La plaine de Limbangan
Au nord de Garout, entre les deux séries volcaniques Tükouraï-
Tiakrabouwana et Papandaïan-Simpaï, s'étend une vaste plaine, longue de plus de 23 kilomètres du Nord au Sud, et d’une largeur moyenne de 5 kilomètres de l'Est à l'Ouest, qui est environnée de toutes parts de volcans. Le défilé le plus bas entre les volcans de la série occidentale se trouve près de Nagreg, à 865 mètres d'altitude ; entre les. volcans de la série orientale, au-dessus de Malangbong, il est à 775 mètres d'altitude.
Les eaux de la plaine se déchargent vers le Nord par le Tii Manouk, qui coule, en pente rapide, par une vallée en forme de crevasse aux parois très abruptes, hautes de plus de 300 mètres. Cette crevasse offre tous les caractères d’avoir été creusée à une époque très rapprochée et on peut constater avec certitude, à l'examen de la carte topographique (échelle 1: 20.000), qu'avant l'origine de cette crevasse, les. versants des volcans Tiakrabouwana et Simpaï se confondaient, et que
le point le plus bas du défilé de Tendiolaout était alors situé à l'altitude de 700 mètres environ.
Au-dessus de la crevasse, les eaux du Ti Manouk et de ses affluents
coulent aussi dans des tranchées profondes, et le long des rives escarpées on voit que le fond de la plaine est formé par des bancs épais, horizontaux, de grès. Ces grès se sont déposés sous les eaux; ils consistent en débris fins et grossiers de matériaux volcaniques, entre leslesquels se montrent quelques gros cailloux roulés; tout près du bord de la plaine on rencontre parfois de vrais conglomérats.
Le lac intérieur, dans lequel se sont déposés ces grès, doit son origine à l'activité des volcans des alentours.
Peu avant l’époque où les volcans ont pris leur étendue actuelle, la décharge de ce terrain a pu se faire vers l'un ou l’autre des trois côtés suivants: à peu près dans la direction présente; par Nagrec vers le Ti Taroum; ou bien par Malangbong vers le Ti Tandoui.
Comme Île terrain situé de l’autre côté du défilé de Nagreg, dans le bassin du Tu Taroum, doit probablement, même si nous supprimons par la pensée les dépôts volcaniques les plus jeunes, s'être trouvé à plus grande hauteur que le fond du lac de Limbangan, une décharge intérieure de ce côté n’est pas vraisemblable.
Dans la crevasse actuelle du Ti Manouk, on n'a trouvé aucune coulée de lave continue et les bancs de brèche y sont rares ; il est dès lors difficile d'admettre qu'il s'y soit produit une poussée permanente.
Nous estimons donc que l'hypothèse la plus vraisemblable, c'est qu'à une époque relativement récente, alors que la plupart des volcans environnants avaient déjà atteint leur dimension actuelle et que même le défilé de Tendiolaout existait déjà, la décharge des eaux se faisait vers /'Æst. La rivière, qui coulait dans la vallée profonde située entre les deux séries de volcans nommées plus haut, doit s'être infléchie alors vers
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l'Est près de Malangbong pour se joindre plus loin au Ti Tandoui. ce Mec dent unh Cone cudusSsédalekmetou, de la cime Bingoung du Tiakrabouwana, ou des deux à la fois, la rivière a été refoulée et la vallée obstruée du Tu Manouk devait donc s’inonder BÉHENNEDbEtE Marta descente ArépétéeLde coulées /deulave où d’avalanches de pierres, la digue près de Malangbong s’exhaussa constamment; par là même le niveau de l’eau s’éleva dans le lac, qui gagna en étendue jusqu'à ce qu'à une certaine époque la digue fut à une hauteur plus grande que le défilé près de Tendiolaout (700 mètres cnviron) Depasticenmomentlerlac sesdécharsea de cercoté Lette fut l’origine de la rivière Ti Manouk de nos jours. Cette nouvelle rivière présentait une chute plus forte et elle put ainsi se creuser rapidement un (ifede plus en plustprotond; en..mêème tempsvet pour lasmême raison le niveau du lac devait baisser.
Dès l’origine, les petites rivières qui descendent des volcans environnants, ont transporté vers le lac des matériaux solides et elles en ont ainsi exhaussé le fond. La profondeur diminua donc par les deux causes ; l'étendue du lac devint plus faible et il finit par être mis complètement à sec. La décharge près Tendiolaout se fit par une tranchée de plus en plus profonde; et c’est ainsi que, dans la plaine desséchée, se formèrent les lits des rivières actuelles, qui vers le Nord sont creusés dans les anciens sédiments lacustres jusqu'à une profondeur de 200 mètres, mais ‘qui n'y ont pas encore mis à nu le fond primitif. À la gorge par laquelle le Ti Manouk quitte la plaine, les roches du défilé de Tendiolaout forment encore maintenant un seuil qui se trouve à 380 mètres d'altitude. Au-dessus de ce seuil, la chute de la rivière est de moins de 10 mètres pour mille; au-dessous, elle est de plus de 50.
Il résulte de ce qui précède que la hauteur maxima à laquelle on peut s'attendre à trouver encore des sédiments lacustres, c’est l'altitude de 700 mètres énviron ; et dans la partie méridionale, la limite entre la plaine et le versant volcanique est située effectivement à ce niveau. Au centre, la hauteur de la plaine dépend de la position de l'ancien fond, donc de la profondeur primitive du lac et de l'épaisseur des dépôts lacustres. La vitesse d’accroissement de ces dépôts n’a pas été la même partout. Dans la moitié méridionale, au pied du Gountour, à la rive de l'Ouest et même sur le fond du lac il s’est édifié de petits cônes jJusqu'audessus de la surface. Nous en avons déjà fait mention lors de la description du Gountour; leur pente est faible et leur forme est irrégulière; dans ces cirques peu élevés se trouvent quelques petits lacs, peu profonds, dont le mieux connu est le Sitou Baguëndit. C’est ainsi que la partie du lac qui était située au Sud de la ligne Haroumen— Sédakéling a été presque totalement comblée par des sédiments, car la plaine y a une altitude de 660 à 680 mètres.
Dans la moitié septentrionale, les parties les plus élevées de la plaine sont à l'altitude de 570 mètres; et comme le fond y est à moins de 380 mètres, le lac a été comblé ici aussi pour plus des deux tiers. Sous l'influence de l'activité des volcans environnants, les dépôts se sont donc formés avec une grande rapidité; et c'est ainsi qu'on explique plus ou moins ce fait que jusqu'à présent on n'a trouvé aucun fossile dans les sédiments lacustres. En effet, par l'apport incessant de grandes masses de matières solides, le lac était peu propre au développement de la vie organique.