‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 146 sur 216 · VII. PÉTROLE · texte numérisé non relu

VII. PÉTROLE

Les sondages qu'on a effectués dans le temps en Chéribon, à Palimanan et à Madia, pour rechercher le pétrole, n’ont‘pas donné les résultats qu’on espérait. À Madia on a rencontré du pétrole, mais en quantité minime; à Palimanan, au pied de la chaîne du Kromong, on n’a obtenu que de l’eau salée et des gaz. Dans la section de Grobogan, résidence de Sémarang, où il apparaît en divers points un peu d'huile minérale, les résultats des sondages furent également défavorables.

Dans ces derniers temps, de nombreux puits ont été forés en Sourabaïa par l’ancien ingénieur des mines A. STOOP, à la limite des sections de Sourabaïa et Sidoardio, au nord-est de la halte du chemin de fer Warou; ces puits ont fourni une grande quantité de pétrole de bonne qualité.

La production de pétrole purifié, que l’on raffine dans une fabrique à Wonokromo, s'élève actuellement déjà à + 1200 caisses (de 37.8 litres) par jour.

La localité, dont il vient d’être question, est située dans le prolongement de la chaîne de collines miocènes qui passe par Këmlagui et Kabouh pour se diriger vers Rëmbang, et où le pétrole apparaît en nombre d'endroits. Il est probable que des forages profonds y amèneront encore au jour, en divers points, des quantités notables de pétrole; mais on ne peut dire d'avance où l’on réussira et où le résultat sera nul. Ainsi le puits artésien de Grisée passe probablement à travers les mêmes couches que celles de Warou; et, bien que l’eau du puits possède une légère odeur de pétrole, on n’y a pas trouvé ce liquide en quantité considérable.

À part Sourabaïa et Rëmbang, on rencontre encore le pétrole à Madoura (ainsi que des sources gazeuses), en Banioumas, en Sémarang, en Pékalongan et en Chéribon; partout le liquide vient au jour dans les couches miocènes,

Vu les nombreux foraminifères, extrêmement petits, que M. Sroop a

fencontrés dans l’un de ces puits, à 200 mètres en dessous de Îa surface du sol, et dont quelques-uns sont représentés grossis dans la Fig. 22, il est très probable que l’on doit chercher l’origine du pétrole dans la masse sarcodaire de ces foraminifères, très petits 1l est vrai, mais existant à des millions d'exemplaires; en effet, cette masse contient des matières grasses, et déjà l’on a réussi à fabriquer artificiellement du pétrole par distillation des graisses.

C'est d'autant plus vraisemblable que dans ces puits on n’a presque pas rencontré d’autres fossiles que des foraminifères. On pourrait dès lors s'expliquer la distribution capricieuse du pétrole ; ce n’est qu'aux endroits où les couches miocènes sont érès riches en foraminifères — et il est naturel que ceci puisse n'avoir lieu que localement — que les circonstances permettraient la formation de pétrole en quantité tant soit peu notable.

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