Batou merah. Une négorie mahométane, sous un régent
24. Ambon. Chef-lieu de la résidence d'Amboine et siège du gou-
vernement. La partie orientale est appelée Mardika; à côté est située la négorie déjà citée Soja di bawah; plus au sud se trouve le kampong BaUm medja; la portion du sud-ouest, où demeure le résident, est nommée Batou Oadjah. A l'ouest d'Ambon sont situés les hameaux Ajér Wolanda^ Wdi Nitou (où une source limpide jaillit du calcaire) et Kouda mati.
(1) L'arbre aux canaris (amandier) de Soja di atas, déjà cité par Valbntijn (Oud en Nieuw Ooat-Indie II, 1, Ixlz. 117). (lui doit ôtre i\^é à présent do 400 ans au moins, est encore toujours en vie; tous les ans il <lonne encore en al>ondance des fruits d'une ezcel lente qualité.
Lee négories sous un régent que nous venons de citer, ainsi que les kampongs de bourgeois séparés, administrés par un sergent chef de quartier, sont des négories et kampongs chrétiens, sous l'autorité de chefs indépendants. Toutes les négories mahométanes sont aussi placées sous des chefs indépendants. (')
(1) Au sujet de la différence entre les négories chrétiennes et les kampongfs de bourgeois, j'ai reçu des communications détaillées tant de la part de l'ancien-résident d'Amboine J. VAN Oldbnboroh, maintenant décédé^ que de Tassistant-résident A. van Wktkkino, secrétaire de la résidence. J en rapporte ici les plus importantes.
Une négorie chrétienne sous un radja (rajah) ou régent est toujours un village habité par la population primitive du pays. C'est à elle qu'appartient le sol ; elle paie des impôts, fait des services de quart (kwarto-diensten), etc.
Les kampongs de bourgeois sous un sergent chef de quartier sont des colonies de bourgeois, d'anciens ^mardijkers", les descendants d'étrangers qui, durant les premières années de la Com[>agnie des Indies orientales, se sont rendus utiles en combattant pour elle, ont embrassé le christianisme et ont été libérés pour cette raison à tout jamais de tout impôt et du service de quart, mais sont restés astreints au service de garde (schutterij). Dans l'Indisch Staatsblad do 1886, No. 136, figure un ,,Reglement voor de schutterijen in de residentie Amboina" (Règlement pour les corps de garde dans la résidence d'Amboine). L'article 2 de ce règlement désigne ceux qui font partie de la garde, l'article •!• ceux qui sont libérés pernonnellement de ce service; ces derniers doivent, d'après l'article 5, (njer une certaine contribution. Cette contribution est recouvrée par les sergents chefs de quartier, qui ne sont pas rétribués pour cette fonction, mais sont indemnisés pour leurs frais de voyage, lorsqu'ils viennent déposer à Ambon les contributions qu'ils ont encaissées. Les frais pour les moyens de transport s'élèvent à peu près à 8 pet. des sommes encaissées. S'il arrive que dans un kampong de bourgeois demeurent des Binoungkounais, lesquels doivent payer l'impôt personnel, le sergent chef de quartier recouvre aussi cet impôt et reçoit alors 8 pet. de salaire. Ces sergents n'ont d'ailleurs pas d'autres revenus.
Les rajahs des négories chrétiennes et musulmanes n'ont pas non plus de revenus fixes. Ils reçoivent 8 pet. des impôts recouvrés par eux, dont '/s sont pour le régent et Vs pour tous les kapala's-soa (chefs subalternes) ensemble; ils reçoivent de plus une indemnité pour la privation des deniers de l'hassil et du pitis, depuis la suppression du monopolo des girofles; et en outre, tous les ans, une gratification en linges; ces deux derniers revenus sont de peu d'importance. Enfin ils ont droit aux services de quart. Ces derniers ne sont pas des services de garde; les hommes, désignés à cet effet, le plus souvent au nombre de quatre par régent, peuvent être employés par ce dernier pour des services domestiques ou des travaux agricoles; c'est ainsi qu'on leur fait arranger le jardin, battre du sago etc. Les femmes des régents (njoras) ont également droit aux services de 2 à 4 jeunes filles de leur ressort, pour se faire aider à la cuisine ou aux travaux de couture. Les services de (juart sont la principale source des revenus des régents. Déjà à diverses reprises on a proposé de supprimer ces divers revenus et de les remplacer par un traitement fixe; mais jusqu'à ce jour ces tentatives ont échoué, à cause des dépenses que ce changement entraînerait pour l'état. (Voir aussi G. W. W. C. Baron van Hoiïvkll, Ambon en meer bepaaldelijk de Oeliasers. Dordrecht 1876, pp. 24 à 28, oîi il est question des revenus des régents et des kapalas-soa, des services de quart, etc. ; et p. 38, où il est traité de l'impôt prélevé sur les habitants d' Ambon. Cet impôt a été réglé ultérieurement par l'Indisch Staatsblad de 1891, No. 46; et dans l'Indisch Staatsblad de 1802, NO. 82, figurent des dispositions relatives aux bourgeois de la résidence d'Amboine).
Routes. La plupart des endroits nommés plus haut sont reliés par des voies de communication que Pon appelle des routes, mais qui ne sont que des sentiers mal tracés, mal entretenus, à fortes pentes, sans ponts sur les rivières, de sorte qu'ils sont impraticables aux chevaux; c'est probablement pour cette raison que les chevaux de selle font totalement défaut ^ Anibon ; s'ils étaient introduits, ils ne seraient d'aucun usage dans l'état actuel des routes. Aussi à Ambon les transports s'effectuent-ils exclusivement à pied; ou bien, si la route est assez large, par des chaises à porteurs reposant sur de longues tiges de bambou et portées par 8 à 12 personnes. C'est un mode de transport désagréable, car il faut souvent quitter la chaise aux fortes pentes. I^es habitants d'Ambon ont toutefois acquis dans le maniement de ces chaises une grande habileté, de sorte que tout nouveau venu est surpris de les voir gravir avec une telle masse de hautes montagnes, telles que le Gounoung Nona, dont ils atteignent le sommet, à l'altitude de 500 m., d'Ambon en quelques heures.
Vtfgàlation, Une grande portion de Leitimor, principalement les parties orientale et centrale de l'île, est recouverte de forêts épaisses; là où les bois font défaut, il faut attribuer cette absence, sans exception, à l'arrangement de petits jardins par les Binoungkounais, habitants de la petite île Binoungkou, située près de Célèbes, au sud-est de Bouton; les Binoungkounais séjournent temporairement à Ambon et s'y livrent surtout à la culture des légumes et des fruits. Pour leurs jardins, ils choisissent de préférence un sol calcarifère où les fragments dé calcaire sont mélangés à du gravier et des matières éruptives; pour l'aménagement du jardin ils abattent la haute futaie. Mais, comme ce sol n'est pas particulièrement fertile, les jardiniers déménagent assez fréquemment et par là les bois épais disparaissent lentement mais sûrement. Dans les jardins abandonnés ne croît plus que l'herbe alang-alang que l'on nomme «kousou-kousou» à Ambon.
Panorama, La fig. 73 donne un panorama général de Leitimor, obtenu au moyen de (juatre photographies faites par Paulus Najoan, professeur de dessin à l'école normale pour instituteurs indigî'nes à Ambon. La vue est prise d'un point situé à 100 m. environ au-dessus
lorama de Lei
du niveau de la mer, sur le sentier qui conduit du hameau Waï laa au Gounoung Kërbau. On voit de gauche à droite les points suivants : tout à fait à gauche les montagnes calcaires Eriwakang et Houwé dans Hitou; puis la montagne près de Halérou et la chaîne gréseuse en arrière de Halong, qui culmine par le 6. Api angous ; la montagne plate de serpentine Horiel, la montagne granitique Sirimau, la cime de péridotite Loring ouwang et le mont calcaire Nanahou. Plus à l'ouest les monts Siwang et Nona, la chaîne derrière Amahousou et le mont Kapal. Au premier plan, également de gauche à droite: la pointe près de l'embouchure de la Waï Lela, à l'ouest de Roumah tiga (le cap Martafons est situé derrière cette pointe et n'est pas visible); les terrasses plates, qui s'étendent de Halong jusque derrière Ambon et son entaillées profondément par les quatre rivières Batou merah, Tomo, Batou gadjah et Batou gantoung; puis le chef-lieu Ambon avec quelques bateaux à vapeur amarrés dans la rade; plus à l'ouest encore, les hangars à charbon, le cap Benteng, le village d' Amahousou, le cap Batou anjout et le cap Nousaniwi.
L'échelle étant un peu trop réduite, le caractère fortement accidenté du massif montagneux de Leitimor n'est pas bien rendu dans ce panorama. Mais on n'a pas pu trouver un ]>oint plus rapproché, offrant une bonne vue d'ensemble de toute l'île.