DE SOIE
588. Tcheou-t w an-pou. Intérieur d'un atelier pour la fabrication des soieries à Canton. Celte gouache, du peintre Yeou-Kwa, représente les divers ustensiles de fabrique chinoise: le dévidoir, le rouet à canettes, le métier à seinple avec ses deux ouvriers, L'un tireur, l'autre tisseur, ainsi que les différentes parties de l'atelier où sont renfermées les marchandises. Les ouvriers chinois sont fabricants, c'est-à-dire qu'ils achètent eux-mêmes la grège, la font monter au besoin, la font teindre, dévider et ourdir. Ils ont donc un comptoir devant lequel se trouvent des tiroirs pour renfermer la marchandise fabriquée dans l'attente de l'auteur. A côté, sont des baguettes pour le. pliage des pièces, et, sur le comptoir même, le livre de comptes el la machine à calcul, la pièce la plus importante du comptable chinois.
589 * Dessin d'un métier chinois antique calqué sur des tablettes possédées par le révérend Dr Parker, à Canton, et dont les costumes ont quelque analogie avec ceux de l'antique Egypte.
Ce métier a deux marches avec des tirants qui correspondent à des flèches pour le jeu des lisses. L'encadrement du métier, planté en terre, annonce que le travail a lieu en plein air.
Le texte n'a aucun rapport au métier. Il indique les devoirs de la piété filiale.
590. Fan-tchi. Dessin d'un métier à la grande lire, copie d'une peinture ancienne, commandée par M. N. Rondot, à Tin-Kyva, de Canton.
591 * Kiaosz'shi , dévidoir de grandeur naturelle, dit à la tavelle, composé de six ou huit plots rnoutangbien solides, autour desquels on met la soie pour la dévider. A la place de ces plots mobiles, on emploie le même nombre de baguettes tcliou perpendiculaires sur deux alonges fixées par une traverse. Une perche rnou-fang , garnie d'un crochet en ter j en-tan g, est placée au-dessus. Ce crochet reçoit le fil de soie au fur et à mesure qu'il se déroule de la flotte. Celte méthode, généralement usitée en Chine pour le dévidage, offre l'avantage d'éviter le déchet très-considérable que nous éprouvons sur certaines soies.
592 * Ni-teou, roquets ou bobines coniques, formées de plusieurs lanières de bambou, fixées en cercle, sur une rondelle de bois. Cette forme est la seule usitée dans la fabrication des soieries en Chine.
593 *Lou-kio, guindres de grandeur naturelle. Les
grands, portés sur un pied, servent au dévidage; les petits, manœuvres au moyen d'axe et portés à la main, facilitent le tracanage.
594 + Pa-keng-kia, ourdissoir au l/10me de grandeur natu-
relle. Il se compose 1° d'une cantre mou-Mao-pan, garnie de ses roquets coniques ; 2° d'une grille kien-sz', qui permet de diviser les fils, de sorte que, lorsqu'on veut ourdir à fils simples, on ne passe qu'un seul fil dans le trou, et lorsqu'on veut ourdir à chaîne double, on passe deux fils simples dans le même trou, ainsi de suite; 3° d'un bàli szkia garni de chevilles tchou et de deux encroix kien-wen-tchou, etc.
595 " Hou-tché, rouet à cannelles au l/5"'e de grandeur
naturelle. Il est formé d'un pilier de bois tchouhou—tché porté sur un plateau rnou-kia. A ce pilier, est fixée une cheville servant d'axe à la roue tché, mue par une baguette et à la main. A la partie supérieure du pilier, est une autre cheville ou broche servant à porter le tuyau tchoukou de la cannette Jiou.
59G + Tchu, navettes.
11 y en a de différentes formes.
1° Navettes ordinaires pour le taffetas à petite largeur;
2° Navettes longues pour les satins et étoffés à grandes largeurs;
3° Petites navettes pour l'espoulinage.
Dans certains articles , on se sert d'une navette dont l'intérieur est garni d'un régulateur en
crin pour faciliter le déroulement de la cannette dune manière uniforme.
597 * Heoa, peignes en canne.
On n'emploie en Chine, pour la fabrication des soieries, que des peignes de canne. Les joncs et roseaux de cette contrée fournissent d'excellents matériaux à cet usae,e.
Voici les différentes réductions de peignes rapportés par M. Hedde :
pour to
dents
an cent.
; 23 dents
au pouce ).
pour gr.
île Naples
pour taffetas
pour foi
lard
pour ru
;>98. Divers outils employés dans la fabrication des étoffes de soie.
1° Passette en corne et passetle en bambou. Sur cette dernière, qui est de Chusan, est indiquée la division du covid chinois, égaleà35centimèt., ce qui vient à l'appui de l'assertion de M. Hedde à l'égard de la longueur de la mesure employée pour les soieries dans le nord de la Chine.
2° Poulie de métier;
3° Pincettes en fer, dans le genre de celles employées dans nos fabriques ;
4° Forces ou ciseaux en fer de même genre ;
5° Polissoir en fer pour lisser l'envers du satin ;
6° Colle de buffle pour l'apprêt des salins forls;
7° Tempia. 11 y en a de différentes manières. Celui employé sur le métier yaou-ki est formé de deux bâtons en croix dont les extrémités sont, comme à l'ordinaire, garnies de pointes.
8° Fers ronds employés pour le velours ;
9° Rabot ou plutôt couteau pour le coupage du poil de velours.
599 * Tsang-Jci, métier à banc, de grandeur naturelle, rapporté de Sou-Tchou par M. Hedde. Voir le N0384 précédent.
Voici les pièces qui composent cet appareil curieux :
N1 1. Banc du métier supporté par quatre pieds et quatre traverses d'écartement. A une partie de ce banc , sont adaptés les râteliers sur lesquels passe la chaîne : l'autre partie sert de siège à l'ouvrier qui s'y pose à cheval.
N° 2. Deux petits tenons fixés sur le banc adroite et à gauche, et dans lesquels passe une cheville servant de rouleau de devant pour soutenir l'étoffe fabriquée.
N° 3. Chevilles supérieures sur lesquelles passe l'étoffe et qui ont pour but d'obtenir la tension de la chaîne. La chaîne est sans fin , elle passe dessus et dessous les chevillles des râteliers qui servent à en déterminer la longueur. Plus la chaîne est longue , plus elle fait d'allées et de venues dans l'étendue des râteliers. Pour opérer le tissage , une des chevilles est placée à l'extérieur et sert de second rouleau de devant.
N. 4. Planche inclinée , appuyée sur le banc et à laquelle sont attachées deux cordes correspondantes à la cheville, servant de sccoud rouleau de devant.
N° 5. Balance placée intérieurement au banc et chargée de manière à faire contre-poids à la tension de la chaîne. Cette balance correspond à la planche n° 4 par quatre cordes.
N° 6. Peigne formé île deux rangs de dents de fer, l'un inférieur et l'autre supérieur, et servant à diviser la chaîne en deux parties égales. Ce peigne est garni , h sa partie postérieure, d'un cercle de jonc , servant à maintenir l'ouverture des deux parties de la chaîne, ce qui forme le premier pas. Le deuxième pas a lieu au moyen
d'une dorai-lisse que l'ouvrier lève avec la main, el la deuxième partie de la chaîne lève alors facilement, la balance suivant en même temps le mouvement qui est imprimé à la chaîne.
N° 7. Navette en bois et eu forme de clou qui sert au tissage. Pour le battage de la trame , on se sert d'un morceau de jonc qu'on introduit au milieu de la chaîne , tous les deux coups seulement.
N° 8. Râtelier vertical, garni de chevilles et placépo^l.rieurement.
N° 9. Râtelier incliné , garni de chevilles et placé de l'avant à l'arrière. Toutes les chevilles placées dans ces deux râteliers doivent facilement rouler sur ellesmêmes, afin d'amener facilement la chaîne à la portée du tissage.
600 * Tchi-tcheou-ki, métier de taffetas uni au i/\0me de grandeur naturelle.
Voici le détail de ce métier :