‹ Description géologique de Java et MadouraChapitre 137 sur 244 · Le Gg. Oungaran · texte numérisé non relu

Le Gg. Oungaran

L'Oungaran forme un cône tronqué dont le large sommet est constitué par la moitié méridionale d’un vaste rempart annulaire de 2.8 kilomètres de rayon; le long de ce cirque se trouvent les sommets Boutak koulon (2050 m.), Boutak wetan (2031 m.) et Souroloïo. A l’intérieur du cirque et un peu au Sud-Est du centre, il existe probablement un point d’éruption plus récent, mais on ne peut en reconnaître, sur la carte topographique, la forme exacte.

Sur le manteau, existent du côté Nord deux petits cônes parasites, nommés Gg. Mounding et Gg. Ampel selon la carte topographique; ce sont probablement deux points d’éruption établis sur une coulée de lave. Au Sud-Ouest de.la montagne se dressent divers sommets. D'abord, le Gg. Këndalisodo au Nord d’'Ambarawa, qui cependant n’est pas constitué de matériaux néo-volcaniques, mais de brèches plus anciennes; ce monticule est le prolongement du Gg. Païoung près Salatiga (voir plus haut). Vient ensuite le Gg. Ngrawan et quelques autres. cimes à l'Est d'Ambarawa, dans l’enclave Ngasinan de Solo. Ces sommets me semblent être des points d’éruption établis sur une grande coulée de lave, qui fut émise par l’Oungaran en direction Sud-Est et que l’on peut voir dans la vallée de la rivière Tountang près de la station Tountang et dans la tranchée voisine de la voie ferrée (No. 467). Cette coulée de lave est encore bien à découvert plus en aval dans le lit de la rivière Tountang, à la limite du terrain tertiaire, où la rivière passe en cascade par dessus le basalte de couleur sombre (No. 468); l'épaisseur de la coulée y est au moins de 10 mètres.

Les produits volcaniques meubles s'étendent, à partir de Tountang, bien loin encore vers l'Est; là, dans une ancienne vallée du terrain tertiaire, ils ont continué leur mouvement à l’état de pâte chargée de pierres, et on peut les suivre jusqu'à mi-chemin des haltes Bringuin et Gogodalém. Ils rejoignent ici les produits volcaniques du Mérbabou, qui ont également coulé jusque là sous forme de pâte en passant par Salatiga ; à Gogodalém en effet, on ne peut voir des coulées de lave, mais rien que des matériaux incohérents. Avant que la rivière Tountang eût affouillé les matériaux volcaniques de Tountang jusqu’au niveau actuel, la plaine d’'Ambarawa n'avait aucune décharge, puisque du côté Sud aussi elle était enfermée de toutes parts. La plaine devait donc nécessairement s'inonder par les rivières qui y affluaient de tous les côtés et former un lac, ce qui est confirmé d’ailleurs par la forme parfaitement plate de ce haut-plateau.

Au versant Sud de lOungaran sont situés les temples hindous de Guëdong songo, partie sur le territoire de Këdou, partie sur celui de Sémarang. Il y apparaît, dans la vallée de la petite rivière frontière, quelques sources thermales et quelques solfatares peu importantes qui amènent à la surface de l’eau chaude et de l’anhydride sulfureux. On trouve encore quelques sources thermales aux environs de Médini, au flanc Nord de la montagne.

Roches. LORIE a décrit comme basaltes et andésites à hornblende les roches récoltées par JUNGHUHN sur l’Oungaran. Mais dans le nombre, 1l y aura peut-être des roches tertiaires anciennes, car JUNG- HUHN rattache au manteau du volcan les brèches et les conglomérats du terrain tertiaire jusque près de Sémarang. J'ai trouvé d’ailleurs les

mêmes roches que LORIE; mais les roches à hornblende étaient toutes incluses dans les couches tertiaires, et les basaltes dans le manteau même du volcan.

No. 560. (Solo). Gg. Ngrawan, dans l’enclave Ngasinan de Solo, non loin de Tountang. Roche noir-foncé, finement poreuse. Au microscope, on voit de gros cristaux d’augite, du plagioclase, de la magnétite et beaucoup d’olivine, totalement décomposée en serpentine. Pâte des mêmes éléments sans olivine et presque sans verre. Basalte ordinaire.

No. 467. Divers échantillons de la tranchée de la voie ferrée dans la coulée de lave près Tountang. Ce sont pour la plupart des roches à grain fin et toujours de teinte noire. Quelques portions en sont compactes, mais le plus souvent elles sont plus ou moins poreuses. Au microscope, on les reconnaît toutes pour des basaltes avec plus ou moins d'olivine; les petites olivines sont serpentinisées et vert-terne, les grandes au contraire sont encore tout-à-fait fraîches. Ü

No. 468. Echantillon récolté à la cascade de la rivière Tountang, par-dessus une coulée de lave de 10 mètres d'épaisseur au moins. Roche noir-foncé, compacte et à grain fin. C’est encore un basalte avec de l’olivine encore partiellement fraîche.

No. 469. Petits cailloux roulés, des tufs volcaniques qui, entre les haltes de chemin de fer Bringuin et Gogodalém, recouvrent les marnes tertiaires, en stratification sensiblement horizontale. Ce sont tous des basaltes, avec de l’olivine décomposée en grande partie.

Page 1