SUPÉRIEUR
Cités clans la description géologique du bassin de Paris.
Par M. Adolphe BRONGNIART,
O n s’est contenté dans la description géologique du bassin de Paris , de citer , par leurs noms de genres et d’espèces , les Coquilles et Zoophytes qui se trouvent dans les terrains des environs de cette ville , parce que ces corps ont été décrits par MM. Lamarck, Lamouroux, Férussac , etc. ; mais il n’en est pas de même des Végétaux ou parties de Végétaux ; on peut dire qu’ils n’ont jamais été qu’indiqués soit d’une manière vague , soit avec des dissertations sur leurs analogies dont il ne résultoit aucune conséquence, On n’a jusqu’à présent aucun moyen de les citer ou d’en dresser des listes convenables pour la géologie. Cette considération nous a obligé de décrire et de ligurer ces végétaux fossiles et de leur appliquer ces dénominations binômes généralement admises dans l’histoire naturelle et si commodes pour les citations, que leur défaut a souvent empêché de désigner d’une manière précise les différentes espèces de corps organisés propres à chaque formation. Ce n’est pas ici le lieu de faire connaître les règles que nous avons cru devoir adopter dans cette classification, et les dénominations que nous avons employées, nous renvoyons pour les caractères des genres et l’exposé de la classification générale des végétaux fossiles, au travail que nous venons de publier dans les mémoires du muséum , vol. VIII, p. 2o3.
VÉGÉTAUX FOSSILES
§ I. Végétaux qu'on ne peut pas rapporter a des genres
connus.
EXOGÉNITES.
Nous avons désigné sous ce nom tous les bois fossiles que leur structure par couches concentriques range parmi les végétaux dicotylédons.
Ces fossiles se sont présentés dans les terrains de lignites, dans le calcaire grossier, dans le gypse et dans les terrains d’eau douce supérieurs, ils sont surtout abondans dans le premier de ces terrains, mais les caractères sur lesquels on pourroit fonder les différences spécifiques ont été trop peu étudiés pour que nous cherchions ici à distinguer et à décrire les espèces qui se présentent dans les terrains des environs de Paris.
On peut établir seulement avec certitude que tous les fossiles de ce genre appartiennent à des arbres dicotylédons et l’on peut avancer avec une très-grande probabilité que les rapprochemens qu’on a indiqués entre quelques-uns de ces végétaux et les bois des arbres actuellement existans sont en général très-hasardés , l’examen comparatif de ces bois n’ayant jamais été fait avec un soin suffisant, et les bois étrangers n’ayant été jusqu’à présent que peu étudiés, il n’est donc pas encore possible d’établir de différence entre les végétaux de ce genre qui se présentent dans des terrains très - différens , tels que l’argile plastique et le terrain d’eau douce supérieur.
ENDOGÉNITES.
Nous avons donné ce nom à tous les bois fossiles qui appartiennent à des végétaux monocotylédons, ce qu’on peut reconnoître à l’absence de toutes couches concentriques, et à la disposition des vaisseaux par faisceaux isolés, distribués irrégulièrement dans l’intérieur du bois.
DU BASSIN DE PARIS
Il nous a paru très-difficile de reconnoître des espèces parmi ces fossiles, à cause du peu de caractères sur lesquels on pourroit fonder leur distinction. Il est pourtant probable qu’ils appartiennent à plusieurs plantes differentes.
On a généralement regardé ces bois comme provenant de plantes de la famille des Palmiers , mais nous ne connoissons pas encore assez la structure du bois des autres arbres monocotylédons , tels que les Dracœna, les Yucca, les Pandanus, etc., pour pouvoir décider s’ils n’ont point appartenu à des végétaux de ces genres.
Nous pouvons seulement avancer avec certitude qu’ils proviennent de végétaux monocotylédons, on doit même, peut-être, exclure de ces végétaux les fougères arborescentes dont les tiges ont une structure très-particulière que je n’ai jamais observée dans aucun bois fossile.
Les Endogénites ont été trouvés dans le terrain de lignite de Cologne, mais dans un tel état de décomposition qu’il seroit diflicile d’en donner une description.
On a trouvé également dans ce lignite et dans celui de Horgen (t) des fibres cylindriques, ondulées, rapprochées parallèlement les unes des autres en masses assez considérables et que je crois appartenir à des tiges de végétaux monocotylédons; elles paroissent surtout avoir une grande analogie avec les faisceaux de vaisseaux également ondulés et presque libres au milieu d’un tissu cellulaire lâche, qui remplissent le centre de la tige de quelques Palmiers. Nous les désignerons par la dénomination d ’ Endogenites bacillaris.
Les masses fossiles d’Horgen ne diffèrent de celles de Cologne que par le rapprochement plus considérable des fibres , et par leur grosseur un peu moindre. Au premier aspect ces fibres ne paroissent former qu’un enduit à la surface du lignite compacte ; mais un examen plus attentif fait reconnoître que la partie compacte est elle-même composée de fibres semblables à celles de la surface, mais qui sont moins distinctes parce que leur intervalle est rempli par du lignite de la même couleur etde la même densité.
(i) Voyez pag. 1 16 de cet ouvrage.
VÉGÉTAUX FOSSILES
A Cologne, au contraire, l’intervalle de ces fibres est rempli par du lignite terreux, brun, qui rend leur structure beaucoup plus facile à distinguer.
La présence d’Endogénites bien caractérisée dans ce même endroit, ne me paroît pas laisser de doute sur le rapprochement que nous indiquons entre ce lignite fibreux et la partie centrale du tronc des végétaux endogènes.
Les Endogénites ont été trouvés aussi dans le calcaire grossier et dans le terrain gypseux.
Un échantillon très-remarquable surtout a été découvert dans les couches inférieures du calcaire grossier, à Yailly près Soissons (i). Nous lui avons donné le nom d’ENDOGENiTES echinatus.
C’est une portion de tronc entièrement recouvert par la base persistante des pétioles des feuilles formant des sortes d’écailles très-dilatées et un peu triangulaires à leur base, mais qui à peu de distance de leurs insertions se rétrécissent en un pétiole comprimé sans épine, large d’environ 4 centimètres.
Ces bases de pétioles sont redressées dans la partie supérieure du tronc, ouvertes et presque réfléchies dans la partie inférieure; les premières paroissent avoir été brisées depuis que le tronc est fossile , les dernières au contraire semblent s’être détruites sur l’arbre même : ces diverses circonstances me font regarder cet échantillon comme appartenant à la partie supérieure d’un tronc d’arbre monocotylédon, immédiatement au-dessous de la naissance des feuilles. La direction presque verticale des pétioles supérieurs me feroit même présumer qu’ils appartenoient à des feuilles encore existantes lorsque 1 arbre a été enseveli.
La forme de la base des pétioles, et celle de ces pétioles eux-memes , leur tissu évidemment ligneux dans lequel on distingue facilement des faisceaux de vaisseaux comme dans la tige meme me paroissent prouver que ce tronc a appartenu à un arbre à feuilles por-
(t) Voyez pages 27 et 35 , pl X , Jlg. I ; la figure est réduite au tiers : cet échantillon est conservé dans la collection géologique du Muséum d’Histoire naturelle.
DU BASSIN DE PARIS. 357
tëes sur un pétiole distinct comme les Palmiers, ou les Cycas, et non à un arbre à feuilles simples comme les Yucca, les Draccena, etc.
Quoique les feuilles forment environ douze séries longitudinales sur le tronc, nous ferons remarquer que la base amplexicaule trèsdilatée de chaque pétiole embrasse environ le quart ou le tiers du tronc, et que ces douze séries proviennent de ce que les feuilles supérieures ne sont pas placées directement au-dessus de celles qui sont au-dessous , mais alternent avec elles : la même disposition s’observe sur le tronc de la plupart des Palmiers.
Les Endogénites de formation gypseuse paroissent se rapporter à plusieurs espèces dont deux surtout sont bien distinctes.
L'une, trouvée aux environs de Paris, à Montmartre (i), présente des tubes droits, parallèles assez régulièrement espacés, à peu près cylindriques, et formés par la réunion de 2, 3, 4 ou 5 vaisseaux. Lorsque cette tige est coupée transversalement, on remarque sur l’un des côtés de chacun de ces tubes une tache brune semi-lunaire qui l’embrasse en partie, et qui paroît être formée par du tissu cellulaire plus serré que celui qui remplit l’intervalle des vaisseaux, ou par un faisceau de vaisseaux plus fins que ceux qui composent le tube principal. Le tissu cellulaire qui sépare ces vaisseaux est à mailles très-régulières et très-fines.
Cette même espèce a été retrouvée à Hautevigne près Gontaud , département de Lot-et-Garonne, dans la formation gypseuse, de même avec des ossemens de Palæotherium.
L’autre espèce, observée par M. Ménard de la Groye, dans les plâtrières d’Aix, est’ très-remarquable par ses tubes très-gros et irréguliers.
(1) Voyez pag. 48.
VÉGÉTAUX FOSSILES
CULMITES.
CULMITES NODOSUS. ( PI. VIII , fig. i. F. )
Tige flexueuse, rameuse, d'égal diamètre dans presque toute son étendue; légèrement renflée aux articulations, dont l’intervalle est un peu plus grand que le diamètre de la tige. Impression unique à chaque articulation, de grandeur variable.
Ce fossile a été trouvé dans le calcaire grossier à Mont-Rouge. (Voy. p. 35.)
Cette plante par la forme flexueuse de sa tige, l’égalité presque parfaite de son diamètre à ses deux extrémités, par la forme de ses articulations, et par la manière dont elle se bifurque près de son sommet, paroîtroit appartenir à quelque plante grimpante analogue au Calamus ou Rotang.
CULMITES AMBIGUËS. (PI. VIII , fig. 6. )
Tige droite, rameuse, à rameaux redressés, naissant latéralement un peu au-dessous des articulations, diminuant insensiblement vers leur extrémité. Impressions circulaires placées un peu audessous des articulations.
Les échantillons que j'ai vus de ce fossile, sont tous très-imparfaits, et ses rapports avec les plantes vivantes sont très-difficiles à dé- ♦ terminer. Il diffère en effet de la plupart des plantes à tiges articulées , par ses rameaux qui naissent au-dessous de l’articulation et non pas de l'articulation elle-même. Il a été trouvé à Grignon, dans le calcaire grossier ( Voy. pag. 35.)
DU BASSIN DE PARIS
CULMITES ANOMALES (i). (PI. XI , fig. 2.)
Tiges larges de 2 à 3 centimètres, articulations très-rapprochées , paroissant s’engaîner les unes dans les autres; à bords irrégulièrement crénelés et striés longitudinalement ; impressions au nombre de deux ou trois à chaque articulation, formant un quinconce irrégulier. Chaque impression est creuse avec un mamelon saillant au milieu. Une des séries verticales que forment ces impressions est toujours composée de mamelons beaucoup plus gros que les autres.
Les analogues de ce fossile sont très-difficiles à déterminer; il paroîtroit pourtant appartenir à la tige rampante de quelques plantes monocotylédones ou peut-être d’un Equisetum. Le peu de connoissance qu’on a sur ces parties des végétaux vivans laisse encore beaucoup de doute à cet égard.
Ce fossile est commun dans les meulières de Longjumeau. ( Voy .
LYCOPODITES.
LYCOPODITES SQUAMATUS. (PI. XI , fig. 3. )
Feuilles rhomboïdales , obtuses , exactement imbriquées , traversées par une nervure moyenne peu distincte (2).
Cette espèce, quoique différant beaucoup des espèces des terrains anciens que nous avons regardées comme type de ce genre (3), nous paroit pourtant présenter les caractères le plus essentiels de ce genre.
(1) La description et le dessin sont faits d’après un moule pris sur la cavité laissée par ce fossile , tous les échantillons ne présentant que l’empreinte produite par la plante dans la meulière ; elle a déjà été figurée par mon père , Ann. du Mus. , tome XV , pl. XXIII , fig. 1 5, mais telle qu’elle se présente sur les meulières.
(2) AI. Brongniart. Mémoire sur les terrains d’eau douce. Ann,, du Mus. , tome XV, pl. XXI II , fig. g.
(3) Mémoires du Muséum , tome VIII , pag. 23o.
VÉGÉTAUX FOSSILES
Ses feuilles courtes, obtuses et épaisses, sont exactement appliquées contre la tige qu elles environnent de toute part. Elles sont disposées en quinconce, et sur 4 rangs autour de la tige, dont le diamètre varie de 4 à 6 millimètres.
Ce fossile avoit été regardé dans le mémoire cité ci-dessus, comme ayant beaucoup d’analogie avec les épis de quelques Paspalum; j’avoue que les échantillons nombreux que j’ai observés depuis ne me permettent pas d’adopter cette opinion : i°. on ne voit jamais ces épis s’insérer sur un chaume , ou se réunir pour former une panicule plus ou moins composée, comme on l’observe dans les Paspalum. 2°. Ces plantes fossiles ont une grande longueur, sont flexibles, de grosseur assez variable, ce qui n’a pas lieu en général dans les épis de ces graminées. 3°. Dans les Paspalum , les fleurs sont disposées sur deux rangs , et non pas en spirales comme les feuilles de ce Ljcopodites.
Ces diverses raisons me paroissent s’opposer à ce qu’on regarde ce fossile comme des épis de Paspalum ou de tout autre graminée ; il me semble avoir plus d’analogie avec quelques Mousses ou Lycopodes par la disposition et la forme de ses feuilles ; il est en effet assez semblable à quelques mousses aquatiques et surtout à quelques Lycopodes de la section des Selago et des Phlegmaria , sans pourtant qu’on puisse établir entre ces plantes de rapprochement spécifique. Cette plante a été trouvée dans la meulière à Longjumeau ( Voy . pag. 6i. )
PHYLLITES ,
Nervures confluentes.
PHYLLITES MULTINERTIS. ( P). X , fig. 2. )
Feuille ovale ou presque ronde à nervures nombreuses, rapprochées , presque parallèles , confluentes au sommet et à la base; nervures secondaires, simples , transversales.
Cette feuille, dont je n’ai vu que des échantillons incomplets
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trouvés par M. Prévost dans l’argile plastique de la plaine de Mont - Rouge ( K oyez , pag. 27. ) , est très - remarquable par ses nervures confluentes très - nombreuses. J'en ai compté quarante-cinq sur un échantillon qui ne présentoit pas la feuille entière. On doit supposer qu’il y en a de cinquante à soixante : toutes sont d’égale grosseur , ce qui distingue cette feuille de la plupart des feuilles dicotylédones à plusieurs nervures parallèles dans lesquelles , en général , la nervure moyenne est plus considérable que les autres ; cette disposition des nervures se présente au contraire dans plusieurs familles de plantes monocotylédones , telles que les Aroïdes , les Pipéracées , les Alismacées. Mais cette feuille a surtout une analogie remarquable par sa forme et la distribution des nervures avec quelques espèces de Potamogeton , tels que les Potamogeton natans ,/luitans , etc.
PHYLLJTES C INNAM OMIFOLIA.
Feuille elliptique à bord entier et à trois nervures confluentes. Nervures secondaires , irrégulièrement divisées , presque transversales , peu distinctes.
Dans l’argile plastique de l’Habitchwald près Cassel (1). ( Voy. p. 120.)
Cette feuille ressemble aux feuilles de plusieurs espèces de Lauriers, et particulièrement à celle du Cannellier, Laurus cinnamomum. L ; elle s’en distingue cependant par sa forme moins allongée, et par ses nervures plus confluentes vers le sommet.
Les feuilles des Mélastomes diffèrent de cette espèce par leurs nervures qui se continuent jusqu’au sommet de la feuille , tandis que dans la plante fossile , comme dans le Cannellier , les nervures latérales diminuent insensiblement jusqu’au sommet , et disparoissent avant de l’atteindre. Enfin les nervures secondaires des
(1) C’est à M. Blumenbach que nous devons presque tous les échantillons des Pbyllites de l’Habitchwald.
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Mélastomes sont presque simples et beaucoup plus marquées. Mais quelle que soit la plante à laquelle on rapporte cette espèce, toujours est-il certain qu’il n’existe plus maintenant aucune plante analogue à ce fossile en Europe.
** JV ervures pinnées.
* Feuilles à bord entier.
PHYLLITES ABIETINA. (PI. XI, fig. i3.J
Feuilles linéaires,, obtuses, longues de 12 à i5 millimètres, traversées par une nervure moyenne très-marquée.
Dans l’argile plastique de l’Habitchwald près Cassel. ( Voy . p. 120.)
Ces feuilles sont encore insérées sur les rameaux sur lesquels la nervure moyenne qui les traverse se continue en formant une côte saillante , comme on le remarque sur les jeunes branches des Sapins avec lesquels ce fossile a une grande analogie.
PHYLLITES LINEARIS. (PL X, fig. 7.)
Feuille linéaire , très-longue , pointue , rétrécie à la base en un court pétiole ; nervure moyenne , étroite , peu marquée ; nervures secondaires , simples , obliques , rapprochées , saillantes.
Dans le calcaire grossier à Mont-Rouge. ( V oj. p. 35. )
PHYLLITES NERIOIDES. (PI. VIII, fig. 1 , B-C. )
Feuille oblongue-lancéolée ou lancéolée soutenue par un pétiole court; nervure moyenne étroite; nervures secondaires, simples, obliques, rapprochées, très-saillantes.
Dans le calcaire grossier de la plaine de Mont-Rouge. (Voy. p. 35.)
Elle varie à feuilles plus ou moins allongées à extrémité obtuse ou aiguë.
Cette feuille a quelque analogie, par la disposition de ses nervures , avec les feuilles du laurier rose , JSerium oleander. L. Ce dernier en diffère pourtant par ses feuilles plus larges et plus pointues.
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Sa forme la rapproche de plusieurs espèces de Saules , mais elle eu diffère par ses nervures presque transversales.
PHYLLITES MUCRONATA. (PI. VIII, fig. I. A.)
Feuille oblongue, obtuse, pétiolèe. Nervure moyenne, large et plate, formant à l’extrémité de la feuille une petite pointe saillante. Nervures secondaires, simples, presque transversales.
Dans lecalcaire grossier de la plaine de Mont-Rouge. ( Voy. p. 35.)
PHYLLITES REMIFORMIS. ( PI. X , fig. 4.)
Feuille oblongue, obtuse, un peu spatulée, presque sessile, à base tronquée terminée par deux pointes aiguës} nervure moyenne étroite, dilatée à la base ; les nervures secondaires ne sont pas distinctes.
Dans le calcaire grossier de Mont-Rouge. {Voy. p. 35.)
PHYLLITES RETVSA. (PI. X, fig. 5.)
Feuille obovale, obtuse; nervure moyenne saillante. Nervures secondaires invisibles.
Dans le calcaire grossier de Mont-Rouge. ( Voy. p. 35.)
La forme de cette feuille a quelque analogie avec celle du Salix retusa , mais cette plante diffère de l’espèce fossile par de petites dents vers la base des feuilles.
PHYLLITES SPATULATA. (PI. X, fig. 6.)
Feuille obovale, spatulée, aiguë, se rétrécissant à la base en un pétiole assez long. Nervure moyenne dilatée à la base; nervures secondaires, éloignées, obliques.
Dans le calcaire grossier du parc de Versailles à Saint-Nom. {Voy. p. 35.)
VÉGÉTAUX FOSSILES
** Feuilles à bord dénié.
PHYLLITES LANCE A. (Tab. VIII, fig. i. D. )
Feuille lancéolée portée sur un court pétiole , dentée , dents simples; nervures secondaires, éloignées, rameuses.
Dans le calcaire grossier de Mont-Rouge. (F qy, p. 35.)
Observ. Nons ne prétendons donner aucune importance aux analogies que nous avons indiquées entre ces divers fossiles et les feuilles de quelques plantes vivantes. Toutes, excepté celle que nous avons annoncée pour la première espèce, nousparoissent très-douteuses, aussi avons-nous toujours fait voir les différences qui existent entre les fossiles et les plantes auxquelles nous les avons comparés.
PALMACITES.
P ALMA CITES PARISIENSIS. (Tab. VIII, fig. i. F. )
Pétiole sans épine, étroit (large de i cent.), légèrement dilate a son extrémité. Feuille flabelliforme à ^5 ou 3o divisions peu divergentes, linéaires, filiformes.
Cette plante, que nous croyons pouvoir rapporter sans aucun doute à la famille des Palmiers, paroît différer beaucoup de toutes les espèces connues par les divisions filiformes de ses feuilles; mais elle offre un des caractères particuliers aux plantes de cette lamille, c’est que les lobes très-fins qui la composent se réunissent souvent plusieurs ensemble vers leur base avant de s’insérer au pétiole.
La largeur de son pétiole prouve qu’elle ne peut pas avoir appartenu à la même plante que Y Endogenites echinatus , que nous avons déjà décrit et dont les bases des pétioles ont plus de quatre fois la largeur de ceux du Palmacites Parisiensis.
Nous ne connoissons qu’un échantillon de cette feuille; il a été
DU BASSIN DE PARIS
trouvé clans le calcaire grossier à Saint-Nom dans le parc de Versailles. [Voj. pag. 35.)
PALMACITES LAMANONIS (i).
Pétiole lisse sans épine, large de 2 centimètres environ, long de plus de 3 décimètres , arrondi à son extrémité supérieure ; feuille flabelliforme à lobes très-divergens , réunis et plissés vers la base , libres et se bifurquant à leur extrémité. Ces divisions ont alors environ un centimètre de large et ne présentent aucune nervure saillante.
Leur longueur totale depuis leur insertion au pétiole jusqu’à leur extrémité libre est de plus de six décimètres.
Cette espèce a été trouvée dans les plâtrières d’Aix en Provence.
Elle diffère beaucoup du Chamœrop humilis , auquel on Ta souvent comparée par la grosseur du pétiole , l’absence des épines , le nombre et la longueur des divisions de la feuille, elle ne paroît même pas pouvoir se rapporter à aucune des espèces de Palmiers bien connues.
CARPOLITHES.
CARPOLITHES THALICTR OIDES.
Var. A. PARISIENSÏS. ( PL XI , fig. 4. )
Carpelle presque cylindrique , légèrement recourbé en S \ strié longitudinalement, à base renflée et arrondie, à sommet pointu.
Var. B. TFEBSTERI. (PL XI, fig. 5.)
Carpelle un peu comprimé , base à peine renflée , sommet obtus.
La première de ces variétés a été trouvée dans la meulière à Longjumeau et à Villiers près Pontchartrain {Voy. p. 61); la seconde
(1) Nous avons figuré cette espèce dans les Mémoires du Muséum, tome VIII, pi. XIV. fig. 1.
566 VÉGÉTAUX FOSSILES
vient de l ile de Wight sur la côte méridionale d’Angleterre, où elle a été découverte par M. W ebster.
Ce fossile nous paroît présenter une grande analogie avec les Carpelles qui composent le fruit des Thalictrum dont plusieurs sont striés longitudinalement , et ont une forme presque semblable à celle de ces graines fossiles , ce qu’on peut observer surtout sur les fruits du Thalictrum ma jus (i).
CARPOLITHES OVULUM. (PI. XI, fig. 6.)
Graine lisse , ovoïde , creusée d’une fossette assez profonde à sa base.
Commune dans la meulière de Longjumeau. ( Voy . p. 61.)
Nous ne saurions assurer si ce fossile est une graine ou un fruit monosperme ; on ne trouve jamais dans la meulière que sa cavité renfermant dans son centre un noyau ovale. Il est par conséquent difficile d’établir si la partie détruite entre ce noyau et la cavité extérieure étoit le péricarpe ou le tégument de la graine , et si le noyau lui-même est la graine entière , ou simplement l’embryon et le périsperme qui l’entourent.
Cependant , en adoptant la dernière de ces opinions , on trouve une assez grande analogie entre ces graines et celles des Nymphéa dont le tégument est également très-épais , qui ont une forme ovale et sont creusées d’un petit trou à leur base..
La forme de ce fossile ne présentant que peu de caractères propres à le faire reconnoître , nous n’avançons cette analogie qu’avec doute , quoique la ressemblance qui existe entre un autre fossile de ce même terrain et les tiges de Nymphéa lui donne quelque probabilité.
(i) Nous renverrons pour plus de detail, tant sur ce fossile remarquable , que sur la plupart des autres espèces importantes, au mémoire que nous avons déjà cité. (Mém. du Muséum, pl. XI , fig. 6. )
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§ II. V égétaux qu’on peut rapporter a des genres connus.
EQUISETUM.
EQUISETUM BRACHYODON. (PI. X, fig. 3.)
Gaines peu dilatées au sommet à 4 ou 5 dents , courtes , triangulaires.
Trouvé dans le calcaire grossier de la plaine de Mont-Rouge. ( Voj .
pag. 35.)
Je n'ai vu que deux petits échantillons de ce fossile , mais ils sont si Bien caractérisés , quil n'y a pas de doute à ce que je pense sur le rapprochement que j’ai établi entre eux et les Equisetum.
Le genre Casuarina est le seul qui présente aussi quelque analogie avec cette plante \ mais il en diffère par ses gaines, qui ne sont pas du tout dilatées et dont les dents sont exactement appliquées contre la tige.
En admettant que le fossile que nous décrivons appartienne en effet au genre Equisetum , il est facile de s’assurer qu’il ne peut se rapporter à aucune des espèces vivantes qu’on connoît ; toutes en effet ont les gaines terminées par des dents beaucoup plus longues et plus aiguës. Quelques-unes, telles que X Equisetum liiemale , qui paroîtroit les avoir courtes et arrondies ne doivent cette apparence qu’à ce que l’extrémité des dents se rompt très - facilement , et qu’il ne reste plus que leur partie inférieure ; tandis qu'il est certain que la brièveté des dents de l'espèce fossile n’est pas due à cette cause , mais quelles sont dans un état parfait d’intégrité.