C. Dépots quaternaïres et modernes
Aux dépôts post-tertiaires appartient une bande étroite alluviale de sable marin et d'argile marine, située le long de la côte, ainsi que les sédiments quaternaires et modernes des rivières Diouwana et Sérang et de leurs affluents.
A proximité de la chaîne calcaire, la vaste plaine de ces dernières rivières consiste en argile brune avec quelques fragments de calcaire. Ce sédiment y est d’abord fort mince, mais vers le Nord il devient de plus en plus épais; et près de la rivière Diouwana, il est recouvert
par une argile, dont la teinte varie du gris-foncé au noir, et dans laquelle se montrent de nombreuses coquilles d’eau douce d'espèces encore actuellement vivantes. Au passage de la rivière, sur la route de Kaïen à Pati, on a recueilli les mollusques modernes No. 435, qui ont été expédiés à Leyde. Au nord de la rivière, on arrive bientôt dans les tufs du Patiaïam, qui penchent doucement au Sud et dans lesquels existent des ossements fossiles. Ces tufs aussi ont été en partie déposés, sinon sous l’eau, du moins grâce au concours des eaux des rivières qui descendaient du Patiaïam; et ils doivent, à proprement parler, être considérés comme des sédiments quaternaires, bien que nous les ayions décrits en même temps que le volcan Patiaïam lui-même.
La vallée de la Diouwana existait déjà à l’époque quaternaire, et le Sérang était alors réuni avec la rivière Diouwana. Il est probable que la mer recouvrait d’abord cette vallée ou cette plaine et que le Mouriah formait alors une île. Plus tard cette mer peu profonde fut comblée lentement par les atterrissement des rivières Sérang et Diouwana et de leurs affluents, ainsi que par les déjections les plus récentes du Mouriah et du Patiaïam, qui ou bien retombèrent directement dans la mer, ou bien furent entraînées par de petites rivières et ainsi transportées vers la mer. Celle-ci fut par là lentement refoulée, et 1il ne resta dans la plaine, comme canaux de décharge, que les deux rivières précitées qui continuèrent à charrier du limon et finirent par recouvrir les dépôts marins plus anciens. L’argile marneuse jaune située à l'altitude de 60 à 85 mètres près du massif calcaire, a probablement été apportée par les petites rivières de la chaîne calcaire elle-même; et bien qu'elle offre assurément une grande différence avec l'argile moderne noire de la vallée marécageuse et très basse de la rivière Diouwana, il est cependant extrêmement difficile de tracer sur la carte une limite exacte entre les sédiments quaternaires et modernes. En effet, au point de vue topographique, ils passent très graduellement les uns aux autres. Aussi, la limite établie sur la carte entre #w. (quaternaire) et à (alluvium) sert-elle plutôt à indiquer en général la limite entre les sédiments post-tertiaires anciens et récents de la plaine, qu'à donner un tracé net de la limite géologique entre les terrains quaternaire et moderne.
A l'exception des mollusques modernes d’eau douce cités plus haut et des ossements fossiles de mammifères quaternaires dans les tufs du Patiaïam, les dépôts de la plaine n'ont pas fourni de fossiles. Il n'existe donc pas de preuves directes de l'existence antérieure d’une mer au-dessus de la plaine, car on n'a pas encore rencontré, sous les sédiments des rivières, des dépôts à fossiles marins.
Puits artésien de Diouwana. On a foré à Diouwana un puits artésien, qui a atteint la profondeur de 116 mètres; mais ce travail a été inter-
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rompu parce qu'il ne venait à la surface que de l'eau salée mélangée de gaz inflammables. (Jaarb. Minwezen 1881 IT p. 247). On n'a pu reconnaître aux échantillons amenés par le forage si l'on avait déjà atteint les marnes tertiaires, mais ceci est assez vraisemblable, puisqu’en d'autres endroits de Java l’eau salée a toujours apparu lors du forage dans les couches tertiaires.
Les les Karimoun diawa.
(Voir carte géol. 1 : 200,000, Feuille À VI)
Je n'ai pas eu le loisir de visiter ce groupe d'îles. Néanmoins j'ai reçu de M. l'inspecteur des forêts S. H. KOORDERS les échantillons de roches qu'il a recueillis lui-même dans ces îles et je les ai soumis à un examen minutieux. Il a communiqué le résultat de ces observations dans son ,,Verslag van eene dienstreis naar de Karimoen djawa-eilanden Met eene kaart en twee profelen.” Nat. Tijdschr. v. Ned. [ndié. TomerXE VIN 688 bp ner 0:
La plus importante de ces îles, celle qu'on nomme Karimoun diawa ou Groot (Grand)-Karimoun, consiste en roches qu'on ne trouve pas à Java, mais bien à Bangka et à Billiton. Ceci n'a rien d'étonnant, puisque cette île se trouve sensiblement dans le prolongement de l'axe longitudinal de Bangka. Le détroit entre Bangka et Billiton (Blitong) se trouve exactement au N. W. de Karimoun diawa, et si on prolonge cette ligne plus loin vers le N. W., on aboutit à Malakka en passant par l'archipel des Lingga. (Voir carte No. 1). En tous ces points, on trouve des roches anciennes, granites, quartzites et schistes argileux sans fossiles, mais à filons de quartz et le plus souvent avec une certaine teneur en minerai d'étain. Toutefois on n'a pas encore rencontré de granite ni de minerai d'étain dans les îles Karimoun diawa. Ainsi qu'on le sait déjà par ma description de la côte occidentale de Sumatra, la direction N.W.—S.E. est aussi celle de la grande île de Sumatra. La ligne qui joint Malakka à Karimoun diawa, est donc parallèle à cette île, et les îles Lingga, Bangka, Blitong et Karimoun diawa sont les sommets émergés d’une chaîne de montagnes, formée de roches anciennes, laquelle a la même direction que Sumatra. Nous devons y voir le résultat d'un même plissement, par lequel, longtemps avant l'époque éocène, des roches de la croûte terrestre se sont élevées au-dessus de la surface de la mer et restèrent ainsi en partie hbres de toute couverture de sédiments plus jeunes.
L'archipel des Karimoun diawa est le point le plus méridional où viennent au jour les roches anciennes de la ,,ligne de relief de Sumatra.” Il est probable que celles-ci existent aussi à Java, mais elles y sont recouvertes par des dépôts plus récents.
Selon la carte marine la plus récente (Côte septentrionale de Java Feuille IV, échelle 1 : 200,000), l'archipel s'étend, depuis Poulou Katang à l'Ouest jusqu’à Poulou Guénting à l'Est, sur une étendue de 27 milles marins ; et depuis Poulou Béngkouang au Nord jusqu’à Poulou Méndiangan bésar au Sud, sur une distance de 10 milles marins. L'île principale Karimoun diawa est située, en direction Nord-Ouest, à 42 milles marins de la côte Nord de Diapara près Poulou Mandèliké. Elle est inontagneuse et, sur tout son pourtour, le sol s'en relève fortement de la côte vers l'intérieur. Selon M. KOORDERS, le sommet le plus élevé, le Gg. Pasaréhan, a 392 mètres de hauteur; la nouvelle carte marine assigne cependant une hauteur maximum de 506 mètres à l'île. Il serait difficile de dire lequel des deux nombres est le plus exact; la première hauteur a été déterminée par le baromètre; la seconde, par des relèvements pris de la mer, de sorte que les deux résultats peuvent être fautifs.
L'île de Këmoudian, située au Nord de Poulou Karimoun, s'élève à 114 mètres dans sa partie méridionale, mais elle est beaucoup plus plate dans sa partie septentionale. Aux deux îles nommées plus haut, succèdent par ordre de grandeur Poulou Parang, Poulou Guënting, Poulou Niamouk et Poulou Béngkouang; les autres sont plus petites.
Consistent en roches sédimentaires anciennes :
1. Poulou Goundoul, une petite île dans la partie Nord-Est de l'archipel.
2. Poulou Bengkouang, mais seulement à la côte du Nord; la partie méridionale consiste en calcaire corallien, recouvert par du sable marin.
3 et 4. Poulou Këémoudian avec la petite île voisine de Pouwlou Mritian.
5 et 6. Poulou Karimoun diawa, avec la petite île voisine de Poulou Patou.
7. Poulou Méndiangan besar, à l'extrémité sud seulement; le reste consiste en calcaire corallien et en sable marin.
L'expédition de M. KOORDERS a jeté peu de jour sur la disposition de ces couches; en général, elles semblent très redressées; à la pointe Sud-Est de Poulou Kémoudian, à l'Oudioung Lemou, M. KOORDERS donne pour l'inclinaison 65° vers le N.N.E. à peu près, de sorte que la direction y serait donc sensiblement E.S.E. ou 112°4.
Roches. Les deux îles principales consistent en couches alternantes de quartzites gris très durs et de schistes argileux de teinte gris-clair à gris-sombre, les uns et les autres à nombreux filons de quartz (Cat. KOORDERS Nos. 1 à 34).
Quelques-unes des roches sont moins compactes, gréseuses, et les quartzites altérés aussi sont parfois incohérents et friables, et commencent alors à ressembler à des grès. Nulle part on n’a découvert de trace
de pétrifications: M. KOORDERS n’a pas davantage trouvé de minerai d'étain, ni dans les filons de quartz, ni dans l'alluvium.
Le basalte se montre dans les îles :