‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 112 sur 155 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Obsen'ations générales.

— Dii'ision des cette section.

"matières contenues

367. J jF.s projets que nous présenterons dans cette quatrième section,

sont essentiellement liés aux faits et aux principes poses dans les trois sections préct^dentes , et dont il ne nous reste plus qu'à déduire Inconséquences. ^

Les /àits sont les positions, les formes, les dimensions et les surfaces, tant du bassin général Pontin , que des bassins particuliers qui le composent ; leurs reliefs, leurs différentes hauteurs par rapport au niveau de la mer , le système hydraulique des fleuves et des canaux qui les traversent; les mesures tant générales que détaillées des quantités d'eaux ^ soit pluviales, soit souterraines, auxquelles il s agit de donner des écoulements tels , qu elles ne soient plus nuisibles. ^

Lexposé de ces faits renferme encore la descri|Hion et Tétat du a^ Pontin antérieurs aux travaux exécutés par Tordre du pape Pie f^/, Thisloire critique de ces travaux, la situation actuelle des marais Ponlins, et les rapports qui font connaître comment cette situation est liée aux travaux exécutés ; enfui Tanalyse de ceux des projets formés pour leur ame^ lioration ultérieiu'e, qui, dans l'état actuel des choses, mérite qu' les prenne en conbidératioii.

Nous n'avons rien négligé pour faire de cet ensemble de faits une position plus complète, sur-tout relativement à la partie d'art, que c*

qui existent jiisquà présent; et nous osons espérer, quel que soit le jugement qu'on porte de nos projets, qu'un reconnnitra du moins rutilité de !.'i partie lïisloriqiie et descriptivo de notre travail, où l'on trouvera les cléments des mndiiicalions cl des corrections dont on croira nos vues particulières susceptibles.

Les principes ont été exposés dans l'introduction placée en léte de cet ouvrage, dont elle comprend les 76 premiers articles. Le lecteur a dti remarquer qu'à ces principes, fondés sur la théorie générale du mouvement: des eaux, nous avons •particulièrement rattaché les grandes expériences fournies par les travaux que Pie VI a fait exécuter. Un de nos soins principaux, pendant notre séjour dans les marais Pontins, a été de prendre une connaissance très-exncle de ces travaux, et des effets , bons ou mauvais, qui en étaient résultés, afin de profiter, dans la rédaction de nos projets , des importantes leçons si chèrement préparées par le pape à qui nous les devons. I-e système d'opérations qu'il aurait du adopter, et l'ordre de travail qu'il aurait dû suivie, s'il avait été éclairé par les lumières et ]>ar Texpérience que nous avons acquises à SCS dépens, sont déjà très-clairement indiqués dans les examens critiques et les détails historiques que renferment nos trois premières sections; et, en rappelant ici ce système en peu de mots, la division et la série des matières à traiter successivement dans celte quatrième section se trouveront naturellement indiquées. f 368. Les eaux qui inondent le sol Pontin , et, en général, celles qui forment les grandis marais, doivent être séparées en deux classes, dont la distinction est fort essentielle; savoir : i" les enux que le sol marécageux reçoit immédiatement par les pluies, les sources et surgissements divers compris dans l'intérieur de son périmètre; a** les eaux courantes,. S'ïit torrentielles^ soit pèrennes y qui traversent ce sol, et dont les bassins et 1rs sources sont, ou hors de sa surface, ou sur son périmètre. Nous avons exposé ( art. 15 et suiv. ) le système de travaux dont l'emploi nous

(paraît le plu» favorable pour Técoulement de ces différentes eaux; on a vil que les eaux intérieures devaient être contenues dans des canaux particuliers, dorit les principaux sont ceux que nous avons appelés canal central et fosses auxiliaires longitudinales. Les «lirections et les creusements de ces canaux sont assujettis à des conditions que nous avons indiquées, l'une des plus essentielles dépendant de la quantité d'eau pluviale qui tombe sur le sol à dessécher. ^^ Nous avons ensuite fait le tableau des inconvénients de l'iniraission,

dans les canaux intérieurs, de la totalité des eaux courantes, soit torren^ tiellesy soit fyérennes^ qui affluent des parties du bassin gcnéral élevées au-dessus du sol inondé; une petite portion seulement de ces eaux doit être employée à donner du mouvement aux eaux pluviales, à rafraîchir leurs fosses d'écoulement , à empêcher les obstructions et les altérisscments , et tout le surplus doit être jeté dans des canaux de ceinture avec les précautions nécessaires pour prévenir les ruptures de digues, les ÎQ^ Gltrations, etc. ^|

Ainsi voilà des travaux de deux sortes, ayant pour objets respectifs les canaux extérieurs ou de ceinture, et les canaux intérieurs, dont Tordre dVxccution doit être disposé de manière à conduire au but qu'on se propose par la voie la plus aiire et la plus économique; or, pour déterminer, d'après de pareilles conditions, ceux de ces travaux dont l'exécutioa doit avoir la priorité, il faut considérer que les canaux intérieurs ne peuvent être entrepris qu'à Tépoque où , complètement prémuni contre les avaries et les obstacles de tout genre qu on a à redouter de la part des eaux extérieures, on est assure que ces canaux intérieurs ne recevroifl que la quantité d'eau pour laquelle leurs pentes et leurs sections sont établies. On remplirait ce but par des ouvrages provisionnels ou temporaires, si les eaux extérieures, soit torrentielles^ soit pérennes y devaient continuer à traverser les marais; mais, dès qu'elles doivent en être exclues, l'économie de l'argent et du temps exige qu'on s'occupe, dès T^^ bord , des ouvrages qui concernent ces dernières eaux , et qu'on leur creuse des lits permanents dans lesquels elles doivent continuer à couler, de manière à en être débarrassé sans retour, lorsqu'on viendra au creusement des canaux intérieurs. Il est cependant bien entendu que, pendant la durée des travaux auxquels nous donnons la priorité d'exécution, oi pourra et on devra même faire beaucoup d'ouvrages préparatoires sur surface du sol inondé; mais il ne s'agit pas ici de ces détails.

Le pape Pie FI et son ingénieur Rapini étaient bien loin de sentir nécessité de cette division et de cet ordre de travaux en 1777 , lorsque \y premiers projets sur le dessèchement du sol Pontin furent arrêtés. Ils 01 entrevu les propriétés fondamentales de V axe principal d écoulement y 01 assez bien choisi sa direction; mais les erreurs graves 011 ils sont tomb^ sur l'étendue de ses fonctions, ont eu, entre autres résultats fàchei celui de faire charger le canal creusé sur cet axe d'une immense quantil d'eau qu'il ne devait pas recevoir. Le défaut de proportion entre sa ci pacité et le volume, non-seulemeut des eaux surabondantes dout noi

venons de parler, mais ries seules eaux qn*il fallait, d'après les saines

maximes de Tart, y laisser entrer, a fait perdre une grande partie des

avantages qu'on es[iérait retirer des travaux inunenses exécutés sur les

premiers projets de Rapini , et dont la dépense a excédé de beaucoup

celle sur laquelle on avait compté.

B Ainsi , dès Tabord, de grands maux ont été la suite de Vidée séduisante

d'un émissaire unique pour les eaux, tant extérieures qu'intérieures,

suggérée par le pape lui-même, et adoptée avec enthousiasme. Ensuite,

plus les espératices conçues dans le début des travaux avaient été flat-

B te uses et brillantes, et plus, lorsqu'elles se sont trouvées déçues, ou a

eu de peine à revenir sur les premiers projets, soit par les dépenses

énormes et imprévues que les remèdes entraînaient , soit parce que les

, relations entre les corrections qu'on voulait apporter aux projets primitifs

Bei les effets qui devaient en résulter n'étaient pas aussi bien connues

" qu'elles le sont à présent, soit enfin par la répugnance naturelle à aban-^

k donner im système sur lequel on a fondé de grandes espérances. Les leçons de Texpérience n'ont pas tardé à faire connaître que le canal Pio, creusé suivant X axe principal d écoulement^ i\e pouvaitpas, même en lui supposant la capacité projetée, remplir son objet sans un système bien ordonné de canaux on /bsses auxiliaires ^ tant longitiulinales que transversales, de canaux d'enceinte, etc. On a donc été obligé de s'occuper de ces supplé- Btanents indispensables au premier système, de donner un autre cours à la portion la plus considérable des eaux jetées sur l'axe principal , etc. etc. Mais il est manifeste que ces travaux additionnels, accusant de premières

(erreurs et occasionnant des surcroîts ruineux de dépenses, ont été entrepris et exécutés k contre-cœur, quoiqu'as.sez généralement conçus dans dés vues saines. Voilà pourquoi , en les examinant, nous n'y avons trouvé que des ébauches la plupart très-incomplètes, et qui, par des défauts de précaution , des vices d'exécution dont on a peine à se rendre compte , au lieu de produire les effets utiles qu'on en atteiulait , ea

t»roduisent de nuisibles.

Enfin il n'y a absolument rien de fait relativement à des travaux de la dus haute importance, sans lesquels on ne peut pns espérer d'obtenir a bonification ultérieure des marais Ponlins : nous mettons au premier rang, parmi ces travaux non commencés, ceux qui concernent \c% eaux ^Supérieures ^ auxquelles on n'a creusé aucun lit lorsqu'on a été forcé de "les exclure du canal Pio; en sorte qu'après une dépense de huit à neuf millions moauuiede France, une des parties lesplus importautesdu projet

êA

général , et nous ajouterons celle qui, pour Texécution, aurait du avoir

la priorité sur toutes les autres , n'est pas même encore ébauchée.

369. Eclairés par ces grands et mémorables exemples, et aidés des découvertes récentes faites dans la science du mouvement et de la conduite des eaux, nous croyons pouvoir assigner, tant l'espèce et la quantité des travaux nécessaires pour le dessèchement ultérieur des marais Pontins, que Tordre de leur exécution , auquel nous assujétirons celui de Texposition de nos projets.

En conséquence , nous traiterons d'abord des moyens de conduire les eaux supérieures à la mer, en les contenant dans des lits réguliers où se rendront toutes les eaux des torrents qui infestent la partie ouest et la partie sud - ouest des marais : la dérivation du torrent de Serinonetta sera comprise dans cette première partie du projet , qui , ainsi que nous l'avons dit, n'a pas encore eu même un commencement d'exécution.

Nous passerons ensuite aux travaux qui concernent l'Uffente, l'Araazeno, et en général les eaux qui coulent, au nord et à Test, sur la limite des marais, le Pantano d'Inferno , etc.

Lorsque nous aurons ainsi présenté nos vues sur tout ce qui est relatif aux eaux extérieures, à leurs lits et canaux de ceinture, nous nous occuperons des canaux intérieurs, en commençant par la ligne Pic, qui fait la fonction à'axe principal d' écoulement ^ et continuant parles projets qui concernent \t& fosses longitudinales d'écoulement j tant de la partie gauche que de la partie droite de la voie Appia. La lecture des trois premières sections de ce Rapport a fait connaître Timportance et l'indispensable nécessité des augmentations considérables et des corrections à faire aux travaux précédemment exécutés sur ces lits et ces canaux, tant extérieurs qu'intérieurs.

A la suite des projets qui se rapportent immédiatement au mouvement et à la conduite des eaux, viendront les ponts et constructions diverses, rétablissement d'un port, et des vues sur quelques moyens de prospérité future des marais Pontins.

SFXTION IV. CHAPITRE 11

Page 1