‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 110 sur 216 · Panaitan ou Prinsen-erland · texte numérisé non relu

Panaitan ou Prinsen-erland

Cette île, qui est séparée de la presqu'île Sud-Ouest de Java par un détroit, de 8 kilomètres de large, le ,,Behouden Passage”, consiste en un large cirque de 5.65 kilomètres de rayon. En cheminant vers l'Est, le long du bord, à partir de l'extrémité Nord-Ouest, on rencontre successivement les cimes Zendio (100 mètres), Darahaïou (160 mètres), Kadam (120 mètres), Xendèng (160 mètres), Æaksa (signal 319 mètres) et Zadirmaléla (180 mètres); la partie Sud-Ouest du bord a disparu.

Au rivage Sud, il existe des bancs de roche massive, qui inclinent au Sud-Est sous un petit angle. Les échantillons qu’on y a recueillis (No. 2r0o1) sont une andésite à pyroxène à pâte riche en verre, dans laquelle on voit distmctement la structure fluidale.

E. Sédiments quaternatres.

Les tufs ponceux du Bantam septentrional.

Si l'on voyage, par la grande route postale, de Batavia à Sérang, on remarque déjà entre Tanguërang et la frontière de Bantam, dans chaque tranchée du terrain, des tufs ponceux blancs que l’on rencontre encore

1) Actuellement ces îles appartiennent toutes les trois à la résidence des districts des * Lampongs (Sumatra).

plus loin, aux alentours de Sérang et Aniér et partout dans la plaine septentrionale du Bantam. A la description du terrain tertiaire, on a vu que déjà la section m, contient des tufs ponceux; et que surtout la partie la plus récente de l’étage marneux m, de Bantam est riche en roches kaoliniques, blanches et grises, qui proviennent aussi de tufs. C'est pourquoi JUNGHUHN considérait les tufs de la plaine, ainsi que ceux qui se montrent plus au Sud dans le terrain de collines de Lébak et de Bodiongmanik, comme le membre supérieur du terrain tertiaire.

Toutefois, l'exploration nous a appris que les tufs de la plaine sont plus jeunes et recouvrent, en discordance, les couches anciennes.

La composition de ces dépôts tuffeux quaternaires est très uniforme. Ordinairement on voit des débris, très fins ou un peu plus grossiers, de pierre ponce, qui dans le premier cas tachent comme la craie; dans ces débris sont enfermés de petits éclats et de plus gros morceaux anguleux de feldspath, des grains de pyroxène, des particules de pâte, et des fragments arrondis de roche éruptive, souvent poreux; les petites lamelles de mica, noir ou blanc, y sont plus rares. Parfois ces éléments semblent avoir été séparés par une espèce de lévigation; à l'Est du chef-lieu de sous-district Tukeuieup (au S.E. de Pandëglang), p. ex. on trouve dans la vallée de la petite rivière Ti Marga des couches minces (No. 2103), qui consistent à peu près entièrement en gros morceaux cristallins; et là-dessus, des couches épaisses d’un sable ponceux très fin, dans lequel on n’aperçoit que quelques éclats fins de feldspath et de très petites paillettes de mica.

En s’approchant du pied de l’ancien volcan Danou, on rencontre, entre ces bancs de tuf, des couches qui ont plutôt l’air de brèches. Celles-ci contiennent, entre les matériaux fins, de grands morceaux de ponce et d'une andésite riche en verre, ainsi que des lapilli scoriacés ; c'est p. ex. le cas dans les ravins à l'Ouest de Sérang, près du chef-lieu de sousdistrict Soïog.

La teinte de ces couches est le plus souvent blanche, gris clair, gris jaunâtre et parfois brun sale. Frappante est l’analogie de ces roches avec les bancs tuffeux qui se montrent à la paroi intérieure et le long du versant extérieur du volcan Danou.

En certains endroits, ces tufs se recouvrent de nombreux fragments de bois silicifié, ce qu’on nomme kaïou sèmpour traï. Ces troncs d'arbre sont surtout très nombreux dans la partie Nord-Est de Bantam, dans la plantation de Tukandi hiir.

Lors du forage des puits artésiens dans le Nord de Bantam, on a très souvent trouvé de la roche massive entre les tufs ponceux. Aux environs du chef-lieu de district Tüteureup, à l'est de Sérang, on a fait trois forages; et chaque fois, à une profondeur de 55 à 57 mètres, on a rencontré une roche de la nature d'une lave, qu'on n'a pu percer

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par la méthode qui consisté à forer en lavant. A plus de 2 kilomètres plus à l’Ouest-Nord-Ouest, on a atteint sans peine une profondeur de 67 mètres; et à plus de 60 mètres de profondeur, on a rencontré une couche aquifère qui donna un jet de 60 litres par minute, s'élevant à un demi mètre au-dessus du sol. Entre ces points existe donc sans doute l'extrémité d'une coulée de lave interposée, qui joue ici le rôle de couche protectrice au-dessus de la couche aquifère, plus profonde. Au-dessus de ce banc de lave repose une mince couche de corail.

Par ce forage rotatoire et irrigatoire, la roche attaquée est ramenée à la surface à l’état de gravier, et en même temps elle a subi un lavage très énergique. Par les échantillons amenés au jour, on n'apprend donc à connaître que les éléments constituants du terrain perforé; et l'on doit songer que des fragments de toutes les couches qui ne sont pas encore couvertes par des tubes peuvent être entremèêlés. Ces forages n'apprennent rien quant à la disposition des couches. C’est pourquoi on ne saurait affirmer avec certitude si, oui ou non, les forages les plus profonds ont atteint la limite du quaternaire.

La plus grande profondeur a été atteinte à Sérang; on y a foré jusqu'à 212 mètres en dessous de la surface du sol, soit à 185 mètres en dessous du niveau de la mer. Dans les échantillons qui viennent des couches les plus profondes, on trouve les mêmes éléments que dans les couches supérieures. Les débris fins de pierre ponce ont été, en majeure partie, entraînés par les eaux; et ce qui prédomine, ce sont des éclats de feldspath et des morceaux de pyroxène; à côté de ceux-ci se montrent quelques aiguilles de hornblende, de petits morceaux de pâte et des fragments de roche éruptive. De plus gros morceaux de roche massive, qui viennent d'une profondeur comprise entre 188 et 201 mètres, sont de l'andésite à pyroxène et à hornblende fraîche, dont les cristaux de hornblende ont un bord noir. La roche massive, à laquelle s'est arrêtée le forage, à 212 mètres, est fort altérée; mais elle a la structure d’une lave.

L'analogie de ces couches profondes avec les tufs ponceux de la plaine est donc très grande; mais tous les éléments dont il a été question peuvent exister aussi dans les couches tertiaires supérieures.

Des pétrifications n’ont été rencontrées que dans quelques couches ; nous avons déjà cité le banc mince de corail sur la coulée de lave de Tiiteureup; dans le sable, que le forage de Sérang a ramené de la profondeur de 162 mètres, existent des rotalines; et lors du forage à l'ancien chef-lieu Bantën, on a ramené de la profondeur de 113 mètres de nombreux fragments de coquilles minces, à bel éclat nacré. On pourrait supposer qu'on y a rencontré des couches de marnes tertiaires ; mais cette hypothèse est invraisembable, car immédiatement en dessous de cette couche on a atteint une nappe d'eau abondante de plus de

12 mètres de force ascensionnelle. Comme le point le plus voisin, où affleurent des couches tertiaires, est situé à une distance de 44.kilo-

mètres, il est inadmissible que cette eau provienne de ces terrains.

Il est donc probable que ces couches quaternaires consistent en produits du grand volcan Danou déposés sous l’eau, sur plus de 212 mètres d'épaisseur.

Il n'est pas impossible qu'une partie de ces tufs aient été fournis par des points d'éruption sous-marins Zrdépendants. À Timarga, à s poteaux au sud de Rangkasbitoung, on rencontre p. ex. des couches de tufs, riches en lapilli scoriacés et inelinant sous un angle de 4° à 8. Toutefois on n'a pu y signaler l'existence d'un point d’éruption, et même le lac de Tiimarga n'a aucun rapport avec l’activité volcanique, car on l’a formé artificiellement en bouchant la vallée.

Dans ce terrain plat, formé de bancs horizontaux d’une composition très uniforme, les rivières ont un cours capricieux. D'ordinaire les vallées, même celles des petits cours d’eau, ont un fond plat, 'relativement large, et des bords très escarpés, hauts de 10 à 50 mètres. Dans ces parois abruptes on voit, de toutes parts, les mêmes tufs blancs; mais si en allant vers le Sud on s'approche du pays de collines tertiaires, l'aspect change. Alors qu'au milieu de la plaine les bancs successifs ne diffèrent que peu l’un de l’autre, de sorte que la stratification ne s'y voit que peu distinctement, on observe, le long de la limite de la chaîne tertiaire, des couches horizontales successives ‘dont la composition .est plus variable. Entre les produits de l’activité volcanique du Danou, on voit des sédiments côtiers ordinaires, dont les matériaux ont été apportés du Sud. Ceci s'observe surtout sur la route de Rangkasbitoung à Gounoungkëntiana, par Tulèlès. On y rencontre des couches brécheuses de ponce d'une épaisseur fort irrégulière, interposées entre des couches minces de débris fins de pierre ponce; et ces masses ponceuses alternent avec des bancs d'argile tendre, arénacée, jaune et rouge, et avec des couches noires, très minces, qui sont très riches en poussière de magnétite. Nous avons déjà fait voir plus haut que ces sédiments horizontaux recouvrent en discordance les couches tertiaires.

Depuis la frontière de Batavia jusqu'à la ligne de partage des bassins des côtes Nord et Ouest de Java, le contact des couches quaternaires et de la chaîne tertiaire est à 100 mètres d'altitude. Plus à l'Ouest, cette limite s’abaisse bientôt, et autour de la plaine, des deux côtés du Ti Lémer, les tufs n’ont qu'une altitude maxima de 30 mètres.

A l'Est, la plaine descend graduellement vers le Nord; mais plus à l'Ouest, entre Tulèlès et le pied du Karang, elle atteint, sur une grande étendue, une altitude de 100 à 110 mètres, et même en un point celle de 120 mètres.

À Tubiouk, où jaillissent dans les tufs ponceux des sources thermales

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qui déposent du soufre et dégagent des gaz contenant de l’hydrogène sulfuré, on voit distinctement comment les tufs blancs sont recouverts, à 100 mètres d'altitude, par le pied du Karang. Le long du pied oriental du Karang et du pied nord-est du Danou, et plus loin, le long du pied septentrional du Marikanguën et du Danou, jusqu’à la grande coulée du Marengmang, la limite de la plaine est constamment à une altitude de 60 à 100 mètres; et celle-ci devient plus grande à mesure que la plaine se rapproche du pied du Danou. Sur la route de Pandeglang à Rangkasbitoung, on voit distinctement, à 100 mètres d'altitude, le contact des tufs blancs de la plaine avec les produits de teinte rouge du Karang. Au versant oriental du Marikanguën, la rivière Bélaguendong a creusé son lit à travers les produits de ce petit volcan jusque dans les tufs blancs de la plaine, et ici la limite atteint aussi à peu près 100 mètres d'altitude.

De ce niveau, le plateau ponceux descend lentement vers l'Est et vers le Nord; c’est ainsi que le pied du Prranpg, situé au Nord-Est, est recouvert par les tufs blancs jusqu'à une altitude qui ne dépasse pas 40 mètres.

A l'Ouest de la grande coulée de lave, les tufs blancs se recouvrent des produits du Zoukoung, et ïls n'affleurent qu'au pied, dans la plaine basse. Plus au Sud, au pied occidental du cirque € du Danou, la limite du pied du volcan et de la plaine se trouve de nouveau à l'altitude de 100 mètres. Plus au Sud encore, les tufs blancs disparaissent sous les produits du Zompoh— Malang, dont le pied s'étend jusqu’au rivage de la mer.

À l’époque quaternaire, le niveau de la mer a donc dépassé d'environ 100 à 120 mètres le niveau actuel. Sur le fond de cette mer s’est édifié le Danou qui a projeté ses produits bien loin, surtout vers l'Est Au maximum de son développement le volcan formait probablement un cône aplati, qui s'élevait de 1000 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer. La partie qui s'est édifiée au-dessus de l'eau a été traitée à la description des volcans, et le quaternaire, dont nous nous occupons maintenant, forme donc le pied sous-marin. La plaine circonscrite par le bord du Danou est au plus à 100 mètres d'altitude ; et il est probable qu'elle a été elle-même recouverte quelque temps par la mer. Vers l'extérieur, le pied sous-marin descend lentement, de toutes parts, à partir du niveau de 100 mètres, sauf du côté Sud, où la mer quaternaire était peu profonde et a été comblée totalement par les tufs; de sorte que même avant le retrait des eaux de la mer le volcan était rattaché, de ce côté, à la terre ferme par une zone étroite. L’affleurement de couches tertiaires dans la rivière Ti Tiangong, près de Tiourouglaïang (voir Fig. 84), montre qu'en certains endroits le quaternaire n'y a pas plus de 40 mètres d'épaisseur.

Le pied sous-marin du volcan s'étend à l'Est bien plus loin qu'à

l'Ouest ; et il est probable que le courant énergique, dans le détroit de la Sonde, a empêché de ce côté le dépôt des tufs. Au sud d’Aniër, on observe même des preuves que les produits du Danou ont été, en partie, entraînés par les eaux. Du côté de la mer, les tufs forment un mur escarpé, haut de 10 à 30 mètres, au-delà duquel s'étend une bande d’alluvium, large de 200 à 600 mètres. Au milieu de cet alluvium, à 2 kilomètres au sud du phare de la 4e pointe de Java, à l'embouchure du Pasang ténang et près du cap Karang Soraga, se dressent diverses cimes isolées de tufs ponceux et de brèches de ponce, qui, à une époque antérieure, ont fait un seul tout avec le plateau quaternaire.

Outre les échantillons déjà cités, on a encore recueilli, dans ce terrain quaternaire, ceux qui suivent :

No. 2104. Tuf ponceux, assez grossier, aux éléments ordinaires, de la vallée de Béëlaguendong, au nord du chef-lieu de sous-district Pasir.

No. 2102. Zuf ponceux, de la plaine à l’est de Sérang, près Tiiteureup; contient des débris ponceux très fins et les inclusions ordinaires.

No. 2105. Z'uf ponceux de la cime isolée située tout près du rivage, à plus de 2 kilomètres au sud du phare de la 4e pointe de Java, ou Tandioung Tükoneng. Ces échantillons consistent en débris ponceux fins, qui contiennent, outre les éléments ordinaires, de nombreux gros morceaux de ponce.

No. 2106. Tuf ponceux, d'une colline isolée à l'embouchure du Pasang ténang; il est d'un grain assez grossier et contient des morceaux anguleux de ponce, dont la taille dépasse deux décimètres. Dans ces morceaux, on trouve du feldspath limpide, en très grande quantité, des grains de pyroxène ainsi que de petites paillettes de mica.

Le No. 2107 est altéré, et par suite,. d’un jaune sale et un peu kaolinique ; au demeurant, c'est un #uf ponceux ordinaire. Les échantillons ont été recueillis dans le lit du Tu Pasaouran, près du village Tüpanas, au versant Sud-Ouest du cirque € du Danou. Un peu plus haut, on trouve, dans le lit de la rivière, sous ces tufs ponceux, de la roche massive (No. 2108), divisée en plaques minces et qui consiste en une pâte terne, très compacte, dans laquelle existent relativement peu de cristaux, très petits. Au microscope, on voit une pâte abondante, formée d'un feutrage fin de microlithes, avec peu de cristaux porphyriques de pyroxène, de feldspath, de magnétite, ainsi que quelques ipatites. Andésite à pyroxène.

Sources. Outre la source thermale sulfureuse de Tubiouk, dont nous avons déjà fait mention, il se dégage encore en d’autres endroits de l’eau chaude ou des gaz dans les tufs ponceux récents. Les plus connues de ces sources sont:

les sources thermales de Tiipanas, dans la vallée du Pasaouran, tout près de la limite méridionale du district d’Anièr ;

la source thermale de Pamatang koulon, dans la vallée de la petite rivière Tu Part, à 5 kilomètres au Sud-Ouest du chef-lieu de district Kopo;

la source gazeuse Kaboul, également dans le district de Kopo, mais tout près de la frontière de Tirouas, à plus de 2 kilomètres au Sud de la grande route postale de Batavia à Sérang; ce gaz consiste, pour 96.6 %, en anhydride carbonique; le reste sont des hydrocarbures combustibles.

Dans les derniers jours de l’année 1891, à la suite d’un mousson persistant et exceptionnellement sec, qui donna lieu à la formation de crevasses profondes dans le sol desséché, des gaz combustibles se dégagèrent du sol, à 3 kilomètres au nord du chef-lieu de district Tiiteureup. Ces gaz consistaient essentiellement en gaz des maraïs (méthane) ; et à diverses reprises, ils ont occasionné des incendies à Kadiaban et quelques autres villages. Ceux-ci sont bâtis sur l’alluvium, mais à 1} mètre de profondeur on trouve déjà les tufs blancs. Il est probable qu'un ancien marécage est enseveli, à une faible profondeur, sous les tufs ponceux. Après l’époque des pluies, les fissures et les crevasses se sont fermées et le dégagement gazeux a cessé.

F. Sédiments modernes.

L Dépôts marins.

D Lancoie Nord Siidetquelquetpomts de Ma /Droute postale de Kopo à Sérang on se dirige au Nord, on peut d'ordinaire établir une Jimite assez tranchée entre les tufs blancs quaternaires et l'argile alluviale sombre de la côte. De la disposition relative des courbes de niveau, de 10 et de 20 mètres d'altitude, sur les feuilles détaillées de la carte topographique, on peut conclure que la plaine du littoral passe, par un seuil peu élevé, au terrain ponceux. Tout près de la limite, la couverture d'argile marine est encore très peu épaisse; et la plupart des aqueducs entre les sawahs ont été creusés jusque dans les tufs. Au lieu d'argile, on y trouve, en nombre d’endroits, des plaques minces d'un calcaire très particulier, qui reposent directement sur les couches de tuf. Ces plaques consistent en masses réniformes, ordinairement spongieuses à la surface (No. 2109). Dans les préparations microscopiques, on ne voit aucune trace de structure organique; on n'y voit pas autre chose que du carbonate de calcium cristallin, dans lequel il y a des aiguilles de feldspath, des grains d’augite et des taches d'hydroxyde de fer. Ces masses sont donc du sable grossier des tufs ponceux, aggloméré par un ciment calcaire abondant. On les extrait pour les employer comme gravier sur les routes. *

Plus au Nord, on trouve de toutes parts de l'argile qui, le long du rivage méridional de la baie de Bantam, forme une zone large de 5

kilomètres.

Entre Tanguérang et Sérang, sur une longueur de plusieurs kilomètres, on fait parfois usage comme macadam pour la route postale de limonite sombre, presque noire ou brun rougeâtre. Ce minerai (No. 2110) repose en plaques minces sur les tufs ponceux : 1l n'existe pas seulement au contact de l’alluvium, mais on le trouve même sur les plateaux jusqu'à 50 à 60 mètres d'altitude. Il est probable qu'avec l’aide de la végétation, les combinaisons ferriques qui sont issues par altération de la magnétite des tufs ponceux se sont concrétionnées à la surface; c’est une espèce de minerai des marais ({Æasenersenstein). Le gisement est trop peu épais et trop irrégulier pour pouvoir être signalé sur la carte.

Dans la portion Nord-Est de Bantam, entre le Tii Oudioung et le Ti Dourian, existent des terrains bas, probablement d'anciens lits de rivières, qui actuellement se déchargent difficilement et sont ainsi devenus marécageux. Ils se recouvrent çà et là d’un peu d'argile fluviatile; mais cette couverture est toujours irrégulière et peu épaisse.

Les z/es du golfe de Bantam sont toutes des iles coralliennes très basses.

Le long de la presqu'île Nord-Ouest de la pointe St.-Nicolas, le versant volcanique se dresse directement dans la mer, formant les saillies des caps. Dans les anses intermédiaires, on trouve ordinairement une bande étroite de sable de mer.

2. La côte Ouest. Le long de la côte occidentale de Bantam, du côté Nord de la presqu’'ile de l'Ouest, à la 2€ pointe de Java ou Tandioung Alang alang, on rencontre une large bordure de sable marin, mais il n'y a pas de dunes; à la côte de la Welkomst-Baai, on trouve des marécages à bois de palétuviers.

Le long du pied occidental de la chaîne de Hondié, la zone de sable marin à une largeur de 500 à 700 mètres; mais plus au Nord elle se rétrécit et au pied du Batou hideung cette largeur ne dépasse pas 50 mètres. À l’est de la 3° pointe de Java ou Tandioung Lésoung, la bordure côtière devient plus large et consiste en une digue de sable marin avec marécages en arrière. D'ici jusqu'à l’ancien chef-lieu de section Tiaringuin, l’alluvium marin passe insensiblement, vers l’intérieur, aux sédiments fluviatiles récents du Ti Liman et du Ti Boungour. Les matières solides que charrient ces rivières ne forment pas un delta avancé, mais comblent lentement la Peper-Baai qui doit s'être étendue jadis jusqu’à l'est de Pérdana.

Au nord de Tiaringuin, la zone de sable marin a encore une largeur de 1100 mètres, de 700 mètres, à Sousoukan, de 200 mètres à Pasaouran, et de 50 mètres seulement au Tandioung Kramatkéling. Vers le nord, la bande s’élargit de nouveau; à Aniérkidoul, p. ex., elle est large de 1400 mètres, et de 2000 mètres à l’ouest de Tülëgon. À partir de cet endroit, elle se rétrécit rapidement; et près de Mérak, le manteau du volcan s'élève directement dans la mer. Au sud de l’embou-

chure du Pasang ténang existent, sur une longueur de près de 24 kilomètres, des dunes hautes de 53 à 7 mètres.

Le long de la côte occidentale, il y a presque partout formation de corail. Les îles basses près Tiaringuin et celles des Peper-Baai et Welkomst-Baai sont des îles coralliennes. Dans l'ile des Mouettes ou Poulou Peutiang, près de la 1€ pointe de Java, affleurent des marnes, ainsi que nous l'avons déjà dit plus haut.

3. La côte Sud. À la côte méridionale, à chaque angle saillant, depuis les confins des Préanguer jusqu’au cap Oungkal kaler, au sud de Baïah, la chaîne tertiaire se dresse à pic dans la mer; le long des anses seules on trouve des bandes étroites de sable marin. De ce cap jusqu'au mont Païoung, situé sur la presqu'île occidentale, on peut suivre une bordure de sable de mer non interrompue. Celle-ci est d'abord étroite; jusqu'à 4 kilomètres au nord de Tihara elle n'a qu'une largeur de 50 à 100 mètres; mais bientôt elle s'élargit jusqu'à 1500 à 2000 mètres. Cette transition correspond sensiblement à la limite de léocène et du néo-tertiaire, probablement parce que la dernière chaîne disparait, en pente douce, sous la mer.

-A l’est et à l’ouest du chef-lieu de district Malimping se sont élevées de véritables dunes. Sur une distance de plus de 15 kilomètres, cellesci ont constamment plus de 10 mètres de hauteur, et portent de nombreux sommets de 15 4/20 mètres. Durcoté de la mer, ces dunes présentent toujours une paroi assez escarpée; vers l’intérieur, elles descendent en déclivité douce. Près de Binouwangueun, elles sont moins hautes; et à 7 kilomètres plus à l'Ouest on ne trouve plus qu'une bande basse de sable marin.

On a déjà vu, par la description des résidences précédentes, que les vraies dunes sont rares à Java, et que nulle part elles n'atteignent une hauteur supérieure à 33 mètres. Comparé au sable marin des régions tempérées, le sable desséché de l’île paraît se fixer plus vite par des plantes rampantes; d'autre part, la violence moins grande des vents dominants paraît aussi peu favorable à la formation des dunes.

À l’ouest de Binouwangueun, la plage est moins large ; à l'endroit où la chaîne de Hondié se rapproche du rivage, la zone sableuse n’a pas plus de 50 à 100 mètres de largeur. Sur la presqu'ile occidentale cette zone est de nouveau notablement plus large; 1l y existe également des dunes, mais elles n’ont pas plus de 5 à 10 mètres de haut.

Les rivières qui coulent vers la côte Sud n’ont une embouchure directe que là où la montagne s'élève immédiatement dans la mer. Où il existe une bordure de sable le long de la côte, la rivière forme en arrière de celle-ci une lagune, ordinairement assez profonde, qui parfois passe à l'Est et à l'Ouest à une vaste plaine marécageuse. Chez les rivières plus importantes, cette lagune est en communication avec la

mer par une embouchure peu profonde, qui se déplace souvent. Fréquemment même il n'existe pas d'embouchure apparente ; l'eau filtre alors lentement à #ravers le sable côtier. Ces lagunes se comblent peu à peu de limon et de sable apportés par les cours d’eau, et les dépôts marins se recouvrent ainsi de sédiments fluviatiles.

Ceci s'observe très bien au sud de Malimping, et la limite des dépôts des rivières est là où le sol est encore propre à l'aménagement de rizières inondées.

Presque partout, il se forme des coraux le long de la côte Sud; et en quelques points le corail moderne a été imcontestablement sow/evé jusqu'au dessus du niveau des plus hautes marées actuelles.

Un pareil point a déjà été décrit à propos du terrain houiller de Baïah. Si à partir de Tuhara on suit le rivage vers l'Ouest, on trouve sur des centaines de mètres carrés des bancs de corail mort, épais de 3 à 4 mètres, reposant sur des grès quartzeux éocènes. Aux plus hautes crues le grès et le pied des coraux sont seuls submergés ; la surface du banc corallien reste toujours à sec, et elle s’est recouverte d'une végétation luxuriante de broussailles. Aïlleurs, on trouve sur de vastes espaces du corail mort qui est encore submergé à marée haute, mais est à sec la moitié du temps. Il est incontestable qu'il ne peut pas s'être formé jusqu’au niveau actuel de la manière ordinaire.

Le long de la côte Sud n'existent que quelques îles.

L'ile Palou Manouk où ÆÀotfs-erland, à l'embouchure du Pamouboulan, consiste, à la pointe méridionale, en couches calcaires tertiaires; cette ile forme le prolongement de la chaîne calcaire de la terre ferme, dont elle n’est séparée que par un détroit large de 200 mètres.

Les îles Poulou Tindiil où Trouwers-eiland et Poulou Déli ou KTapper-eiland se trouvent à l'ouest de Binouwangueun, à une distance de 22 kilomètres l’une de l’autre, et à une distance de la côte de 12 à 13 kilomètres. Ce sont toutes deux des îles coralliennes: celle de l'Ouest, Poulou Déli, est la plus jeune; elle consiste en un cirque de débris de coraux et de sable marin, qui a, au plus, deux mètres de hauteur. A l’intérieur existe un terrain bas, marécageux, sensiblement au niveau de la mer.

Poulou Tindul est plus haute, accessible de toutes parts, et couverte entièrement de cocotiers.

IT. Dépôts fluviatiles. A l'intérieur de la résidence, les dépôts récents ont peu d'importance. On trouve, il est vrai, le long de la plupart des rivières, des dépôts de conglomérat peu cohérent, de sable et de gravier ainsi que d'argile plus ou moins arénacée ; mais ces bandes sont généralement étroites et les couches n’ont qu'une faible épaisseur. Dans le lit de la rivière la roche sous-jacente est d'ordinaire dénudée ;

À Le — a pete

et après chaque banduir, le lit du cours d’eau se déplace par ci par là, de sorte que les jeunes sédiments sont mis en mouvement et que le terrain sous-jacent apparaît de nouveau.

Dans le district peu peuplé de Tiilangkahan, ces zones étroites d’alluvium fluviatile, qui s'étendent Çà et là le long des rivières, fournissent la seule occasion pour l'aménagement des sawahs, et c’est presque toujours en de pareils endroits que l’on rencontre les, villages clairsemés.

Le peu que l’on connaisse relativement aux sources thermales de cette résidence a déjà été communiqué lors de la description du terrain quaternaire.

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