‹ Description géologique de Java et MadouraChapitre 125 sur 244 · CR N · texte numérisé non relu

CR N

en roches de l'étage m,. Les roches du versant méridional au-dessus de Klangon sont des andésites à pyroxène et à hornblende (Nos. 359 et 360) parfois o/ivinifères (No. 361); elles ont été décrites à l’article Rembang.

B. ZLes roches miocènes.

L'étage brècheux m,.

1. Zerrain du Sud. “Youte la partie méridionale de Madioun est occupée par des brèches, des conglomérats et des grès de matériaux d'andésite, recouverts par du calcaire à la côte Sud. A l'Est, les brèches se rattachent au terrain brècheux des environs de Trénggalek, que nous avons appris à connaître dans la description de Kéëdiri; à l'Ouest, elles se prolongent vers la résidence de Solo. Mieux qu'en Madioun, on peut voir en Solo que les couches de cet étage sont plissées et qu'elles forment une succession de plis anticlinaux et synclinaux, qui probablement existent aussi en Madioun, mais qui y sont dans tous les cas difficiles à distinguer. A leur limite avec le calcaire, leur inclinaison est vers le Sud: elles inclinent au Nord toutefois près Ardiosari, et il est à remarquer que la ligne qui joint à l'est de Patütan les monts d’andésite décrits plus haut, est parallèle à la vallée de la rivière Patütan depuis Ardiosari jusqu'à Tégalombo, et parallèle ensuite à la limite du terrain brècheux et de la plaine, depuis Slahoung jusqu'à Sawou et plus loin encore, le lonswdu Wils m4 direction de :ces! lignes est du: S. W. au N. E,, et c'est là probablement la direction de diverses lignes de selles et bassins ; mais c'est aussi celle de rejets dans notre terrain brècheux, rejets dont l'existence ne peut cependant être démontrée qu’en quelques points seulement. Entre Slahoung et Ngraïoun, les couches descendent d’abord en. pente abrupte vers le S. E., probablement un bord de rupture ; puis, vers le Nord-Ouest, et au Sud de Ngraïoun, de nouveau vers le Sud ou le Sud-Est. Vers la frontière de Solo, la direction Nord-Est semble faire place à une direction plus orientale.

Epaisseur de l'étage. En général, le terrain brècheux est fort accidenté, et à proximité des limites de Solo et de Këdiri, il présente des sommets de plus de 1000 mètres de hauteur. Comme il n’est pas rare que les couches soient passablement horizontales, l'épaisseur de cet étage, qui nulle part d’ailleurs ne saurait être mesurée exactement, ne sera probablement pas de beaucoup inférieure à 1000 mètres..

La composition des couches est la même qu'en Kédiri; cependant on y trouve, non seulement des andésites à hornblende et des andésites à pyroxène, mais aussi beaucoup d’andésite quartzeuse en fragments inclus dans les brèches. C'est ainsi que près Slahoung, au contrefort septentrional du mont Diati kandang, on trouve de l'andésite quartzeuse (No. 355 et 356) en gros blocs qui y semblent, ainsi qu'on l'a déjà dit,

faire saillie dans les brèches sur un petit espace sous forme de masse continue; mais elle y apparaît également en fragments inclus dans ces mêmes brèches.

On a rencontré aussi de l'andésite quartzeuse (No. 362) parmi les fragments roulés de la rivière de Patiitan, en aval de Tégalombo, ainsi que dans les couches brècheuses près du village de Glonggong (No. 365) à la frontière de Solo.

On trouve ensuite, non loin de Tégalombo, une couche de calcaire (No. 363), comprise dans les couches de brèches et devenue entièrement cristalline ; néanmoins, en plaques microscopiques, elle présente quelques foraminifères distincts. Calciné, ce calcaire fournit une excellente matière pour la maçonnerie.

Une particularité de beaucoup de couches de ce terrain, c'est qu'il n'est pas rare qu'elles passent à des roches tuffeuses (No. 364) vertterne, excessivement altérées, qui rappellent d'anciens tufs à diabase, mais qui probablement proviennent toutes d’andésite.

Examen microscopique des roches.

No. 355. Andésite quartseuse de Slahoung. De petits prismes d'une roche éruptive altérée, gris-brun terne, dans lesquels on distingue de petits quartz porphyriques. Au microscope, on ne voit dans une pâte trouble que des cristaux porphyriques de quartz limpide et de feldspath terne. Le quartz y existe non seulement en grains arrondis, mais aussi en cristaux nettement délimités par des arêtes droites, et dont les sections hexagonales montrent distinctement la croix d'interférence entre nicols croisés. On ne trouve en inclusions dans le quartz que de petites paillettes de chlorite (?) d'un vert extrêmement clair, mais pas de bulles liquides. Les feldspaths sont entièrement zéolithisés et ne présentent pas de stries; une partie des sections rectangulaires est peut-être de la sanidine.

AUOT grossissement la pâte se résout en un agrégat de nombreuses particules de feldspath, de quartz, de magnétite et de fibres et lamelles brunes. Celles-ci proviennent peut-être d’augite ou de hornblende et paraissent consister maintenant en hydroxyde de fer; elles sont peu ou point pléochroïques. Il existe sans doute entre toutes ces particules un peu de verre limpide sous forme de membrane mince, mais il fut impossible de le distinguer du reste. La roche est une andésite quartseuse.

No. 356. Originaire également du contrefort septentrional du mont Diatikandang près Slahoung. En échantillons c'est une roche grisbleuâtre avec nombre de feldspaths ternes et des quartz limpides.

Au microscope, on voit une pâte terne et compacte, dans laquelle sont compris un très grand nombre de plagioclases porphyriques, partie en sections rectangulaires nettement délimitées, partie en cristaux délimités irrégulièrement. On ne put découvrir de la sanidine avec certi-

tude. Du quartz en sections limpides arrondies où à angles aigus, sans inclusions liquides lui aussi, mais seulement avec quelques interpositions de chlorite (?) incolore ou vert-clair. De gros cristaux de hornblende, entièrement décomposés en chlorite. Probablement aussi de l’augite chloritisée. Enfin du mica magnésien brun, en sections fortement pléochroïques, présentant aussi un commencement de transformation en chlorite. De l’ilménite, partiellement métamorphiséé en une leucoxène blanc brunâtre terne et trouble. Comme produits de décomposition, de la chlorite, du calcédoine, de l’hydroxyde de fer, de la leucoxène. La pâte consiste en microlithes de feldspath très fins, minerai de fer, produits de décomposition (hydroxyde de fer etc.) et peut-être un peu de verre. La roche est une andésite à hornblende quartzeuse quelque peu altérée.

No. 357. Fragment d’une brèche, roche noir sombre, à grains fins, avec plagioclases brillants et augites foncées. Pris à proximité de la limite entre Madioun et Kédiri, sur la route de Slahoung à Ngraïoun. Au microscope, on voit de grands plagioclases porphyriques limpides, de l’augite vert-clair, probablement aussi de l’hypersthène, mais transformé en totalité en un minéral fibreux, pléochroïque de la bastite peut-être. Des formes cristallines plus grandes encore, délimitées de façon irrégulière, et remplies de calcédoine, de spath calcaire et d'hydroxyde de fer, doivent probablement être prises pour de l’olivine. Une pâte à fins cristaux de plagioclase, d'augite et de magnétite, le plagioclase en individus ayant la forme de longues baguettes, comme ce-la se présente d'habitude dans les basaltes. C’est un Dasalte altéré.

No. 362. Caillou roulé de la rivière Patutan, au poteau 214, en aval de Tégalombo. En échantillons, gris-terne avec beaucoup de feldspaths ternes et quartz limpides. Au microscope, la roche contient beaucoup de feldspath, rien que du plagioclase à ce qu'il paraît; puis des quartz limpides sans inclusions liquides. Quelques grandes sections, totalement décomposées en chlorite, proviennent probablement d’augite. De la magnétite. La pâte contient des fibres de plagioclase, beaucoup de chlorite, de l’hydroxyde de fer, un peu de calcaire spathique et nombre de petits globules, à structure radiée, de fibres de calcédoine blanc terne qui proviennent probablement d'une décomposition du verre acide de la roche. Entre nicols croisés ils montrent la croix noire d’une manière très nette. C'est une andésite quartzeuse altérée.

No. 363. Originaire du four à chaux de Tégalombo. La couche calcarre s'élève bien au-dessus du lit de la rivière, de 20 à 30 m. au-dessus du niveau de celle-ci, et sur la rive gauche. A l’œil nu, c'est un calcaire blanc grisâtre et, comme on l’a dit déjà, entièrement cristallin. Néanmoins, en plaques microscopiques, on peut y voir des sections de lithothamnium,

des rotalinidées, des amphistégines et de petites orbitoïdes à chambres médianes en forme de spatule, tout comme dans les autres calcaires miocènes. Enfin, quelques cristaux de pyrite.

No. 364. Une roche brècheuse vert-terne fort altérée, prise non loin de Tégalombo au poteau 27. Au microscope, on n'observe que quelques fragments isolés de feldspath et de quartz dans une pâte fine de microhthes de feldspath, de chlorite et de calcaire spathique. C'est un tuf d'andésite fort altéré. |

No. 367. Fragment d'une brèche du Gg. Larangan, au Sud-Ouest de Ponorogo. En échantillons, il est gris-verdâtre terne, avec hornblendes et feldspaths. Dans la plaine de Ponorogo et à proximité de la chaîne brècheuse, s'élèvent diverses petites éminences isolées qui consistent aussi en brèches et en tufs d’andésites. Dans le nombre, entre autres, deux petites collines au S. W. de Tamansari (au Sud de Ponorogo), une petite colline près Slahoung au Nord du mont Diati kandang, le Gg. Larangan au S. W., le Gg. Srandil à l'Ouest et le Gg. Manggué au N. W. de Ponorogo. La roche No. 367, de la brèche du Gg. Larangan, se reconnaît au microscope pour une andésite à

hornblende altérée. En cristaux porphyriques, rien que du plagioclase, zéolithisé en partie, et de la hornblende verte. Pâte de particules de feldspath, d’augite, de magnétite, de chlorite et de calcaire spathique.

2. Colline brècheuse au pied septentrional du Lawou. La colline Ngliliran, sise au pied Nord du Lawou, consiste en brèches, avec fragments d'une roche éruptive qui, en échantillons, est gris-clair et présente des aiguilles de hornblende, noires et brillantes.

Le Gg. Ngliliran est situé au Nord du Gg. Warak, consistant en andésite à hornblende, et il se trouve, comme cette dernière montagne, isolé au milieu des produits volcaniques. Les fragments de la brèche (No. 368) sont aussi de /'andésite à hornblende, avec beaucoup de hornblende brun verdâtre et verte, partie avec rebord foncé et partie sans ce bord. De l'augite en moindre quantité, de la magnétite, des plagioclases d'une belle limpidité; une pâte microlithique ordinaire, avec peu de verre et un peu d'hydroxyde de fer.

3. Terrain du Nord. Les brèches et les roches de la chaîne frontière du Rémbang, que nous rattachons à l'étage m,, et la roche (No. 369) qui provient de cette section ont déja été décrites en détail à la résidence de Rémbang. La position des couches à été figurée au profil No. X. L'épaisseur de cet étage compte ici de 800 à 900 mètres.

L'étage marneux m,.

1. Zerrain du Sud. Les couches supérieures du terrain brècheux méridional deviennent assez souvent plus fines, arénacées en même temps que calcareuses, et elles passent ainsi à des marnes, qui sont recouvertes alors par le calcaire de la côte Sud.

Sur la carte, on n'a pu les séparer des brèches, vu que leur épaisseur et leur étendue superficielle ne sont pas bien considérables.

2. Terrain du Nord. Les couches de la chaîne frontière de Rémbang, qui recouvrent les calcaires, ont déjà été décrites plus haut à propos de la résidence de Rémbang ainsi que les roches (Nos. 370 à 373) originaires de ces couches. Ce sont en grande partie des marnes arénacées, des grès d’andésite calcarifères, qui parfois, en perdant leur teneur en chaux, passent à des grès ordinaires, ainsi que des calcaires marneux. Ces derniers, à Ngawi entre autres, ressemblent beaucoup par leur forte teneur en chaux aux roches de l'étage m,, auxquelles ils pourraient bien appartenir peut-être puisqu'ils forment les couches supérieures de la série. En d’autres points, plus à l'Ouest, à Sondé par exemple, on trouve, comme couches supérieures, des marnes ordinaires avec de beaux fossiles (Nos. 375 et 376), en partie analogues aux fossiles de l'étage m, (miocène supérieur) des Régences du Préanguer. M. MARTIN toutefois (Beiträge zur Geologie Ost-Asiens etc. V. p. 24 et 35) les range dans le terrain pliocène à cause de la forte proportion des espèces actuellement encore vivantes. Comme ces couches, tant par leur position que par leur nature pétrographique, correspondent entièrement aux couches miocènes plus profondes, on n’a pu les représenter séparément sur la carte géologique, mais on a du les réunir avec m,.

Ces couches ont été coupées aux profils Nos. X et XI. Elles vont en pente douce vers le Sud, ont une épaisseur de 300 mètres au plus (vraisemblablement moindre), et sont recouvertes par des dépôts quaternaires.

L’étage calcareux m,.

1. Zerrain du Sud. Le long de toute la côte méridionale de Madioun, s'étend une chaîne calcaire, interrompue seulement par l’alluvium des rivières Lorok et Patiitan. Les couches calcaires sont directement superposées à des brèches de l'étage m,, dont les couches supérieures peuvent, comme on l'a dit, devenir finement grenues, sableuses et marneuses, et peuvent être rattachées à notre étage m,, bien que l’épaisseur de cet étage n'y soit pas très forte. En général, la direction de ces calcaires est de l'Ouest à l'Est; la pente, peu accusée, est au Sud, bien qu'il se présente aussi Ççà et là, par suite de plissements, une inclinaison vers le Nord. Le calcaire renferme des grottes nombreuses, parmi lesquelles celle de Kalak, au Sud-Ouest de Pounoung, a acquis la plus grande notoriété. Dans la chaîne calcaire disparaissent nombre de rivières, la plupart petites, quelques unes plus importantes, qui poursuivent leur cours sous terre, probablement à la limite des brèches et du calcaire ou à celle du calcaire &t des marnes. L'une de ces rivières c’est le Kouripan, déjà cité plus haut, qui a son embouchure à la baie de Kouripan.

Epaisseur de l'étage m,. Par suite des inégalités de la surface des brèches sous-jacentes, l'épaisseur de cet étage est très variable; elle

est faible d'ordinaire au bord septentrional et devient plus forte vers le Sud; le maximum d'épaisseur n'y dépasse pas 300 à 350 mètres.

Roches de l'étage m,. L'étage m, est constitué en totalité par du calcaire, généralement plus ou moins marneux par addition d'argile et de particules de feldspath et d’augite quelque peu altérées et originaires d’andésite; parfois même il s'y trouve englobés des fragments plus gros ‘de cette ‘roche Maison rencontre ‘aussi ça etwlè des calcaires très purs et devenus entièrement cristallins, entre autre au hameau de Watou toumpang de la désa Padi, au Sud du mont d’andésite Sépang (No. 377).

Duisendgeberote. Dans le terrain calcaire à l'Ouest de Pounoung, la roche est généralement plus tendre et plus marneuse que plus à l'Est; c'est sans doute à cette circonstance qu'il faut attribuer que ce calcaire est érodé à la surface d'une façon très bizarre. En effet, à Patutan commence le Gg. Sewou ou le Duizendgebergete (les Mille montagnes) qui se continue depuis cet endroit à travers Solo jusqu’en loguia. À la surface, on voit ici des milliers et des milliers de petits sommets coniques, situés l’un à côté de l’autre dans la plus grande irrégularité, entre lesquels apparaît parfois la marne sous-jacente, surtout près de la limite septentrionale du calcaire. Si l'on suit la plaine depuis Patütan vers l'Ouest jusqu'au village de Podiok, la route de Pounoung monte bientôt en pente très abrupte sur les brèches, et plus loin sur le calcaire jusqu'à 300 mètres d'altitude. De cet endroit on a une vue superbe sur la baie et sur la vallée de Patitan ainsi que sur les monts calcaires situés en face, à l'Est de cette localité. De ce point jusqu'à Pounoung, la route suit sensiblement la limite du calcaire et des marnes, et les nombreux petits sommets de calcaire apparaissent bientôt à l'horizon. A Pounoung, on voit des marnes dans les sawahs, et aux alentours les petits cônes calcaires, ainsi qu'on l'a représenté dans EEE

Au delà de Pounoung, vers Glonggong, sur la frontière de Solo, la route passe en partie sur des marnes, en partie entre de petites cimes calcaires, reposant isolément sur les marnes et s'élevant de 20 à 60 mètres de hauteur. A Glonggong, le calcaire repose sur des brèches renfermant en inclusions des blocs d'andésite quartzeuse (No. 365) et qui inclinent faiblement vers le Sud.

ÆExamen microscopique des calcaires de l'étage m.

No. 377. Un calcaire cristallin du doukouh Watou toumpang appartenant à la désa de Padi, au Sud du mont d’andésite Sëépang. Il est, devenu entièrement microcristallin et ne contient plus de foraminifères reconnaissables.

Un fossile (No. 378) du calcaire, trouvé sur la route entre Lorok (Ngadirédio) et Patitan, et une grande collection de fossiles des couches

supérieures recueillie au village de Sondé, sur la rivière Solo, (No. 375), ont été envoyés à Leyde pour y être déterminés. Le fossile No. 376 est aussi originaire de Sondé.

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