‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 141 sur 216 · PLANCHES · texte numérisé non relu

PLANCHES

Afin de donner à ceux qui ne connaissent pas Java pour l'avoir vue, un aperçu du caractère des formes de montagnes des divers terrains, nous avons intercalé dans le texte quelques phototypies faites d'après des photographies des points les plus importants de l’île. Quelques explications succinctes suffiront pour les faire comprendre.

No. 1. Le volcan de roches leucitiques Ringguit, en Bésouki, vu de l'ouest, pris à 9 kilomètres à l’est de Bésouki. La forme très particulière de la crête, que l’on ne retrouve chez aucun autre volcan de Java, est faiblement accusée sur la planche à cause du brouillard, mais elle présente cependant une netteté suffisante. On comparera cette planche à notre dessin Fig. 1, qui a été pris 13 kilomètres plus à l’ouest.

No. 2. Coulée de lave du petit volcan Lourous, en Bésouki, au rivage de la mer, à 13 kilomètres à l’ouest de Bésouki. Cette coulée consiste en basalte leucitique.

No. 3. Le Aanou Bédali, à Ranouïoso, en Probolinggo. C’est un des petits lacs de cratère situés sur le manteau du volcan Lémongan. Ce cratère a des parois très escarpées, hautes de 150 mètres, consistant en basalte; au fond un petit lac (ranou).

No. 4. Le colosse basaltique Gounoung Lingga, au sud de Trènggalek, en Kéëdiri La roche est un basalte miocène ancien, divisé en prismes, et environné de brèche m,. A comparer avec notre dessin Fig. 13.

No. 5. La chaïne du Minoreh, à la limite de Keédou et de Ioguia, prise de la colline qui porte la ruine hindoue Boro boudour (Kédou). Au premier plan, on voit la plaine volcanique; à l'arrière plan, la chaîne du Minoreh, constituée de brèches escarpées (étage mi), et se terminant à la plaine par une faille.

-No. 6. Les volcans Soumbing et Sendoro, vus de l'Est, pris d’une colline, près du village Margawati en Kédou. Ces deux monts présentent l’un et l’autre des versants volcaniques particulièrement beaux et élégants, qui se raccordent au défilé de Klédoung (1405 m. d’altitude). Le monticule situé près du défilé est le point d'éruption Pétarangan, appartenant au Soumbing. La cime de ce dernier est à 3336 mètres; celle du Sëndoro à 3145 m. d'altitude.

No. 7. Mont brècheux près Wonoguiri, en Solo. On voit ici l’extré-

mité orientale de la Chaîne méridionale de loguia-Solo, qui se termine à Wonoguiri au pied du Lawou. Les brèches appartiennent à l'étage mi.

No. 8. Vue du Gounoung Séwou (mille montagnes), prise du signal à Glonggong, sur la frontière entre Solo et Madioun. Le caractère des collines calcaires arrondies de cette chaîne bizarre est fort bien rendu par cette planche. Etage m,.

No. 9. La plaine de Diëng (chaîne du Prahou), prise du Nord, au temple Dorowati, à la limite de Baguëlen et de Banioumas.

À l’avant-plan on voit le village de Diëng koulon; en arrière et à droite, dans la plaine, ce qu'on nomme les temples d’'Ardiouno: derrière ceux-ci se dresse la montagne allongée le Pangonan. A gauche à l'arrière-plan la crête dentelée Prambanan (Pakouwodio)-Këndil; et à l’avant-plan, le pasanggrahan. Entre les deux, la plaine horizontale de Dieng, à 2050 mètres d'altitude. C’est un des terrains volcaniques les plus remarquables de Java.

No. 10. Le cratère Paguërkandang, avec le village de Paguërkandang (chaîne du Diëng) en Banioumas. C’est un des nombreux points d’éruption de la chaîne du Diëng ou du Prahou. Le bord, dont on ne peut voir qu’une partie, est sensiblement circulaire; le village est situé dans le fond du cratère, à peu près au centre.

No. 11. Le /ac Merdodo, lac de cratère du Pangonan (chaîne du Prahou), en Banioumas.

Le Pangonan, dont on peut voir le versant extérieur dans la planche No. 9, présente deux cratères sensiblement circulaires, dont celui du Nord contient le lac Mérdodo (ou Wérdodo); c'est un des plus grands lacs de cratère de la chaîne du Prahou; seul le lac Mendier est plus étendu.

No. 12. Le cratère du Pakouwodio (chaîne du Prahou), en Baguëlen.

Les deux cratères du Prambanan, l’un des points d’éruption les plus orientaux de la chaîne du Prahou, portent le nom de Pakouwodio, d'après une aiguille d'andésite très pointue (pakou wadia, clou d'acier), qui se dresse sur l’arête, entre les deux cratères. Les 4 personnes placées sur l’arête de séparation, à droite de l'aiguille, donnent une idée des dimensions.

No. 13. Le wont d'andésite à deux cimes Gounoung Tlawoungan ou Radra, au nord de Bandiarnëgara, en Banioumas.

C'est encore une des cimes d’andésite caractéristiques du miocène ancien, que l’on peut reconnaître déjà à une grande distance. La roche est de l’andésite à pyroxène et à hornblende.

No. 14. Le mont d'andésite Gounoung Gadia, en Tégal. Egalement un colosse d’andésite escarpé du miocène ancien, que l’on aperçoit déjà de la rade de Tégal. Le nom provient de la similitude avec un éléphant (gadia), ressemblance qui se voit assez clairement sur la planche. La roche est de l’andésite à hornblende.

No. 15. La source salée Trinirou, en Chéribon.

Cette source est située dans la chaîne miocène (m,), au sud de Kouningan; outre de l’eau salée, elle ramène aussi de la boue, qui s'est amassée autour de l'ouverture sous forme d’un cône très plat. De pareilles sources, mais plus grandes, se rencontrent aussi à Kouwou, dans la section de Grobogan, résidence de Sëémarang.

No. 16. Couches marneuses très redressées dans le Tir Diolang, Chéribon, avec le Gounoung Gueulis à l'arrière plan. Les couches sont situées entre les villages de Bodiong et lanlapa, à l'endroit où le Ti Diolang formait jadis un coude en forme de boucle, mais se dirige à présent vers le Sud. Elles appartiennent à l'étage m,, et ont une position sensiblement verticale.

No. 17. Couches marneuses très redressées dans le Tir Monteh, près Soubang en Chéribon.

Sur la route qui conduit de Soubang au Sud vers Pamoulihan, les couches marneuses de l'étage m, sont bien à découvert dans le Tu Monteh, affluent du Tu Diolang. Dans le lit de la rivière, elles ont une inclinaison de 65°; plus haut, au bord gauche de la vallée, elles sont plus redressées, même verticales; et çà et là même à proximité de la surface les têtes des couches se replient; toutefois cela ne peut bien se voir sur la planche. AÀ comparer avec notre dessin Fig. 44.

No. 18. Le mont d'andésite et de brèche Pangléséran, à la côte Sud, à l'ouest de Tiisolok, pris du nord-est, Préanguer.

Le long de la plage, on trouve des couches qui consistent en brèches

de l'étage m, et inclinent de 10° au Nord. Elles sont recouvertes

d'un banc de roche éruptive massive, épais de 200 mètres au moins; c'est de l’andésite à hornblende à mica et à quartz, bien dénudée sur les parois escarpées, visibles entre la futaie.

No. 19. Couches de grès du cap Karanghawou, à plus d'un krlo-

mètre au Sud-est de Tiisolok; étage m,, Préanguer. Au rivage, les

1, couches sont nettement dénudées; elles sont horizontales; en un seul point on a constaté D. — 60°, I. — 15° au Sud-Sud-Est.

No. 20. Couches de brèches avec banc d'andésite interposé, à la cascade du Tri Awitali (affluent du Tri Kaso), près du hameau de Tipar, vues du Sud. Préanguer.

Au premier plan de la planche, on voit le bord de couches de grès de létage m, inclinant légèrement au Nord; ces grès sont recouverts de couches de brèches, par-dessus lesquelles la rivière se précipite en chûte rapide. A la cascade proprement dite, on trouve une roche éruptive massive, de l’andésite à pyroxène, de nouveau recouverte de brèche.

No. 21. Couches miocènes très redressées, à proximité de la vote ferrée, à la halte Tiireunghas, à l'est de Soukaboumi, Préanguer.

Ces couches appartiennent à l'étage m, et consistent alternativement en grès et en argiles; ces dernières sont, en partie, fort silicifiées. WA Proo = Vor"au Nord.

No. 22. Le flanc du Pengbreng, à 6 kilomètres à l'est de Kadoupandak. Préanguer.

À l'arrière-plan s'élève le flanc abrupt, dont le pied est rendu invisible par des collines couvertes de végétation. Le flanc consiste en couches de marnes de l'étage m,, qui inclinent très doucement au Sud.

No. 23. Une couche de charbon éocène dans la vallée du Ti Mandiri, terrain houiller de Baïah. Bantam.

Cette couche est très redressée; l’inclinaison est de 80° au Sud; avec le schiste carbonifère qui s’y rattache elle a une épaisseur de 1.80 m. Le toit est du grès quartzeux; le mur, de l'argile désagrégée.

No. 24. Mont gréseux éocène du terrain houiller de Baïah, à La rive droite du Sawarna, en aval de Wangoux, Bantam. J

Entre les arbres apparaissent les couches de grès quartzeux, inclinant au Sud. Elles appartiennent au grand terrain gréseux situé entre Baïah, Pamouboulan, Wangoun et la côte Sud.

No. 25. Banc de basalte, situé entre des calcaires marneux miocènes, dans la rivière Sawarna, en aval de Wangoun, Bantam.

C'est là le basalte à caractère ancien, situé à proximité du pont de rotan, et signalé, dans notre dessin Fig. 80 et 81, comme banc No. IT; l'épaisseur est de 14 mètre; la direction, 30°; l’inclinaison, 20° (plus mhouest elle lest/ cependant de 7o ;"voir Fig 85) au S. Elle mur est du calcaire marneux; le toit, du calcaire cristallin.

COUP D'ŒIL RETROSPECTIF.

Formation générale de Fava.

Java forme avec Sumatra, Bornéo et les îles intermédiaire l'extrémité Sud-Est de l'Asie, dont elle est séparée actuellement par une mer peu profonde, mais à laquelle elle était positivement réunie encore à l’époque quaternaire, comme nous l'avons vu plus haut. Un abaissement du niveau de la mer de 45 mètres seulement serait suffisant pour établir une communication entre ces îles et l'Asie 1j; et si ce niveau descendait de 180 mètres, la mer située entre ces trois îles et Malaka, Cambodge et Siam deviendrait tout-à-fait terrain sec; c'est ce dont on peut se convaincre à l'inspection de la carte No. I, où la ligne des profondeurs de 180 mètres se dirige du Cambodge vers le cap Negrais en Birmanie, en tournant autour de Bornéo, Java et Sumatra.

Il en est tout autrement au sud de Java et à l’ouest de Sumatra ; à une faible distance de la côte, la mer accuse déjà une profondeur de 1000 brasses, et bientôt celle de 2000 brasses et au-delà; on y est déjà dans le bassin de l'Océan Indien, dont le fond est passablement plat et a (d’après la vitesse de la vague du Krakatau), entre Java et Port Elisabeth (Afrique méridionale) une profondeur moyenne de 4200 mètres ou de 2300 brasses. On n’y a effectué que quelques sondages, pour le placement des câbles télégraphiques de Ceylon à Penang, de Ceylon à Aniér et de Baniouwangui à Port Darwin (Australie); mais ils ont suffi à prouver qu'on trouve de grandes profondeurs déjà tout près de la côte Sud de Java et d'Engano. La série d'îles néo-tertiaires, dont font partie Engano, les îles Mëntawéi et Batou, Nias et les îles Babi, doit donc, au point de vue géologique, être rattachée encore à Sumatra, bien qu'il existe entre elles une mer dont la profondeur dépasse 100 brasses.

1) D'après la carte marine la plus récente (Noordkust van Java Feuille I, échelle 1 : 200.000 1887), la mer n’a qu’en un seul point, entre la pointe de Krawang et le Zuidwachter, une profondeur de 25 brasses ou de 45 mètres; et depuis le Zuidwachter, au Nord-Est vers Bornéo, et au Nord-Ouest vers Sumatra et Malaka, la profondeur ne dépasse pas 22 brasses ou 40 mètres ; de sorte qu’une baisse de niveau de 40 mètres relierait l’Asie à Sumatra et à Bornéo, et une baise de 45 mètres joindrait aussi ces deux iles à Java par une étroite langue de terre.

L’allure probable des lignes de profondeur de 1000 à 2000 brasses a été représentée sur notre carte No. |; si donc l’on construit une coupe du Cambodge à Bornéo, du Nord-Ouest au Sud-Est; et puis vers Java du Nord au Sud, on obtient sensiblement le profil de la fig. 88, dans lequel toutefois il a fallu agrandir 50 fois les altitudes relativement aux distances, afin de pouvoir représenter encore la faible profondeur des mers de Chine et de Java. Au sud de Java, nous devons admettre un faille, par laquelle ou bien fut soulevé le pays situé au nord, ou bien, ce qui est plus vraisemblable, le fond de l'Océan Indien actuel éprouva un affaissement.

On est tout-à-fait dans l'incertitude quant à l’époque géologique à laquelle eut lieu ce déchirement du fond; et cette incertitude persistera toujours, car on ne pourra jamais recueillir des échantillons de roches au fond de la mer des Indes; et d'autre part, les îles situées au sud de Java, notamment l’île Christmas ou de Noël, et l’île des cocotiers ou Keeling, ne sont pas des vestiges du fond affaissé; mais elles consistent l’une et l’autre en calcaire récent. En effet, l’île des cocotiers est un atoll corallien récent; et l’île de Noël consiste en calcaire, s'élevant à l'altitude de 250 m. environ et apparemment d'âge tertiaire récent. Ces deux formations calcaires se seront probablement déposées sur des roches éruptives tertiaires ou sur de jeunes volcans, dont les sommets ne sont pas à une grande profondeur sous la surface de la mer; et elles ne nous donnent donc aucun renseignement relatif aux roches qui composent le fond de l'Océan Indien. Mais il y a lieu de supposer que cet Océan est un bassin #rès ancien, et par conséquent la faille dont il vient d'être question doit être aussi d'un âge très reculé.

Dans la mer peu profonde, au nord de la faille, il s’est formé, dès les temps les plus anciens, des dépôts de sédiments et des épanchements de roches éruptives; c'est ainsi que l’on trouve des schistes et des quartzites puis des granites, tous p/us anciens que l'époque carbonifère (donc d'âge dévonien ou silurien, ou plus reculé mème, azoïques) à Sumatra, Bangka, Billiton, Karimoun-diawa et Bornéo; et des roches carbonifères à Sumatra. À Java même, celles-ci n'arrivent pas à la surface, mais elles peuvent exister sous la couverture de sédiments plus récents. Les roches des terrains /yrasique et jurassique font défaut à Java et à Sumatra; de sorte que, dans ces périodes, ces îles émergeaient; et il existait alors probablement une communication avec l'Asie. Une partie de l'archipel oriental, notamment les îles Timor et Roti, était cependant recouverte par la mer aux époques permienne, triasique et jurassique ; et il n’y a pas longtemps, on a trouvé aussi à Bornéo des fossiles qui, selon M. MARTIN, sont probablement jurassiques et peut-être même en partie triasiques.

Dans la période crétacée, une portion de notre terrain s'était de

nouveau affaissée sous le niveau de la mer; car nous trouvons des roches à fossiles crétacés à Bornéo et à Java.

Aux époques éocène et oligocène, l'affaissement a persisté; car il existe des sédiments marins (et d’eau saumâtre), à poissons fossiles à Sumatra, et à nummulites à Java et Bornéo; on trouve aussi dans les trois îles des formations d’eau saumâtre ou d’eau douce, des grès, des argiles avec houilles, et du schiste houiller à dents de poissons et empreintes de plantes.

L'extension des roches néo-tertiaires, la plupart d'âge miocène, pour une faible partie d'âge pliocène, est tellement vaste dans notre Archipel, que dans cette période la plus grande partie devait être recouverte par la mer; et que seuls quelques terrains éocènes ou plus anciens s'élevaient comme des îles ou des récifs au-dessus des eaux.

Effondrements de portions de la côte. Les sédiments ainsi formés étaient fréquemment dérangés de leur position horizontale primitive par des compressions et des plissements réitérés, qui assez souvent produisirent des crevasses et des failles et provoquèrent l'éboulement et la submersion de certaines parties de la côte.

C'est ainsi que la grande anse qui forme la Wijnkoops-Baai a très probablement pris naissance par un effondrement postérieur au dépôt de l'étage m,. En trois endroits, des couches éocènes arrivent à la côte, (même des roches crétacées à la baie de Tilétou) ; et celles-ci sont assez souvent rompues, ce qui veut dire qu'elles inclinent à partir de la côte même, de sorte que leurs têtes regardent la mer. A l’extrémité du Gg. Madour, au sud de Baïah, les couches se recourbent le long de la côte, mais en conservant toujours leur pente du côté opposé. C’est encore le cas à la baie de Tilétou (Fig. 50); les couches inclinent presque constamment du côté opposé à la mer; à la côte même, elles sont parfois verticales ou plongent en pente très rapide (80°) sous la mer, comme si elles avaient été entraînées par l'effondrement des couches qui se trouvent actuellement sous les eaux. Les couches miocènes m,, au nord de la baie de Tilètou, présentent la même disposition le long de la côte; il est donc vraisemblable que cette côte s’est formée par l’affaissement du terrain avoisinant et qu’elle est le bord d’une faille. Une portion de cette côte a été indiquée sur la carte Fig. 50 par la ligne À B C, qui s’infléchit probablement vers l'Est au point A, pour se rattacher à la ligne de rejet No. 4 de la vallée du Mandiri, décrite déjà au chapitre VIII. A partir de Palabouhan vers l'Ouest, et le long de la côte Sud de Bantam jusqu’à la re pointe de Java, la côte forme la limite septentrionale du terrain submergé. L'époque à laquelle se produisit cette faille est postérieure au dépôt de m,.

Failles des détroits de la Sonde et de Bali. Dans cette période, et peut-être aussi en m,, Java était probablement encore reliée à Sumatra

et à Bali et n’en fut séparée que plus tard par des failles. Ainsi, dans la description de Bantam, nous avons vu que les couches m, du Gg. Hondié tournent la tête vers la mer et inclinent par conséquent vers l'Est. A l'extrémité septentrionale, à la 3e pointe de Java, les couches m, sont coupées de la même manière; de sorte que la faille, qu’il faut admettre ici, ne s’est produite qu'après m, et est donc plus récente que celle dont il a été question plus haut. Par ce rejet, la 1° pointe de Java fut isolée en même temps que le Gg. Païoung et transformée en une île, qui n'a été reliée de nouveau à Java, par un peu d’alluvium, que dans la période contemporaine. Sur cette même faille est placé le volcan Dwars in den weg; et si l’on prolonge cette ligne plus au Nord, elle passe exactement par les détroits de Gaspar, entre Bangka et Billiton, pour se diriger vers la pointe occidentale de Bornéo (voir la carte No. I). Toutefois, il n'est pas démontré que la faille se prolonge réellement jusque là et qu’elle soit la cause de la séparation de Bangka et de Billiton et de la terminaison de Bornéo en cet endroit; du moins, on ne peut pas le reconnaître à la profondeur de la mer; et la disposition des couches dans les îles explorées tout récemment par M. VERBEEK dans les détroits de Gaspar ne fait pas supposer une faille.

Le détroit de Bali lui aussi doit son origine à une faille, qui partant de la baie de Pampang se dirige au Sud à travers l’alluvium, jusqu’à la baie de Gradiagan et sépare les brèches de Gradiagan du calcaire de Blambangan. Il est probable que cette crevasse se produisit aussi après m,; plus tard, il se fit, le long de la même ligne, un soulèvement du

calcaire m,, par lequel Blambangan surgit au-dessus des eaux, pour

3) rester une île jusque dans les tout derniers temps, où elle fut reliée à Java par une bande d’alluvium très basse. Le fait qu'il se déposa aussi du calcaire le long de la limite des brèches est prouvé par la présence de calcaire marneux au nord de Gradiagan; mais celui-ci s’est soulevé beaucoup moins haut que le calcaire de Blambangan.

Anses de la côte Sud. Le terrain brécheux entre Gradiagan et Watou oulo présente à la côte Sud des anses nombreuses, tout comme le terrain andésitique de la côte Sud de Këdiri. Pour autant que ces anses se trouvent dans l’andésite, elles doivent en grande partie leur origine à des effondrements de volcans anciens (miocènes), dont le cirque d’andésite qui environne la baie de Prigui, avec le Koumbakarno comme point d’éruption central récent, nous offre un bel exemple; mais là où ces baies existent dans la brèche, ou même dans le calcaire, il faut attribuer leur origine à l’éboulement et à l'effondrement de certaines parties de la côte Sud, car il est difficile d'admettre que leur forme soit uniquement le résultat de l'érosion. Ainsi, les montagnes qui entourent la baie de Patiütan consistent partie en brèche, partie en calcaire, qui partout se termine du côté de la plaine et de

la mer par une muraille abrupte. Une partie du calcaire s'est assurément affaissée sous les eaux: la baie ainsi formée s’est comblée plus tard vers le Nord par les atterrissements de la rivière Patiitan: la partie méridionale de cette baie est l’un des rares mouillages sûrs de la côte Sud de Java.

Donc, après la période m,, et même encore après m,, Java a pris essentiellement sa forme actuelle grâce aux failles qui se sont produites à l'Ouest et à l'Est; tandis que la côte Sud s'est modifiée çà et là par des éboulements et s’est accrue par des dépôts de bancs de calcaire m,; Mails en principe, sa configuration était déjà arrètée par l’ancienne faille qui sépare l’île des profondeurs de l'Océan Indien.

Evènements postérieurs à la formation de l'étage m,. Ce qui est survenu à Java après m,, a déjà été mis en lumière à la description des sédiments quaternaires, au chapitre X; pour compléter, il suffira de résumer brièvement. Voici l'énumération des évènements successifs:

19. Dépôts de bancs calcaires m, sur les côtes de Java, encore divisée alors en 8 îles au moins.

20. Derniers plissements et soulèvements considérables de Java, par lesquels le calcaire récemment formé fut amené, en quelques points, à l'altitude de 900 mètres. |

3°. Jonction de Java, Sumatra et Bornéo avec l'Asie, probablement à la suite des soulèvements signalés au No. 2. Migration de mammifères de l’Asie vers Java.

40. Affaissement du sol, par lequel Java, Bornéo et Sumatra furent derechef séparées de l'Asie.

5°. Dépôt de sédiments quaternaires dans des anses et le long des côtes, par les rivières; dans des lacs et, pour une part, dans la mer. Les volcans, qui fournirent la plupart des matériaux, prirent déjà naissance à l’époque tertiaire, et certains d’entre eux projettent encore aujourd'hui des matières volcaniques; mais le maximum de leur activité tombe dans la période qui précède immédiatement l'époque contemporaine, aux temps gwaternaires. Dans les sédiments quaternaires, on rencontre des ossements des mammifères signalés plus haut.

6°. Soulèvement très faible de l’ensemble de Java, ou, ce qui est plus vraisemblable, abaissement du niveau de la mer.

7°. Formation d’alluvium le long de la côte, par le limon que les rivières déposèrent à leur embouchure. Formations marines modernes à coquillages le long de la côte Nord. Formation de corail. Continuation de l’activité volcanique.

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