‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 108 sur 216 · Le volcan Salak—Guèë dé · texte numérisé non relu

Le volcan Salak—Guèë dé

La presqu'île du Nord-Ouest, dont l'extrémité septentrionale, la pointe St. Nicolas ou Tandioung Podiok, sépare les côtes Nord et Ouest de Java, consiste entièrement en une chaîne volcanique, relativement ancienne, dans laquelle l'érosion a creusé des ravins rayonnants, jusqu'à une profondeur de plus de 300 mètres. Vue à grande distance, cette chaîne se présente comme un cône plat, régulier, à large sommet; celuici consiste en un bord en fer à cheval, assez irrégulier, ouvert au Nord, issu par érosion d'un cirque de 1.25 kilomètre de rayon. Le long de ce bord, on rencontre les cimes 7%0bo/ (530 mètres), Sa/ak (560 mètres), Tandioungs (380 mètres), Gg. Gueédé (signal 594 mètres) et Sowmourrandia (440 mètres). Comme la chaîne tout entière’n’est pas connue des indigènes sous un nom commun, ce volcan a été dénommé d’après les deux cimes les plus hautes, situées en face l’une de l’autre. Dans la partie septentrionale du bord, la rivière Ti Pangoreng a creusé son lit jusqu'au niveau de 60 mètres.

Le long du versant prédominent les brèches et les conglomérats, désagrégés, en partie, en une argile rouge; au versant oriental, on voit, sur une grande étendue, des roches kaoliniques, blanches. Ces dernières sont issues en partie de tufs; mais en d’autres points ce sont des roches éruptives poreuses, transformées d’une façon particulière. Dans des échantillons, recueillis au Nord du chef-lieu de sous-district Bodionagara, près de Tandioung Guirisapa, on voit, à la loupe, une pâte blanche, altérée, à nombreux feldspaths brillants et des pyroxènes blanchis en petite quantité; dans des cavités nombreuses, on observe des plaques blanches et jaune clair, hexagonales, qui sont probablement de la #71dymite.

On n'y a pas trouvé des coulées de lave proprement dites; mais en divers points est dénudée de la roche éruptive massive, nettement divisée en plaques, dont la direction passe par le centre de la chaîne;

ce sont donc probablement des filons dans des crevasses radiales. A l'est de la chaîne, à Tandioung Gorengniang, on a constaté, dans des plaques pareilles, D. = 85°, I. — 35° au Nord; au nord, à la pointe St. Nicolas, D°=;:5", 0 — 40112 l'Estitet dud'cotétienest, on pen an monene Merak, D: tro M — trot Sud

On y a recueilli les échantillons suivants :

Le No. 2038 au Tandioung Gorengniang, dans de la roche massive, séparée en plaques;

Le No. 2039 dans une brèche, située au Tandioung Awouran, à 2800 mètres plus au Nord;

Le No. 2040 dans une brèche, tout près du village de Tibaga;

Le No. 2041 à la pointe St. Nicolas (Tandioung Podiok), dans une roche massive divisée en plaques ;

Le No. 2042 dans une brèche, de la carrière de Méërak;

Le No. 2043 dans une brèche de l’île de Mérak : 1)

Ce sont toutes roches gris sombre, assez compactes, d'ordinaire un peu altérées; au microscope, ce sont des andésites à pyroxène.

Dans le No. 2038 on voit de petites olivines décomposées, et des taches d'hydroxyde de fer, issues du minerai de ce métal.

Dans le No. 2039 la pâte est colorée, presque partout, en rouge brun par de l'hydroxyde de fer (issu aussi du minerai).

Dans le No. 2040 se montrent quelques hornblendes décomposées.

Dans le No. 2041, la pâte consiste en un beau feutrage de microlithes.

Dans le No. 2042 2) on voit, çà et là, des olivines, brunes par décomposition, et quelques grandes hornblendes brunes, à bord noir de minerai de fer.

Le No. 2043 est fort altéré.

Les îles suivantes, parmi celles du détroit de la Sonde, sont des portions de cônes volcaniques qui s'élèvent au-dessus des eaux.

13. La petite île Zmpouroung ou Toppershoedje se trouve à plus de 74 kilomètres au nord-ouest de Méërak. Elle a une superficie de moins de o.05 kilomètre carré, et s'élève à 66 mètres d'altitude. Elle consiste en andésite à pyroxène (voir le Krakatau de M. VERBEEK, p. 173) et fait peut-être partie d'un point d’éruption sous-marin du versant du Salak-Guëdé ou de Dwars in den Weg.

Une île encore plus petite, de 30 mètres d'altitude, c’est Poulou Oular où Brabantshoedje. Celle-ci est à 2 bons kilomètres de la côte, dans le prolongement de la grande coulée de lave du Marengmang. Les échantillons qu'on y a recueillis sont des roches blanches, riches

1) Cette petite île fait partie de la montagne ; elle n’en a été séparée que dans ces derniers temps. 2) L'échantillon de la pointe St, Nicolas, décrit par M. BEHRENS (1 c. p. 6), ressemble le mieux au No. 2042.

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emmstiice, stratihées dont D: —1%35", et dont la pente est à peu près de 6o° au Nord-Est. Au microscope, elles présentent une pâte trouble qui, entre nicols croisés, offre une polarisation en mosaïque peu apparente, et quelques petites sphérolithes. Voir Krakatau de VERBEEK p. 171.

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