‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 118 sur 216 · V. Les roches éocènes de Soukaboumr · texte numérisé non relu

V. Les roches éocènes de Soukaboumr

1. Au sud de la voie ferrée, entre Karangtengah et Soukaboumr, s'étend un terrain éocène divisé en 12 petits terrains se rattachant sous la couverture, composée en partie de brèches et calcaires miocènes anciens, en partie encore de matériaux volcaniques. L'un de ces lambeaux est situé à l’ouest du Ti Tiatih, au pied septentrional du Gg. Mésiguit; les autres sont tous situés à l’est de cette rivière. Le plus grand lambeau, le Gg. Walat, a plus de 5 kilomètres de longueur et une largeur de ? de kilomètre. Les couches consistent essentiellement en grès quartzeux, avec quelques couches d’argiles et de charbon, ces dernières d’une faible épaisseur; et en une couche de schiste carbonifère à cordons de charbon, d'une épaisseur de 2 à 3 mètres, qui a été explorée en divers points au point de vue de l’industrie minière, mais a été reconnue de trop mauvaise qualité pour être exploitée.

Au Gg. Walat, les couches forment un bassin; plus au Sud, une ou plusiers selles; et enfin, encore un bassin, comme on peut le voir aux Figs. 52 et 53. Au bord méridional, les couches miocènes ont été soulevées par pression le long des éocènes.

L'épaisseur de la partie visible du terrain éocène est ici de 300 mètres environ, mais l’épaisseur réelle peut être notablement plus grande.

2. Au sud de la halle de chemin de fer Gandasouli, à l'est de Soukaboumi, à la rive gauche du Ti Mandiri, s'étend une petite arète, portant les cimes Pogor et Adag, qui consiste en grès quartzeux dont D. — 114°, I. — 28° au Sud. Les brèches et grès miocènes qui Rénmironnent ont D'—=Vo2%aànrr2), mais Ja / pente’ est, raide) etiau Nord ide 64% 70.

VI. Les couches éocènes des vallées du Tii Sokan et du Tir Taroum.

1. Vallée du Tri Soukarama. Au sud du village de Tukondang est situé le confluent du Ti Soukarama et du Ti Sokan. Dans le cours supérieur du Soukarama est dénudé un peu de grès quartzeux, recouvert de calcaire à nummulites qui, vers le Sud, se recouvre à son tour, à peu près en concordance, de brèches et grès miocènes; puis d’un banc calcaire épais à orbitoïdes miocènes caractéristiques; et enfin à nouveau par des grès et des brèches; l'inclinaison est constamment au Sud. Vers le nord, on rencontre des grès et brèches miocènes, inclinant au Nord, qui toutefois ne correspondent pas aux couches méridionales, car le calcaire miocène épais y fait défaut. Il est donc probable que les couches éocènes sont longées par une faille contre laquelle les couches miocènes ont été soulevées du côté nord.

Fossiles. Les grès quartzeux fins (Nos. 1095 et 1096) présentent, sur

quelques surfaces de contact, des empreintes peu distinctes de foramunifères. Dans le calcaire (No. 1097, 1098 et 1099), on observe un nombre exceptionnellement grand de foraminifères, que l’on ne peut cependant extraire en leur entier de la roche dure, bleu-grisâtre, et qu'on ne peut donc examiner que dans les plaques microscopiques. On y reconnaît au moins 3, peut-être 4 espèces de nummulites, ou même davantage, qui ressemblent fort à celles de l'étage 7 de Péngaron, en Bornéo; mais on n’a pu les identifier à celles-ci avec certitude, car on a affaire à toutes sortes de sections obliques.

Nummulites spec., D. — 20 à 24 mm., é: — 24 à 3 mm. Un très grand nombre de tours serrés, même 10, pour un rayon r. = 2} mm.; chambres très longues et très basses. Est très probablement identique au N. Sub-Brongniarti de Péngaron, en Bornéo.

Nummulites spec., D. — 14 mm., é — 4 mm. Tours nombreux, 10 ou 11. Ressemble fort au N. Biaritzensis spec. de Bornéo. Nummulites spec. Disques plus petits D = 4 mm., é. = 2 mm., à

grande loge centrale et 6 à 7 tours. Ressemble à de jeunes exemplaires de N. Striata var. f. de Bornéo, (peut-être bien une N. Ramondi spec.).

Nummulites. Encore une ou plusieurs espèces.

Cycloclypeus. Sections transversales, longues et minces, D. = 10 mm.

Alveolina spec. Petite espèce, ne ressemblant pas à l'espèce éocène de Baguëlen. Les sections n’ont qu'une longueur de 1.45 mm. et une épaisseur de 0.4 mm.; elles ne présentent, il est vrai, dans chaque tour de spire qu'une seule rangée de chambres, de même que l’espèce éocène de Baguëlen, ‘mais leur forme est ronde ou elliptique et non rectangulaire, ainsi que chez l'A. javana (Voir section V.)

Orbitoïdes du sous-genre Discocyclina. GüMB.

Lithothamnium, en nombreuses sections.

De nombreux petits foraminifères, textularia etc.

Comme les nummulites ressemblent fort à celles de l'étage 7 de Péngaron que j'ai tenues jadis pour éocènes et que je considère à présent comme plus jeunes (oligocènes); et que les petites alvéolines ne ressemblent pas aux éocènes de Baguëlen, un âge éocène est pour ce calcaire moins vraisemblable qu'un âge oligocène. Toutefois, il est probable que les grès quartzeux qui gisent sous le calcaire sont éocènes, car ces roches n'existent pas dans les terrains que nous sommes tentés de regarder comme oligocènes. Ce terrain est représenté en coupe dans la Fig. 58.

Un peu plus à l'Est, dans la vallée du Ti Héa, surtout dans l’affluent de droite Ti Rangkong et aux alentours, on rencontre des blocs isolés de grès quartzeux; mais le terrain éocène n’y apparaît pas en couches massives.

2. Au sud de Radiamandala, le. Tu Taroum perce lés brèches et le calcaire; à la rive gauche, les couches miocènes sont redressées et inclinent toutes au Sud, ainsi que la couche calcaire, qui, près du hameau de Gouha, n'existe que dans une seule série (voir Fig. 59); à la rive droite on trouve deux séries de calcaires miocènes, qui forment une selle, et entre lesquelles apparaissent un peu de grès quartzeux et de conglomérats de quartz éocènes, ainsi qu’on l’a représenté dans la Fig. 60. La disposition y est très nettement discordante, car la direction des grès éocènes est de 35° à 50°; la pente est raide, même verticale, tandis que les roches miocènes qui les couvrent ont une direction qui se rapproche de go”. Dans le lit de la rivière Ti Sambëng, on voit distinctément que les couches éocènes forment une selle à arête aiguë.

A l'Est de ce point se montrent, en divers endroits, des blocs incohérents de grès quartzeux, qui ont été englobés dans des couches miocènes; mais on n'y voit pas de couches éocènes massives. : De pareils blocs se rencontrent, entre autres, dans le Tu Léat, au Sud du hameau Tiüléat, et plus au Nord-Est, sur la grande route postale et le long de cette route, entre les poteaux 18 et 15, près des localités Tiibogo, Tusitou et au Gg. Mésiguit.

VII Ze terrain du Worawari, en Baguëlen.

À partir du Ti Taroum vers l'Est dans les Préanguer, et à travers tout Chéribon et Banioumas, jusqu’à la rivière Toulis qui forme la frontière entre cette dernière résidence et Baguëlen, soit sur une longueur qui n'est pas inférieure à 275 kilomètres, on ne voit affleurer aucune roche éocène. Elles ne reparaissent que dans la rivière Toulis, et principalement dans son affluent de gauche, le Worawari. Le terrain éocène n’a ici qu'une longueur de 34 kilomètres sur une largeur moyenne de 14 kilomètre; et il se recouvre de tous côtés de roches miocènes. Mais c’est un fait très important que l’on trouve, entre les terrains éocène et miocène, du calcaire marneux et des argiles qui, à en juger par leurs fossiles, appartiennent probablement au terrain de Nanggoulan en loguia, ce qui serait donc en harmonie parfaite avec notre supposition que ce dernier serait d'âge oligocène.

Les couches éocènes consistent ici alternativement en grès quartzeux et conglomérats grossiers, qui, entre autres dans l’affluent Wonadri, contiennent des fragments arrondis de quartz, du schiste siliceux, de la serpentine et du granite; puis en argiles et calcaire à nummulites ; ce dernier paraît n’exister qu'en une seule couche. Les couches ont une direction de 170° à 180°, donc sensiblement N.—S., ainsi que les couches de Lamouk qui se montrent plus au Sud (voir plus loin), dont elles forment évidemment le prolongement. Presque partout, elles sont très redressées, et semblent former une selle aiguë, ainsi qu’on l’a représenté dans la Fig. 372.

Fossiles. Nummulites javanus, var. 5, tout-à-fait identique à l'espèce du calcaire de Karangsamboung (voir plus loin). Les disques lisses et tordus atteignent ici la taille de 26 mm. N'’existe que dans le calcaire au nord de Pégandoulan (No. 691), qui s'élève en 3 cimes au-dessus des sawahs environnants; l’une d'elles, le Gg. Karang, a environ 20 mètres de hauteur; chose étrange, l'échantillon recueilli sur ce monticule (No. 692) ne contient cependant pas de nummulites.

Dans la couche de calcaire marneux, vraisemblablement oligocène (No. 693), située entre des argiles dans l’affluent Wonadri, sur des couches éocènes et immédiatement sous des brèches miocènes et des grès, on trouve :

Nummulites spec; petites espèces, de 21 mm. de diamètre, à 3 tours de spire, et à grande loge centrale.

Orbitoïdes dispansa. SOW. var. javana. Les disques sont plats et on pliés en selle, comme c’est le cas chez l'O. ephippium. Ils atteignent un diamètre de 12 mm., une épaisseur de 2 à 34 mm., et ont le plus souvent, au centre, un renflement en forme de bouton. Loge centrale grande, à peu près de 1 mm. de diamètre; les chambres médianes sont rectangulaires; près du centre elles ont déjà 0.10 mm. à 0.08 mm. de longueur, et vers le bord elles ne deviennent pas plus grandes; elles y sont parfois même plus petites. Les fossiles sont tout-à-fait analogues à l'O. dispansa de loguia.

Orbitoïdes papyracea. BOUB. var. javana. Grands disques qui ont jusqu'à 50 mm. de diamètre, sur 8 mm. d’épaissenr. Tout-à-fait identique à l'espèce de Ioguia.

Quelques autres foraminifères, parmi lesquels fort peu de cycloclypées.

Le calcaire marneux est d’ailleurs tout-à-fait rempli de morceaux de quartz.

Les couches dénudées plus en amont dans le Kali Toulis, un peu en aval du pont de Watoumalang, sont probablement aussi éocènes. On y trouve un banc, épais de 10 mètres, d’une roche éruptive diabasique (No. 749), reposant sur un schiste siliceux gris (No. 748) et sous un grès vert (No. 750), qui se compose de débris de la roche éruptive No. 740. Ces roches ressemblent aux roches éocènes de Bantam et des Préanguer, mais on n’y a pas trouvé de fossiles. Elles ne sont visibles que dans le lit et aux bords de la rivière et sur une étendue trop faible pour pouvoir être représentées sur la carte.

VIT. Zes couches éocènes du terrain du Lohoulo, en PBaguëlen.

Au sud du terrain du Worawari, décrit plus haut, est situé Lamouk, dans un terrain éocène qui, à l'Est et au Sud, borne presque sans interruption, sur une longueur de 30 kilomètres, les schistes déjà décrits du système crétacé. A l’ouest de Karangsamboung (voir la carte No. VIIT 1: 100.000), entre Somowongso et Pésawahan, les couches

forment une succession de deux bassins et de deux selles, ainsi qu’on la figuré aux profils Nos. XIX et XX; à l’est de Karangsambounpg, jusqu'à Sétono, elles n'apparaissent qu'en une bande très étroite où elles inclinent en pente raide au Sud (profil No. XXI); enfin, entre Sëétono et Lamouk, la direction est de 170 à 180°, tout comme dans le terrain plus méridional du Worawari.

Les couches consistent ici en argiles et marnes tendres, avec interposition de grès quartzeux, conglomérats de quartz, brèches, conglomérats et grès de diabase et calcaire à nummulites.

Les marnes doivent assez souvent leur teneur en calcaire, totalement ou en grande partie, aux coquilles de foraminifères qu'elles renferment ; elles appartiennent donc plutôt aux argiles. Elles contiennent de nombreuses orbitoïdes et alvéolines. Le calcaire à nummulites ne forme qu'une seule couche, qui toutelois affleure en nombre de points par suite de nombreux plissements. Les grès quartzeux et certaines argiles contiennent des parties carbonisées de plantes; mais on n'y a pas trouvé de couches de charbon. Bien que les grès occupent ici aussi, en général, la partie supérieure du terrain, on n'a pu y faire la subdivision en deux étages, car les couches alternent partout les unes avec les autres.

Fossiles. Alveolina javana, longue de 10 mm, épaisse de 4 mm. au maximum, à 25 tours de spire. Existe dans les marnes grises du Kali Sourouan, et en nombre de points dans le calcaire à nummulites. Alveolina spec. Autre petite espèce, qu'on ne peut déterminer de plus près.

Orbitoides papyracea. BOUB. var. javana minor. Ù. — 33 mm, é. — 54 à 6 mm. au maximum. Correspond pour la structure interne à l'O. papyracea de Toguia, originaire du terrain probablement oligocène de Nanggoulan; cependant cette dernière présente des dimensions beaucoup plus grandes.

Obiéordes ephippiumnSCHLOTH. var. javana. D: —1114 ‘mm: é. — 34 à 4 mm. L'espèce européenne est d'ordinaire plus mince (1 à 14 mm.) Correspond, pour la structure interne, à l'espèce oligocène O. dispansa Sow. de loguia, mais elle ne présente pas de renflement en bouton au centre du disque et est presque toujours courbée en forme de selle.

Cette couple d’orbitoïdes s’observe aussi bien dans les marnes à alvéolines du Kali Sourouan qu’en divers endroits dans le calcaire à nummulites.

Nummulites javanus var. B. Un disque épais et obtus, dont D.

= 31 mm., 6 — 12 mm. Lieux d'origine: calcaires de Karangsamboung et du Kali Gorang.

Danmuletes jaionusiuar. GNariété mince. DB 7m, é— 5 à

7 mm. Dans le calcaire du Kali Sawal et du village de Kaligouwo, au

Sud de Lamouk.

Nummudlites javanus var. Ôd. Petite espèce mince, à tours très irréguliers. D. — 16 mm., é. = 4 mm. Dans les marnes à alvéolines du Kali Sourouan.

Nummulites Baguëlensis 1. Une couple de nummulites à grande et à

petite loge centrale; D, =) 6rmm.é = '2tmiit "sb; Nummulites Bagueëlensis 71. Une couple de nummulites; D. = 3 mm. é. — 14 à 2 mm., t. — 6. Cette couple, ainsi que la précédente, existent

à des millions d'exemplaires dans le calcaire à nummulites; souvent elles forment presque toute la masse de la roche, avec interposition d'un peu de pâte de calcaire spathique ferrugineux.

Cycloclypeus spec.

Quelques autres foraminifères, qui toutefois sont beaucoup moins importants que les nummulites et les orbitoïdes.

La plupart des plaques microscopiques du calcaire contiennent en outre des fragments de quartz (à inclusions liquides), de schiste et de diabase altérée.

On trouve les figures et une description succincte des principaux foraminifères éocènes dans le mémoire de R. D. M. VERBEEK ,,Voorloopig bericht over nummulieten, etc.” Natuurk. Tijdschr. van Ned.-Indië, tome LI, 1891, pp. 101 à 138 (voir aussi Section V).

Epaisseur du système. L'épaisseur des couches éocènes ne peut se mesurer exactement; mais dans ce terrain elle ne dépasse probablement pas 250 mètres.

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