BAROCHE
56. Jésus déposé de la croix se voit ici mort et couché sur une espèce de lit de repos, richement décoré ; ü est pleuré et adoré par deux anges qui sont près de lui. L\m des deux anges tient dans ses bras une tunique magnifiquement brodée, et sur le devant du lit mortuaire où se trouve le Christ, on voit dans un bassin la couronne d’épines et les clous qui sont encore ensanglantés. Ce précieux et beau tableau , peint sur cuivre, se fait remarquer par un dessin sévère, par des expressions profondément senties , et un fini d’une grande perfection.
En appréciant le mérite de ce bel ouvrage , on pourrait l’attribuer à Daniel de Volterre; mais si vous comparez l’exécution extrêmement soignée de ce tableau, et la manière sévère, quoique large, au
style de Michel-Ange, dont il fut l’élève, et au grand caractère du dessin que Daniel de Volterre montra constamment dans ses peintures , et meme dans ses sculptures, vous vous déterminerez à le donner àBaroche, qui, à des contours exactement coulans dans le dessin, à un faire agréable, joignait un coloris léger, frais, et beaucoup d’exactitude dans les détails. Voyez au Musée du Roi l’ardoise circulaire, peinte des deux cotés par Daniel de Yolterre , représentant le jeune David terrassant le géant Goliath. Voyez aussi un petit tableau, oîi Jésus descendu de la croix, est posé au milieu des saintes Femmes, et vous déciderez la question.
Barocbe naquit à Urbain en iSaS. Étant à Rome, il reçut des leçons de Baptiste Veneziano , et étudia particulièrement les ouvrages de Michel-Ange et de Corrège. Notre tableau prouve de reste jusqu’à quel point il a profité de ses dernières études. Barocbe mourut à Urbain en 1 6 1 2 , à l’âge de quatrevingt-quatre ans.
DoMmiQüE FETI.
5 y . Une Pileuse dans un fond de paysage , avec deux enfans; tableau d’un effet piquant et d’un faire facile, peint par Feti, né à Rome en 1589, ou il mourut en 1624, à l’âge de trente-cinq ans.
Ce charmant tableau faisait partie de la riche galerie d’Orléans. On volt au Musée une répétition du
même tableau , dans un format à peu près semblable. Les grands peintres ont souvent produit de ces répétitions, et il arrive ordinairement dans ce cas-là que le premier tableau est préférable au second : le nôtre en est un exemple. Remarquez l’extrême facilité du peintre romain ; admirez son coloris, qui est riche et vigoureux : ne négligez pas non plus la jolie tête de la Fileuse, son costume pittoresque, et le site champêtre où elle se repose avec sa petite famille , tandis que son époux laboure son champ.