‹ Description géologique des environs de ParisChapitre 8 sur 94 · ZOOPHYTES · texte numérisé non relu

ZOOPHYTES

Milleporci Meudon.

Nous ne sommes pas encore en état de déterminer les différentes espèces dezoophytes pierreux qui se trouvent dans la craie blanche.

Aucune de ces espèces ne se trouve dans le calcaire grossier. Cette formation de la craie est donc parfaitement distincte de la formation du calcaire grossier qui la recouvre. Il ne paroît pas qu’il y ait eu entre elles de transition insensible; ni dans l’espace de terrain que nous avons étudié , ni probablement ailleurs.

Au contraire, on ne reconnoît point de différences aussi tranchées entre la craie et le calcaire compacte qu’elle recouvre; et si c’étoit le lieu d’agiter ici cette question , nous rapporterions des observations qui nous portent à croire que ces deux formations passent de l’une à l’autre par des transitions insensibles. Il est certain, par exemple, que la craie d’autres pays renferme des espèces de coquilles que nous n’avons pas encore reconnues dans celle des environs de Paris, et qui ressemblent beaucoup, si elles ne sont même identiques, avec celles du calcaire du Jura.

Ces faits prouvent que la craie n’est pas, comme on l’a cru, d’une formation récente. Nous allons faire voir qu’elle a été suivie de quatre à cinq formations très-distinctes, et qui indiquent un long espace de temps et de grandes révolutions entre l’époque du dépôt de cette sorte de calcaire et celle où nos continens ont reçu la forme qu’ils ont actuellement.

L’énumération que nous venons de donner des fossiles de la craie, est le résultat de nos observations, et surtout de celles de M. Défiance. Nous ferons remarquer, avec ce naturaliste, que, si l’on excepte le trochus dont nous avons parlé plus haut, l’on n’a encore trouvé dans la craie des environs de Paris, aucune coquille univalve

à spire simple et régulière. Ainsi il n’y a aucune cérite , aucun fuseau, etc. Ce fait est d’autant plus remarquable, que nous allons rencontrer ces coquilles en grande abondance, quelques mètres audessus de la craie, dans des couches également calcaires, mais d’une structure différente.

La craie forme le fond du bassin ou du golfe sur lequel se sont déposés les différentes sortes de terrains qu’on voit aux environs de Paris. Avant que cet ancien sol eut été recouvert par les matières qui composent ces terrains , sa surface devoit présenter des enfoncemens et des saillies qui y formoient des vallées , des collines ou des buttes. Ces inégalités nous sont indiquées par les îles et promontoires de craie qui percent dans quelques points les nouveaux terrains, et par les excavations qu’on a faites dans ceux-ci, et qui ont atteint la craie à des profondeurs très-variables. Ce qu’il y a de remarquable , c’est que ces inégalités ne paroissent avoir aucune correspondance avec celles de la surface actuelle du terrain qui nous occupe , comme le prouveront les détails que nous donnerons dans la seconde section.

Article II.

De l’argile -plastique et du lignite , ou du premier terrain d’eau

douce .

Presque toute la surface de la masse de craie est recouverte d’une couche d'argile, qui a des caractères communs fort remarquables, quoiqu’elle présente dans divers points des différences sensibles.

Cette argile, que nous appellerons plastique parce qu’elle prend et conserve aisément les formes qu’on lui imprime, est onctueuse, tenace , et généralement composée des principes suivans :

Résultats d’ analyses d argiles plastiques faites par M. Berthier , ingénieur au corps royal des Mines.

De Forge, Seineinferieure.

I D’Abondant, près Dreux.

De Montereau departement de l’Yonne.

De Pleine , près Nemours.

Alumine

Silice

Fer oxide

Eau

Chaux

Magnésie

Elle ne renferme donc que des traces de chaux et de fer, au moins dans le plus grand nombre des cas, et ne fait aucune effervescence avec les acides.

Elle est absolument infusible au feu de porcelaine, lorsqu’elle ne contient point une trop grande quantité de fer pyriteux disséminé.

Elle varie beaucoup en couleur ; il y en a de très-blanche ( à Moret , dans la foret de Dreux, etc.) : de grise (à Montereau; à Gondé près d’Houdan); de jaune (à Abondant près la forêt de Dreux); de grisardoisé pur, de gris-ardoisé mêlé de rouge, et de rouge presque pur (dans tout le sud de Paris depuis Gentilly jusqu’à Meudon ).

Cette argile plastique est , selon ses diverses qualités , employée à faire de la faïence fine, ou des grès, ou des creusets et des étuis à porcelaine, ou bien enfin de la poterie rouge qui a la dureté du grès, lorsqu’on peut la cuire convenablement. Sa couleur rouge, les grains pyriteux , les portions de silex , les petits fragmens de craie et les cristaux de sélénite qu’elle renferme quelquefois, sont les seuls défauts qu’on y trouve.

Cette couche varie beaucoup d’épaisseur : dans quelques parties, elle a jusqu’à 16 mètres et plus; dans d’autres, elle ne forme qu’un lit mince d’un ou deux décimètres.

On rencontre souvent deux bancs d’argile 5 le supérieur que les ouvriers fausses glaises , est sabloneux , noirâtre, renferme

quelquefois des débris de corps organisés; il est séparé de l’inférieur par un lit de sable. C’est au banc inférieur seulement qu’appartiennent les caractères que nous avons donnés de l’argile plastique.

S’il se trouve réellement des fossiles marins ou terrestres dans cette argile, c’est-à-dire dans le banc inférieur d’argile plastique ayant les qualités que nous venons de lui assigner, ils y sont extrêmement rares; nous n’en avons point encore vu dans les couches d’argile plastique proprement dites, dans celles enfin qui sont immédiatement superposées à la craie. Nous avons cependant observé beaucoup de ces couches en place, et nous avons examiné des amas considérables de cette argile dans les nombreuses manufactures qui en font usage ; enfin les ouvriers qui l’exploitent au sud de Paris, ceux qui l’exploitent aux environs d’Houdan et de Montereau, nous ont assuré n’y avoir jamais rencontré ni coquilles, ni ossemens, ni bois, ni végétaux.

Mais il n’en est pas de même du banc supérieur ou Aes fausses glaises. Ce banc qui ne se montre pas toujours ou qui partage plusieurs des qualités du banc inférieur, qui existe aussi quelquefois seul avec une grande épaisseur et sur une grande étendue, est souvent très-riche en débris de corps organiques qui semblent lui appartenir en propre et le caractériser cl’une manière particulière.

C’est à ce banc et par conséquent au dépôt de l’argile plastique dont il fait partie qu’appartiennent des sables, des lignites de diversesvariétés, le succin ou ambre jaune, et de nombreuses coquilles fossiles, les unes évidemment marines, les autres évidemment d’eau douce.

Le lignite ou bois fossile bitumineux ( braunkohle des minéralogistes allemands) , tantôt n’y est pour ainsi dire qu’indiqué par des vestiges charbonneux de tige, de rameaux ou de feuilles, tantôt il s’y montre avec la texture ligneuse et même avec la forme qu’avoient les arbres enfouis dont ces dépôts se composent. Celte preuve évidente de son origine s’efface peu à peu, et le dépôt charbonneux qu’on doit cependant toujours rapporter à la même origine, se pré-

sente alors avec clés apparences très- différentes. Tantôt il forme des lits régulièrement stratifiés et même feuilletés , ou des couches d’aspect terreux; on lui donne dans ce dernier cas les noms de cendres pyriteuses , de terre houille , de tourbe marine ou du haut pays : tantôt il constitue des masses compactes d’un noir assez pur, d’une texture dense et même susceptible de poli, divisées en parties parallélipipédiques par des fissures perpendiculaires l’une sur l’autre , et alors il prend les noms de charbon brun (braunkohle) , de jayet et même très-souvent celui de houille, et plus particulièrement celui de houille sèche. Le lignite est sous ces deux formes, soit en lits minces et sans continuité , soit en couches puissantes et d’une grande étendue; mais on trouve presque toujours dans ces couches, où la texture ligneuse est entièrement effacée, quelques parties de végétaux assez bien conservées, soit tiges, soit feuilles, soit fruits, qui rappellent qu’elles sont originaires de végétaux plutôt ligneux qu’herbacés, très-fréquemment dicotylédons, quelquefois monocotylédons, presque toujours de la famille des palmiers, et jamais, à notre connoissance du moins, de celle des fougères. Cette dernière circonstance est un des caractères des plus remarquables et doit servir à établir une distinction très-nette entre les anciennes et véritables houilles, et ces dépôts de combustibles fossiles bien plus modernes, auxquels on applique cependant trop souvent le nom de houille.

C’est aussi dans ces couches ou dans le sable et la marne argileuse qui leur sont interposés que sont disséminées,

i°. Les pyrites souvent abondantes qui donnent à ces ligniteS des propriétés nuisibles dans bien des cas et utiles dans quelques circonstances.

2°. Du succin en nodules plus ou moins volumineux ou des résines succiniques, plus tendres, plus fragiles ,• plus pulvérulentes et plus opaques que le succin, et qui ne renferment point ou qui renferment à peine l’acide succinique , produit qui caractérise le succin proprement dit.

Les coquilles fossiles qui accompagnent très -communément et

quelquefois en quantité prodigieuse cette couche supérieure du dépôt d’argile plastique ou de marne charboneuse , appartiennent à des animaux dont les genres et peut-être même les espèces analogues vivent dans des milieux très-différens ; les unes sont marines , les autres sont d’eau douce ; ces coquilles sont quelquefois en lits ou dépôts minces qui se touchent, et qui réunis n’ont pas une épaisseur de 3 décimètres, mais qui sont cependant distinctes : ce cas est le plus rare et la proximité des deux lits en indique aisément la cause. Dans le cas le plus ordinaire au contraire, qui est celui de tout le Soissonnois, disposition très- bien décrite par M. Poiret, ces coquilles sont mêlées , mais il est aisé de voir quelles sont mêlées au point de contact des deux terrains; que les coquilles d’eau douce dont nous allons donner l’énumération appartiennent même aux lignites , c’està-dire, à ce dépôt puissant de corps organisés végétaux qui certes n’ont pas vécu dans les eaux marines, mais qui croissoient à la surface de la terre lorsque celle-ci, terminée alors à la craie, étoit couverte de forêts, de lacs, d’étangs ou de mares, tandis que les coquilles marines viennent du dépôt marin et uniquement marin, qui recouvre de couches quelquefois nombreuses et puissantes la formation argilocharbonneuse que nous décrivons ici.

Telle est la disposition générale et constante du terrain qui recouvre la craie et qui est inférieur au calcaire grossier, non-seulement dans le bassin de Paris, objet principal de notre travail, mais dans un grand nombre de lieux dont nous indiquerons plus bas les principaux et les plus remarquables.

L’ensemble de tous ces caractères ne se présente que dans le Soissonnois, notamment aux environs de Yauxbuin; nous en devons la connoissance d'abord à M. Poiret, qui, dans le temps où il a fait ces observations, n’a pu en tirer les conséquences que nous en déduisons maintenant, mais qui a fort bien remarqué qu’un lit de coquilles d’eau douce , qu’il rapportoit aux bulimes , étoit recouvert d’un dépôt puissant de coquilles marines , ensuite à MM. Prévost et Héricart-Ferrand, qui nous ont donné, l’un, il y a près de dix ans, une coupe de la montagne de Paris près de Soissons, et l’autre,

en 1 8 1 3 , des détails intéressans, une coupe que nous joignons ici (pl. II, fig. i et 2) et de nombreux échantillons relatifs à cette disposition aux environs deSoissons. Par conséquent, d’une part la séparation des deux dépôts et leur position relative assez claire pour qu’elle ait frappé il y a plus de trente ans un naturaliste dont les observations n’étoient guidées par aucune considération théorique; de l’autre le mélange de ces deux dépôts d’origine differente aux surfaces de contact, sont des faits reconnus depuis long- temps, et qui ne présentent rien qui ne soit facile à concevoir dans l’hypothèse des formations marines et fluviatiles distinctes et successives.

Dans le bassin de Paris, resserré dans les limites que nous avons assignées, on n’a pas encore trouvé une réunion aussi complète des roches, coquilles et minéraux qui constituent la formation de l’argile plastique ; mais on a vu des portions plus ou moins considérables de ce terrain dans des endroits différens que nous décrirons dans leur ordre géographique.

Le premier est à Marly. En creusant, en 1810, des puits destinés à l'établissement d’une nouvelle machine hydraulique , on est parvenu, après avoir traversé toute la formation du calcaire grossier, à un banc puissant composé de deux couches distinctes ; la plus inférieure ayant plus de 10 mètres d’épaisseur est une argile plastique, grisâtre, marbrée de rouge et ne renfermant aucune coquille; audessus est un banc de sable mêlé de pyrites, d’argile et d’une multitude de coquilles très-altérées, très-brisées, et qui ne peuvent être rapportées avec certitude à aucune espèce connue , ni même à aucun genre, mais qui semblent cependant avoir des rapports, non pas avec les citliérées , comme nous l’avions dit, mais avec les cyrènes(i), genre de coquille bivalve fluviatile assez voisin des cyclades.

Le lignite n’est représenté ici que par des empreintes charbonneuses de feuilles et de tiges, et par une poussière noire charbonneuse qui colore le sable. Les résines succiniques y sont comme indiquées par des nodules d’aspect bitumineux.

(1) C’est à M. Daudebard de Férussac que nous devons cette détermination plus précise.

Le second lieu où l’argile plastique s’est offerte avec ces résines mieux caractérisées, quoiqu’en grains extrêmement petits, est Auteuil près Paris. Le terrain de craie qui ne paroît pas au jour dans ce lieu, y est cependant assez peu éloigné de la surface du sol, comme le prouvent les puits que l’on a creusés au lieu dit le Point du J our. M. Becquerel a trouvé dans l’argile plastique qui se présente sur la pente du terrain vers la Seine, des fragmens de lignite, et dans ces fragmens de petits cristaux jaunes combustibles, ayant la plus grande ressemblance avec le succin ou le mellite. Leur petitesse n’a pas permis de déterminer exactement leur nature.

Le troisième endroit est beaucoup plus éloigné de Paris et sur les limites de ce bassin. C’est au lieu dit Noyer, à la hauteur de Dangu près de la route qui conduit de Gisors à Rouen. On y a trouvé et on y trouve encore dans les fouilles qu’on fait pour extraire l’argile plastique employé à la fabrication des briques, des grains de succin parfaitement caractérisés. Nous devons à M. le marquis Barbé-Marbois la première indication de ce lieu et les premiers échantillons de succin. Les fragmens de lignite où ils se trouvent sont souvent tellement pyriteux qu'on les voit en peu de temps se décomposer et se couvrir d’abondantes efflorescences de fer sulfaté. Le tout repose sur un plateau de craie et n’est ici recouvert par aucune roche.

Enfin tout nouvellement M. Prévost vient de reconnoître ces lignites dans la plaine de Mont-Rouge, au fond d’un puits, qui après avoir traversé toute la formation du calcaire grossier, a pénétré jusques dans les argiles. Les lignites et les argiles parfaitement semblables à ceux du Soissonnois, sont accompagnés d’un banc de sable et de grès renfermant un grand nombre de coquilles marines et de coquilles d’eau douce. Tantôt ces dernières, qui consistent en limnées, planorbes, paludines et potamides, sont réunies sans être mélangées à d’autres coquilles, tantôt elles sont mêlées avec des coquilles marines qui appartiennent au terrain de calcaire grossier. On remarque ici uue association semblable à celle qu’on voit dans le Soissonnois , h Beauchamp près Pierrelaie, etc. On y voit ces cérites d’eau douce, dont l’un de nous a cru devoir faire un genre particulier sous le nom

cle potamides, constamment réunies avec des coquilles dont l’habitation dans les eaux douces n'est point douteuse.

Les lieux que nous avons cités, prouvent que ce banc d’argile a une très-grande étendue, et qu’il conserve, dans toute cette étendue , ses principaux caractères de formation et de position.

Nous devons donner maintenant l’énumération des corps organisés fossiles qui appartiennent aux terrains d’argile plastique et de lignite dont nous venons de tracer les caractères } mais ce terrain étant, comme on vient de le voir, assez souvent peu épais, ayant été formé constamment par voie de sédiment et même de transport, et n’ayant par conséquent ni solidité, ni limites supérieures parfaitement déterminées, a dû recevoir des corps de différentes natures et de différentes origines au milieu de ses propres matériaux. Ces matériaux et les débris des corps organisés qui lui appartiennent en propre ont dû se mêler avec ceux des terrains marins supérieurs lorsque ceux-ci, également sédimenteux, grossiers même, et friables, se sont déposés ou ont été transportés à la surface spongieuse et pénétrable des terrains composés d’argile sableuse, d’argile plastique, d’argile charbonneuse, de pyrites, de lignite et de marne argileuse, sableuse et calcaire, qui composent la couche subordonnée au calcaire grossier que nous venons de décrire sous le nom de terrain d’argile plastique et de lignite.

Il résulte de cette disposition, particulière à ce terrain, que si nous voulions donner dans l’ordre zoologique comme nous l’avons fait à la craie , l’énumération des corps organisés fossiles qu’il renferme , on y remarqueroit un singulier mélange de coquilles vivant dans les eaux marines et de coquilles vivant dans l’eau douce ou dans l’air à la surface du sol, et on pourroit croire que ce mélange est aussi fréquent et aussi complet que cette liste le présenteroit; mais quoiqu’il existe, en effet, un réel mélange de ces débris organiques, on peut encore y reconnoître certaines règles qui, si elles ne sont aussi limitées, aussi fixes que celles que nous avons reconnues dans la distribution des corps organisés dans les autres terrains, n’en sont pas moins importantes à faire remarquer, car elles se montrent assez

clairement et se présentent assez fréquemment pour indiquer l’origine principale des diverses parties de ce terrain.

Ainsi, i°. c’est ordinairement dans les parties inférieures, comme nous l’avons dit au commencement de cet article , que se trouve la véritable argile plastique : l’argile pure infusible ne renfermant aucun débris organique.

2°. C’est ordinairement dans la partie moyenne et par conséquent immédiatement au-dessus de l’argile plastique que se présentent tous les débris de corps organisés dont l’origine n’est point marine, mais qui ont dû vivre comme leurs congénères actuels ou dans les eaux douces ou à la surface du sol. 11 y a très-rarement mélange de corps marins dans cette partie, et si ce mélange se présente au-dessus de l’argile plastique ou même au-dessus de la craie, on doit en conclure que ces deux premiers lits ou dépôts n’existent pas, et que le troisième ou dernier s’est déposé immédiatement sur la craie.

3°. C’est donc aux limites supérieures de la formation cFargile et de lignite que se montre le plus ordinairement le mélange et même l’alternance, ce qui est bien plus singulier, des animaux marins et des animaux et végétaux ou terrestres ou d’eau douce , c’est du moins ce qui paroît résulter, pour le mélange, des observations faites par M. Prévost à Bagneux, et pour l’alternance de celles qu’a faites M. de Férussac dans les environs d’Epernay.

Mais, à mesure qu’on s’élève dans ce mélange, les corps organisés d’origine lacustre et terrestre diminuent, tandis que les corps marins deviennent tellement dominans qu’ils se montrent bientôt seuls, ce qui prouve encore que l’origine principale du terrain d’argile et de lignite n est point sous-marine, et ce qui justifie le nom que nous lui avons donné de premier terrain d’eau douce.

C’est donc d’après cette règle que nous allons donner rénumération i°. des corps organisés non-marins qu’on trouve dans les lits inférieurs purement d’eau douce, des dépôts d’argile et de lignite ; 2°. des corps organisés marins qu’on trouve mélangés ou alternant avec ceux-ci dans les lits supérieurs.

ÎN’ous devons ces listes à M. Daudebard de Férussac, et comme il

a donné la description et les ligures des coquilles que nous désignons dans le mémoire qu’il a lu sur ce sujet et qu’il s’occupe de publier (i), nous renverrons à ce mémoire et nous ne donnerons aucune ligure de ces corps.

Corps organisés fossiles qui se présentent le plus ordinairement dans les couches ou dépôts d’argile plastique et de lignite.

i°. Dépouilles solides d’animaux qui vivent dans les eaux douces ou à la

surface du sol.

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