Le Tanghouban prahou—Bourangrang
Le grand cirque, celui de l'Ouest, a un rayon de 5.2 kilomètres; au Nord, au sommet Sounda, il a une altitude de 1850 mètres; au Sud, au signal Zembang, celle de 1303 mètres. A l'intérieur de cet ancien rempart se dressent les volcans importants Tangkouban prahou et Bourangrang.
I Le 7Zangkouban prahou consiste, comme la plupart des volcans qui ont été en activité jusque dans ces derniers temps, en un cône uni, dans lequel il n’a été creusé que fort peu de ravins.
Au sommet, on trouve un grand cirque, et dans l’intérieur de celui-ci trois autres cirques plus petits. Voir la carte topographique, échelle ne 20 000 feuilles EeXXIILEt FF XXIT:
À. Le grand cirque a un rayon de 1160 mètres; seule la moitié occidentale est conservée et a de 2000 à 2080 mètres d'altitude. Les extrémités de ce demi cercle sont des tranches abruptes.
a. Au bord Sud-Ouest de A on observe le plus petit des trois cirques; celui-ci n’a pas de nom distinct. Le rayon est de 270 mètres; le bord s'élève très uniformément à une altitude de 2070 à 2080 mètres. Le fond plat est marécageux et a une altitude de 2005 mètres. Ce marécage se décharge vers le Sud par la rivière Tu Hideung.
1) Les sommets du Tangkouban prahou et du Bourangrang se trouvent à peu près complètement dans la résidence de Krawang. Toutefois, on en a fait le relèvement topographique et on en a dressé la carte en même temps que de la résidence des Régences du Préanguer; c’est pour cette raison que nous en donnons ici la description,
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b. Le rempart qui entoure la chaudière du milieu, le Xawah Oupas, a 600 mètres de rayon; vers l'Ouest, il se confond avec celui qui entoure a; de ce côté, il s'élève à 2070 mètres d’altitude, au Sud, à celle de 2020 à 2060 mètres, et au Nord, de 2000 à 2080 mètres. Du côté Est, l'anneau a disparu; mais la chaudière y est fermée par le bord du Kawah Ratou, qui s'élève à une altitude de 1820 à 1870 mètres. Le fond du Kawah Oupas est à 1725 mètres, il est donc entouré de toutes parts par des murs hauts de plus de 300 mètres, sauf du côté du Kawah Ratou, où le bord n'’est- qu’à 100 mètres au-dessus du fond.
Entre le cirque À et le versant extérieur de 4 existe un ravin, profond de plus de 100 mètres, dans lequel est la source du Ti Moudia qui,se dirige vers Krawang.
c. Le rempart qui entoure le Xawah Ratou a un rayon de 350 mètres; 1l s'élève à l'altitude de 1790 à 1880 mètres. Le fond est à 1075 mètres, ou à peu près à 50 mètres en dessous de celui du Kawah Oupas, et de 100 à 200 mètres en dessous du bord.
De ces trois points d’éruption récents il se peut que à et à aient le même âge; mais € est assurément plus jeune que 4; le rapport entre b et c est sensiblement celui du Guiri et du Bromo, au Téngguër.
Dans le prolongement de la ligne qui joint les trois points &, à, €, se trouve encore un petit point d’éruption, le Xawah Domas; il est situé à l'Est, en Krawang, sur le versant extérieur du massif.
Les rares rapports qui nous sont parvenus sur l’activité de ce volcan sont signalés par JUNGHUHN dans Java 2e Sect. p. 58 de l'édition hollandaise et p. 44 de l’édit. allemande. Quelques observations à propos de ces rapports.
10. JUNGHUHN n'a décrit que les cratères Oupas et Ratou, et à plusieurs reprises c’est le Kawah Oupas qu'il nomme le plus petit. Ceci n'est vrai qu'en ce qui concerne le fond plat, dont le contour devient de plus en plus petit par l’éboulement des parois latérales ; mais, Comme nous venons de l'indiquer plus haut, le rayon du bord qui environne l'Oupas est notablement plus grand et toute la chaudière est donc plus étendue.
20. De la description qu'en donne HORSFIELD, qui a visité le cratère en 1804, JUNGHUHN a cru pouvoir inférer que le bord situé entre à et c ne se serait formé qu'après 1803, puisque HORSFIELD ne fait pas expressément mention de ce rempart intermédiaire.
Cependant, nous rappellerons que ce rempart intermédiaire n’est rien d'autre que la portion occidentale du cirque qui environne c. Nous pouvons. donc très bien nous représenter que par l’activité simultanée des deux cratères à et c, ce rempart intermédiaire se soit alternativement exhaussé et abaissé; mais la masse principale s’est formée néanmoins en même temps que le reste du bord c.
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39 Le-27 mai 1846 ik s'est, produit une éruption importante; et le DR. P. BLEEKER, qui a gravi la montagne le 10 juillet suivant, est d'avis que les dévastations les plus considérables ont été occasionnées par un courant boueux, qui s’est échappé par dessus le bord oriental du Kawah Ratou et est descendu par le versant Nord-Est. JUNGHUHN luimême a pu se convaincre en 1848 que de ce côté exclusivement des milliers d'arbres ont été abattus; mais il ne pense pas pouvoir admettre l'explication si simple de BLEEKER, parce que, dans ce cas, non seulement le Kawah Ratou, mais encore le Kawah Oupas aurait du se combler de pierres, de sable et d’autres matériaux durant l’éruption, et ce fait est contredit par les rapports. D’après JUNGHUHN en effet, le bord oriental du Kawah Ratou dépasse en hauteur, de centaines de pieds, le rempart intermédiaire. Or, ceci est inexact; car d'après la nouvelle carte topographique ce bord oriental se trouve, sur une longueur de 150 mètres, de 5 à 15 mètres en-dessous de la ligne d'altitude de 1800 mètres; et le point le plus bas du rempart intermédiaire est encore à près de 20 mètres au-dessus de cette ligne. Il faut donc rejeter cette explication trop recherchée de JUNGHUHN, et nous pouvons admettre avec BLEEKER que le 27 mai 1846, les environs du mont se sont recouverts partout d’une couche uniforme de sédiments éoliens inoffensifs du Kawah Ratou, et que les principaux dégâts se sont produits du côté Nord-Est, parce que c’est le long de ce versant qu'est descendu, du bord du cratère, un courant de boue entremêlée de nombreux fragments de roche. Il est probable que ce bord s’est alors ‘éboulé et abaissé; mais on ne saurait tirer, des sobres rapports sur cette éruption, des détails plus circonstanciés concernant l’origine et la composition de ce torrent de boue.
J'ai visité moi-même les cratères le 30 juin 1887. Dans le Kawah Ratou, on pouvait remarquer une activité fort appréciable dans les solfatares; mais au Kawah Oupas, on ne voyait se dégager des vapeurs qu’en quelques points seulement.
Sur les parois escarpées des cratères, on voit des bancs alternatifs de roche compacte et de lapilli et tufs. La proportion entre la roche massive et les matériaux incohérents est très variable d’un point à un autre.
A la paroi Sud-Sud-Est du Kawah Ratou on voit p. ex. le profil Fig. 70, tandis qu'à la paroi orientale on n'observe que Çà et là de la roche massive, et, en majeure partie, des bancs de produits incohérents. À la paroi Nord, depuis le fond jusqu’à une hauteur de 80 mètres, on ne voit que de la roche compacte, et plus haut rien que des tufs.
Dans le Kawah Oupas, les parois sont moins bien dénudées ; toutefois on peut encore y distinguer au moins trois bancs épais de roche compacte entre des produits meubles.
Le rempart intermédiaire n'offre, au centre, que des produits meubles; mais aux extrémités septentrionale et méridionale il existe
de la roche massive. Celle-ci est recouverte, à l'extrémité mériodionale, de tufs anciens, compacts et grossiers, qui inclinent à partir du Kawah Ratou sous un angle de 20° à 25°.
Les échantillons suivants y ont été récoltés. Le No. 896 est originaire de la paroi septentrionale du Kawah Ratou, laquelle se trouve déjà dans la résidence de Krawang. Ces fragments, assez altérés, consistent en une pâte de la nature du pechstein, à cristaux de pyroxène et fines aiguilles de feldspath. Au microscope, on observe la pâte caractéristique des basaltes, mais relativement peu d’olivine. Donc, Basalte.
No. 896b. Cet échantillon a été enlevé à la digue intermédiaire, du côté du Sud; dans la pâte sombre, on voit, à l’œil nu, des grains de pyroxène et de très petits cristaux vitreux de feldspath. C’est encore un basalte, qui renferme d’assez gros cristaux porphyriques d’olivine, peu nombreux.
On a recueilli du soufre No. 896€ à l’une des nombreuses fumerolles du Kawah Ratou.
Au versant extérieur du très grand cirque, décrit tantôt, situé entre la plaine de Bandoung et Lembang, on ne voit rien que de l'argile rouge contenant des fragments de roche. Au versant du Tangkouban prahou proprement dit, au Nord de Lembang, on observe souvent des couches de lapilli et de tufs fins, entre autres à la grande cascade du Tii Mahi. La petite cascade, située plus en aval, passe par-dessus de la roche compacte, dont nous avons recueilli les échantillons No. 1609. D'après la nature de la pâte, c’est encore un basalte; mais la roche est pauvre en olivine.
Des échantillons remarquables (No. 1698) ont été recueillis à la rive droite d'une petite rivière, près Podiok, au sud de Nagreg; cette roche est un Dasalte, riche en olivine, mais dont la pâte présente tant soit peu les caractères d'une andésite.
Sur la route qui conduit au cratère, à 14 kilomètre au nord de Lembang, affleure une coulée de lave dont on a recueilli de nombreux échantillons (No. 1697). C'est encore un basalte, pauvre en olivine.
Du côté des Préanguer, JUNGHUHN n’a pris d'échantillons qu’au mur du cratère; ils ont été déterminés comme basalte par MM. LORIE et BEHRENS.
Il. Le PBourangrang. Au sommet de ce beau volcan, on observe un cirque bien apparent, de 1200 mètres de rayon. Le bord s'élève au Sud, au signal Pourangrang, à 2063 mètres d'altitude; à l'Est, aux sommets Pangouhkousan et Masiguit 7, à 1850 mètres; et à 1930 mètres du côté du Nord, à la cime Guëdogan Z.
Vers le Nord-Ouest, le cratère se prolonge en une crevasse profonde, qui mesure en largeur 1900 mètres d’un bord à l’autre, et est bornée, des deux côtés, par des parois escarpées hautes de 400 mètres. Cette
crevasse peut être comparée à la crevasse transversale Nord-Est du Téngguër et à la crevasse Sud-Est du Galounggoung.
Dans la partie occidentale de la chaudière s'élève un cône, qui est couronné par un demi-cirqne (la cime Guédogan 11, 1920 mètres) de 280 mètres de rayon.
Sur le versant extérieur du Sud-Ouest se dresse un autre cône, le Masiguit I] (1690 mètres), à sommet fermé; c’est probablement un point d’éruption indépendant.
Aux tranchées profondes des ravins, on s'aperçoit que depuis de longs siècles l'érosion l'emporte sur le dépôt de produits volcaniques récents. Et, contrairement à ce qui se présente au Tangkouban prahou, on ne trouve ici nulle part ni tufs ni lapilli; le tout est transformé en une argile rouge, plus ou moins arénacée, dans laquelle sont enfermés des fragments arrondis de roche compacte.
Les échantillons No. 1700, qu'on a recueillis au versant méridional, dans le lit du Tu Méta Il, au hameau du même nom, sont de /'andésite à pyroxène.
Les morceaux No. 1703, détachés au pied occidental, près Séla gombong, à 770 mètres d'altitude, consistent en une roche fine, poreuse, dont la pâte foncée contient principalement de pétits feldspaths vitreux et des aiguilles de feldspath. Au microscope, on observe encore une andésite à pyroxène.
La roche No. 1701, qu'on a recueillie aussi au versant occidental, mais plus haut, à Nagrak, paraît fort fraîche. Dans la pâte sombre sont enfermées des aiguilles brillantes de feldspath et des cristaux de pyroxène; mais il n’y a pas de feldspath vitreux. Au microscope, on voit que la roche est assez altérée, mais on reconnaît néanmoins distinctement un dasalte.
Le No. 1702 est une très jolie roche, fine, poreuse, qui contient de petits rectangles de feldspath vitreux. On l’a enlevée au versant occidental, au village de Pangheïotan. Au microscope, elle se présente encore comme une véritable andésite à pyroxène, avec un beau verre brun dans la pâte.
D'après nos connaissances pétrographiques actuelles, le vaste 77ass51f circulatre, qui environne les volcans décrits en dernier lieu, se compose d'andésite à pyroxène, qui renferme souvent de la hornblende et quelquefois de l’olivine ; le Zounggoul consiste en andésite à pyroxène, parfois olivinifère, et par exception, hornblendifère; le Tanghkouban prahou est constitué totalement par du basalte et le Pourangrang principalement par de l'andésite à pyroxène, mais avec au moins une coulée de lave basaltique au versant occidental.
Au volcan Tounggoul viennent se rejoindre deux séries transversales ;
dans la première, dirigée au Nord-Est, sont situés le Xadaka, décrit déjà sous le No. 31, le Soudiplak et le Tampomas. Le long de la seconde série, qui se dirige au Sud-Est, on trouve les volcans Wanglaïang et Boukit Diarian.