hideung, qui aboutit au Tandioung Lésoung ou 3e pointe de Java ; elle a une altitude de 275 mètres et descend à pic vers l'Ouest. Le long de cette paroi abrupte, on voit l'alternance ordinaire de marnes, grès argileux, grès tuffeux et conglomérats, dont les couches sont dirigées du Nord au Sud et inclinent vers l'Est.

Si de Tiimara on chemine au Nord, le long du rivage, on rencontre, au pied de cette paroi escarpée, d'abord des brèches que nous rangeons dans l'étage m, ; mais au Tandioung Kihiiang, on observe, au rivage. des grès marneux (No. 2004) d'un grain assez grossier, à petits fossiles, dont D. ^ 345', I. ^ 7^ à l'Est. La roche consiste en débris ordinaires altérés d'andésite, à ciment calcaire.

La disposition, que nous venons de décrire, est représentée dans la Fig. 86.

D. Les volcans.

Dans la partie Nord-Ouest de cette résidence existent un grand nombre de volcans situés très près les uns des autres; la presqu'île du Nord-Ouest, qui aboutit à la pointe St. Nicolas, est aussi un volcan ; et presque toutes les tics du détroit de la Sonde consistent en cimes de cônes néo-volcaniques,

Les volcans les plus importants du détroit de la Sonde, savoir l'île des Princes, Krakatau, Sëbési, etc., forment la rangée transversale bien connue, dont M. Verbeek a fait mention dans son „Krakatau". Parallèlement à cette série se dirige la (aille, par laquelle sont interrompues les couches miocènes du Gg. Hondié et qui forme ainsi la frontière occidentale de Java; dans le prolongement septentrional de cette faille se trouve l'île volcanique ,,Dwars in den weg" (en travers du chemin).

Sur la terre ferme, les volcans forment un groupe assez irrégulier, dont le centre est constitué par le vaste volcan Danou, qui se dresse

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un peu au nord de la crevasse longitudinale principale de Java. Dans ce groupe, on peut distinguer aussi deux rangées, parallèles à la créasse transversale du Krakatau, Sur la première sont situés le Tompoh-Malang, le cirque c du Danou, le Toukoung, le Boukit Mokol et le Salak- GuÊdé; et sur la seconde le Poulosari, le centre du cirque d, le plus ancien et le plus large -du Danou et le Pinang.

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