‹ Description géologique de Java et Madoura (volume 3)Chapitre 25 sur 216 · PET · texte numérisé non relu

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d'épaisseur; il en est de même à la rive gauche du Ti Woulan, dans la paroi abrupte près Tuloumba.

Dans la partie occidentale des Préanguer, on peut donc tout comme dans la partie orientale évaluer à plus de 200 mètres l'épaisseur de l'étage m,.

La composition de ce dépôt est aussi sensiblement la même; les calcaires marneux jaunes, ordinairement un peu poreux, qui contiennent des fossiles nombreux, mais mal conservés, y prédominent. Ces couches, dont l'épaisseur varie de quelques centimètres à quelques mètres, alternent parfois avec des grès, qui consistent en débris de corail, fragments de coquilles et sable andésitique. C’est surtout dans la portion orientale du terrain, dans la moitié Sud du district de Mandala, que le calcaire est recouvert d'une couche peu épaisse mais très étendue d’argile blanche, maigre, très stérile, dont les couches profondes font légèrement effervescence avec l'acide chlorhydrique.

Si l’on remonte la vallée du Ti Woulan, tout près de l’embouchure et le long de la rive gauche, on rencontre d’abord la brèche de l'étage m,, entre laquelle apparaît çà et là de la roche éruptive massive. Là-dessus reposent des bancs réguliers de brèches tendres, d’une épaisseur totale de 25 mêtres, de teinte jaune ou brun sale, altérées, à grain fin et à fragments de ponce, qui sont parfois silicifiées à la base ; puis 200 mètres des calcaires marneux jaunes ci-dessus décrits, à fossiles mal conservés, et enfin, comme membre supérieur, 20 à 40 mètres de l'argile blanche, maigre, également mentionnée tantôt, qu'on ne peut séparer nettement des calcaires marneux. Il est possible que cette argile soit issue, par dissolution, du calcaire argileux. Les gisements V. et W. de JUNGHUHN sont situés dans ce ferrain.

Lors de notre exploration, nous avons recueilli les échantillons suivants :

Au pied de la colline calcaire escarpée que l’on passe sur la route de Paroungponteng à Parakanhondié, on a détaché, au-delà de Trgounoung, des morceaux (No. 1576) d’un calcaire marneux teinté en brun sale par de l’hydroxyde de fer, et contenant des foraminifères ; on peut encore y reconnaître des amphistégines et l’algue calcaire lhithothamnium.

Plus à l'Ouest, au plus haut point de la route, on a récolté des échantillons d'un calcaire (No. 1577), coloré en jaune sale par l’hydroxyde de fer, qui contient de nombreux foraminifères et d’autres pétrifications encore. Au microscope on reconnait dans la masse des orbitoïdes de la taille de 5 mm., à petite chambre centrale et à chambres médianes spatuliformes; des amphistégines de 2 mm. à trois tours de spire et des cycloclypées. Les fossiles qu'on a isolés ont été expédiés à Leyde.

Plus au Sud-Ouest, sur la cime calcaire isolée Pouïouh, à l'Ouest de Parakanhondié, on a recueilli des fragments d'un calcaire jaune

(No. 1575) à nombreux fossiles, devenus méconnaissables par une nouvelle cristallisation.

Sur la route d'Eureunpalaï à Tiübatou, un peu à l'Est de Tiihideung, affleure du calcaire (No. 1578) gris clair, à nombreux foraminifères minces, dont la structure ne peut plus se reconnaître au microscope.

A peu près à 3 kilomètres au Sud de Tawi, sur la route de Tiidadap, localité située à la côte, on a détaché des morceaux d’une marne silicifiée, de teinte brun clair (No. 1579).

Sur la même route, mais plus au Sud, près Tukidung, on a recueilli des fragments d'un calcaire marneux gris clair (No. 1580) à fossiles nombreux, mais mal conservés.

A deux kilomètres au Sud de Tükidung viennent à la surface des calcaires marneux (No. 1581) jaune clair, à nombreux fossiles mal conservés, parmi lesquels des espèces de balanus et de pecten.

Encore 3 kilomètres plus au Sud, près du signal Kromong (162 m. d’alt.), on rencontre des marnes gris clair (No. 1582) qui ressemblent à des roches de l'étage m,.

Vers l'Est du Ti Woulan, sur la route de Tidadap à Tukatomas, on trouve, près de Singkir, du calcaire marneux gris jaunâtre (No. 1583) à fossiles très nombreux. Dans la masse calcaire on observe au microscope des cycloclypées, des orbitoïdes à chambres en spatule, des amphistégines, des rotalines et un grand nombres d’autres foraminifères; puis, le lithothamnium. Parmi les coquillages, il y en a de plusieurs espèces (des pectens p. ex.), mais de la plupart 1l n’est resté que les moules.

Au Nord de Tikatomas, sur la route de Tülégui, on a recueilli au Gg. Radia des fragments de calcaire (No. 1585) jaune brunâtre, qui consistent, pour une grande partie, en coquilles de turritellas.

Près de Tikatomas affleure, sur une grande étendue, un beau calcaire jaune clair (No. 1584), dans lequel on voit des orbitoïdes très nombreuses, longues de 20 mm. et de 2 mm. d'épaisseur, à chambres ‘ spatuliformes; puis, des cycloclypées et d’autres espèces.

Plus à l'Est, on a recueilli des échantillons dans les districts de Tidioulang et Parigui.

Des calcaires marneux (No. 1586) gris clair, qui apparaissent à la limite de l'étage m,, et doivent probablement être rangés encore dans m,, sont originaires de la rive gauche du Tu Gougour, près du chef-lieu de sous-district de ce nom.

Au peu près à 3 kilomètres plus au Sud, on a récolté plusieurs morceaux d’un calcaire (No. 1587) jaune clair, presque blanc, grossier et poreux, dans lequel sont enfermés de grands pectens.

Près du chef-lieu de sous-district Timindi, la surface se compose, sur une grande étendue, de calcaires marneux (No. 1588) jaune clair, qui ne renferment que quelques fossiles.

Plus à l'Est encore, au-delà du chef-lieu de sous-district Tiipitioung, on voit du calcaire gris jaunâtre (No. 1589), à coquilles grossières, dont quelques spécimens ont été envoyés à Leyde.

D. Zes volcans.

Les régences du Préanguer sont riches en volcans; on y trouve mème 46 cônes indépendants; et sur la plupart d’entre eux divers points d’éruption ont été successivement en activité.

À la description des étages du terrain tertiaire, on a déjà reconnu que dans la moitié septentrionale de cette résidence les couches miocènes sont recouvertes, sur une grande étendue, par des produits d'activité volcanique plus récente. Le terrain tertiaire, qui constitue toute la moitié méridionale des Préanguer, est de la sorte presque totalement isolé des terrains miocènes que l’on rencontre aux confins de Chéribon, de Krawang et de Batavia. Ce n'est qu'au centre de la résidence, au nord de Radiamandala, que l’on peut, du Sud au Nord, suivre la chaîne tertiaire, presque sans interruption, le long des arêtes saillantes et dans les tranchées des rivières. Cette zone sépare les volcans en un groupe oriental et un groupe occidental; le premier est de loin le plus important; c'est un terrain volcanique, continu, de plus de 120 milles géographiques carrés, sur lequel s'élèvent 39 cônes indépendants.

Chaque point d’éruption est signalé par un cirque, formé par effondrement, qui, dans l’état primitif, est habituellement un cercle parfait .Le plus souvent, une portion du bord a disparu par des percées latérales ou par l'effondrement de points d’éruption voisins, et les portions restantes ont subi, par érosion, en divers endroits, des déplacements vers l’intérieur ou vers l'extérieur. Les anciens cirques sont du reste souvent recouverts par les produits de points d’éruption plus récents. Sur la carte, la forme actuelle des cirques est signalée par une ligne rouge, tandis qu'on a indiqué par un pointillé rouge les cercles le long desquels l'effondrement s’est probablement produit à l’origine.

Pour les détails des diverses cimes volcaniques, il faut consulter la carte topographique, échelle 1 : 20.000; c'est pourquoi nous indiquerons pour les cimes les plus importantes les numéros des feuilles sur lesquelles on les trouve.

Les 39 sommets du groupe volcanique oriental sont situés assez irrégulièrement les uns à côté des autres; de même qu'en d’autres résidences, on peut cependant les classer en diverses séries, dont les plus importantes sont disposées parallèlement à l’axe longitudinal de Java; d’autres, les séries dites transversales, forment avec les premières un angle plus ou moins grand. (Voir la carte des volcans de Java No. Il). Les volcans sont souvent si rapprochés les uns des autres,

que déjà à un niveau élevé les versants se confondent et qu'il est douteux si l'on a affaire à deux cônes indépendants ou à différents points d’éruption d'un même volcan. Au fond, la différence n’est pas grande.

Dans la première série longitudinale, la série la plus méridionale, se trouvent les volcans 1 à 3.

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La cime de ce beau cône élancé consiste en un cirque de 600 mètres de rayon, qui a de 2500 à 2820 mètres d'altitude et qui circonscrit une cuve en entonnoir. Celle-ci est profonde de 700 mètres, et se décharge, vers le Sud-Est, par la rivière Tu Kouraï, dont le lit est creusé dans le bord du cratère jusqu'au niveau de 2020 mètres. Voir Feuille P. XXVI de la carte topographique 1: 20.000.

Sur le versant W. N. W. se dresse un petit cône, pas très escarpé, le Guéëguër louhour; le sommet plat forme un cirque de 500 mètres de rayon dont la portion S. W. seule est encore debout; 1l s'élève à l’altitude de 1300 à 1340 mètres, soit à 120 mètres environ au-dessus du terrain environnant.

Des échantillons (Nos. 1590 et 1591), recueillis au versant oriental, près du pasanggrahan Tukouraï, sont de teinte gris bleuâtre, un peu poreux et ont ainsi souvent l'aspect d'une lave. Au microscope, on reconnaît des andésites à pyroxène communes; dans le No. 1500 on observe une pâte fine, floconneuse, microlithique; l’autre échantillon est assez altéré, les hypersthènes y sont chloritisés en grande partie.

Au versant septentrional, on a récolté des échantillons un peu au sud de l'entrepôt de café de Tilimous (No. 1592) et sur la route qui mène du chef-lieu de district Baïongbong à la plantation de Waspada (No. 1593). Ce sont tous deux des andésites à pyroxène. Le premier est fin, poreux, et il est difficile d'en faire de bonnes préparations microscopiques; le second contient assez bien de verre grenu noir.

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