Le terrain de Tiasahan
A l'ouest du terrain précédent, et séparé de celui-ci par le Tü Suh, où sont dénudés des brèches et des grès miocènes, il existe un second terrain éocène que nous avons appelé ,,terrain de Tiasahan”, du nom de cette localité. Il est constitué des mêmes grès quartzeux, argiles schisteuses noires, marnes de teinte sombre et roches éruptives intercalées que celui qui a été décrit plus haut, et en outre de couches de tufs et de brèches des roches éruptives situées dans le voisinage de ce dernier. On né peut que rarement y mesurer avec précision la direction et l’inclinaison des couches, car les bons affleurements y font défaut. Dans le voisinage de Tiasahan, la direction est de 150 à 170°; il en est de même au nord-ouest, près de Lëbaktoundommrou DV r170 7 0h17 l'Ouest Wloutefois, à Mipeundeur, bulatobservé D V05% 055% au Sud;) mais c'est là, paraït-il, une anomalie locale, et il me semble en général, que les plissements des grès de ce terrain sont parallèles au pli du Pasir Walang.
Le Ti Asahan, affluent du Ti Süh, passe par le kampoung Tiiasahan. Un affluent du Tu Asahan, le Tu Peundeui, nommé aussi Tu Asahanleutik, passe à proximité du petit kampoung Tüpeundeui. On passe ce cours d’eau lorsqu'on suit le sentier de Tiüasahan à Tüpeundeui, à peu près à la distance d’un demi kilomètre de Tuasahan. Un peu en amont de ce point, est découverte dans le lit du Tu Peundeui une succession de couches des plus remarquables, représentée dans la Fig. 74. On rencontre d’abord des couches alternatives de grès et d’argiles schisteuses sombres, des grès surtout; puis, une couche assez dure de marne ou de calcaire marneux (No. 1780) à fossiles très caractéristiques, notamment des nummulites et des orbitoïdes à chambres médianes rectangulaires; ces derniers fossiles n’ont encore été trouvés à Java que dans des couches éocènes; nulle part on ne les a rencontrés dans le miocène. Dans le toit de cette couche, on a constate D — 160, [125 Val'Ouest NPuis vient lune roche siliceuse dure, sombre (No. 1781), dans laquelle on observe des nummulites altérées, probablement la partie inférieure silicifiée du calcaire marneux à nummulites sombre. Plus loin, on arrive à des bancs épais d’une roche brècheuse et tuffeuse, passablement dure, formée de matériaux éruptifs désagrégés (No. 1782), par dessus laquelle la rivière se précipite en une série de cascades. On y a mesuré D. = 170», I. — 80° à l'Ouest. On rencontre ensuite une belle roche éruptive
(No. 1783), à gros cristaux de hornblende, ressemblant à une diorite ancienne; après, 1l vient d'abord la même roche tuffeuse des cascades, mais cette fois inclinant à l'Est; la direction est incertaine, d’une vingtaine de degrés probablement ; 1. — 32° à l'Est; enfin, de nouveau des grès quartzeux. Les couches semblent donc former une selle à arête aigue, ainsi qu’on l’a représenté dans la Fig. 74.
La roche éruptive, citée plus haut, s’est désagrégée en une argile arénacée, dans laquelle sont disséminées néanmoins de nombreuses grandes boules dures, qui se désagrégent en calottes concentriques et qui contiennent, à l’intérieur, un noyau non désagrégé.
On trouve la même roche éruptive non seulement dans le Ti Peundeuil, mais encore tout près du kampoung Tiasahan (No. 1792), en deux blocs très volumineux qui débordent les grès environnants; le contact n'y est pas bien dénudé.
On rencontre également de gros blocs incohérents au sud-est de Tpeundeui, sur le sentier vers Tübinong, au bord du Ti Suüh.
En outre, on a observé de la roche éruptive massive dans le Tü Suh, près Howehwalad (No. 1784); dans le Tii Barengkok, à l'est de Tubarengkok, au mont Pasir Laka (No. 1786); à la rive gauche du Tu Hara, au sud de Léëébaktoundoun (No. 1787); sur ce banc gisent des” grès quartzeux dont D. —=/170% 110717 à /lQuest Dans ee Paguër, près de la cascade, en amont de Tikaras, au nord-ouest de Lébaktoundoun, déjà tout à fait en terrain miocène (No. 1789); dans le Ti Sarouwa, affluent du Ti Hara, sur le sentier de Tiibarengkok à Tuasahan (No. 1790). Toutes ces roches éruptives n’affleurent dans les rivières que sur une faible étendue et le contact avec les grès est le plus souvent mal visible. La roche éruptive du Gounoung Batou, à l’est des localités Gounoung bouleud I et IT (No. 1770) affleure sur une plus grande étendue; ce mont se compose de grès quartzeux au Nord et au Sud seulement; partout ailleurs, il consiste en roche éruptive. Le Gounoung Batou, la ,,diorite” du Tu Peundeui, la roche gabbroïde du cours supérieur du Ti Sarouwa et celle du Tni Hara, près Lébaktoundoun, sont placés dans une direction de 154; toutefois, sous le rapport pétrographique, ces roches diffèrent trop l’une de l’autre pour qu'on puisse les considérer comme parties d’une seule et même couche. On a encore recueilli, dans ce terrain:
Des grès quartzeux, à l’ouest de Tilimous, au point de croisement des routes de Tulimous à Tiipeundeui et de Tiilimous à Mountiang (No. 1785).
Des grès quartzeux près Lébaktoundoun (No. 1788). Des grès silicifiés (roche siliceuse) dans le Ti Mandiri, au nord de Tiüasahan, sur la route de Tüibarengkok (No. 1791).
Des fossiles n'ont été rencontrés que dans le calcaire marneux sombre, schisteux No. 1780 et la roche schisteuse (calcaire marneux
RS ee — ENS
siicifié) No. 1781 du Tu Peundeui, affluent du Ti Asahan. Cette dernière roche contient uniquement des sections de nummulites altérées et dissoutes
pales eaux, Ndont D—"3/mm, Ep. —\2/mm.;ule calcaire marneux No. 1780 renferme un très grand nombre de grandes orbitoïdes, dont Dr mo, ép— 2m, etde petites dont D'—=’bmmetiép. — 11
à 2 mm.; toutes appartiennent à l’un des sous-genres Discocyclina, Rhipidocyclyna, Asterocyclina et Actinoclyna, à chambres médianes rectangulaires. Puis, des nummulites lisses, dont D. = 34, ép. = 2 mm; à 7 tours de spire et petite chambre centrale, ressemblant à la N. Baguélensis IT à petite chambre centrale, laquelle est probablement identique aux jeunes exemplaires de la N. javanus var. f.