CHAPITRE IV. ^H
De la préférence a donner au Fiume Sisto sur le Rio Martino, pour V écoulement ^ à la mer, des Eaujc supérieures, ^
378. Nous avons déjà parlé, à l'article 374, de la préférence que nous donnons au Fiume Sisto sur le Rio Marlino, pour l'écoulement des eaux supérieures : il est nécessaire, avant daller plus loin, d'exposer les motfl de notre opinion sur cette question importante, opinion que nous nV vous adoptée qu'après les plus mûres réflexiona. ^^|
SECTION IV. CHAPITRE IV. «g)
Un premier objet d examen, si cet examen pouvait conduire à un ré- «ultat admissiïile, serait celui de savoir si, à quelque époque, le Rio Marlino a réellemenl servi à transporter à la mer une partie des eaux du bassin général Pontin. Bolognini, que nous avons eu occasion de dter, et qui attribue le creusement de cette fosse au pape Martin A', dit que la mort eny>pcha te pontife de mettre la dernière main à son immense entreprise, qui fut ensuite abandonnée ou négligée par ses successeurs. On devrait ainsi , d'après cet écrivain, 0]>iner pour la négative sur la question que nous venons de poser; mais son autorité à cet égani ne con<iuit à aucune solution, parce qu'elle porte sur un fait absolinnent faux, le pape Martin V n*ét;int pas l'auteur du Rio Marlino. On |>eut voir les preuves détaillées de cette assertion dans l'ouvrage de M. ISicolaiy que nous avons déjà mentionné plusieurs fois, et, où se trouvent cités des actes authentiques, prouvant lexistence, au xiii*^ siècle, dtiRio Martino, sous le même nom qu'il porte à présent ; existence ftirt antérieure par conséquent à Martin y^^ qui mourut en i43i, étant parvenu àla chairepontificaleen 1417. Malheureusement toutes les autres conjectures qu'on a pu faire, tant sur IVpoque à laquelle le Rio Martino a été creusé, que sur le ncim de ll^ceux qui en ont ordonné ou dirigé le creusement, lais-^nt de telles in- ' certitudes , qu'on ne saurait raisonnablement s'acréler à aucune. On ne peut guère douter, k Taspect des lieux, que la conduite des eaux n'ait été le but que se proposaient les auteurs de cède excavation colossale; mais ce but a t-il été atteint, et de quelles eaux s'agissait-il? Ce M)nt des problèmes historiques sur lesquels les données nous manquent, ou, du moins, ne sont pas encore connues; et la lecture de la dissertatioti de M. Nicolai confirmera notre opinion, énoncée dans une des précédentes sections, qu'il est plus facile de savoir ce qu'on peut faire du Rio Martino que de deviner v.v tju'on en a fait.
379. Un des grands motifs de la préférence que les partisans de cette fosse lui ont donnée sur le Fiume Sisto , est la brièveté du chemin par uel elle conduit les eaux à la mer, comparalivement à la longueur que s eaux auraient à parcourir par le Fiume Sisto et le canal dclle Volte. 'importance qu'on a donnée à ce motif de préférence, nous engage à le iscuter à fond.
?^ouA dirons d'abord que ce serait une grande erreur de penser qu'en fait de conduite i\es eaux, une direction phjs courte qu'une autre soit, par cette seule raison , la plus avantageuse, même lorsque les extrériiîtés inférieures des deux directions Ae trouvent au méoie niveau, et leurs
MARAIS PONTIÎJÎS
tes
lie
origines supérieures au même point. 11 est bien vrai que, dans ce cas , la ligne la plus longue offre la pente ou la déclivité la plus petite; mais, cette moindre déclivité suftlt jiour remplir toutes les conditions d'un h< écoulement, eu donnant d\'iilleurs au canal les dimensions convenable! et si la ligne qui en jouit remplit encore d autres conditions importantes auxquelles la ligne la plus courte ne satisfait pas, il est hors de doute qu'on doit adopter la plus longue. Voyons si la pente du Sisto se lr6uv dans le cas dont nous venons de parler.
Nous avons dit (art. 374) que le canal destiné à conduire les eaux si périeures au travers des champs de Piscinara aurait une première dérivation, ouverte ou fermée à volonté, dirigée sur le canal Francesco, au point de lembouchure actuelle du Fosso délie Congiunle : ce point est celui du principal débouché des eaux crinondalion qui couvrent annuel* lement les champs de Piscinara; et le premier et principal but qu^on doit avoir en vue dans la composition du projet, est de disposer le canal (Técoulement de manière que les grandes eaux, près le pont de S. Fecitola, soient inférieures aux points les plus bas de la campagne. Si cette disposition est impossible, il faut renoncer au projet; mais si elle est aisémca|l praticable, vodà déjà une circonstance qui lui est très-favorable. Or la hauteur des points les plus bas des champs de Piscinara au-dessus de h mer est de 9*378; il faut de celte quantité retrancher d'abord un demi mètre pour les écoulements par les fossés transversaux, puis un autre d( mi-mètre pour la hauteur du sol au-dessus de Teau de ces fossés , en soi que la surface des grandes eaux près le pont de S. Fecitola, qui estactu^ lement de 10™ 700 (^supérieure de i"37'i aux points les plus abaissés du sol devra être réduite à 8"'3a8. La distance de l'embouchure des Congiunle la mer étant de 3 1049", la pente supposée uniforme de la surface de Teai qui, à Torigine supérieure de celte longueur, aurait une élévation 8'"3i8, serait de ^^-^ = o,oooa68aa , ou plus simplement de 0,000517.
Cette pente calculée peut engendrer une vitesse moyenne de ]dus d'un mètre, si la section transversale est profdée convenablement; et la pente effective sera encore plus forte dans le Fiume Sisto, parce que, le canal délie Volte aboutissant au Portatorc près de la mer, la répartition de hauteur totale se fera sur la longueur de ce canal dans une moindre )ir portion que sur la longueur du Sisto : c'est une loi générale des décliviu des courants <[ni ont leurs enïboucliures à la mer.
Il est bien constaté par l'expérience qu'avec une déclivité iufdrieuq à o" 00027 , ou , pour s'énoncer plus exactement, avçc une \\x\
lai
moindre que celle (run mètre, les eaux entraînent le sable un et le limon dont elles peuvent être chargées sans le laisser déposer: la lon^ gueur dti canal ne cliangc absolument rien à ce phénomène, pourvu que la Vitesse se conserve la même; car IVau trouble , arrivée à un point quelconque du lit, se trouve dans le même cas on elle était à lorigine de ce f lit, et le maintien de la cause entraine celui de l'effet. Nous reviendrons bientôt sur ce sujet important; et l'on verra, parles détails du projet, d'une part, que la plus petite déclivité, jusqu'au canal délie Voile, sera de o'"ooo25, et, de Taulre, que les eaux, à leur entrée dans le Rio Francesco et le Fiume Sisto , ne pourront être que peu chargées.
380. Pour concevoir dès à présent la possibilité de fixer celte limite aux déclivités, il faut savoir que le fond tlu canal Francesco, à Tenibouchure des Congianie , est acluelleiuent de G'"3o au-dessus du niveau de la mer. On peut donc, en augmentant sa largeur et celle du Sisto de la quantité convenable pour compléter la section, obtenir la limite o"*oooa5, même avec la possibilité d'un recreusement; nous donnerons bientôt les mesures absolues relatives aux diverses pentes. 11 est bien entendu que les sections transversales augmenteront graduellement à mesure qu'elles se rapprocheront de rcmbouchurc à la mer, la fosse del Petto étant élargie, approfondie et assujeltie à une forme de lit régulier, le canal délie Voile redressé, elc. Ea pente de surface de ce dernier canal est, vu son débouché à la mer, beaucoup plus indépendante de sa pente de fond que celle des autres canaux, et elle se disposera spontanément en raison du volume d'eau à débiter , lorsque l'état de son lit sera convenablement amélioré : la liberté de l'arrivée des eaux dans ce caniil remplira seule les conditions exigées , cette arrivée jiouvant sensiblement clie considérée comme
i elle avait lieu dans la mer elle-même.
38 1. Tous les travaux que ces dispositions entraîneraient sont pratî- «•ables sans difficulté; et nous proposerons bientôt des moyens de curage et de rccrcnsement des canaux , qui procureraient une grancle économie sur la dépense qu'on aurait à faire en employant les moyens ordinaires. A^oilà donc la possibilité de l'immission des eaux supérieures dans le Fiume Sisto, et de leur débouché à la mer par cette voie, (en faisant les changements néce,ssaircs au lit existant) iucontestabicnient établie. Ceux à qui la longueur de l'émissaire a paru être une objection, n'ont eu, à cet égard, que des idées vagues, et n'ont pas pris garde que la longueur^ considérée isolément, ne fournit, quant aux propriétés relatives à récoulement, qtTune donnée incomplète: il faut y joindre, comme nous venons de le
faire, d'autres données fournies parle nivellement ; et ceHc réunion eonduit aux notions complexes i\e pentes ou déclivités et de vitesses ^ vrai» et seuls éléments de détermination.
38a. Si Ton veut, sans se donner la peine de faire les examens et \\ calculs que prescrit la théorie des eaux couranics, s^assurer imniédia tement quuti canal qui, dans certaines circonstances , peut débiter de !oo à 9.00 mètres cubes d'eau ])ar seconde, n*aura ce|>endant pas de dimensions exorbitantes qui le rendent impraticable ou trop cher, on pei»t prendre pour terme de comparaison le Porlatore di Radino, qui débouche à la fosse de Badino dont nous venons de parler : ce canal donne danM ses crues jusqu'à iSo"*-"''" d'eau par seconde, et cependant il a beaucoup moins de pente que le canal destiné à conduire les emm supérieures; ses digues ne sont ni d'aussi bonne matière ni aussi solides et soignées que devront Tétre les nouvelles digues du Sisto et celles du canal latéral ;eufîn il est privé de contre-fussé. Cependant ses dimensions, que nous avons données (art. 191), ne rendent point effrayant le creusement d'un caat^ de grandeur égale et même plus considérable. S
Il sera facile de disposer le raccordement du canal delle Volte et de la fosse de Badino, ainsi que la rive gauche de celte fosse, de manière i prévenir toute espèce d'inconvénients relatifs tant à la rencontre des deux courants qu'à l'action érosive sur la rive opposée au point d'affluence^ d'ailleurs ces dispositions seraient nécessairement comprises dans celh qui auraient pour objet rétablissement d'un port ei> cet endroit.
383. Après avoir dtinné les preuves de la jvossrbilité du prf)jet, dison? un mol sur ses principaux avantages, et résolvons quelques objections.
Le premier avantage tient à la nature àix sol que traversent le Rio Francesco et le Fiume Sisto; ce sol est, dans les marais Pontins, celui qui favorise le moins une des grandes causes de robslruction des canaux, végétation des plantes aquatiques. Ainsi les entretiens en seront beaucoi moins embarrassants et moins rliers ; ce qui diminue les inquiétudes qu pourrait avoir sur les suites des négligences, des malversations des entrepreneurs, etc.
Le même sol fouriût une excellente matière pour les digues; ce qui encore une circonstance précieuse et peu commune dans les marais Pontins. On n'aura point à craindre pour ces digues, quelques dimensions qu'on leur d'>nne, des affaissements comme ceux qu'on a éj)rouvés sA les bords du nouveau lit de ruffente; la fuudic et le transport des terre! seront faciles et commodes,
la
ns s.
tio
pli
en-
384- Un autre avantage, qui mérite detre pris en très-grande consid<iration, est celui de faire affluer à lembouchure de la fosse de Badino la plus grande quaulitc d'eau possible. Un petit port serait Irès-bien placé k cette euibouchure ; mais il s'y est formé une barre au-dessus de laquelle il n'y a qu'environ un mètre d'eau. I/existcnce d'un pareil obstacle dépend , comme l'on sait , d*un équilibre qui a lieu entre les eaux intérieures affluentes et celles de la mer: plus les eaux affluentes sont considérables, plus Taxe d'équilibre se recule vers le large et s'abaisse; il peut même être effacé ou coupé, si l'affluent a une très-grande force. Or nous avons vu que les bassins des eaux supérieures, en y comprenant le bassin du torrent de Sermonetta , forment à-peu-près la moitié du bassin général des marais Pontins; on s^exposerait donc aux conséquences les plus fâ* cbeuses, si Ton privait rémissaire géuéral de Ténorme volume d'eau que fournissent ces bassins: il n'est |>as douteux que la fosse de Badino aurait une tendance à Tobstruction quelle n'a pas en ce moment, quuicpie les eaux supérieures y affluent avec beaucoup d'irrégularité et de lenteur, et qui serait la suite nécessaire de la prépondérance que les eaux de la mer acquerraient sur les eaux intérieures; il pourrait arriver à la fosse de Badino ce qui est arrivé à l'antique embouchure de la Tour d*OIevola, et peut-être à celle de Rio Martine.
Ces remarques sont importantes, non-seulement pour le cas particulier dont il s'agit ici, mais encore en priucij)c général. On a quelquefois «les raisons d'économie, de commodité, ou de convenance quelconqu*^, pour diviser les eaux entre plusieurs émissaires ; mais on ne prend pas assez garde aux funestes effets des atérrissements qui proviennent de la
I séparation des courants, et dont il résulte souvent des dommages qui ne peuveut nullement être compensés par les avantages qu'on voulait obtenir. 385. Nous allons maintenant résoudre une première objection, à laquelle se rapporte déjà le contenu au dernier alinéa de l'article 379. Les eaux supérieures n'entrant actuellement dans le Fiume Sislo qu'après s être accumulées en grandes masses dans les champs de Fiscinara, où elles déposent, du moins en grande partie, le limon et le sable dont elles sont chargées , on pourrait craindre que , lorsqu'elles afflueront immédiatement dans le Rio Francesco et le Sisto , sans s'être répandues daps la campagne, tn'y forment des dépots dont l'existence est incompatible avec l'état '{ des choses.
'icSdimi^î
âont chargées en arrivant dans les champs de Piscinara, n est pou considérable pour que, dans la supposition même où elles entreraient toutes dans le Rio Fiancesco et le Fiinnc Sisto, on doive s'attendre à la précipitation de ces matières. ISous avons vu que le volûtne annuel de sédiments qui se déposaient dans 1rs champs de Piscinara, ne pouvait guère, sur une surface donnée, t^tre évalué qu'à la moitié de celui que reçoit une surface égale dans le Pantano d'Infcrno , où les eaux de TAmazeno font des colmates très-lentes: or, d'après les observations les mien constatées et Topinion des plus célèbres hydraulistes , sous une vîtes moindre que la vitesse due 4 une déclivité de o^oooaS, de petits coi d'eau sont capables de transporter des quantités spéciBqties de limon beai coup plus considérables que celles dont nous venons de parler, de ma' nière à empêcher leur précipitation (voyez Gugliehnini, ISatnra de* fiumi^ chap. i4; Zcndriîii, i-^g§i ^ Fenomeni délie acque correnti ^ chap. i3] D'après cette loi défait, et sur-tout d'après la série de vitesses croissantes qui résultera des pentes et des sections, dont nous donnerons bientôt le tableau , la totalité du limon devra se rendre à la nier; mais, comme 1^^ surcroît de matière qu'il pourra fournir à la barre sera très-petit €^^| comparaison du surcroît de volume d'eau qui transportera cette matière, on n'aura à craindre aucune augmentation de cette barre, qui, au coi traire, sera nécessairement reculée et atténuée; nous faisons même abstraction de l'effet d'un chenal qui, resserré entre deux digues, renforcerait considérablement l'action du courant, et dont nous nous occuperons, quand il s'agira du projet d'un port.
Si l'on regardait le système de pentes du projet f^ici^ analysé, art. S et suiv. , comme nécessite par la conformation du sol, cette eonforiuali semblerait devoir, eu égard à la roideur de ses pentes, produire des é sions considérables daus les parties élevées, et fournir beaucoup de diments pour les parties basses; mais les déclivités de la ligue du proj ne sont pas dans une pareille dépendance de celles du terrain: on en aura bientôt la preuve lorsque nous iJroposerons, connue nous l'avous annoncé, tin système de pciile entièrement différent de ceux qui ont été proposés avant nous; système que nous croyons propre à remédier a inconvénients de la irpp grande déclivité du terrain situé à gauche de voie Appia.
386. Voici une autre objertion qu'il est essentiel de ne pas omettre, parce qu'elle est de nature à faire beaucoup d'impression sur les pro-
priëtaircs des marais Pontins : on dira que les eaux du Fiume Sisto sont supérieures k la partie des marais située du côté de sa rive gauche; qu'on a malheureusement des exemples de la rupture de la digue de celte rive gauche et de l'inondation des champs qu'elle doit protéger, cl que, si de pareils accidenls arrivent dans l'état actuel des choses, il semble qu'on doit les redouter encore plus pour Tépoque où les eaux des torrents ne pourront plus s'étaler dans les champs de Piscinara avant d'affluer au can.il récipient, dont les crues deviendront plus promptes et fourniront un plus grand volume d'eau pendant un même temps.
Nous répondrons que les accidents dont on a à se plaindre dans 1 état actuel des choses ^ doivent être attribués uniquement à ce que le travail du Fiume SLsto n^a été, ainsi que nous l'avons prouvé ailleurs, qu'ébauché. Si Ton eut donné à ce canal les dimensions transversales que comporte sou corps d'eau; s'il n'avait pas à sa partie inférieure un étranb glement dont l'existence est un sujet de reproche pour ceux qui ont ordonné ou dirigé son creusement; enfin si sa digue eût été solidement construite, entretenue avec soin, et mise à l'abri des dégradations auxquelles le défaut de surveillance et de police la rend sujette, il est hors de doute qu'on n'aurait pas le plus léger dégât à craindre des eaux de ce canal.
La .sûreté des campagnes riveraines ne dépendrait donc, en ce moment, que d'une juste proportion entre le C07>f des grandes eaux, les dimensions transversales du canal et celles de la digue; mais, quelle que soit l'augmentation future qu'on donne à ce corps d'eau , la même sûreté pourra encore subsister, si Von a le moyen d'établir la proportion dont nous venons de parler , conséqucmment à la surcharge d'eau que recevra le canal. Or les localités s'y prêtent complètement; on peut élargir le canal, abaisser son fond, en conservant une pente plus que suffisante; on a d'excellents matériaux pour la digue, dont la fouille et l'emploi n'occasionneront aucune dépense extraordinaire; tout enfin peut se disposer manière que le maximum possible d'augmentation des grandes eaux le comporte pas une aussi grande élévation de leur surface que celle [ni a eu lieu jusqu'à présent.
Les assertions précédentes ne sont que de simples conséquences de cette [proposition évidente, que les effets d'un courant sur la campagne ne dépendent pas de la quantité absolue de ses eaux, mais de leur encaissement, de la liberté de leur cours, et des ouvrages riverains destinés à en empêcher l'exlravasioa.
ago ^ MARAIS PONTINS.
Ajoutons que, quelque parti quoi) prenne sur les moyens de faire ccouler les eaux supérieures , il faudra, flans tous les cas, exécuter des travaux considérables au canal Sîsto , nljn d'achever ce luonument , qui constitue une partie esscnliclle et indispensable du système d ecoulciuent.
3^7. Nous croyons avoir sunisainnienl prouvé que l'iramission de^ eaux supérieures dans le Fiunie Sislo est possible , avantageuse, et exempte des inconvénients graves qu'on lui a reprochés. Le Rio Martino olîre-l-il, à ces divers égards, des motifs de préférence ? ^ous sommes bit u loia de le penser. |
Nous avons parlé ( art. S^f)) de la grande importance qu'on avait donnée à la moiutlre langueur que les eaux ont à parcourir par le Kio Martino , à partir (lu point de Passo S. Donato, commun à cette direction et à la direction par le Fiume Sisto: celte considération est même celle qui frappe généralement les personnes qui n*ont pas examiné la question à fond; mais nous la trouvons plutôt contraire que favorable au j^aiti qu'elle semble appuyer. Laissant de coté le système, que nous pouvons regarder comme inadmissible^ des pentes du projet analysé k la fin de la troisième section de ce Rapport, lequel aurait besoin de grandes corrections, si nous prenons pour données de fait celles qui sont consignées à l'art, 379, et desquelles il résulte que la surface des grandes eaux duit être, près du pont de S. Fecitola, de 8*^3:18 au-dessus de la mer, leur hauteur au-dessus de la mer, au passo S. Donalo, à 4oio*" du pont dd S. Fecitola , ne peut doni: pas être moindre de 7"^ ; <e qui, sur une longueur de S/i^o", distance du Passo S. Donalo à la mer par le Rio Martino,. donne une pente moyenne de surface de plus deo'^oooSS, penle tro forte, et qui surpasse le triple de celle qu'on obtient en suivant le Fium Sisto.
L'cxi>cdJent d'enfoncer dans le sol le lit des grandes eaux à une pro fondeur telle que leur surface au passo S. Donato soit assez abaissée poui rendre possible une déclivité convenable depuis ce point jusqu'à la mer est extrêmement difficile, pour ne jias «lire unpralicable. Un premier o slacle serait l'énorme augmentation de fouille que ce parti rendrait n cessaire. Il en est un second très -remarquable, qu*on aggraverait en voulant surmonter le premier; c'est la chute de aa" qui existe entre l'origine supérieure du canal émissaire, prés du lac de Ninfa, et le point de ce canal qui répond au Passo S. Donato: la distance entre ces deux points est, d'après le projet de f't'ct\ de aa7'35'"; et la déclivité moyenne rapportée à l'unité de longueur, d'environ ^77;, déjà exorbitante, bii
SECTIOÎf IV. CHAPITRE IV.
loin d'élre augmentée, doit, au contraire, être considérablement diminuée ; et l'on se trouverait jeté dans des embarras insurraontables , si 1 on Toulait en même temps opérer celle diminution de déclivité, et avoir recours à Texpédient ci-dessus*"indiqué, dont l'emploi e&igerait qu'on fit à la cliûle de -ia" une augmentation de /| à 5".
Une pente et une vitesse trop fortes sur la ligne du Passo S. Donnto à la mer par le Rio Martino seraient d*autant plus dangereuses, que cette ligne traverse les sables d'alluvions formant une double dune, avec un marais intermédiaire et servant de limite occidentale au bassin général: Tcau courrait donc avec une grande vilesse sur une paroi éminemment susceptible d'érosion, ce qui entraîne, comme on sait, dans des inconvénients graves. M. /'Vc/, frappé de ces inconvénients, a ]>roposé de soutenir le fond sur une pente à peu -près égale à celle qu'on aurait par le canal Sisto, sauf k pratiquer une chute abrupte et considérable près de rerabouchure à la mer; mais, en faisant une pareille proposition, il avoue implicitement que la diminution de la longueur de Témissaire pro. duisanl Texcês de pente qu'il veut annuler, bien loin d'être une circonstance avantageuse, est au contraire une source de difficultés.
388. Ainsi, en comparant les tracés par le Fiume Sisto et par le Rio Martino, Tavantage du premier sur le second est manifeste, et c'est une vérité reconnue par quelques-uns des plus zélés partisans du Rio Martino. Il faut observer, i** que, dans Thypothèse même de l'adoption de ce Rio Martino, il n'en faudrait pas moins faire des travaux considéridjles au Fiume Sisto; a<* que le projet A^/c/, dont la dépense est portée (art. 364) â 7/19000% a été évalué à un prix beaucoup trop faible, en ayant égard aux travaux nécessaires pour compléter Tentreprise. L'auteur n'y conjprend pas le canal qui doit amener les eaux du Fosso di Sermonetta dans la Ninfa, les ponts en maçonnerie et autres ouvrages d*art, Tindemnité considérable que la maison Gaelani aura à réclamer, elc» De plus, le système des pentes de ce projet et les dimensions transversales du canal (uit besoin de corrections qui nécessiteraient une grande augmentation dans le volume des fouilles, etc. etc. Une grande partie de ces dépenses est commune aux deux projets; mais, en considérant seulement les parties comprises entre le Passo S, Douato et la mer, et faisant attention que les fouilles dans le Rio Martino devront être plus profondes que M. f^îci ne les a projetées, il y aura encore une économie notable à suivre le Fiume Sisto.
3bg. Cette plus grande cberté de la ligne par le Rio Martino , tient par-
ticulièrement à la difficulté du travail, depuis les nuire de S. Donato jusqiïk la mer, sur une longueur de 2000". Ou a vu (art. 363) que, «laus cet intcrvallci la ligne traversait une partie basse et marécageuse, où M. fici projette de contenir le canal par des digues formées de noyau» en terre contenus par des parois en bois; après cette partie du. canal, il est obligé de couper une seconde dune qui sépare de la mer les lacs de Fogliano, de Caprolacc. En examinant attentivement cette partie du projet, et considérant que, d'une part, k canal entre les deux dunes aura parfois k débiter plus de i5o mètres cubes d'eau {xir STCcoode^et que. de Vautre, les bourrasques et les coups de mer agiront immédiateoieut sur lui , ou ne peut s'cmpccber de trouver insuffisants les moyens d'exécution proposés; et, quels que soient ceux qu'on leur substitue, on d<via redouter, pour cette dernière partie du canal émissaire, des avaries, des olislrnctions fréquentes^ qu*ou n*aura jauiaisà craindre a Temboucburedu Fosso di n;i(lino, qïii n'a qu'une seu^le dune à traverser, après laquelle il débouche iuimedtatenicnt dans la mer, sans avoir besoin d'être contenu par des moyens artificiels.
390. r.es réflexions nous conduisent à des observations ultérieures qui mériteul une attention très-sérieuse. Nous avons, des le rominencenicnt de i^e Happort, iortcnienl insisté sur la nécessité indispensable, lorsqu'on aura terminé les grauds travaux du dessèchement, dVtablir un mode d'entretien, de surveillance et de pohce, organisé de manière qu*on soit à j.imais dans la plus |uirfaite sécurité sur la conservation de l'état dans lequel ou aura mis le sol l^ontiu. Nous avons fait sentir que les moindres négligences sur ce ^)oint pouvaient avoir les conséquences les plus fàcj^euscs; et il nest pas douteux que le défaut d'entretien n'ait beaucotJ|i^| contribué à faire |KTdre le fruit de tant de travaux et de dé|)enses quon a faits depuis plusieurs siècles dans les marais Pontins, et qui aunnent dû, sinon guérir- enlièrenieut, du moins atténuer les maux qui affligmt ce sol infortuné. ^Ê
La conséquence naturelle de ces observations est qu'on doit éviter, autant qtrU est possible , d'augmenter Li quantité et l'étendue des ouvrages qu'on aura à entretenir, avant de creuser de nouveaux canaux dans de certaines vues : il faut examiner très-sérieusement si Ton ne peut pas i^mplir les mêmes vues par d'anciens canaux, sauf à augmenter leurs dimensions transversales; et il fa ut^ bien réHéchir qu'cnt jetant un plus grand <'orps d'eau dans uu canal recreusé convenablement, on n'augntonte pas les frais d entretien proportjouucllcment au surcroit de fluide qu'on
SECTION IV. CHAPITRE IV. itgS
y fait coiilrr: il peut se faire qu on ne les augmente pas du tout, et même qu*on les diminue.
Or on ne peut pas agir d une manière plus diamétralement opposée à ces principes d'é<'onomie, qu'en ajoutant le canal du Rio Martine) k ceux qui couvrent déjà le sol Pontin. Ce canal traverse une première dune d'environ 7000*" de largeur, puis un marais dont le fond est à un niveau peu différent de celui de la mer, puis une seconde dune, et reçoit sur cette longueur des torrents qui sillonnent le sable d'alluvion , et qui ont formé, dans l'ancien lit, le dos ou plateau de part et d'autre duquel se trouvent la double pente et le partage des eaux entre la mer et les marais. Toutes ces circonstances doivent nécessairement entraîner dans des frais de curage, d'entretien, de réparation d'avaries, ou ne peut pas plus fréquents et onéreux, même en supposant que Ton n'ait épargné ni soins ni dépenses pour la solidité et la parfaite exécution des premiers travaux; et si jamais, à quelque époque malheureuse, on était obligé d'abandonner les entretiens, il est ])resque certain que le canal s'obstruerait entièrement (ce qui lui est peut-être déjà arrivé), que ses eaux se reverseraient alors sur les bassins du Giunco et du Sisto; et les désastres qui en résulteraient seraient d'autant plus funestes, que les parties du canal, supérieures au Passo S. Donato, donneraient aux eaux de torrents toute la facilité possible pour affluer avec promptitude et impétuosité sur la partie obstruée.
£n jetant toutes les eaux dans le Sisto, on est à l'abri des fléaux dont nous venons de parler, tant par le grand A'olume d'eau qu'on a pour surmonter les obstacles (ce qui revient aux ob.Ncrvations précédemment expo.^ées sur l'avantage de ne pas diviser la masse totale des eaux), que par les i irconstautxs locales qui établissent des différences essentielles entre ce canal et celui du Rio Martino.