Le Prahou
La partie méridionale de ce grand volcan se trouve en Banioumas et Baguëlen; la partie septentrionale, en Pékalongan et Sémarang:; et une faible portion du flanc oriental, en Kédou. Le Gg. Prahou constitue un terrain volcanique très intéressant, portant un grand nombre de cratères, grands et petits, que l’on saurait toutefois décrire difficilement avec quelque précision sans avoir à sa disposition une carte exacte, dressée au moins à l'échelle 1 : 20.000, avec coùrbes de niveau de 10 en 10 mètres. La carte du service topographique a été dressée à une échelle trop petite, I : 100.000; celle de JUNGHUHN est dans le même cas (1 : 40.000), et de plus, elle n’est pas très exacte, le dessin des montagnes surtout laissant beaucoup à désirer; mais cette dernière carte est néanmoins la meilleure que nous possédions du Gg. Prahou, et elle peut servir à s'orienter dans la plupart des points; il faut ajouter toutefois que tous les cratères n’ont pas été figurés par JUNGHUEHN.
On trouve comme carton, joint à la feuille III de mon ,,Oudheidkundige kaart van Java” annexée au tome XLVI (1891) des ,,Verhandelingen van het Bataviaasch Genootschap van Kunsten en Wetenschappen,” une carte de la plaine près du village de Diëng, qu'on appelle le plateau de Diëng; elle est dressée à l'échelle 1 : 10.000. C’est une copie réduite d’une carte qui a été construite par M. l'ingénieur Cr PER en18067.
Enfin, il a paru dans le ,,Tidschrift voor Indische Taal-, Land- en Volkenkunde” tome XXXV 1892 p. 215 à 222, une description sommaire de la chaîne de Diëng, par M. le contrôleur J. J. VERWIJK; il y est annexé une carte à l'échelle r : 50.000.
L’arête propre du Gg. Prahou, à l'altitude de 2565 mètres, fait partie d'un cirque annulaire de 4 kilomètres de rayon; sur cette circonférence se trouvent le Gg. Bismo (2365 m.), le Gg. Nogosari et le Gg. Képakisan ou Gadia moungkour, sur la frontière entre Banioumas et Pékalongan. Ces montagnes sont probablement toutes des fragments d’un ancien bord de cratère effondré. Vers l'extérieur, la montagne a presque partout la pente régulière des volcans; mais, vers l’intérieur, le bord descend en pente abrupte. Le versant extérieur du Gg. Bismo
peut se suivre vers le Sud, jusque Wonosobo et Paguëntan; celui du Gg. Prahou se continue au Nord bien loin à l’intérieur de Pékalongan. A l'intérieur du cirque, on ne peut plus voir grand chose du fond primitif du cratère, car il est recouvert partout par des cônes d'éruption - plus récents; on ne peut y rapporter que le plateau de Diëng (Planche No. 9), situé à 2050 mètres d'altitude, donc à 515 mètres en-dessous du plus haut point du dos plat du Prahou. Ce fond primitif, sur lequel on a construit des temples à l’époque hindoue (env. 800 ans après J. C.), était de 2 mètres plus bas qu'à présent; il a été exhaussé par des particules d'argile et de sable, que divers cours d’eau ont descendues des montagnes voisines, et peut-être aussi, pour une partie, par de la cendre volcanique qui a été projetée plus tard. Ces dépôts ont mis obstacle à la décharge des eaux du plateau; et c'est pour y porter remède que déjà les Hindous avaient creusé un canal qui conduisait des temples d’Ardiouno, comme on les appelle, dans une direction Nord-Ouest vers la partie supérieure de la vallée du Dolok.
La partie centrale de ce plateau est à présent encore marécageuse ; la rivière Toulis, qui vient du Gg. Prahou et qui forme la limite des déux résidences Banioumas et Baguëlen, se dirige d’abord vers le petit lac Baleh kambang, situé dans la partie marécageuse; puis elle prend au Sud. et ensuite à l'Ouest» vers’ le” petit lac Térous;’entin, poursuivant son cours, vers l'Ouest ou le Sud-Ouest, elle se joint au Seraïou, qui prend également sa source sur le Gg. Prahou.
La plaine de Diëng a la forme d’une poire ; la plus grande longueur estde 1800 mètres, la plus grande largeur, à la hauteur du pasanggrahan (donc, dans la partie septentrionale) est ‘de 800 mètres. Partout où elle n’est pas marécageuse, la plaine est couverte d’herbages; éclairée par les rayons du soleil, elle forme avec les montagnes environnantes un ensemble joli et riant. En temps de pluie, il y fait au contraire très froid et très désagréable,
Dans l'intérieur de cette circonférence de 4 kilomètres de rayon, dont le centre se trouve au Gg. Pangonan, on rencontre un très grand nombre de points d’éruption récents, des solfatares et des sources thermales. Comme une description réellement complète du volcan Prahou ne sera possible que lorsqu'on en aura dressé une carte topographique détaillée, nous ne pouvons, même pour compléter ce que JUNGHUHN a écrit sur cette montagne, que faire une simple mention de quelquesuns de ses éléments essentiels.
Les points d'éruption principaux sont:
1. Le Paguër kandang (nommé Pagér Këndëng par JUNGHUHN). Se trouve dans la partie septentrionale et présente un cratère en forme de cuve, d’une centaine de mètres de profondeur et d’un diamètre de 600 mètres environ (Planche No. 10). Au versant septentrional de ce
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mont existent des solfatares et dans le cratère lui-mêmé se trouve le village de Paguër kandang.
2. Le Zelogo Lérri est un lac situé entre les cimes Paguër kandang, Nogosari et Pangonan, dans un terrain bas, qui est probablement un ancien fond de cratère; ce terrain est entouré d’un cirque dont, à ce qu'il me semble, on peut voir encore des restes près du sommet Gadia moungkour ou Këpakisan ainsi que du côté du Pangonan. Près du lac jaillissent des sources thermales.
3. Le’ Go. Pangonan. Un cône à double cratère, situé au centre denl'incientemmuendetPrahou:le-cratère du ‘Sud: esta sec ;tilrna ancune décharge, sauf sous terre. Le cratère du Nord contient un lac, le Télogo Mérdodo (Planche No. 11), qui au Sud présente une décharge vers la rivière Toulis.
Aux pieds Sud et Sud-Est du Pangonan existent diverses sources thermales et solfatares; l’une de ces sources, la Kawah kidang, nommée par JUNGHUHN Tiondro di moeko, a projeté en janvier 1883 de grandes masses d’eau bouillante, mélangée de boue grise, jusqu'à une hauteur de plusieurs mètres. En novembre 1889, l'aspect de cette source avait totalement changé; on n’y observait plus qu'une activité faible, notamment le dégagement d'un peu de vapeur d’eau; il en fut de même en septembre 1893.
4. Le Gg. Serodio est un point d’éruption effondré; de la portion méridionale, il reste encore un fragment avec le Gg. Sërodio; au Nord de celui-ci, se trouve la portion Sud d’un bord plus petit, avec le petit lac Tiébong et le village Simboungan.
5. Le Go. Prambanan (Pakouwodio) est un point d’éruption distinct, situé entre le Sérodio et le Këndil; sur la carte de M. VERWIJXK, ce mont est appelé Brambangan, et cette dénomination est probablement plus exacte. Au sommet, le Prambanan porte un cratère double avec une aiguille d’andésite pointue et abrupte sur le dos de jonction; on la nomme le ,,pakou wäadia”’, (clou d’acier, Planche No. 11) et ce nom est donné non seulement au cratère, mais à toute la montagne.
Au sentier situé entre le Pakouwodio et le dos Gg. Këndil, au point le plus élevé de larête qui réunit les deux cimes, se trouvent encore deux puits de cratère, très petits, profonds et très escarpés, sans activité volcanique pour le moment.
6. Le Xeéndril, au Nord du Pakouwodio, est un point d’éruption effondré à bord de cratère en fer à cheval, dans lequel il existe une solfatare.
Les lacs peu profonds Wérno et Pénguilon, ainsi que le petit lac Térous dont nous avons parlé tantôt, ne sont pas des lacs de cratère distincts, mais des restes du grand lac qui jadis occupait la plaine de Diëng. Il faut aussi considérer le lac Baleh kambang et ses alentours
Non
BESCHRIJVING VAN JAVA EN MADOERA.
GEOLOGISCHE
Het meer Mérdodo, kratermeer in den Pangonan (Diëng-gebergte), Banjoemas.
marécageux Comme un restant de cette vaste nappe d’eau. Les teintes blanc-verdâtre et jaune des lacs Wéërno et Térous sont produites par du soufre, originaire des solfatares peu importantes qui apparaissent dans ces lacs.
7. Le Tèlogo Mëndièr se trouve au versant méridional du Gg. Sérodio, bien loin en dehors de l’ancien cirque d’effondrement, donc au versant extérieur de l’ancien volcan Prahou. C’est un lac circulaire, entouré de murs abrupts. Au Nord-Ouest de ce lac, 1l existe encore un monticule
à cirque en fer en cheval ouvert au Sud, qu'on distingue à peine sur la carte topographique. Il forme un point d'éruption indépendant.
Les points d’éruption situés près de Batour (Télaga Dringou, la vallée appelée ,,doodendal” ou vallée des morts etc.) se trouvent en dehors du domaine propre du Prahou, et nous les décrirons plutôt avec les points d’éruption de Banioumas.
Roches du Gg. Prahou. Parmi les roches recueillies par JUNGHUHN, LORIÉ (Bijdrage tot de kennis der Javaansche eruptiefgesteenten) a décrit une andésite à pyroxène micacée du Pakouwodio et un basalte, très pauvre en olivine, provenant d’une statue. M. BEHRENS (Beiträge zur Petrographie des Indischen Archipels IT) a trouvé, parmi les roches de Diëng, 5 andésites à pyroxène, dont quelques-unes à faible teneur d'olivine, et un seul basalte douteux.
Les roches du Gg. Prambanan (Pakouwodio de JUNGHUHN), que J'ai prises moi-même d’une pierre à inscriptions (batou toulis) située entre les lacs Wérno et Pénguilon et au bord du lac Tiébong, au Sud du Pakouwodio, sont toutes des andésites à pyroxène et à brotite. Il est donc probable que le volcan effondré Sërodio-Kéndil, avec le Gg. Prambanan et le cratère Pakouwodio, est constitué entièrement par cette roche, qui par sa teneur en mica, appartient aux espèces rares de Java.
Les roches du Pangonan, du Paguër kandang et des points d’éruption situés près de Batour, que nous décrirons en Banioumas, ne renferment pas de biotite; ce sont des andésites à pyroxène ordinaires, parfois à faible teneur en olivine.
No. 737. Du Gg. Prambanan. Echantillon gris-clair, rude au toucher.
No. 738. Du ,,batou toulis” (pierre à inscriptions), un gros bloc situé entre les lacs Wérno et Pénguilon. Roche gris-clair, de grain moyen, à cristaux de feldspath blanc terne et d’augite foncée.
No. 739. Du versant Sud du cratère Pakouwodio, près du lac Tiébong. Ressemble presque complètement à la roche du ,,batou toulis.”
Toutes ces roches contiennent une pâte de teinte claire, avec microlithes d’augite et de plagioclase, grains de minerai de fer et verre limpide. Dans cette pâte, de grands cristaux de plagioclase, d’augite et d'hypersthène, beaucoup de mica magnésien brun, de la magnétite et de l'apatite. A côté du plagioclase, il paraît exister aussi un peu de
SCHRIJVING VAN JAVA EN MADOERA.
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