‹ Description méthodique des produits divers recueillis dans un voyage en ChineChapitre 166 sur 303 · Hwang-kiang-fan, poudre de racine · texte numérisé non relu

Hwang-kiang-fan, poudre de racine

Celle couleur, la moins solide de celles employées à Canton, ne résiste pas à l'action du soleil; elle coûte 6 taels le picul. Celte matière, probablement produit du curcuma, se présente fine et légère, d'un jaune souci foncé, d'une odeur sensible de curcuma , tachant en jaune citron. On trouve cette substance dans toutes les parties de la province du Kwang-long et de celle du tiwang-si. Les racines franches coulent 2 dollars le picul , et sèches 4 taels 8 maces.

Pour teindre au Kwang-kian-fan , on le fait dissoudre dans de l'eau bouillante, on décante et on ajoute au bain du suc de citron. Pour 1 calti de poudre, on mélange un petit verre de suc de citron, et pour teindre un calty de soie, on emploie 4 calty de poudre. Il faut faire observer que si le kwang-kiang-fan était réellement le curcuma, il ne serait pas nécessaire d'ajouter de l'acide dans le bain, mais seulement après le lavage.

Celte couleur jaune prend en Chine 1 % en sus de son poids après la teinture. Cette circonstance vient encore offrir une différence avec le curcuma.

562. Boulons du sophora japonica, recueillis sur la demande de M. Guinon, teinturier, membre de la Société royale d'Agriculture, et par les soins de M. Seringe, directeur du Jardin des Plantes à Lyon.

M. Guinon a fait sur celle substance Imites les expériences désirables. Il a présenté, à ce sujet, un Rapport circonstancié à la Sociélé Koyale d'Agricullure de Lyon , en voici les principaux passage* :

«La couleur jaune n'existe ni dans l'écorce, ni dans le bois. A peine sensible dans la feuille, on la trouve en grande quantité dans les boutons, et surtout dans les fleurs; mais celle des fleurs esl plus bruue que celle des boutons, ce qui explique la préférence que les Chinois donnent à ceux-ci. Le calice en donne peu, le? étamines davantage, et enfin les pétales, qui sont blancs, en contiennent beaucoup. Elle parait être en combinaison avec un acide végétal qui affaiblit et masque ia couleur, laquelle passe instantanément du blanc au jaune foncé par l'action de l'ammoniaque. Celle propriété n'appartient pas exclusivement au sophora du Japon; on la retrouve dans plusieurs arbres et plantes dont la Heur esl blanche. L'accacia ordinaire, qui appartient aussi à la famille des légumineuses, présente sous ce rapport de l'analogie avec le sophora, mais avec beaucoup moins d'intensité.

La couleur jaune a beaucoup d'analogie avec celle de la gaude ; mais elle est moins propre à produire des jaunes clairs, tels que paille, citron , etc., qui restent pauvres el désagréables à l'œil. Dans les jaunes orangés, comme le bouton-d'or, cet inconvénient se change en avanlage, et la couleur riche et nourrie possède un degré de solidité supérieur à celui oblenu d'un mélange de gaude el de rocou. Celle dernière condition est importante pour les éloffes d'ameublements, quoique la teinte soil un peu moins pure.

Action de l'air. — L'action de l'air, à peine sensible sur les fleurs séchées, allère sensiblement la décoction , qui passe à une teiute plus brune. La gaude, placée dans les mêmes conditions, s'altère en perdant une partie de sa couleur. On obtient de l'un et de l'autre de meilleurs résultats en faisanl l'extraction à vases clos.

Alcalis. — Les alcalis rougissent la nuance. Une eau de savon tiède donne à la couleur toule la vivacité dont elle est susceptible, el rend à la soie le brillant dont une partie lui avait été enlevée par l'alun. Mais dès-lors la couleur résiste moins bien à l'action du soleil. En élevant la température au-dessus de 50° la couleur se dégrade. La gaude résiste mieux.

Acides. — Les acides la décolorent; mais la couleur, ainsi que celle de la gaude, est eu grande partie ramenée par les alcalis.

Sels. — Les sels neutres de potasse el de soude sont sans action apparente. Les sels de fer font passer la couleur, comme celle de la gaude , au brun olive. Les .mires sels agissenl, à peu près, comme sur la gaude. Les selsd'élain agissent comme acides, sans autre effet remarquable. La solution, mêlée à une petite quantité d'alun,

rcsle transparente, tandis qu'un précipité se forme en ajoutant ce sel a une décoction de gaude.

Bi-chrâmate dépotasse. — Le bi-chrôinatc de potasse fait rougir à l'instant la solution , ainsi que la soie teinte, en les poussant à une nuance acajou clair. Ceci explique la différence des boutons avec les (leurs, et la coloration de la solution à l'air. La gaude subit la même modification.

Sels calcaires. — Ces sels poussent la nuance au brun; leur action est telle, que les quantités contenues dans nos eaux suffisent pour modifier la nuance jaune d'une manière fâcheuse. Les premiers échantillons, faits avant que cette'propriéîé ne fût reconnue, ont été moins beaux que ceux obtenus depuis avec l'eau distillée.

La gaude est moius sensible à l'action des sels de chaux. Elle donne pourtant avec l'eau distillée, des nuances plus pures, et se rapproche, dans ce cas, de la teinte obtenue du curcuma.

Alcool. — Il dissout la matière colorante. La solution est presque incolore. Les alcalis développent le jaune instantanément.

Richesse en matière colorante. — Une partie de fleurs du sopbora donne une nuance équivalente à celle fournie par trois parties de gaude, tiges et racines comprises. La gaude valant communément 30 fr. les 100 kilogr, le sopbora devrait valoir 90 fr.

La gaude ett moins altérable dans la plupart des cas. Elle demande inoins de précautions pour obtenir de belles nuances, et peut, avec les mêmes soins, conserver la supériorité comme pureté. Enfin, elle est d'une culture facile et très-répandue en France. »

Page 1