Le Pénousoupan
C'est ainsi que nous appellerons désormais tout le contrefort antérieur occidental du Slamat, du nom d’une des cimes les plus importantes. Du Pénousoupan (1031 m.), une arête recourbée en arc de cercle se dirige au Sud par Sipétoung (971 m.), vers l'extrémité méridionale du lac Tëlaga randieng, à 1386 mètres, (le lac lui-même est à peu près à 1350 m. d'alt.) et l’arête Sémboung, sur la frontière de Banioumas. Ce sont probablement les bords occidental et méridional d'un cratère d’effondrement, dont la partie orientale n'est plus reconnaissable. Ce cratère avait un rayon de 4 kilomètres environ; à l'extérieur s'élèvent les cimes Gg. Tiga et Gg. Soumping, qui appartiennent peut-être à un cirque plus grand et plus ancien, mais dont il ne reste plus rien, grâce à une érosion violente.
À l'intérieur du cirque, et dans sa partie Nord-Ouest, s'élève le Gg. Gouti, probablement un point d’éruption indépendant.
Le lac, de forme allongée, qu'on nomme Télaga randieng, situé a 1350 mètres d'altitude, n’est pas un lac de cratère, mais la portion supérieure bouchée de la vallée Tii Hérang. A la suite d’un grand éboulement, il semble s'être édifié ici une digue dans le lit de la rivière, à la suite de quoi le cours supérieur s’est élargi peu à peu jusqu'à former un petit lac; celui-ci a maintenant une longueur de 14 kilomètre sur une largeur de 200 mètres seulement. Ce lac n’a pas de décharge directe; l’eau suinte, vers le Sud, à travers la digue en question, constituée de terre et de gravier, et elle forme au delà le Tii Hérang. D'après des sondages, la plus grande profondeur du lac n’est que de 14 mètres.
C’est seulement au Gg. Soumping qu'on trouve une paroi abrupte d'andésite compacte, qui paraît recouvrir les marnes situées plus au Nord. Toutefois, ceci n’est pas très nettement visible et 1l est possible que ce soit un ancien sommet d’andésite, qui fait saillie dans les marnes et dans le terrain volcanique. La roche ressemble d’ailleurs plutôt à une andésite volcanique récente et à la roche de Sipétoung; c'est pour cette raison que j'ai rattaché aussi le Gg. Soumping au volcan en question. Ou trouve ensuite principalement des produits fins, incohé-
rents, une argile, dont la teinte varie du jaune clair au brun, avec quelques rares blocs détachés; enfin, entre Tiilébour et Boumiaïou, se présentent des couches de lapilli, à fragments de ponce (No. 870). On a examiné les échantillons suivants.
No. 808. Roche en masse compacte du Gg. Soumping, gris clair et tant soit peu poreuse. Aundésite à pyroxène fraîche, commune.
No. 8og. Fragments originaires d'argile jaune, au pasanggrahan Sipétoung. Andésite à pyroxène fraîche, analogue à la roche précédente; contient quelques cristaux très petits d’olivine.
Jadis, les produits volcaniques du Pénousoupan recouvraient les marnes au Nord du Gg. Soumping sur une plus grande étendue qu'à l'époque actuelle, mais ils ont été enlevés par l'érosion. Cependant ils existent encore entre Lémpang et Boumidiawa ; mais, plus à l'Est, ils sont bientôt recouverts par les produits du Slamat. Depuis la imite de Banioumas, au défilé de Patougouran, on peut suivre les matériaux volcaniques le long de la rivière Pamali jusque près de Tandioungsari; ils décrivent alors un coude, le long du pied du Guëguër Tibodas, vers le village Tiondong et la vallée de la rivière Pédés; ici ces produits prennent de plus en plus le caractère de sédiments fluviatiles, avec des bancs de cailloux roulés entre les couches fines, jusqu'à ce qu’enfin ils passent insensiblement aux dépôts quaternaires du Pamali, à la hauteur du village Kébandoungan.
La nouvelle route, de Boumiaïou par Tiondong à Margasari, suit continuellement les matériaux volcaniques de la vallée du Pédés, entre les collines de brèches et de grès, et ensuite la plaine quaternaire.
2'MLeNSlamar:
La base du Slamat, dont le cône est haut de 3472 mètres, s'étend dans la résidence de Tégal, en direction Nord-Ouest, Nord et Est. Vers l'Ouest, ses produits viennent buter contre le massif plus ancien du Pénousoupan.
Le versant Nord-Ouest. A partir de la désa Pasourouhan, à l'Ouest du pasanggrahan Simpar, une zone de matériaux volcaniques s'étend entre les collines tertiaires, par Karangdiambou, vers Kalibakoung; près du mont d’andésite Pënawoung, elle se réunit à la plaine de Balapoulang. A la surface, on ne voit que des matériaux incohérents, des pierres, de la cendre et du sable, désagrégés superficiellement en une argile brune. Là-dessous existe néanmoins une coulée de lave qui affleure, entre autres, dans le Kali Gong, à Boumidiawa. La lave poreuse, gris-clair, est divisée en colonnes et recouverte par des matériaux meubles.
Le versant Nord peut être suivi, le long des cimes d’andésite et de brèches de Karangsari, jusque Moga (Banioumoudal); et puis, dans les vallées des rivières Rambout et Tiomal, jusqu'aux environs de Randou-
dongkal. Ici encore se trouvent, sous les matériaux meubles, une ou plusieurs coulées épaisses de lave que l'on peut voir p. ex. dans les rivières, sur la route de Bëlik à Karangsari, par Gombong; ainsi que dans le Kali Sat, entre Moga et Karangsari, et près du pont sur le Tiomal, sur la grande route de Randoudongkal à Moga. Les rivières ont emporté la couche des matériaux meubles superposés jusqu’au niveau de la lave, de sorte qu'elles coulent maintenant sur la surface grise de la roche, dans laquelle elles se sont creusé un lit à une profondeur plus ou moins considérable. Nulle part on n’a pu mesurer l’épaisseur de ces coulées; mais, en divers endroits, elle dépasse assurément 10 mètres.
Enfin, à /’Æst, les produits du Slamat s'étendent, par Gombong et Bélik, jusqu'au village de Kouto, sur une étendue de 18 kilomètres. De toutes parts, des blocs de basalte poreux émergent de la surface du sol;' ils appartiennent probablement à la portion supérieure altérée et poreuse d’une coulée de lave, présente sous les matériaux incohérents, mais qui nulle part n’est bien à découvert. La présence d'une coulée de lave y est d'autant plus probable que près de Kouto jaillit une belle source d'eau froide, telle qu'on en rencontre fréquemment à l'extrémité des coulées. Près de Bélik, la coulée de lave a un embranchement vers Randoudongkal. De Bélik (755 m.), on descend en direction septentrionale par Boulakan (349 m.) jusque Sikasour (230 m. environ); près de cette dernière localité commencent les sédiments quaternaires de la rivière Tiomal. La route tout entière passe sur des matériaux incohérents, au-dessous desquels une coulée de lave se trouve indubitablement cachée. Celle-ci se reconnaît à de nombreuses saillies de blocs de basalte poreux ainsi qu'à cette circonstance, qu'à plusieurs reprises on descend brusquement des espèces de marches de 3 à 4 mètres, ce qui est d'accord avec le mode de solidification de certaines laves très fluides. En effet, la masse intérieure liquide continue à se mouvoir au-dessous de la croûte figée; à la surface, elle se solidifie de nouveau, et ainsi de suite; de sorte que c’est toujours une masse de dimensions moindres qui continue son mouvement au-dessous de la croûte. Une coulée de lave qui se meut le long d’un plan incliné, et qui de temps en temps est arrêtée par suite de circonstances particulières, obstacles ou autres, présente donc, après solidification compiète, la forme d’une longue vue aplatie, dont les bords des emboïtages correspondent aux degrés dont il vient d’être. question. Mais si l'écoulement s'est fait régulièrement, ces gradins manquent.
La localité Sikasour, au Sud de Randoudongkal, est à 9 kilomètres de Bélik, et celle-ci à 13 kilomètres du sommet du Slamat. Si donc, comme il est probable, la lave s’est échappée du sommet, la coulée doit avoir une longueur de 22 kilomètres. Il est vrai que sur la cime
du Slamat, il existe quelques petits points d’éruption en fer à cheval: le Gg. Tiélékatakan, le Gg. Sarangan et le Gg. Sëélempet, près du village de Lempet, à l'Ouest de Gombong; mais ceux-ci n’ont fourni que des déjections incohérentes.
Roches. Tous les produits du Slamat situés du côté de Tégal sont, de même que ceux du flanc méridional, en Banioumas, de nature basaltique, tant les lapilli et les déjections meubles, fines, que les coulées de lave.
Le No. 811, originaire du village de Bélik, le No. 812, d’un affluent supérieur de la rivière Tiomal, du village de Poulosari (à l'Est de Karangsari) et le No. 813, du Kali Gong, à l'Est de Boumidiawa, sont des roches poreuses, à grain fin, de teinte variant du gris-clair au gris foncé et qui, au microscope, présentent les éléments ordinaires des basaltes, avec de l'olivine tout à fait fraîche, et dans la pâte beaucoup de petits grains fins de minerai, mais peu de verre, non grenu et incolore. Pasaltes.
D. Dépôts quaternaires et modernes.
Toute la partie septentrionale de Tégal est un terrain plat, qui au bord de la chaîne s'élève à 130 mètres d'altitude et qui descend vers le Nord d’une manière extrêmement régulière. Ici encore il faut distinguer, dans ces sédiments, deux terrains ou étages, un étage ancien d'abord, qui consiste principalement en atterrissements de matériaux volcaniques, s'élève, dans sa partie la plus basse, à une altitude de 10 à 15 mètres, et qui appartient probablement au terrain guaternaïre. Ce sont des matériaux qui ont été, à cette époque, emportés par les rivières et déposés dans la mer à leur embouchure. À la surface, ces matériaux ont toujours une teinte variant du brun foncé au brun rouge. A la côte se trouve une zone de matériaux plus récents, à une altitude comprise entre 15 et o mètres; ils sont constitués en partie par les alluvions les plus récentes des rivières, en partie par du sable marin et de l'argile marine de date récente, qui le plus souvent ont des teintes grises. En certains points, les terrains passent graduellement l’un à l'autre; du moins, la limite topographique n’est pas bien tranchée; en d'autres points cependant ils sont nettement séparés, et il existe au bord des sédiments quaternaires une petite terrasse de 3 à 6 mètres de hauteur. C’est le cas, entre autres, sur la grande route de Pémalang à Randoudongkal, au niveau de Soungapan. Dans la vallée du Pamali, on voit des lits de cailloux roulés quaternaires jusque près du village de Limbangan; dans la vallée du Tiomal, on trouve des terrasses quaternaires depuis le village de Karanganiar, en passant par Sémingkir et Randoudongkal, jusque Kadiépit. Ces terrasses ont été affouillées par
le Tiomal lui-même, jusqu'à la profondeur de 5 à 8 mètres, de sorte que, de Kadëmangan à Bandiarsari, la rivière coule dans une vallée alluviale, entre des bords escarpés hauts de 5 à 8 mètres, formés de bancs de cailloux roulés et de tufs disposés horizontalement. Ces derniers ont été rangés dans les sédiments quaternaires, les premiers dans les dépôts modernes, bien qu’on n’y ait pas trouvé de fossiles.
A l'Est, la plaine de Tëégal communique avec celle de Pékalongan; à l'Ouest, elle se rattache à la plaine de Chéribon.
XVIIL CHÉRIBON.
Annexes: Profil No. XXV.
Catalogue de roches Nos. 814 à 872 et Préanguer No. 1650. Dessins Fig. 43 à 45. Planches Nos. 15 à r7.
Topographie.
Chéribon — ce nom est une corruption du vrai nom Türébon de cette résidence, mais est officiellement admis — touche à l'Est à Tégal et
à Banioumas; au Sud, aux Régences du Préanguer; à l'Ouest, aux Préanguer et à Krawang; au Nord, à la mer.
La partie septentrionale de cette résidence est une plaine qui, à l'Est, se rattache à celle de Tégal, à l'Ouest, à celle de Krawang.
La partie centrale consiste, en grande partie, en un pays de collines tertiaires, fort accidenté au Sud de Kouningan, et qui, à la frontière de Tégal et du côté de Banioumas, atteint des hauteurs de 1000 à 1350 mètres.
Dans la partie Sud-Ouest s'élève le volcan Sawal (1763 m.); et au centre de la résidence, au Sud-Ouest du chef-lieu Chéribon, le cône volcanique, haut et régulier du Tiérimaï (3077 m.), qu'environnent presque de toutes parts des collines tertiaires.
Ligne de partage des eaux. Depuis la frontière de Tégal, au signal Gg. Podiok tiga II (1347 m.) la ligne de partage suit d’abord quelque temps la limite de Banioumas et Chéribon; puis, elle pénètre dans cette dernière résidence près de la cime Guëémbol; elle passe au Nord de la vallée du Ti Monteh et au Sud du village de Sitouguëdé, en se dirigeant vers une longue arête, dirigée de l'Est à l'Ouest, qui prend successivement les noms de Pasir Halang, Pougak, Tioulaméga, Kiara batok, Bitoung et Tiéndana (1178 m.), et qui se termine au pied du volcan Tiakrabouwana. Ensuite, la ligne s'élève sur le versant de cette dernière et des Préanguer jusqu'au sommet Tiakrabouwana (1720 m.), pour pénétrer enfin dans les Préanguer.