L'Ardiouno
Le pied Sud du Pénanggoungan est relié, au Nord de Trawas-en Sourabaïa, par une selle située à 625 mètres d'altitude, avec la chaîne de l'Ardiouno. Ce dernier est un volcan avec divers points d’éruption dont pour le moment quelques solfatares seules sont encore actives, au versant occidental du Wélirang et du Kémbar.
Parmi ces points d'éruption, l’Ardiouno proprement dit (3339 m.), le Bakal (2980 m.) le Kémbar I (3110 m.) le Kémbar II (3030 m.), un sommet accessoire du Wélirang (3110 m.) et le Wélirang lui-même (3156 m.) sont très sensiblement sur une même ligne, dont la direction est dé 150 à 330. Un autre point ‘le WRingouit (2473 m:), se trouve bien plus à l'Est; sur un petit plateau, enserré par les sommets Këmbar I, Bakal, Ardiouno et Ringguit, se trouve à 2515 mètres d'altitude le refuge Lalidiwo. Les points d'éruption nommés plus haut sont tous portés dans l’esquisse Fig. 12.
Le cratère le plus ancien de la chaîne de l'Ardiouno s’est effondré; il se trouvait au S: S. E. du sommet actuel de l’Ardiouno, dans le prolongement de la ligne mentionnée plus haut, sur laquelle sont situés les points d'éruption entre l’Ardiouno et le WEélirang. Lors de l'effondrement, il se forma un cirque annulaire de 1.64 kilomètre de rayon, qui a été conservé encore dans sa partie occidentale; le point de ce cirque le plus bas et le plus méridional à est à 2360 mètres d'altitude, et, dans notre dessin Fig. 12, il peut se reconnaître distinctement au changement d’inclinaison qu'y prend le pied du volcan.
C'est au bord de ce cratère effondré, et du côté Nord, que l’Ardiouno
proprement dit a été ultérieurement en activité; ce sommet s’est effondré à son tour et il présente ainsi un rempart en demi-cercle ouvert vers le Nord et descendant presque à pic. Le rayon de ce cirque ne mesure que 260 mètres. Le sommet de l’Ardiouno porte aussi le nom de Widodaren. k
Plus tard le point d’éruption paraît s'être déplacé de nouveau vers le Nord-Ouest et alors s'est édifié le Bakal, une cime pointue ayant plus ou moins la forme d’un fer à cheval.
Encore plus au Nord est le sommet Këmbar I; il a un cirque de cratère distinct, dont le rayon est de + 100 mètres, et qui montre une dépression en son centre. Vers le Sud, ce cirque s'ouvre en fer à cheval. Au versant Ouest de cette montagne il s’est formé en 1890 quelques solfatares.
Le sommet Këmbar Il, au N. N. W. du précédent, a un petit cirque de cratère de 140 mètres de diamètre, avec une petite dépression au centre. Du côté occidental existent quelques solfatares qui se sont formées aussi en 1890.
Le sommet accessoire du Wélirang n'est probablement pas un point d'éruption, mais une partie d'un cirque de cratère effondré enseveli sous les produits plus récents du Wélirang.
Enfin le Wéëlirang, le point d'éruption le plus septentrional de l’Ardiouno, a un sommet circulaire de 140 mètres de rayon, et en son centre un puits profond en forme d'entonnoir. Au versant S.W. existe une grande solfatare, qui dépose beaucoup de soufre. La nouvelle carte topographique ne s'accorde pas avec la description de JUNGHUHN, lequel mentionne que le cratère s'ouvre vers le S.W.
Le Ringguit est isolé, et situé bien plus à l'Est que les points d'éruption précédents. C'est un cône régulier à sommet semi-circulaire, qui s'ouvre vers le S.E.
Petits sommets près Lawang. Au pied Sud-Est de l’Ardiouno, près de sa limite avec le Téngguër, aux environs de Lawang, se trouvent divers petits sommets, que l’on peut considérer comme des points d'éruption établis sur des coulées de lave de l'Ardiouno. Les principaux sont :
Le Go. Wéden, à 663 m. d’'alt, un sommet pointu sans cratère, à 200 mètres environ au-dessus du terrain environnant et au Nord de Lawang.
Le Ggo. Balé, à l'Est de Lawang, un dos allongé s'étendant du NMautS ati sormetrest d'alatude:
Le Gg. Bret, au Sud de Lawang, un mont annulaire, ouvert vers le N. W., à 603 m. d’alt. Le rayon de l'anneau est de 250 mètres.
Le Go. Gondomaïr, autre montagne annulaire ouverte au N. E., à 610 m. d’alt. L’anneau a un rayon de 250 mètres.
N.B. Les deux derniers petits sommets peuvent se rattacher tout
aussi bien au pied du Téngguër qu'à celui de l’Ardiouno, puisqu'ils sont exactement à la limite des deux manteaux.
Roches de l’Ardiouno. VL'Ardiouno a fourni aussi bien des produits meubles que des coulées de lave, mais les premiers en quantité plus considérable. Parmi ces roches on trouve des andésites à pyroxène et des basaltes qui n'offrent rien de particulier.
Une roche recueillie à l’une des tranchées de la voie ferrée, au nord de Lawang (No. 158), est un hasalfe; au microscope on y voit beaucoup d'olivine fraîche et peu d'augite. Cette roche appartient à l'ancien pied de l’Ardiouno.
Des fragments trouvés dans l'argile brune derrière le pasanggrahan à Daïou (No. 159) et provenant du Ringguit, sont gris-clair, finement grenus et quelque peu poreux. Au microscope, ils contiennent beaucoup d'olivine fraîche et assez bien d'augite dans une pâte finement grenue. C’est un basalte.
Le Wélirang a émis vers le Nord-Est une coulée de lave, au-dessus de laquelle la rivière Tretes, à l’ouest de la désa Tretes, forme une jolie cascade. La roche gris-clair, riche en petits cristaux de feldspath (No. 160) est une belle andésite à pyroxène très fraiche, ayant plus d'hypersthène que d’augite, mais sans aucune trace d'olivine. C'est une axdésite à pyroxène.