‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 15 sur 155 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Directions a donner aux eaux courantes pérennes et aux eaux de torrents y fournies par les parties du bassin général élevées au-dessus de la partie inondée.

ai. Les eaux courantes pérennes, du moins celles qui coulent en grand volume, ont ordinairement des sources vers les limites du bassin, supé*-

Alors le point d'afOuence doit être place au oommet de l'angle des deux pentes; et, fli Vùu se peut pas Vy placer, on l'en rapprochera le plus qu'on pourra.

Lorsque la pente de l'afRuent et celle du récipient sont égales entre elles, position de la fosse de dérivation est arbitraire, cVftt-à-dire ne dépend que des circonstances locales. Il est évident d'ailleurs qne, dans ce cas, quelque part qu'on coupe les axes des deux canaux par le plan vertical, parallèle à un plan fixe, qui doit contenir l'axe de la fosse de dérivation, on aum la môme chute entre les deux points d'intersection, ou entre les deux points extrêmes de la fosse de dérivation.

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ao * MARAIS PONTINS.

rieures au sol constamment niarccageux; et si Ton rencontre, sur la sur-* face de ce sol, quelques surgissenients, il est convenable de jeter, ^ur Taxe principal d'écoulement, les eaux qui eu proviennent, dont le volume doit naturellement être peu considérable, en comparaison de celui des eaux courantes arrivant des limites du bassin.

Ces dernières eaux , lorsque le sol à dessécher se trouve dans 1 état de nature, ou que les travaux qu'on a pu y faire ont été ou abandonnés ou mal combinés, prennent ordinairement des cours fort irréguliers, sur-tout dans la partie basse et constamment marécageuse du bassin. Leurs eaux se jettent toujours ultérieurement sur Taxe principal d'écoulement ; mais elles Y arrivent en divaguant dans la campagne, où, souvent, sans avoir de lit déterminé, elles forment une nappe étendue qui n*a un mouvement, fort lent et fort embarrassé, que par la déclivité générale du terrain.

Les établissements de pèche, qui constituent le produit de ces marais non cultivés, mettent le comble aux maux résultant de la stagnation , en gt'nant, par des barrages multipliés, le peu de mouvement qu'ont les eaux, et eu contribuant singulièrement, par Iclévalion du niveau de ces eaux , à les répandre sur la campjigne. La première mesure à prendre, lorsqu'on veut dessécher un terrain, est la suppression de toutes cespécheries.

Le passage des eaux dont nous venons de parler, au travers de la partie inférieure et constamment marécageuse du bassin, est donc, à Tépoque où le sol se trouve encore dans Tétat de nature, une des causes puissantes de son inondation; la conservation du cours des mêmes eaux dans l'intérieur du marais , après les travaux qui ont le dessèchement pour objet, doit, sauf quelques exceptions, être regardée comme un vice du projet. On a, en faveur de cette assertion, des faits authentiques, et l'opinion ^des ingénieurs qui ont le mieux connu cette matière, tant sous le point de vue théorique que sous le point de vue pratique; nous nous bornerons à l'appuyer ici par quel(|ties observations. Si les eaux étrangères au sol à dessécher , qu'on voudrait y laisser , sont claires , on n'en peut rirer aucun parti pour exhausser ce sol : les canaux qui les renferment, ou sont digues, et alors forment des barrages qui gênent la marche des eaux pluviales et compliquent la disposition du système hydraulique composé du canal centralct des Jbsses auxiliaires longitudinales ^ système qu'il est important de réduire à sa plus grande simplicité; ou bien ces canaux sont approfondis, de manière que les eaux s'y trouvent encaissées au-dessous du sol naturel, et cette circonstance doit ordinairement exiger un travail coiTcspondant sur les autres canaux, qui, sans cela, pourrait ne pas être nécessaire, et a plusieurs

INTRODUCTION. — CHAPITRE III. ai

conséquences fâcheuses , outre celle de raugmentaUon de dépense et des frais dentretien.

Si ces mêmes eaux étrangères au bassin à dessécher sont chargées de matières graveleuses ou limoneuses, les mêmes inconvénients dont nous venons de parler, suh.sisteiit, réunis à d'autres qui souvent sont encore plus graves. Il faut considérer que, dans un bassin dont le fond est marécageux, la partie de la surface de ce bassin qui est au-dessus du marais, z ordinairement une déclivité beaucoup plus forte que la partie marécageuse. I^ pente des eaux de torrents (celles qui communément sont le plus chargées de matières entraînées par le courant) éprouve, en passant de la zone environnante, plus inclinée, à la plaine marécageuse qui l'est beaucoup moins, une espèce de solution de continuité, de laquelle il résulte que les matières charriées par les eaux se déposent près de leur entrée dans le marais. Ces dépôts causent des obstructions dont les suites sont on ne peut pas plus dangereuses, sur-tout lorsque les torrents entraînent des graviers et de gros sables. Si, pour éviter la solution de continuité dans la pente, on veut développer le cours des eaux avant leur arrivée dans la plaine inférieure , on se met, pour ce second cas, dans la position de n avoir que des inconvénients à-peu-près équivalents à ceux du premier; mais on se jette dans des travaux et des dépenses qui peuvent avoir une application plus utile , en donnant une autre direction aux eaux : la suite de nos recherches offrira, sur ce point, des éclaircissements et des preuves de faits dignes de la plus grande attention.

ua. Il est cependant un cas où Tintroduction des eaux troubles dans la plaine marécageuse peut avoir des résultats fort avantageux; savoir, le cas où le dessèchement peut s'opérer, en tout ou en partie, par attérissement ou colmate : il faut, avant de se déterminer à l'emploi de ce moyen, s'assurer de la quantité et de la qualité des matières charriées, pour avoir au moiiis un aperçu de la durée de Texhaussement du sol, et pour savoir si la couche de matières déposées est propre à être mise en culture. Mais, en supposant que , d'après les résultats de ces examens, on doive se décider pour la méthode des colmates, il faut toujours éviter, autant qu'on le peut, de jeter le corps principal des eaux troubles dans riutérieur de la plaine marécageuse, et chercher à produire Teffet désiré, par des dérivations dont les eaux emploient le moins de temps possible soit à arrivera leur destination, soit à s'écouler lorsqu'elle sont déposé leur limon ; conditions qui seront remplies par les dispositions convenables des canaux ^introduction et de/uile; nous reviendrons sur cette matièie.

M MARAIS POTÏTINS.

a3. La conséquence de tout ce que nous venons de dire sur les eau< tant péreanes que de torrents , qui viennent des parties du bassin général intermédiaires entre ses limites et la partie marécageuse, est qu*il faut, en général , chercher à conduire ces eaux aux débouchés de ce bassin général par des canaux d enceinte (le courant d'eau claire nécessaire au canal central y dont nous avons parlé article i5, étant supposé prélevé), et prendre les précautions d'art les plus assurées pour prévenir leurs débordements et leurs irruptions en temps de crues. En les conduisant ainsi» on peut quelquefois leur pratiquer des issues au travers des terrains élevés qui limitent et ferment le bassin, à des points différents de celui par lequel s'échappent les eaux du canal central; mais le plus souvent il sera convenable et même indispensable de navoir qu'un seul débouché et de faire aboutir les canaux d enceinte au canal central » les points de réunion ou d'embouchure devant être ou à Tissue même du bassin général, ou aussi rapprochés de celte issue que les localités pourront le permettre.

Les résumés des principes consignés dans ce chapitre, quoique privés des développements et des preuves que nous donnerons dans un autre traité, n'en trouveront pas inoins des applications fort utiles dans la suite de cet ouvrage, et serviront sur-tout à classer et fixer les idées sur des points essentiels d'examen et de discussion , lesquels, réciproquement, fourniront des détails propres k éclaircir ce que nous avons été obligés d'énoncer d'une manière trop générale et trop concise. Nous ne saurions, au surplus, trop répéter que ces maximes générales sont toujours sujettes, par des circonstances locales, à des exceptions inévitables; il faut les considérer comme indiquant une route qui conduit à la- perfection , mais qu'on ne peut jamais suivre rigoureusement et dont il faut seulement ne s'écarter que le moins possible.

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