‹ Description géologique des environs de ParisChapitre 57 sur 94 · Marne argileuse brune · texte numérisé non relu

Marne argileuse brune

et de marne gypseuse qui recouvrent, près de Bagneux, la formation calcaire , les petits lits et les rognons calcaréo-gypseux qu'on observe dans les dernières assises des marnes du calcaire grossier (i) , nous indiquent qu’il n’y a point eu d’interruption complette entre la formation du calcaire marin et celle du gypse cl’eau douce, et qu’il n’y en a point eu non plus entre les derniers dépôts d’eau douce appartenant aux assises supérieures du terrain gypseux et les premiers dépôts marins de la formation marine supérieure. Les couches inférieures du gypse ont donc été déposées dans une eau marine, comme le prouvent les coquilles qu’elles renferment: elles forment la transition entre le terrain de calcaire marin et le terrain d’eau douce qui l’a suivi. Cette transition est difficile à concevoir; mais si les observations de nos prédécesseurs et les nôtres, si celles qui ont été faites depuis la publication de notre première édition, sont exactes, les faits ne nous permettent guère de douter de ces singulières transitions, quelle que puisse être leur cause. Au reste, la plupart des géologues de la savante école de Freyberg reconnoissent entre les formations les plus distinctes dans leurs extrêmes , ces nuances dans les points de contacts qui leur ont fait établir la classe des terrains de transition ; en sorte qu’on peut dire que la séparation brusque qui existe aux environs de Paris, entre la craie et le calcaire grossier , est plutôt une singularité et une exception aux règles ordinaires, que le passage insensible du calcaire et du gypse marin au gypse et aux marnes d’eau douce.

La description détaillée que nous venons de donner du terrain gypseux des environs de Paris, en prouvant par des faits nombreux et pour ainsi dire par une énumération complette des parties, les lois de superposition que nous avons établies dans le premier article de cet ouvrage, fait connoître en outre une autre règle dans la disposition des collines gypseuses entre elles.

On doit remarquer que la bande gypseuse a une direction gé-

(0 On voit, dit fort bien M. Coupé, les restes du gypse dans les marnes du calcaire; seulement il auroit dû appeler ces restes les commencermens.

nérale du sud-est au nord-ouest , et que les lignes de collines qu’on peut y reconnoître suivent à peu près la même direction. On observe de plus que les buttes et les collines qui sont dans le même alignement , ont à peu près la même composition. Ainsi la série intermédiaire dans laquelle entrent les buttes de Montreuil , Mesnil- Montant , Montmartre, Argenteuil et Sanois , est la plus épaisse et présente d’une manière distincte au moins deux couches de gypse dont la première a une grande puissance.

La seconde ligne au nord , composée des collines de Quincy, Carnetin , Clielle, Pierrefitte , Montmorency, Grisy et Marines, ne renferme qu’une ou deux couches un peu enfoncées sous le sol, et recouvertes de moins de marnes, mais d’une plus grande masse de sable que la première. La couche principale de gypse est encore puissante , et l’exploitation , qui en est facile , a rarement lieu par puits; elle se fait ordinairement à tranchée ouverte , comme dans la première ligne.

La troisième ligne n’est plus composée que de petites buttes isolées , mais très-multipliées. Il n’y a qu’une couche de gypse , et cette couche peu puissante , et placée assez profondément par rapport à la surface générale du sol où elle est située , ne paieroit pas les frais qu’occasionneroient les déblais d’une exploitation à ciel ouvert : aussi presque toutes les carrières sont-elles exploitées par puits. Telles sont celles des environs de Laferté-sous-Jouarre, celles de Meaux au nord-ouest de cette ville, et enfin celles de Dammartin et de Luzarches.

Au sud de Paris et de la ligne principale on peut reconnoître une première ligne composée des collines de Mesly, Villejuif, Bagneux, le Mont-Valérien et Triel. La plupart de ces carrières n’offrent qu’une couche de gypse située assez profondément au-dessous d’une grande épaisseur de sable : aussi sont-elles presque toutes exploitées par puits ou par galeries.

La seconde ligne de gypse du midi est si mince que l’exploitation en a toujours été abandonnée après quelques tentatives ; quelquefois même la formation gypseuse ne se manifeste que par des marnes

vertes et par les cristaux de gypse et de strontiane sulfatée qu’on y trouve. On la voit à Longjumeau , à Bièvre , à Meudon,à Villed’Avray , dans le parc de Versailles et sur les penchans nord et sud de la grande colline sableuse qui va du sud-est au nord-ouest, depuis Ville-d’Avray jusqu’à Aubergenville ; elle suit la direction dominante des collines de ces cantons.

Nous reviendrons sur cette direction lorsque nous parlerons de la formation des sables supérieurs.

DE QUELQUES TERRAINS

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