C. Les roches volcaniques
Outre les trois grands volcans, Sawal, Tiakrabouwana et Tiérimaï, Chéribon possède encore quelques points d’éruption, moins importants, qui tous consistent en basalte et sont, paraît-il, plus anciens que le massif principal des grands volcans. Leurs déjections recouvrent néanmoins, en discordance de stratification, les marnes néo-tertiaires, et paraissent donc ne dater aussi que de la fin de l’époque tertiaire.
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Au Nord de Chéribon, au bord de la grande route postale d’Indramaïou, s'élève, à une distance de 6 kilomètres du chef-lieu, une petite colline, nommée Gg. Diati; elle est haute de 18 mètres environ, et tout-à-fait isolée dans la plaine, qui n’y a qu'une altitude de trois à quatre mètres. La colline, sur laquelle on a érigé des tombeaux d'indigènes, consiste en gros blocs de basalte; bien qu'on n’y puisse observer aucune forme
de cratère, elle est probablement un petit point d'éruption établi sur une coulée de lave du Tiérimaï. Tout près de cette colline, à gauche de la route, au village d’Astana, est située la grande sépulture de ,Sounan Gounoung Diati”’.
No. 852. Roche de la colline Diati, à grain fin, brune par altération. Au microscope, c'est un vrai basalte à grain fin, avec beaucoup d'olivines, transformées, sur les bords et dans les cassures, en une matière brune, et qui enserrent de nombreux petits octaèdres bruns. Basalte.
2. Le petit volcan de Chéribon. (Comme annexe, la carte Fig. 45).
À huit kilomètres au Sud de Chéribon, se trouve le village de Sétou, au bord du lac du même nom (Sétou signifie ,,petit lac” ou encore étang’); ce lac est entouré d’un rempart annulaire dont il reste encore la portion septentrionale et quelques points de la partie Sud. Le cirque ainsi formé a un rayon de 1.3 kilomètre. La partie Nord est occupée par une plaine, longue de 1.7 kilomètre et large de 0.9 de kilomètre, qui primitivement était totalement immergée et qui, à présent, n’est plus marécageuse que pour une petite partie. Au milieu de cette plaine, s'élève un petit cône abrupt, près du village de Sétou. Nous avons ici un bel exemple d'un volcan à cratère effondré, dans l’intérieur duquel il s'est formé un cône d’éruption plus récent. Ce petit cône, voisin de Sétou, présente vers le Sud un cratère, une dépression en forme de puits. Le lac est à 18 mètres d’altitude; le rempart a une altitude de 90 mètres dans sa partie septentrionale, et de 125 à 165 mètres dans sa partie méridionale; le cône d’éruption près Sétou est haut de 100 mètres.
Vers le Nord-Est, le lac a une décharge par la rivière Moundou, qui se jette dans la mer au village du même nom. A proximité de l’endroit où se fait cette décharge, il existait jadis un lieu de plaisance des anciens sultans de Chéribon.
Le volcan que j'ai appelé le petit volcan de Chéribon” consiste uniquement en déjections meubles, qui, vers l'Ouest, sont recouvertes par des produits plus récents du Tiérimaï, et touchent au Sud à des marnes désagrégées.
Nos. 853, 854, 855 et 856. Fragments incohérents du petit volcan; le No. 853 est originaire des tufs du bord méridional, le No. 854 du petit lac, le No. 855 du cône d’éruption récent, le No. 856 du bord méridional, sur la route de Nangguéla.
Seul, le No. 856 contient peu d’olivine; les autres échantillons en contiennent beaucoup; l’olivine est en majeure partie encore fraîche; elle est décomposée partiellement en une substance brune; celle-ci est rouge de sang dans le No. 855. Dans le No. 853 l’olivine est serpentinisée et verte. Ce sont des basaltes.
Au flanc Nord-Est du volcan, on trouve des tufs gris (No. 871) quaternaires horizontaux.