‹ Description historique de l'abbaye royale d'HautecombeChapitre 30 sur 62 · TOMBEAU DE HUMBERT III · texte numérisé non relu

TOMBEAU DE HUMBERT III

St'BNOMMé LE SAINT.

Humbcrt, fils d'Amédée III et de Mathilde de Vienne, naquit à Aveillane en 1136. Amédée III , en partant pour la seconde croisade , confia son éducation à saint Amédée d'Hauterive, abbé du monastère d'Hautecombe, et ensuite évéque de Lausanne. Humbert en apprit de bonne heure à connaître la vanité des choses humaines , et à considérer notre fragile existence comme un temps que Dieu accorde à l'homme pour mériter la vie et la félicité éternelles. Ces principes dominèrent toutes ses actions. Malgré son goût prononcé pour l'austérité et la solitude du cloitre , il savait en sortir pour affronter les dangers de la guerre. Aussi brave que pieux, il défendit vaillamment ses états contre le dauphin Guy IV' , et le battit devant la forteresse de Montmclian. Il entra dans la ligue entreprise contre

Frédéric Barberoussè , se distingua au siège de Milan , et fut toujours l'allié et le défenseur ardent des droits du Saint-Siège.

Ce prince passa dans les abbayes d'Aulps et d'Hautecombe tout le temps qu'il put dérober au monde, et puisa dans ces saintes retraites les lumières et les vertus nécessaires pour bien diriger ses états à cette époque de factions , de schismes et de guerres.

Quoiqu'il se fût marié plusieurs fois , il ne laissa qu'un seul fils , le célèbre Thomas I. Un grand nombre de maisons religieuses et d'hospices eurent part à ses générosités; on cite surtout les monastères d'Aulps et d'Hautecombe , l'hospice qu'il établit à Oulx dans les Alpes , et la Chartreuse d'Aillon en Bauges , dont il fut le fondateur.

Humbert III mourut en 4488 , avec la réputation d'un saint , et fut inhumé à Hautecombe, où il avait pris l'habit religieux peu de jours avant sa mort.

L'autel dédié dans cette église au bienheureux Humbert III , est décrit dans le paragraphe 28.

Statue : Le sarcophage et la statue couchée qui le surmonte ont été sculptés d'après l'antique , sur le dessin conservé par Guichenon : Humbert , revêtu d'un froc , porte des sabots à ses pieds en signe d'humilité.

Le froc et l'habit de pèlerin furent surtout dans les mœurs du temps des croisades : les rois , les guerriers , les plus grands personnages les revêtaient pendant leur vie , pour accomplir des vœux ou visiter des lieux saints , et souvent à leur heure dernière ils demandaient que leur corps fût enseveli avec les marques extérieures de la pénitence et de la dévotion.

Inscription.

IIUBFRTCS . III OLIM . COGNOMINE . SANCTIS BEATI . TITULO FT . PCBI.ICI . CFI.TUS . IIONORIBIS A . GRBGORIO . XVI . DECORATUS CXORK8 FED1VA . A . TOtOSA ANNA . VltLGO . GEBUANA . A . ZOKRINGKN BFATRIX . A . YIKNNA

On lit en outre sur le sarcophage l'inscription suivante, qui indique que sa seconde femme repose avec lui dans ce tombeau :

UUMBERTCS . III . COGNOMINE . SANCTCS GBRMANA . UXOR . BRRTHOLDI . IV . F . ZiERlNGEN

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