Le Kïara bèrès
A l'Ouest du Pérbakti se trouve un point d’éruption remarquable, chez lequel on peut encore reconnaître deux cirques de cratère ; le plus grand a un rayon de 0.64 kilomètre ; le plus petit, situé à l’intérieur du premier, et quelque peu en dehors du centre, n’a que 0.28 kilomètre de rayon. Ce sommet est également situé aux confins des Préanguer, mais les deux cirques se trouvent en Batavia. Contrairement à ce qui est le cas pour les autres volcans, le sommet y constitue un plateau d’érosion plutôt qu'une cime aiguë, ce qu’il faut attribuer à la nature meuble des déjections, fort susceptibles d’altération. En effet le Kiara bèrès n’a projeté que des roches vitreuses. Tout près du sommet, on trouve des tufs tendres (No. 1008) et de la ponce arénacée (No. 1007) très friable, de teinte jaune clair, qu'on peut aisément écraser dans la main. Il se montre en même temps de la ponce compacte, et au Nord du sommet, sur la route qui conduit au hameau Tiiasmara, le chemin passe par une coulée d’obsidienne qui consiste en partie en obsidienne foncée (No. 1006), en partie en obsidienne blanche (No. 1005).
Le plus haut point du Kiara bèrès, un point du cirque intérieur, est à 1440 mètres d'altitude.
No. 1006. Obsidienne de la coulée entre Kiara bèrès et le hameau Tiiasmara. Roche qui, au premier coup d'œil, a l’apparence d'un verre foncé à nombreux cristaux de feldspath. Au microscope, on voit un verre limpide, dans lequel il y a des cristaux porphyriques très limpides de feldspath, en majeure partie de la sanidine en cristaux simples et en macles, et du plagioclase en proportion moins forte; puis, du pyroxène, de l’hypersthène, brun clair en grande partie, et des grains de magnétite. Dans le verre se trouvent des cheveux noirs (trichites) et des granulations sombres, parfois réunies en chapelets. Oôbsidienne.
No. 1005. Parties blanches de la même coulée d’obsidienne dont provient aussi le No. 1006. Sur le terrain, ces parties blanches font l'effet de portions altérées de lobsidienne sombre, dont 1il existe aussi des fragments dans la roche blanche. Toutefois, au microscope, on voit que celle ci se compose de filaments et fibres vitreux courts, tordus en cordons, entrelacés ou juxtaposés d'une manière très irrégulière. La roche n'est que peu poreuse et n'appartient donc pas aux ponces proprement dites; c'est une obsidienne de teinte claire ou blanche. Elle contient, comme l'obsidienne sombre, des cristaux porphyriques de sanidine et de pyroxène.
TN LE CGALAr.
À l'Ouest du Kiara bèrès se dresse encore un volcan, le Gg. Gagak, à cirque d'’effondrement, ouvert au Nord; le rayon en est de 1 kilomètre. Dans ce cirque prend sa source un affluent du Tii Antén. Le plus haut point est au Sud, à 1500 mètres d'altitude. Ce volcan a projeté ses produits vers l'Ouest jusqu'aux brèches de Tianténhérang.
One Da ra
Dans la plantation de Paroung pandiang, entre l'établissement de ce nom et Bolang hilir, il existe un petit point d'éruption, le Gg. Dago, qui s'élève à 187 mètres au-dessus du niveau de la mer et à plus de 100 mètres au-dessus de la plaine quaternaire environnante. Au pied Nord-Ouest du Gg. Dago, il y a un petit cratère de 140 mètres de rayon. La cime Dago appartient très probablement à un grand cirque plus ancien, mais celui-ci ne peut plus se reconnaître sur le terrain. Autour du cratère, et encore plus près du sommet Dago, on voit des couches de lapilli ainsi que les dépôts bruns ordinaires d’argile et de tuf volcaniques (No. 1011) à blocs incohérents. On n’y voit pas de coulées de lave.
Nos. Froogret roto. "Roches dun Gé 1Daro.EeNNo mo tomEAErEe récolté au sommet, près du signal; le No. 1009, sur le versant du monticule. Ce sont tous deux des basaltes d'un grain fin; seule l'olivine est devenue brune dans les cassures et sur les bords.
“Comme la roche No. 026 du Gg. Angsana, près Diasinga, est tout
aussi fraîche que celle du Gg. Dago, il est fort possible qu’elles soient du même âge; ce qui veut dire que le Gg. Angsana est également d'âge récent (post-tertiaire), comme nous l’avons déjà fait observer plus haut. Il se pourrait aussi que /es deux monticules fussent d’âge tertiaire; mais comme le Gg. Dago présente encore un cratère bien distinct, on a classé ce mont parmi les volcans post-tertiaires. Au Gg. Angsana il n'y a pas apparence de cratère.
D. Dépôts quaternaires et modernes.
La partie septentrionale de Batavia est une plaine, qui se rattache à l'Est à celle de Krawang, et à l'Ouest à celle de Bantam.
La limite de la plaine quaternaire et des collines tertiaires est partout bien tranchée; et même au point de vue topographique, elle est déjà bien nette. Il existe encore çà et là, au voisinage de cette limite, et sur les collines marneuses, une mince couverture quaternaire qu'on ne pouvait que difficilement représenter sur la carte. Toutefois, la séparation du pied volcanique du Salak et de la plaine quaternaire ne peut, comme d'habitude, être établie que d’une façon bien moins précise. Ceci résulte d’abord de l'absence d’une différence topographique bien tranchée, puisque le versant du volcan, devenant de plus en plus faible, se continue dans la plaine d'une manière extrêmement régulière; et, en second lieu, de ce que les matériaux du pied du volcan ont été emportés par les rivières et déposés finalement dans la mer. Il en résulte que surtout à l'extrémité du versant les matériaux présentent une grande analogie avec les sédiments quaternaires. La limite que nous avons admise, partant de Tibodas, et se dirigeant par Tuséëng, Bénda et Kémbangan vers le calcaire de Kalapanounggal, répond, à mon avis, le mieux à la réalité; elle se trouve à une altitude de 110 à 120 mètres. La ligne de séparation du quaternaire et des marnes se trouve, le plus souvent, à l’altitude de 70 à 100 mètres; mais si l’on y ajoute les lambeaux isolés de tufs quaternaires que Çà et là on rencontre sur les collines marneuses et calcaires, et qui évidemment étaient rattachés jadis les uns aux autres, on arrive Ici aussi à une altitude de 120 mètres. C'est donc là, paraît-il, l'altitude maxima à laquelle ce terrain fut soulevé à l’époque quaternaire et postérieurement à celle-cr.
Cette plaine quaternaire a une largeur de 30 à 40 kilomètres; elle descend vers le Nord, en pente très douce, jusqu'à une altitude de 8 à 10 mètres, où les produits quaternaires font place à des sédiments plus récents des rivières et de la mer, que nous rattachons à l’alluvium ou à l’époque moderne. Ce qui prouve que les roches tertiaires sont cachées sous la plaine quaternaire à une profondeur relativement faible, ce sont, entre autres, les affleurements de calcaires et de marnes dans
le lit du Ti Sadané, jusque Soudarita, à 15 kilomètres au Nord de Tiibodas.
La composition de la plaine quaternaire est la même que celle des plaines décrites dans les autres résidences. Les couches complètement ou sensiblement horizontales consistent en brèches et tufs volcaniques, hits de cailloux roulés d’andésite, et débris de roches tertiaires. A la surface, tous ces éléments sont désagrégés en une argile brun rouge. Parmi les tufs, on trouve en particulier beaucoup de #ufs ponceux de teinte blanche et très légers; ce qui n’a rien d'étonnant, puisque nous avons rencontré de la ponce aussi bien dans les tufs volcaniques du Salak, près de la cascade du Tii Aroutën, que dans les déjections du Kiara bèrès. (Comme la ponce surnage dans la mer, on trouve cette roche non seulement à proximité du pied du volcan, mais de toutes parts dans les sédiments de la plaine, p. ex. dans les tufs qui recouvrent les collines marneuses tertiaires à l'Est de Tubarousa, dans le voisinage de la vallée du Ti Tiadas, affluent du Ti Pamingkis, au kampoung Ttiadas.
On trouve encore des tufs blancs, constitués par des débris de ponce décomposés, dans le Tu Mantieuri, près de l'établissement de Paroungpandiang (No. 1012), ainsi que sur la grande route postale de Batavia à Tanguërang, au poteau 11, dans le Mooker-vaart (canal); enfin près de l’établissement de Sérpong, dans le Tu Sadané (No. 1013 et 1014) et en un grand nombre d’autres endroits encore.
On peut nettement séparer les sédiments d'alluvion des dépôts quaternaires. D'abord, on trouve à la limite des deux terrains, sinon partout, du moins en nombre d’endroits, une petite terrasse de 2 à 3 mètres de hauteur. En second lieu, la teinte brun rouge foncé du quaternaire passe assez brusquement à la teinte gris-terne des argiles alluviales.
Les matériaux de l’alluvium ont été, en grande partie aussi, apportés par les rivières et déposés dans la mer; ce sont donc encore, la plupart, des graviers très altérés de tufs quaternaires. Ce gravier est parfois arénacé, mais le plus souvent il est plutôt argileux. Sur la plage on trouve un peu d'argile marine, et çà et là une bande étroite de sable marin et de débris de corail.
A l’alluvium appartiennent encore les îles nombreuses qui se trouvent disséminées dans la baie de Batavia et consistent en calcaire corallien.
L’altitude de l'alluvium ne dépasse pas d'ordinaire 10 à 12 mètres; en quelques points seulement, notamment dans la partie la plus élevée du delta du Tu Taroum, non loin de la limite du quaternaire, certaines portions sont à l'altitude de 20 ou même 30 mètres.
La largeur de cette bande alluviale est le plus notable dans le delta du Tu Taroum; elle y dépasse 40 kilomètres. A la hauteur de Bëkasi, elle n'est que de 12 kilomètres, et de 7 kilomètres seulement près deBatavia. A la hauteur de Tanguërang elle atteint de nouveau 12 kilomètres.
Monts calcaires de Kouripan. Aux dépôts récents appartiennent encore les sédiments de diverses sources thermales, des tufs calcareux, aragonitiques et dolomitiques. Ce qui est remarquable, ce sont les collines d’aragonite de la plantation de Kouripan, au Nord de l'établissement de Tiséëng. Ce sont deux collines, dont la plus haute, le Gg. Kapoutian, s'élève à plus de 23 mètres au-dessus de la plaine environnante ; la plus petite, le Gg. Kéntiana, ne s'élève qu’à 17 mètres. Elles consistent, en grande partie, en calcaire ou aragonite jaune clair ou blanc de structure cristalline et saccharoïde (No. 1015). Au sommet de ces collines Jjaillissent en 10 endroits de petites sources qui, comme les collines elles-mêmes, se trouvent dans une direction de 327’, l’une derrière l'autre. Dans le voisinage de ces deux collines, dans la sawabh, il vient au jour, en quatre autres endroits, de l’eau chaude qui dépose aussi du tuf calcareux. Autour des 10 sources, dont la température moyenne est de 45° centigrades, il se dépose de l’aragonite radiée. Cette aragonite est calcinée dans le voisinage, et fournit un assez bon produit pour la maçonnerie.
On trouve dans le Natuurk. Tijdschr. van Ned. Indië III 1852 p. 461 à 470, des analyses de l’eau et de l’aragonite de ces sources; elles ont été faites par DEKKER VEENSTRA (et communiquées par P. J. MAIER); il a trouvé sur 1000 grammes:
Eau du Gg. Kapoutian Eau du Gg. Kéntiana carbonate de calcium TOO 2 ar. OOTAMEES carbonate de magnésium 0.1312 ,, 0.089427; chlorure de sodium 10:5080 4; RO HOT O Ne chlorure de calcium A2, 44587 ,, chlorure de magnésium HeG0o, RAR,
Total 2OIOSSS NT, 26.7049 ,, anhydride carbonique AC OO D TOM ZIUES hydrogène sulfuré GOD20IL, 0.0095 ,,
Il n'est pas invraisemblable, vu la faible teneur en carbonate de calcium de l’eau en question, qu'une forte partie de ce sel ait déjà été déposée par le liquide avant qu'il fût recueilli et soumis à l'analyse.
L’aragonite blanche raie le calcaire spathique; elle a un poids spécifique dé 2.70=eb contente. p.470):
carbonate de calcium 96.39600 carbonate de strontium 0.860788 carbonate de magnésium 1.42550 anhydride silicique 0.52873 alumine et oxyde ferrique 0.281908 peau 0.18544
Total 99.68553
D'une composition tout autre est une eau des sources de Kouripan, analysée par: STANISLAS MEUNIER (Comptes rendus de l'Acad. des sciences, tome CIII 1886, p. 1205 à 1207). Les matières fixes extraites de cette eau comprennent sur 100 parties :
chlorure de calcium 54.— parties chlorure de magnésium 41.— chlorure de sodium GTS
Total 98.— parties.
Ce ne pouvait donc être l’eau naturelle de Kouripan; c’est une eau qui, à la suite d’une longue évaporation, a probablement déposé à la surface du sol, non seulement le carbonate de calcium, mais encore la majeure partie du chlorure de sodium, et dans laquelle il n’est resté en dissolution que des combinaisons du chlore avec le calcium et le magnésium.
L'aragonite blanche alterne, en certains endroits, avec des couches jaune clair. Pour voir si par hasard ces dernières n'étaient pas de la dolomie, la teneur en chaux et en magnésie de chacune des deux espèces fut déterminée par le pharmacien militaire de 2e classe PSAVA SF ETIREN "a tBataviar alrafitrouvé
Dans l'espèce blanche, Dans l'espèce jaune carbonate de calcium 09.10 % 98.65 % carbonate de magnésium 0.0126 % 0.0149 %
L'espèce jaune n'est donc pas une dolomie, mais seulement une aragonite colorée par des combinaisons ferriques.
Source de Triimandala. On trouve encore une source thermale dans les plantations de Tütrap, au pied du mont d’andésite Pantiar, près du kampoung Timandala. Elle dépose un tuf calcareux tendre, ferrifère, à empreintes de feuilles (No. 1016). D'après une analyse faite par J. L. WaARNAS, mentionnée dans le Natuurk. Tijdschr. van Ned. Indië XXXI 1871, p. 442, l'eau de cette source, qu'on nomme aussi Tiipanas, contient, sur 1000 parties en poids de liquide, 1.45 parties de matières fixes.
Fe Ferre.
Las