‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 84 sur 155 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Rappwchement sommaire du Système des travaux exécutés dans les Marais Fontins , et de celui que Rapini ai*ait d'abord imagine.

a8o. Nous avons donne (art. 188 et suiv. ) Tanalyse du premier système dopcralions imaginé par Rapini; il est bon de faire un rapprochement sommaire de ce système et de celui qui a été réellement suivi dans rexéculion des travaux existants, lorsqu'on s'est trouvé réduit, par la force des choses, à se rapprocher de quelques principes dont on s'était écarté d'abord.

Rapini avait eu , comme on le voit aux articles cités, le projet, suggéré par le pape Pie VI ^ de prendre la ligne de direction du canal Pio et du Portatore di Badino pour axe principal d écoulement ; enthousiasmé de celte idée vraiment heureuse, et ne réfléchissant pas aux conditions particulières qui restreignent les fonctions d'un pareil axe, ou ne les connaissant pas encore, il avait cru pouvoir jeter sur ce même axe la totalité des eaux tant hautes que basses qui infestaient les marais Pontins : mais, dans le cas dont il s'agit ici, la destination spéciale de Vaxe prin~ $ipal d'écoulement devait être, ainsi que nous l'avons observé (art. 16 et suiv.), de recueillir les eaux appartenant exclusivement au sot qu'on voulait dessécher, et provenant tant des sources qui surgissent dans son intérieur, que des eaux pluviales, 11 est vrai, ainsi que nous Pavons dit art. la, que ces eaux, jetées seules stir Taxe principal, eussent éprouvé, relativement à la facilité de l'écoulement, les inconvénients et les obstacles provenant ou du défaut de volume ou de l'intermittence; il fallait donc que, arrivées sur cet axe, elles y trouvassent une cerlaine quantité d'eaux courantes pérennes, avec lesquelles elles pussent se réunir et former un corps deau qui , relativement aux dimensions, à la forme et à la pente du canal, remplit les conditions exigées pour un bon écoulement.

281. La détermination de cette quantité d'eaux pérennes était délicate et difiicile; leur choix n était pas sans embarras, sur-tout par la condition essentielle d'exclure les eaux troubles de l'axe principal d'écoulement : mais, comme la condition la pljs importante étai( l'abaissement constant du niveau «les eaux jetées sur cet axe au-dessous du niveau de la campagne, on aurait pris le parti le plus prudent en le chargeant peu dès l'abord, sauf à augmenter ensuite son corps d'eau ^ si raugmeutattan eût

aia BI^P MAKAIS P01!fTINS.

été jugée nécessaire; et, dans lous les cas, elle aurait été facile. Celte marche circonspecte de travail se trouvait particulièrement applicable à rimmission des caiix pérenues dans la ligue Pic, cjui, par des circonstances et des obstacles imprévus, n'avait pas pu être creusée suivant les dinïensions originairement projetées. Cependant on a fait précisément le contraire de ce que prescrit la méthode que nous venons d'indiquer, en commençant par faire affluer sur la ligne Pio une quantité d*cau de beaucoup supérieure à celle qu'elle devait recevoir, même dans Thypothèse où elle aurait été creusée suivant des dimensions três-siq)érieures à celles qu'on lui a données. Cette ]>remière erreur a été d'autant plus fâcheuse, qu'elle tenait k des idées systématiques qui avaient fait concevoir les plus brillantes espérances, et qu'on avait, ainsi que nous l'avons déjà dit, accueillies et adoptées avec une espèce denthousiasme. De là la répugnance à exécuter des travaux postérieurs pour servir de correctif aux premiers, et suppléer i à leur insuffisance; répugnance que Faccroissement d'une dépense déjit i beaucoup plus forte que celle sur Inquelle on avait d'abord compté, ne . contribuait pas peu à entretenir. L'altérissement de la ligne Pio, et d'autres accidents, firent bientôt reconnaître l'indispensable nécessité de h ^É délivrer au moins de la Ninfa et de la Tepia , à qui Ton donna un dé- ^1 bouché le long du Circondario , où on trouvait une grande longueur de fossés précédemment creusés. Mais on voit par les détails historiques et critiques dans lesquels nous sommes précédemment entrés, combien ce canal auxiliaire a été fait à regret: on clierchait à dissimtder sa véritable utilité, en insistant, pour motiver son creusement, sur Futilité de Fétablissement d'un moulin près de Mesa; ce qui a fait donner à la partie | creusée k neuf, au-dessous de Tor tre Ponti , le nom de canal de//a Mola. Ou ne peut vrairneul le regarder que comme une forte ébauche d'un j monument auquel il faudra mettre la dernière main; cest sur- tout, ^J comme on Fa vu en plusieurs articles de cet ouvrage, dans sa partie inftf-^^ rieure qu'il a été entièrement négligé, et que son état actuel aura besoin des changements les plus considérables.

28a. Ajoutons que, dans cette séparation des eaux de la Ninfa, de la Tepia, etc., et de celles de la Cavata et de la Cavatella, on a laissé la Tepia et d'autres torrents divaguer dans les campagnes qu'ils inondent à chaque crue, et qu'il s'est passe plusieurs années avant qu'on com raenrât même à socc!q)er des projets de conienir ces torrents et de leur donner un écoulement facile et prompt; tant les principes systématiques sur lesquels les travaux avaient été conunencés, étaient incompatibles

avec certaines considérations de détail, qui, à la vérité, auraient ôté à la conception originale une simplicité qu'on est toujours flatté dobtenîr^ mais desquelles néanmoins dépendait le succès de rentreprise.

a83. Ces mêmes principes systématiques ont du entrer pour beaucoup dans les déteritiinations de Bapini^ lorsqu'il a entrepris et exécuté en partie Timmission de TUffente dans la ligne Pio, par un canal coupant transversalement le Campo Settino sur le milieu de sa longueur, et allant déboucher à Mesa. La ligne Pio, qui ne peut pas même recevoir la Schiazza au débouché de la 53*^ fosse milliaire, se serait ainsi trouvée près de la 5i« fosse milliaire, chargée de TUffentc et d'une partie des eaux du canal Sisto (par le canal qui conduit les eaux au mouliu de Mc»a), quoique ce dernier point soit supérieur au premier d'environ o^S (en basses eaux), et par conséquent, bien moins propre que le premier à fournir récoulemcnt à un grand volume d'eau.

H faut donc penser que ce nVst pas seulement la difficulté de Texcavalion qui a fait renoncer au projet dont nous venons de parler, et prendre le parti de creuser à TUffente un lit sur le périmètre des marais; mais encore, et peut-être principalement, la connaissance qu'avait donnée l'expérience, de Tinsuffisance de la ligne Pio pour devenir le récipient de l'énorme volume d'eau dont on voulait d'abord la charger.

a84. Ainsi , pour avoir violé les considérations relatives à la quantité d'eau pérenne que l'axe principal d'écoulement doit conduire d'après sa pente et ses dimensions , ou s'est vu successivement obligé d'avoir, au lieu d'un canal longitudinal unique, trois canaux dont deux a]x>ulissaient à l'origine, et l'autre à l'extrémité duPortatore; mais celte disposiion ne remplissait pas encore d'autres conditions également importantes ni concernent les eaux appartenant spétùatement à rétendue de terrain comprise entre les canaux d'enceinte et l'axe principal. On s'est bientôt assuré par le fait, que les fosses miiliaires, dont l'idée est heureuse, et qui seraient fort utiles si leur entrelien était soigné, étaient cependant ansuffisautes pour conduire les eaux dans le sens Iransvei-sal jusqu'à la ligne centrale; de Iî'i le besoin et le creusement de canaux intermédiaires longitudinaux pour diviser la trop grande dislance entre les canaux d'enceinte et le canal central, et aussi pour recueillir des eaux qu'on avait inal-à-propos renfermées dans des terrains précédemment fertiles, f|uaique la position de ces terrains dût naturellement les soustraire à l'inondation.

a85. La nécessité de satisfaire aux conditions dont nous venons de

-TARAIS PONTINS.

pnricr, a fait ajouter deux canaux, ceux de la BoUe et de la î^cmazzâ, aux trois mentionnés à Tarticle précèdent. Ainsi l'on a eu ultérieurement, au lieu d'un canal unique, cinq canaux, dont il faudra même augmenter Je nombre, indépendamment des changements à faire à leurs sections, leurs débouchés, leurs digues, elc. L'unité de ligne d'écoulement, dont la conception avait été si séduisante au premier moment, &*est donc trouvée fortement violée (même avant les travaux du canal de !a Bolle exécutés par Astoîfi); et la nécessité de l'abandonner, à laquelle Rapini s'est vu réduit, a du lui donner beaucoup de regrets. 11^ est à présumer que le pape Pie FI a partage et ces regrets, et la répugnance (qui en était la suite naturelle) à remédier par de nouveaux travaux à rinsuffisance ou à l'imperfection des anciens ; en effet , cette re«fl pugnance ne s'expliquerait qu'imparfaitement par l'augmentation de dépense, puisqu'cn laissant le nouveau canal de la Niufa et le cours deâ eaux supérieures dans l'état d'imperfection et d'abandon ci-dessus exposé, en donnant à la Schiazza une section et un débouché tels que ce canal n'a pas rempli son objet, en creusant le nouveau lit de TUffente avec ime imprévoyance difficile à excuser, on élevait, d'une autre pari, àa grands frais, des édifices, des monuments, qui n'étaient pas, à beaucoup " près, d'une nécessité et d'une urgence comparables à celles des travaux qu'on traitait avec parcimonie, et dont on s'occupait, selon toute ap* parence, à contre-cœur.

a8G. Les projets qui concernent l'Amazeno et le Pantano d'Inferno, avaient été concertés dans un bon esprit; mais les sections de rAmazeno n^étaient pas en proportion avec le volume de ses eaux dans les crues: les ouvrages ordonnés par la consulte de Rome, et qui sont fort avancé^H (septembre i8i i ), pourront suppléer à ce défaut; et le débouché de l'A-^^ mazeno, de TUiTente et de la Scaravazza dans le Portalore, remplira les conditions exigibles, lorsqu'on aura exécuté d'autres projets dont nous parlerons dans la dernière scclioa de cet ouvrage. fl

Quant au canal de navigation, c'est un monuni<^nt qui ne laisserait presque rien à désirer, sans la circonstance bien fâcheuse de TalTaissement d'une partie de la nouvelle route, qui la rend sujette à être inondée. Cette circonstance nécessitera peut-être l'abaissement de Teaufl du canal et le changement de sa pente. Nous discuterons ces questions," lorsque nous en serons à l'exposition de nos propres vues et de nos pro jets pour la bonification Ponliue.

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