‹ Description géologique des environs de ParisChapitre 6 sur 94 · TERRAIN DE SÉDIMENT SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

TERRAIN DE SÉDIMENT SUPÉRIEUR

Formations.

Sous-formations et roches principales qui les composent.

Premier terrain d’eau douce

Premier terrain marin

Deuxième terrain d’eau douce. . . .

Deuxième terrain marin

Troisième et dernier terrain d’eau douce.

Terrain de transport et d’alluvion.

Argile plastique.

Lignites.

Premier grès.

Calcaire grossier et le grès qu'il contient souvent.

Calcaire siliceux.

Gyj>se à ossement.

Marnes d’eau douce.

Marnes gypseuses marines.

Troisième grès et sable marin sup.

Calcaire et marnes marines super.

Meulières non coquillières.

Meulières coquillières.

Marnes d’eau douce supérieures.

Cailloux roules et poud ingue ancien .

Limon d’atterrissement ancien et moderne.

Marnes argileuses noires et tourbes.

statuaires, certains schistes luisans, etc. , division qui renferme les terrains nommés ordinairement primitifs et de transition , vient la seconde grande division qui comprend les terrains formés par voie de sédiment et qu’on a nommés terrains de sédimens. Nous les sous-divisons en trois classes , auxquelles on peut assigner les limites et les noms suivans :

I". Les terrains de sédiment inférieur, qui s’étendent depuis les dernières roches de transition jusqu’au calcaire à gryphites inclusivement. Ils renferment notamment le terrain houilleux , et le calcaire alpin , et les psephites rougeâtres ( grès rouge ).

IIme. Les terrains de sédiment moyen qui s’étendent depuis le calcaire précédent ou le psephite rougeâtre jusqu’au-dessus de la craie. Us renferment principalement le calcaire du Jura compacte, blanchâtre et oolithique.

IIlm'. Le terrain de sédiment supérieur, nommé aussi terrain tertiaire , s’étend depuis la craie exclusivement ou depuis les argiles plastiques et les lignites inclusivement , jusqu’à la surface de la terre , ou plutôt jusqu’aux derniers dépôts marins de l’ancienne mer.

Cette dernière classe , à laquelle appartiennent la plus grande partie du sol du bassin de Paris et un grand nombre d’autres terrains répandus sur toute la surface du globe , étoit presque entièrement inconnue aux géologues de la célèbre école de Freyberg. Nous avons donc dû donner à ces terrains des dénominations particulières et qui puissent fournir aux naturalistes1 II IIl le moyen de les désigner clairement.

Article premier.

De la craie.

La craie a été jusqu’à ces derniers temps considérée comme une roche d’une formation récente peu distincte et ne jouant dans la struc-> ture du globe qu’un rôle très-secondaire. Il est résulté de cette fausse opinion , qu’on lui a donné des caractères incertains tant minéralogiques que géognostiques , et qu’on a appliqué souvent ce nom à des marnes calcaires, blanches et tendres, qui ne sont de la craie ni minéralogiquement ni géognostiquement.

Notre objet ne pouvant être de donner ici les caractères généraux de la craie, ni de faire son histoire, nous devons nous borner à rappeler ses principaux caractères et à faire remarquer ceux qui sont propres à la craie du bassin de Paris.

Elle y est toujours blanche. En la supposant dégagée des corps étrangers qui y sont associés par voie de mélange, c’est de la chaux carbonatée pure dont on peut faire et dont on a fait de fa chaux , mais elle est intimement mélangée de sable siliceux à grains trèsfins et plus ou moins abondant selon les lieux.

D’après des analyses faites récemment par M. Berthier, la craie de Meudon et celle des environs de Nemours dégagées, par le lavage, du sable qui y est interposé, est composée ainsi qu’il suit :

Craie de Meudon. Craie de Nemours.

Chaux carbonatée 98

Magnésie et un peu de fer 1

Argile i

Notre craie se présente en immenses dépôts, formant dans quelques points du milieu de notre bassin, mais principalement sur ses

limites, des collines entières, des plateaux étendus et des buttes dont l’élévation passe quelquefois cent mètres.

On n’y remarque distinctement aucune assise continue ou régulière appartenant à la masse même, c’est-à-dire, qu’on n’y voit pas ces couches séparées nettement par des fissures de stratification parallèles qui sont distinctes dans les calcaires des Alpes et du Jura et dans notre calcaire grossier.

Cependant des lits de pierre à fusil ou silex pyromaques noirs trèsmultipliés et souvent assez près les uns des autres, annoncent qu’elle est le résultat d’un dépôt tranquille. La distance générale qui sépare ces lits est à Meudon d’environ deux mètres; à Bougival elle est plus grande et les silex sont moins nombreux.

Ces lits très-étendus sont souvent parfaitement parallèles, les silex qui les composent présentent des rognons de forme bizarre se terminant en tubercules arrondis plus étendus dans le sens horizontal que dans le vertical; ils sont comme placés à côté les uns des autres, tantôt tout-à-fait indépendans ou séparés, tantôt liés ensemble et comme soudés par différents points, de manière que si on dégageoit sur une grande surface les lits de silex de la craie qui les enveloppe, ils présenteroient dans beaucoup de cas une grande plaque d’une épaisseur moyenne à peu près égale, à surface couverte de tubérosités inégales et criblée d’une multitude d’ouvertures aussi différentes par leurs grandeurs qu’irrégulières dans leur forme et leur disposition.

Le silex pyromaque se rencontre aussi quelquefois dans la craie clu bassin de Paris en plaque épaisse de quatre à sept centimètres, qui conserve sur une très-grande étendue son épaisseur, le parallélisme de ses deux surfaces et son horizontalité. Nous avons vu cette grande plaque dans les carrières de Meudon, et on peut en voir encore des portions quand l’exploitation conduit dans les parties assez profondes où elle s’est montrée. On croit avoir remarqué que l’abondance des silex est moindre dans la profondeur, ils sont même très-rares dans les parties profondes des crayères inférieures de Meudon.

Les masses de craie des environs de Paris sont traversées et comme

coupées par des fentes presque verticales, tantôt très-minces quoique se continuant à une très-grande distance, tantôt larges de près de sept décimètres. Les parois de ces fentes sont comme bosselées, mais ces bosses ne sont point en correspondance régulière entre elles.

Ces parois offrent parfaitement l’image de surfaces usées et comme polies par les eaux; on voit même dans les parties où ces fentes se rétrécissent assez pour que les deux parois se touchent, des trous ronds à peu près verticaux, placés irrégulièrement et s’ouvrant dans les parties supérieures et quelquefois très-larges de la fente ; outre ce bosselage , les parois sont picotées comme si elles l’eussent été par l’effet d’une pluie battante. Les silex sont en saillie dans ces fentes. Leurs faces supérieures sont couvertes de cristaux de chaux carbonatée et quelquefois de chaux sulfatée; on n’en voit aucuns à leurs surfaces inférieures.

On ne peut guère attribuer ces effets à l’action des eaux actuelles , car, i°. les masses de craie dans lesquelles nous les avons observés sont beaucoup au-dessus du plus haut niveau des eaux de la Seine et de tous les ruisseaux afïluens; 2°. les terres qui les recouvrent et les collines qui les dominent ont trop peu de masse et d’élévation pour donner naissance à des courans d’eau capables de produire ces effets ; 3°. enfin l’eau et les sources supérieures sont si rares dans la masse de craie où se voient ces fissures à surfaces polies, que les ouvriers des crayères de Meudon ont été obligés de creuser, pour avoir l’eau nécessaire à leurs travaux, un puits dans lequel l’eau n’est en été qu’à vingt-deux mètres au-dessous du sol déjà assez bas de la carrière.

On ne trouve dans la craie de Paris aucun gîte métallique d’une quantité et d’une étendue notable; le seul métal qui s’y rencontre, c’est le fer à l’état de sulfure ou de pyrites globuleuses, soit disséminées , soit incrustant les débris des corps organisés qui s’y rencontrent.

Ces débris organiques donnent le caractère géognostique le plus clair , le plus essentiel et par conséquent le plus certain de la craie. Ils sont très-inégalement répandus dans sa masse. Non- seulement

DES ENVIRONS DE PARIS. i3

ils sont, comme on va le voir, presque tous différens de ceux qu’on trouve dans d’autres terrains et notamment dans les terrains plus récents; mais ils présentent aussi des différences notables d’espèce et même de genre, suivant qu’ils appartiennent aux parties supérieures ou inférieures de la craie. Cette considération importante nous oblige de rappeler ici qu’on peut reconnoître dans la formation de craie trois parties assez distinctes dans leurs extrémités, quoique passant de l’une à l’autre par des nuances insensibles. Ces trois parties qui diffèrent non-seulementpar la position géognostique , mais encore par les caractères minéralogiques , sont: i°. la craie blanche , c’est celle que nous avons plus particulièrement caractérisée ici ; 2°. la craie appelée tuf au en Touraine (i), qui est généralement grisâtre et sableuse, et qui, au lieu de silex pyromaques, renferme plus ordinairement des silex cornés ; 3°. enfin la craie que nous avons appelée ailleurs craie cliloritée , et à laquelle nous donnerons à l’avenir le nom de glauconie crayeuse , qui est grisâtre, friable et toute parsemée de grains verts qui ont la plus grande ressemblance avec la chlorite, et de nodules verdâtres ou rougeâtres qui , d’après l’analyse qu’en a faite dernièrement M. Berthier, renferment beaucoup de fer et souvent tant de chaux phosphatée qu’ils en sont presqu’entièrement composés (2).

(1) Ce nom technique a été employé par M. Omalius-d’HalIoy et adopté par beaucoup^ de minéralogistes.

(2) M. Berthier , ingénieur des mines, a publié (Ann. des Mines, 1820 , p. 197 ) l’analyse exacte de ces nodules; et depuis cette publication il a analysé aussi les grains verts qui constituent la glauconie crayeuse. Nous rapportons ici ces deux analyses.

Nodules de la glauconie crayeuse

du

Grains verts de la glauconie crayeuse

du

H (Ivre.

H (Ivre.

Chaux phosphatée

Chaux carbouatée

Magnésie carbonatée

Fer et alumine silicatés

Potasse

Eau et matière bitumineuse

Eau

On remarque qu’il n’y a dans ces grains verts, sisemblables aux nodules, ni chaux, ni maguésie, et qu’il n’y a par conséquent aucun rapport de composition entre ces deux substances disséminées dans la craie. Nous donnerons à ces grains le nom de fer chloriteux granulaire.

i4 DESCRIPTION GÉOLOGIQUE

Nous n’avons aux environs de Paris que la craie blanche ,* il est probable que les deux autres variétés de craie se trouvent au-dessous d’elle, et cela a été même constaté à Luzarche dans une fouille dont nous parlerons à son lieu. Cette circonstance restreint beaucoup le nombre des corps organisés fossiles qu’on trouve dans la craie de notre bassin , car c’est dans la craie tufau et dans la craie chloritée que se trouvent la plus grande quantité de coquilles fossiles.

Ces fossiles caractérisant, comme nous l’avons dit, la formation de craie dans tous les points de l’Europe où on la connoît, nous devons en donner rémunération aussi complète et aussi exacte que l’état actuel de nos connoissances le permette.

Corps organisés fossiles de la craie blanche ou supérieure 3 tant du bassin de Paris que de ses annexes évidens.

SYNONYMES. LIEUX ET NOTES

— OBSERVATIONS. de gisement particulier.

{SCHLOTTHEIM. — BrEYNIUS. Po-\ lyth. belemn., fig. 1-6. — (PI. III , >Meudon , Bougival , etc. fig. i, A, B.) (i) j

Lituolites nauliloïdea.. . Lam.

— difformis Lam.

Trochus Basteroti. A.Br. (PI. III, fig. 3).

Cette coquille , très-rare dans ,1a craie blanche , a été trouvée à IMeudon par M. Basterot. On remarquera que M. Webster ne jcite aussi qu’une seule coquille f univalve à spirale , et que c’est un j. trochus .

Ostrea vesicularis. . .

Lam. Ann. du Muséum, t. XIV, pl. XXVII, fig. 3. Gryphea dilatata , Sow. , t. CXLIX, fig. 2.

-tpi. III , fig. 5 , A, B, C , D).

- Elle varie considérablement de 'grandeur et de figure en raison des corps sur lesquels elle adhère.

IM. Défi ance regarde 1 ’osltra délit oidea de Lamark ( et non celle de [Sowerby ) comme des individus 'de cetle huître qui ont pris une forme très-aplatie , due au corps èsur lequel ils se sont fixés ‘

’Meudon , Bougival.

(i) Les citations de planches et de figures aux planches de cet ouvrage.

placées entre deux parenthèses se rapportent

Ostrea serrata. Defr..

Catillus Cuvieri. A. Br

Crania parisiensis Defr

Pecten quinquecostatus

— cretosus.

— arachnoïdes

Plagiostoma spinosa. .

Mj'tilus lœvis

Terebratula Defrancii.

Terebratula plicatilis.

— alata

— carne a

— subundata

— octoplicata

Magas pumilus

Spirorbis

Serpula

SYNONYMES. LIEUX ET NOTES

— OBSERVATIONS. de gisement particulier.

(PI. III, fig. io, A, B.) \

Elle diffère sensiblement de celle I qu’on trouve dans la craie clilo- >Dreux. ritée , qui au premier aspect paroît l

être la même J

f (PI. IV, fig. io). Inoceramus. îMeudon.

(Sow. Parkinson )

(PI. III , fig. 2). }

Cette espèce remarquable est très -I commune , en mauvais état, mais \ Meudon. très-rare dans celui où nous laj figurons J

{Nous en possédons depuis longtemps une valve supérieure de Meudon , ce qui prouve que cette espèce n’est pas particulière à la craie inférieure.

, Defr., (pl. III, fig. 7, A, B)... Meudon.

Defr. , (pl. III , fig. 8, A , B). . . Meudon , Dieppe.

Sow. tab. 78. — (pl. IV, fig. 2). Meudon , Dieppe, Rouen.

Defr. , (pl. III, fig. 4) Bougivah

A. Br. (pl. III , fig. 6 , A , B , C). Meudon.

Sow. , tab. 1 i8,fig.i-(pl.IV,fig.5). Meudon.

( Lam. , Syst. des an. sans vert. , )

{ t.VI , n°. 43.— Enc., pl.CCXLV, >Meudon.

(fig.2.-(Pl. IV, fig. 6) j

Sow.tab.i5,fig.5-6-(pl.IV,fig.7). Meudon.

Sow. , tab. 1 5, fig. 7. — LAM.n°.i3. Rouen, Gravesend.

Sow., tab.83,fig.i.-(pl.IV,fig.8). Dieppe.

!Sow. , tab. 119, fig. 1-4. — I Terebratula tenuissima. Schlot.- / Meudon .

T er. concava . Lam.- (pl . I V , fi g . 9) J ç Ces espèces sont trop peu ca- J ractérisées pour pouvoir être dél terminéesaveccertitude et utilité.

Page 1