A. INTRODUCTION
L'île d'Ambon est située au sud de Pextrémité occidentale de la grande île de Céram, entre 3** 29' et 3*48' de latitude sud et entre 127° 54' et 128*> 21' de longitude orientale de Greenwich.
TjCS coordonnées géographiques de la hampe du pavillon au fort Nieuw- Victoria (voir fig. 54, feuille annexe V) du chef-lieu Ambon sont 128*^ IC 30",7 longit E. de Gr. et 3*^ 41' 30" lat. S. (i)
Sur la carte n". I, dressée d'après nos nouveaux levés effectués en 1898, Tîle est figurée à Téchelle de 1 : 100 000. Cette carte fait voir que Pîle d' Ambon se compose de deux presqu'îles, qui communiquent près de Paso par une bande étroite d'alluvium, élevée de 3 à 6 m. au-dessus du niveau de la mer.
Ces deux parties, dont la plus grande, celle du nord, a reçu le nom de Hitou, tandis que la partie sud, la plus petite, est ap{)elée Leitimor^ formaient jusqu'à une époque relativement récente deux îles distinctes, et c'est aussi comme telles qu'elles seront décrites ci-dessous.
Nous avons efiectué en détail le levé topographique de la portion méridionale et nous l'avons représentée sur la carte ji". H, qui consiste en 5 feuilles îl l'échelle de 1 : 20000 avec titre. Le levé du terrain a été fait par le topographe W. van den Bos, et je l'ai exploré moi-même au point de vue géologique.
Je n'ai pu faire que fort peu usage de la carte de Mickler (*);
(1) L'ancienne donnée 128«10' I5'',15 longrit. E. de Gr. a subi deux corrections, parce que en 1802 Makasser a été déplacée de 4ff vers l'est par rapi^rt h Batavia; et cette dorni^re ville a elle-même subi un déplacement de ll'',56 vers Test en 1890; cela fait ensemble une différence de 15'',65.
(2) Carte d'Ambon et dos environs, ainsi que des voies de communication avec les autres parties de la presqu'île de Leitimor. Plan levé et curtopfruphié par le ctipitainc d'infanterie W. H. A. Mickler. Publiée par le Bureau topog^raphiquc de Batavia en 9 feuilles, k l'échelle de 1 : 20000 (sans date).
Par décret gouvernemental du 23 novembre 18fi5 n". 10, le capitaine Micki.kr fut envoyé à Ambon, afin d'y faire quelques levés toi>of?raphique8 en vue de la défense de l'île contre une invasion étrang^re. Dans une lettre officielle du 15 avril 1807, Mickler annonçait que les opérations étaient terminées; elles avaient donc duré une année environ.
d'abord, une petite partie seulement de Leitimor a été complètement achevée, savoir les environs du chef-lieu; en second lieu, nous nous sommes aperçus bien vite que les configurations des terrains n'ont pas toujours été rendues avec exactitude et que les hauteurs des montagnes présentaient aussi des écarts assez considérables. C'est ainsi que, d'après nos mesures, le Gounoung Horiel a 562 m. de hauteur, tandis que Mickler ne lui attribue qu'une altitude de 548.4 m. C'est pour ce motif que nous avons résolu de faire des levés tout à fait nouveaux, et en dressant notre carte nous n'avons consulté celle de MiCRLER que pour quelques parties seulement, dans le tracé des courbes de niveau.
Le Leitimor de la carte n®. I est une copie réduite de la grande carte en 6 feuilles.
Notre séjour à Ambon a été bien trop court pour pouvoir lever Hitau en détail. C'est pourquoi nous n'avons efTectué dans cette grande île que les mesures suivantes: le contour tout entier; la route de Roumah tiga il Hitou lama; une seconde route de Hatiwi b^sar (à vrai dire du hameau Batou loubang) vers Hila; le sentier de Waï laà au Gounoung Kërbau; le sentier de Nania au Gounoung Eri; la route de Souli à Toulehou et de Waë à Liang. La situation des principaux sommets a été déterminée par des angles de relèvement, de sorte que pour cette île aussi il a été possible de tracer les courbes de niveau avec une précision convenable. Sur la carte n**. I les lignes d'altitude, tant pour Hitou que pour I-.eitimor, correspondent à des distances verticales de 50 mètres. Sous le rapport géologique, Hitou a été étudiée pour la plus grande partie par l'ingénieur des mines M. KopERBKRQ, (jui m'a été adjoint pour l'exploration d'Ambon, et pour le reste par moi-même. Tous les échantillons de roches que nous avons recueillis, je les ai examinés au microscope.
TOPOGRAPHIE DE LEITIMOR.
(CARTES NO. I et NO. H).
Leitimor a la forme d'un triangle irrégulier dont la base, qui a 8 km. environ de longueur, est située du côté est; le sommet du triangle est situé à Pouest, là où l'île se termine en une pointe, le cap Nousaniwi (ou Nousanivé).
La longueur de Tîle, dans une direction de 67^ astr., est de 26.7 km. ; la plus grande largeur, entre Gëlala et le cap Hihar, est de 10 km.
Leitimor est séparée de Hitou par les baies d'Ambon et de Bagouala, entre lesquelles s'étend l'isthme de Paso, une bande de terre très basse, large de plus de un kilomètre, qui relie les deux presqu'îles. L'extrémité orientale de la baie d'Ambon est appelée «baie Intérieure» (Binnenbaai) ; près du cap Martafons (') elle communique avec la baie d'Ambon proprement dite par un détroit qui n'a que 600 m. de largeur.
Leitimor est presque entièrement montagneuse; elle ne présente que quatre plaines alluviales de quelque étendue; la première est située dans la partie du sud-ouest, le long de la côte près de Latou halat et d'Ajërlo; dans la seconde se trouve le chef-lieu Ambon, à la côte nord; la troisième plaine est celle de Paso, la localité dont il a été question plus haut; la quatrième s'étend de Routoung à Houtoumouri, le long de la plage dans la partie sud-est de l'île. Abstraction faite de ces plaines relativement peu étendues, les montagnes plongent partout dans la mer.
(î) D'apr68 Valkntijk, Oud- en Nieuw Oost-Indién II, 1, bdz. 114, une corruption de ,,MartiJQ Alfonsushoek"; à la môme page, il donne encore à ce cap les noms de^^Melis-" ou ^Martijn Fonso's hoek'\
Les principaux sommets sont: dans la portion occidentale, étroite de l'île, le Gounoung Kapal (229.5 m. ou 230 en nombre rond); dans l'intérieur, plus à Test, le G. Nona (539 et 514 m.), le G. Siriraau (463. m.) et le G. Horiel (562 m.), le point le plus élevé de Leitimor. Dans la partie orientale, le G. Api angous (309 m.) et le G. Maout (334 m.). Un grand nombre d'autres cimes seront citées plus tard, lors de la description géologique de l'île. (')
Le terrain situé en arrière d'Ambon offre un caractère très particulier: il monte très rapidement jusqu'au niveau de 80 m. au-dessus de la mer; puis il continue à s'élever peu it peu, en croupes longues et plates, en forme de terrasses, jusqu'au pied de la chaîne do Soja di atas, où il atteint l'altitude de 170 m. Plus haut dans la montagne, il y a encore des terrasses, mais celles-ci sont moins apparentes. Ces terrasses, en forme de plateau, s'étendent à partir d'Ambon, dans une direction nord-est, jusque derrière Halong et Paso.
La ligne de partage des eaitx (cartes n'V II et IV) entre les côtes nord et sud de leitimor commence il l'ouest, près du cap Nousaniwi ; de ce point elle se dirige vers le G. Kapal (altitude 229.5 m.), descend ensuite jusqu'à 55 m. vers un point de la route de Latou halat il Silali, pour remonter ensuite vers les hautes montagnes en arrière d'Amahousou, en passant le G. Rousi (220 m.). Cette première partie, avec le G. Kapal, doit donc ôtre considérée comme une chaîne de montagnes distincte, qui se rattache à la chaîne d'Amahousou par le défilé de 55 m. de hauteur seulement, dont il vient d'être question. Dans le massif montagneux d'Amahousou la ligne de faîte atteint déjà des altitudes de 477 juscju'à 495 m., au G. Nona elle parvient mOme à 539 m. A partir de ce point elle se dirige sensiblement vers l'est et passe par les sommets Siwang (534 m.) et les montagnes calcaires Eri haou (361 m.) et Nanahou (377 m.); elle prend ensuite au nord-est, par le G. Loring ouwang (384 et 401 m.) jusqu'au G. Sirimau (463 m.); puis elle s'inil^'chit de nouveau vers Test jusqu'au G. Horiel (562 m ), pour redescendre
(M Les chiffres donnés ici et plus loin ont été déterminés apWîs calcul de toutes les mesures; en partie, ils présentent do petites différences nvec ceux que j'ai donnés dans mon travail „Over de geolopfie van Ambon", Verh. der Kon. Ak, v. Wctenschappen. Amsterdam, Deel VI, No. 7, 1899.
enfin le versant nord-est de cette montagne, vers un point situé à 360.5 m. au-dessus du niveau de la mer (voir feuille 3), un peu au-dessus du point où la grand' route d'Ambon à Routoung atteint Paltitude de 314 m. En cet endroit, la ligne de faîte se sépare en deux branches, qui enferment le bassin de la côte orientale. L'arête septentrionale se dirige vers Paso en passant par le 6. Api angous (309 m.) et le G. Wringin pintou (240 m.), tandis que la seconde branche part du point susnommé (314 m.) et passe par-dessus le G. Tjolobaï (239 m.) et le G. Kamala houhoung (248.5), pour former ensuite un grand coude, d'abord vers l'est, puis vers le sud et se diriger vers le G. Patah et atteindre de là le cap Houtoumouri. La première branche forme donc la ligne de partage des eaux entre les côtes du nord et de l'est ; la seconde, entre les côtes du sud et de Test.
Les principales rivières sont (carte n**. II):