Le Gountour
- D'après le cratère actif, connu sous ce nom, on désigne, par la même dénomination, tout le vaste massif volcanique qui s'étend à l’ouest de la plaine de Limbangan, jusqu’au domaine du Danou Tiharous. A consulter les feuilles de la carte topographique 1 : 20.000 M. XXVI et XXVIT et IN: XXVIL et XXVII.
A. La partie la plus ancienne est formée par un large cirque, dont la moitié Sud-Ouest seule est conservée; encore est-elle recouverte, en partie, par les produits de points d’éruption plus récents. Le rayon de ce cirque est de 1900 mètres; les sommets Xantiing, Kawah et Gadia sont respectivement à 1790, 1820 et 2119 mètres d'altitude; et entre les points d’éruption plus récents Masiguit et Agoung, le bord s'élève à l'altitude de 2030 mètres.
Il n’est guère possible de déterminer l’ordre chronologique des nombreux points d’éruption qui ont été actifs sur le sommet et au pied de ce volcan central. C’est pourquoi on les a classés ici d’après leur disposition. Nous décrirons d’abord les points d’éruption & à #, qui ont été édifiés sur l’ancien cône A; puis, les cirques peu élevés 0 à 5, situés au pied Sud-Est, dans la plaine de Limbangan; et enfin le point {, le Poutri, qui se dresse au pied méridional de A sous forme d’un beau cône indépendant.
a. À l'intérieur du grand cirque, dans la moitié orientale, il en existe un plus petit, de 660 mètres de rayon, qui s'ouvre au Nord et qui a de 1800 à 1900 mètres d'altitude. Au bord oriental de ce cirque s'élève encore un petit cône indépendant, à l'altitude de 2020 mètres.
Tout près du bord du grand cirque A, on peut distinguer nettement deux points d’éruption plus récents à et c.
b. Ce cirque, dont le rayon est de près de 300 mètres, est situé à
flo
l'Ouest; 1l s'ouvre au Sud-Ouest et a plus de 1900 mètres d'altitude.
c. Sur la portion Sud-Sud-Ouest du bord est situé le point c, le Masiguit; c'est un très beau cratère, qui probablement a encore été actif à une époque relativement peu reculée. C’est un gouffre aux parois abruptes, de près de 100 mètres de profondeur et de plus de 100 mètres de rayon; le bord de ce trou est à plus de 2200 mètres d'altitude (signal Masiguit 2248 mètres). Au versant oriental extérieur est dénudée une coulée de lave basaltique très Jeune, qui, très probablement, provient de ce point d’éruption.
d. À 650 mètres seulement au Sud du Masiguit on trouve un cirque plus large et plus ancien, le Sanggang bourouhang, de 350 mètres de rayon, ouvert au Sud et d’une altitude de plus de 2100 mètres.
e et jf. À peu près à 1100 mètres au Sud-Est du Sanggang bourouhang est situé un cratère renommé, le Gountour proprement dit, qui aété en activité violente, à diverses reprises, dans le cours de ce siècle. C’est un cratère double; les deux fosses ont des parois presque verticales. Le plus grand cratère e a plus de 150 mètres de rayon au bord; celui-ci a une altitude de 1860 à 1940 mètres, et le fond de la fosse est à 1820 mètres. Le cratère f plus petit est situé un peu au nord duporand; 1l n'a que 80 mètres de rayon, le fond de la fosse est à Militudende m870 mètres et le bord à celle de 1890 à 1920 mètres. La paroi qui sépare les deux points e et f a une altitude de 1900 mètres.
Ce point d'éruption récent est placé sur le versant du massif volcanique plus ancien; les produits se sont amoncelés tout autour du cratère double en un cône qui n’a pu se développer librement que vers le Sud et le Sud-Est. Ce cône présente une surface presque unie dans laquelle l'érosion n’a creusé que des ravins très peu profonds. Au-dessus du niveau de 1000 mètres la surface est encore dépourvue de toute végétation et consiste, jusqu'à plus d'un mètre de profondeur, en débris meubles. Après des pluies abondantes, ces débris se prennent en une masse assez compacte et on peut alors atteindre aisément le sommet ; mais après une sécheresse persistante, ce cône forme un tas de décombres peu cohérent, qui est à peu près inaccessible. Au pied de la portion escarpée et dans les ravins, de la lave compacte est presque partout dénudée.
Deux belles coulées de lave sont encore à peu près totalement situées à la surface et on les voit déjà de loin, lorsqu'avec le train on approche de Garout. Toutes deux se sont dégagées dans le cours de ce siècle du plus grand des deux cratères; mais au-dessus du niveau de 1600 mètres elles sont recouvertes de produits meubles. La plus ancienne coulée a 100 mètres de largeur et s'est dégagée vers le Sud-Est; à 1200 mètres d'altitude elle est recouverte par la plus jeune. Cette
dernière coulée, qui s’est fait jour probablement le 23 mai 1840 (1), est large de 150 mètres vers le haut, et elle s’y trouve à 200 mètres au Nord-Est de la précédente. Au haut du volcan, elle se dirige au Sud-Est ; mais élle s'infléchit graduellement vers le Sud et, à une altitude de 1650 mètres environ, elle se divise en deux branches. La branche orientale est de faible étendue, mais celle du Sud descend jusqu'au niveau de 800 mètres et forme, au-dessus des sources thermales bien connues de Tiipanas près Trogong, un vaste labyrinthe de fragments anguleux de lave. Cette coulée est visible, comme une digue nettement délimitée, sur plus de 2500 mètres de longueur. La partie supérieure des deux coulées est assez abrupte; sur une longueur de 850 mètres, on descend de plus de 400 mètres; la pente est donc de 251. Dans cette partie escarpée, les coulées présentent le profil d'un gâteau qui est resté en place aux bords et qui s’est affaissé au centre. La coulée en mouvement s’est solidifiée rapidement à la surface; tandis que l’intérieur de la masse continuait à s’avancer, la croûte figée s’est arrêtée ; et lorsque l'apport de lave est venu à cesser vers le haut, il est resté un canal creux, qui s’est effondré bientôt au milieu.
Au pied, la coulée s’élargit et y présente une surface convexe, formant un labyrinthe de gros blocs de lave, poreux et à angles vifs. Le long des bords, cette coulée apparaît comme une digue, nettement délimitée, de 15 à 20 mètres de hauteur.
Pour ce qui concerne les notions sur les éruptions du volcan dans ce siècle, jusqu'à l’année 1847, nous renvoyons à JUNGHUHN, Tome Il p. 95 à 121 de l'édition hollandaise et p. 79 à 90 de l'édition allemande. (2) Après 1847, le volcan est resté en repos.
1) Le ,,Javasche Courant” du 10 Juin 1840 dit, entre autres, de cette éruption: ,,pendant que la lave incandescente s’écoulait de toutes parts, de sorte que le sommet de la montagne, jusqu’au dela du milieu, présentait une seule masse de feu”; et plus loin: ,la montagne qui était jadis couverte, jusqu’à mi-côte, de buissons, d'herbe et d’autre verdure, se trouve maintenant transformée, en quelque sorte, jusqu’au pied, en un rocher noir.”
2) Quelques observations à propos du calcul, effectué par JUNGHUHN L.c., de la masse de cendres projetées par le Gountour le 4 janvier 1843, entre 9 heures du matin et 1 heure de l'après midi. JUNGHUHN arrive à cette conclusion surprenante, qu’il aurait suffi que le volcan eût vomi seulement 91/, fois plus de projections pour former un cône du volume du Gounoung Gountour lui-même; et il rattache à ce calcul des conclusions importantes sur le temps qu'il a fallu pour édifier les volcans, et même sur la question si le delta du Brantas a pu se former aux temps historiques. Pour ce qui concerne ce dernier point, on consultera la description de la résidence de Sourabaïa, mais il y a lieu d’examiner ici de plus près le calcul en question.
JUNGHUNN a recueilli de la cendre, à la date que nous venons d’indiquer, à Kapouguëran (désa Poegëran, sur notre carte), situé sur le versant méridional du Guëdé, à 3080 pieds d'altitude. Il y a trouvé une petite couche, de l'épaisseur de 1 ligne, mesure de Paris, qui par pied carré pesait 546 grains. Il déduit de nombreux rapports, où l’on signale uniquement l'épaisseur de la couche et non le poids par unité de surface, que la pluie de cendres est tombée sur un espace de 348o milles marins carrés et que l'épaisseur a été, en moyenne, 4
mn |
Le 6 juillet 1887, j'ai gravi moi-même le Gountour. Au nord-ouest des cratères les plus récents e et /, donc du côté où s'élève le cône du Sanggang bourouhang, il y a trois crevasses, qui, à une distance de 30 à 40 mètres, sont parallèles au bord du cratère; leur profondeur est de 4 à 8 mètres VON RICHTHOFEN (1 c. p. 342) lui-même fait déjà mention de pareilles crevasses concentriques ; et, comme à cette époque, on voit à présent encore s'échapper principalement de la vapeur d’eau de ces fentes et de la digue qui sépare les deux cratères. Il s'y dépose aussi un peu de soufre, mais, au demeurant on ne rencontre aucun vestige d’activité volcanique. Il est à prévoir que dans un temps relativement court de gros fragments du bord de cratère Nord-Ouest vont s’ébouler le long de ces crevasses : et alors le cratère le plus jeune du Gountour perdra bien vite sa forme caractéristique, au point de devenir presque méconnaissable.
g. À 1800 mètres au nord du plus grand cratère e du Gountour proprement dit se dresse le mont Agoung, dont le sommet forme un beau cirque de 270 mètres de rayon et d’une altitude de 2080 à 2160 mètres.
fois plus forte qu'à Kapouguëran. Or 546 grains X 4 — 2184 grains ou o.1517 kilogramme par pied carré; ce qui fait 4.946042 kg. par mille marin carré ou 17212.226160 kilogrammes pour 3480 milles marins carrés; cela concorde assez bien avec le chiffre de 330 millions de quintaux de 50 kilogrammes trouvé par JUNGHUHNX,
Pour la comparaison avec une montagne comme le Gountour, il calcule ensuite le volume des matières projetées ; mais il a commis, à ce sujet, diverses inexactitudes.
En premier lieu, pour déterminer ce volume, il part non du poids calculé plus haut, mais du produit de la superficie de 3480 milles carrés par l'épaisseur moyenne de la couche de cendre, supposée égale à 4 lignes de Paris. Il se figure une montagne dont la masse soit aussi incohérente et aussi légère que celle de cctte couche mince et qui aurait par conséquent, vu qu’à l'épaisseur d’une ligne la cendre pesait 546 grains par pied carré, un poids spécifique de 0.16 seulement, ce qui est absurde. En second lieu, il calcule que le cône de 3900 pieds de hauteur, avec lequel il cherche à établir la comparaison, aurait un volume de 25000 millions de pieds cubes. Le rayon de la base n’aurait, dans ce cas, qu’une longueur de 2475 pieds ; la pente moyenne du cône serait ainsi de 57!/,°; or, un cône volcanique aussi escarpé ne saurait exister. L'auteur verse ensuite dans quelques erreurs de chiffres, qui sont de moindre importance.
Reprenons ses calculs et admettons, pour la poids spécifique moyen d’un volcan, le nombre 2.2, qui n’est assurément pas trop fort. Un mètre cube de la masse pèserait ainsi 2200 kilogrammes; et les 17212.226160 kilogr. de matières projetées, agglomérées en une montagne, auraient un volume de 7.823740 mètres cubes. Le sommet du Gountour est à peu près à 1230 mètres au-dessus de la plaine de Garout. La pente d’un volcan de cette hauteur ne pourrait être, au maximum, que de 1 sur 2 ou de 27°; et si nous admettons que le cône se termine en une seule pointe, le rayon de la base serait de 2460 mètres. Un volcan, de la hauteur du Gountour, offre donc un volume de 7.794.780.000 mètres cubes au moins. Ce ne sont donc pas gl}, érup'ions, comme le croyait JUNGHUHN, mais 1000 éruptions pareilles à celle du 4 janvier 1843 qu'il aurait fallu pour édifier une montagne de la taille du Gountour.
M. VERBEEK a calculé que le Krakatau a projeté, en août 1883 (Krakatau, p. 132 à 134) au moins 18 kilomètres cubes de matières. De cette masse, on pourrait construire un cône plus de 21/, fois plus grand que le Gountour; et des matières projetées par le Tambora en 1815 (d’après l'évaluation de JUXGHUHN, corrigée par M. VERBEEK et portée à 150 kilomètres cubes 1. c. p. 135 on construirait un cône près de 20 fois plus grand.
Vers le. Sud, ce rempart est percé et une petite rivière y a creusé une tranchée jusqu'au niveau de 1930 mètres. C’est surtout du côté du Nord que ce cône s’est bien développé; au Nord et au Sud on trouve des coulées de lave dans les profonds ravins.
h. À 1650 mètres à l'Est de l’Agoung est situé un beau et vaste mont conique, non dénommé, qui s'élève à l'altitude de 1970 mètres; le sommet consiste en un cirque qui n’a que 140 mètres de rayon. Il s'est échappé beaucoup de lave surtout du versant Nord-Est de la montagne.
. Entre le sommet % et le Gountour proprement dit (e et f) est situé le petit point d’éruption 7, à 1700 mètres d'altitude; c’est un petit cirque de 150 mètres de rayon, qui s'ouvre à l'Est-Sud-Est. On peut considérer ce point comme une éruption de flanc de e, de Z ou de 4.
k et /Z Au pied oriental du sommet #%, on peut distinguer deux cirques plus larges, ouverts l’un et l’autre vers l'Est et dont les versants extérieurs sont recouverts, jusqu'au bord, par les produits de #. Le cirque méridional a un rayon de 660 mètres et est à l'altitude de 1339 mèêtres, du côté du Sud, au 7ÿrleungsing, et à celle de 1920 “à 1270: mètres vers le Nord-Ouest.» A lintérieur, OnvoIE partout une paroi abrupte au-dessus du niveau de 850 mêtres. Vers l'Est, le cirque a disparu. Celui du Nord n’est lui-même conservé que pour la moitié; il a un rayon de 290 mètres et s'élève, au sommet Goula, à 1220 mètres d'altitude.
m. À l'Ouest de # existe un point d’éruption insignifiant, le 77oungour bédoul; on n’y distingue, entre Æ et #, qu'un petit cirque de 90 mètres de rayon.
n. À plus de 2000 mètres au Nord-Ouest de /, on rencontre un cône d'éruption distinctement visible, /’Aïakan. La cime consiste en un cirque à bord plat, de 200 mètres de rayon; vers l'Ouest, le bord est à 1180 mètres d'altitude; à l’intérieur, 1l descend à pic jusqu’au niveau de 1060 mètres. La chaudière qu'il circonscrit se décharge par une petite rivière qui se dirige au Nord-Est.
Entre » et # se dressent les cimes Walouran et Pitioung, qui très probablement appartiennent aussi à des points d'éruption distincts, mais au sujet desquelles nous ne pouvons donner plus de détails.
À l'Est aussi de la grande route postale de Léles à Garout existent, au bord de la plaine, un grand nombre de cirques bas, qui tous se sont formés autour de plusieurs points d’éruption différents, mais chez la plupart desquels on ne peut plus reconnaître exactement ni la position ni les dimensions. On ne peut y signaler, avec assez bien de certitude, que trois points d’éruption.
o. À l'Est de Léles, on observe des portions d’un cirque de plus de 500 mètres de rayon, qui, au point le plus haut, s'élève à l'altitude de
840 mètres, tandis que la plaine qui y est renfermée est à 700 mètres.
2. Au Sud de ce cirque, un petit volcan à sommet fermé, le Pasir Lahkou, s'élève à l'altitude de 1065 mètres, soit à une hauteur de 340 mètres au-dessus de la plaine.
g. Plus au Sud encore, on rencontre les restes d’un cirque de 900 mètres de rayon, qui, du côté du Sud-Est, au signal Gouïambout, à 852 mètres d'altitude.
Au Sud de la montagne sont situés de nombreux petits lacs, qui se sont formés la plupart par la fermeture de vallées, mais dont quelques uns sont l'indice de points d’éruption.
r. Au Nord de la cime ÆXouta oëmas est situé, à l'altitude de 1205 mètres, un petit lac, entouré d’un cirque peu élevé, de 350 mètres de rayon.
s. À plus de 600 mètres au Nord-Nord-Est, il y a encore un lac, à l'altitude de 1315 mètres, autour duquel on distingue aussi des traces d'un cirque.
{. Au Sud du Gountour proprement dit et à une distance de 2500 mètres, se trouve le petit volcan Poutrri, dont JUNGHUHN fait aussi mention. Le sommet de ce beau cône consiste en un cirque de 330 mètres de rayon, qui s'ouvre au Sud-Est et dont le bord a une altitude de 1300 à 1400 mètres. Le versant extérieur Sud descend très régulièrement jusqu'au niveau de 900 mètres; mais du côté Nord, le cône est enseveli jusqu'à 1200 mètres d'altitude sous les produits du Gountour proprement dit.
Dans ce massif, on n’a recueilli que des échantillons du Gountour proprement dit, du Poutri et des cimes situées tout près de la route de Léles à Garout.
Le No. 1657 a été détaché de la magnifique coulée de lave située directement au-dessus des sources thermales de Trogong. C’est une roche sombre, poreuse, d'un bel éclat, à gros cristaux de feldspath. Dans les bonnes préparations microscopiques, difficiles à obtenir, on voit un verre grenu noir avec des cristaux porphyriques de plagioclase, d’augite et d’olivine. C’est une /ave basaltfique.
A 1250 mètres d'altitude, au Nord-Est des deux grandes coulées de lave, on a pris les morceaux No. 1656, à de gros blocs incohérents, qui font probablement aussi partie d’une coulée de lave. Cette roche est de teinte gris-clair et poreuse par places. Au microscope, on reconnait également un basalte à grandes olivines, qui présentent un bord grenu, noir.
Les fragments No. 1658 ont été enlevés à la plus jeune des deux grandes coulées, à 1400 mètres d'altitude. C'est le même basalfe que celui qui a été décrit sous le No. 1657; il offre de belles olivines fraîches.
Les fragments No. 1659 ont été recueillis du côté Est du cratère, à Jaltitude de 1550 mètres; ils sont compacts et se montrent divisés en
plaques; on n'y distingue que quelques feldspaths très petits. C’est encore un basalte, dans lequel on observe souvent un bord blanc trouble autour des olivines.
Au Sud-Sud-Est du Poutri, près du kampoung Tukakak, affleure le long d'une paroi abrupte une ancienne coulée de lave, qui provient probablement aussi du Gountour proprement dit. Cette belle roche (No. 1654) est appelée par les indigènes ,,batou balaï” et on l’emploie souvent pour en tailler des pierres tumulaires. Dans une pâte grise, poreuse Çà et là, on voit, à l'œil nu, à côté de nombreux cristaux de pyroxène, de grands feldspaths brillants, ainsi que de l’olivine. C’est également une /ave basaltique.
Au-dessus de Tiikakak, on a recueilli des échantillons (No. 1655) qui sont originaires du volcan Poutri même. C’est une roche compacte, foncée, à cristaux de pyroxène et à aiguilles brillantes de feldspath. Au microscope on voit quelques olivines altérées; cependant la pâte se rapproche plutôt de celle des andésites. C’est une andésite à pyroxène olivinifère.
Deux des basaltes du Gountour, décrits par LORIE, sont originaires de la grande coulée de lave. Un troisième échantillon a été récolté probablement sur le Mandalawangui; 1l en sera question plus loin.
M. BEHRENS aussi a déterminé comme basaltes des morceaux du bord du cratère; d'autre part, il a analysé des échantillons qui ont été recueillis au nord du domaine du Gountour.
Sur la route de Léles à Garout, on a recueilli les fragments No. 1652, au versant du Pasir Lakou; c'est une roche grise, assez altérée, dont les feldspaths sont assez frais, mais dont les pyroxènes paraissent décomposés. Au microscope, on voit que l’augite aussi est colorée en brun le long des fentes; la pâte est celle d’une andésite mais elle renferme quelques olivines; c’est une andésite à pyroxène olivinifère.
La roche du Gounoung Goula (No. 1653) a encore l’air assez altérée, mais les feldspaths y sont limpides; au microscope, on voit que c'est une andésite à pyroxène.
Sur les collines situées au nord du lac de Baguëndit, on a recueilli, à Kopotondiong les fragments No. 1651, qui ressemblent fort aux Nos. 1652 et 1653 et qui, au microscope, se présentent aussi comme des andésites à pyroxène.
Sur les montagnes des environs du Gountour, on trouve presque partout à la surface du sable volcanique et des lapill, qui ont été projetés apparemment par le Gountour dans la période qui s'étend de 1840 à 1847. Des échantillons de ces débris basaltiques, scoriacés, ont été recueillis sur le versant du mont Goula (No. 1660) et sur le versant extérieur Nord du massif qui environne le Danou tiüharous.
Une analyse de la cendre projetée par le Gountour, le 25 novembre
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1843, a été publiée par SCHWEIGGER dans le ,,Neues Jahrbuch” de 1857, et reproduite dans l’ouvrage de LORIE. La composition en est encore analogue à celle d’une lave basaltique.
Au versant oriental du Gountour proprement dit, on a donc recueilli exclusivement des Dasaltes typiques, tandis que les roches des points d'éruption moins élevés, situés plus près de la plaine de Garout, présentent plutôt les caractères des andésites.