MAROC
— 242. Assortiment de pièces diverses pour le service de table et de cabinet : jattes, soupières, écuelles, écritoire, etc., ornées d’arabesques au trait, réchampis en couleurs variées (M., Pl. XXX IX , Jig. 4, 10 et 12).
Quoique grossièrement façonnées, ces faïences ont un bel aspect et annoncent une grande pratique chez les ouvriers qui les fabriquent. Elles témoignent en outre du bon goût et de l’habileté de main des peintres décorateurs. Sous ce rapport elles ne le cèdent en rien aux faïences modernes de l’Europe.
Les macules et les filets rouges sont d application postérieure à la cuisson, et fixés seulement par un véhicule résineux. Il est à supposer qu'elles sont le fait du vendeur, spéculant sur le penchant du peuple à aimer le clinquant et L éclat. On en a débarrassé quelques pièces, pour les faire voir dans leur état naturel. — Des fabriques de Fez. (Rapportées et données parM. Desgranges, interprète du roi en langues orientales, 1833.)
ALGÉRIE
243. Une grande lampe de mosquée à tige cylindrique et anse, avec bassin d’égout (4L, Pl. XXXIX, /ùp 5); arabesques polychromes. Haut. 0,73e. — De Cherchell. ( Par la commission scientifique d’Algérie, 1842. )
POTERIES ÉMAILLÉES
Appendice aux poteries vernissées et émaillées.
A. Carreaux et briquettes pour carrelage et revêtement.
EUROPE
ANGLETERRE
4. — '244. Plaque carrée à reliefs, en pâte de faïence fine, de 0,12e de côté, pour revêtement. Une cigogne pêchant dans un bassin à jet d’eau; peint en vert et brunviolâtre. — • De Burslem, en Staffordsbire. Fabrication de Whieldon Wedgwood, vers 1756. (Donné par M. Wood de Burslem , 1836.)
245. Plaque carrée pour revêtement, de 0,12e de côté, ornement à cercles croisés, et briquette oblongue de 0,1 5e sur 0,07e pour bordure de carrelage, frise à volutes et petits trèfles; imitation des carreaux incrustés des xme, xivc et xve siècles. — De Worcester. Fabrique de M. Chamberlain et Cie. (Par M. Albert Way, 1843.)
Celte fabrication a pour objet principal de faciliter la restauration ou la restitution des anciens pavés ou revêtements , dont les églises anglaises conservent encore de nombreux restes.
246. Une plaque carrée , en pâte de faïence fine , de 0,1 5e de côté , pour revêtement , frise lierre peinte en coloris sur blanc. — D’Etruria, en Staffordsbire. Fabrique de M. Wedgwood. (Par M. Brongniart, 1836.)
247. Meme fabrique. Une plaque de même pâte et de même dimension, ornée d’un paysage chinois, imprimé en brun-sépia. (Rapportée de Londres par le Bon Taylor, 1837.)
248. Une plaque carrée en pâte de faïence fine , de 0,20e de côté , pour revêtement, imprimée en bleu-azuré. Enfants jouant à la balançoire, bordure trelllissée. — • De Stoke-Upon-Trent, en Staffordsbire. Fabrique de M. Minton. (D’envoi de M. de Pontigny, 1843.)
249. Meme fabrique. Une plaque carrée en pâte de faïence fine, jaune-nankin, de 0,15e de côté, pour revêtement; ornement polychrome, imprimé, simulant la mosaïque. (Rapportée de Londres par le Bon Taylor, 1843.)
250. Une plaque carrée pour revêtement , de 0, 1 3e de côté , en terre jaunâtre , émaillée, dite brique hollandaise, non ornée. — De Vauxliall-Poteries, près Londres. Fabrique de M. A. Singer et Cie. (D’envoi de M. de Pontigny, 1843.)
251 . Meme fabrique, a. Six plaques pour revêtement, en pâte de faïence fine de différentes dimensions , ornées d’arabesques polychromes et dorés, imprimés :
style mauresque. — * b. Trois panneaux mosaïque, pour revêtement, en petits carreaux profilés de terre cuite émaillés d’émaux de diverses couleurs, montés sur feuillets de schiste tégulaire; copies exactes des revêtements mosaïques de l’Alliambra , à Grenade. ( Par le Bou Taylor , 1 844. )
FRANCE
ÉPOQUE ANCIENNE
CARREAUX INCRUSTÉS ET A RELIEFS, DES XIIIe, XIVe ET XVe SIÈCLES ('!).
4. — 252. <(. Deux plaques ou briquettes carrées, à incrustation; l’une de 0,09e de côté, terre jaunâtre; quart de rosace lleurdelisée , l’autre en terre rougeâtre, de 0,08e, champ mosaïque triangulaire. — b. Carreau triangulaire à reliefs ; champ mosaïque à cercles entre-croisés; pâte jaunâtre, vernissée en jaune-verdâtre sale; larg. de côté, 0,13e. — Provenant de l’abbaye de Larrivour, près Troyes en Champagne, fondée par saint Bernard, au xne siècle. (Par M. Créaient Mullet, 1844.)
253. a. Quatre plaques ou briquettes carrées, de 0,12e de côté, ornements incrustés, rosaces lobées, lion, etc. (M., PL XXXIII, jÆg. 1, «). — 'b. Deux plaques carrées de 0,1 1e de côté ; ornements reliefs, peints en verdâtre; Tune à rosace, formant croix lleurdelisée ( M., PI. XXXIII , Jîg. 1, 4); l’autre à rameaux cambrés, avec feuillages lobés. — Provenant du pavé de l’une des chapelles de l’église de l’abbaye de Voulton, près Provins, bâtie par la reine Blanche, mère de saint Louis. Par M. Mathieu, artiste musicien, 1836.)
L’altération qui se fait remarquer à la surface des plaques b, provient de ce qu’elles ont été exposées à l’action du feu, dans le foyer d’une cheminée.
25 4 . Trois plaques ou briquettes carrées de 0,07e de côté, ornements in-
(I) Ces çarreaux, dont le goût et les procédés de fabrication nous paraissent avoir été apportés de l'Orient parles croisés, et dont la mode s’est continuée pendant une durée de plus de trois siècles, prouvent les progrès qu’avait faits l’art du briquetier dans ces anciens temps. Leur application parait avoir été des plus répandues , tant en France que dans le royaume-uni de la Grande-Bretagne ; les peintures des anciens manuscrits prouveraient au besoin qu’ils étaient un objet de luxe, et le cas qu’en faisaient nos pères; le nombre encore borné des échantillons que notre Musée renferme (M., PI. XXXIII, fig. 1 à 6) ne saurait donner une suffisante idée de la variété de leurs dessins, et de la richesse que présentait à l’œil leur assemblage. Les personnes qui seraient curieuses d’en apprendre davantage, consulteront avec fruit, pour ceux de France, les Planches CCXI , CCLXX1II et CCLXXFV des Monuments français inédits de Wuxemin., que M. Pottier, bibliothécaire de la ville de Rouen , a accompagnées de savantes dissertations ; l’ouvrage de Jolimont sur les antiquités de la ville de Caen , où l’on trouve des spécimens variés du pavé qui ornait la salle des états de l’ancienne abbaye de Saint-Etienne, et les Mémoires de la Société des Antiquaires de la Normandie, dans lesquels est décrit et figuré le beau pavé trouvé presque entier àCalleville( Eure ) . Pour ceux de l’Angleterre, les ouvrages spéciaux de Nichols et d’Ox.DHA3i, récemment publiés à Londres, dont nous devons la connaissance à l’obligeance de M. Albert Vay, directeur de la Société des Antiquaires de Londres.
POTERIES ÉMAILLÉES
crustés; lièvre, chien, feuille lobée (M., PI. XXX11I, fig. 4). — Trouvées, en 1835, en baissant le sol de remplacement où fut la galerie des chasses de saint Louis, au palais de Fontainebleau. (Par M. Durreuil , architecte de ce palais. )
— -255. Deux fragments de briquettes, ornements incrustés, dont les dimensions devaient se rapprocher de celles du n° 253 ; chien , frise à feuillage lobé (M., Pl. XXXIII , fig. 6). — Trouvés, en 1841, sur l’emplacement d’un ancien cimetière abandonné , près de Rue (Somme). (ParM. Boucher de Perthes.)
25G. Deux plaques carrées de 0,11e de côté, ornements incrustés; l une à rosace lobée , l’autre avec un blason dont l’écu est cartonné de deux fleurs de lis et d’une croix (M., Pl. XXXI II , fig. 5). Le vernis de cette dernière est conservé comme dans l’état primitif. — Trouvées àMaïoque, ancienne ville ruinée, près du Crotoy (Somme). (Par M. Boucher de Pertiies, 1843.)
257. Une plaque de 0,12e de côté, ornements incrustés; quart de rosace à frise concentrique. — Provenant du pavé de l’église deGisors (Eure), près la porte de la sacristie. (ParM. Brongniart, 1843.)
258. Six petites plaques ou briquettes carrées de 0,07e de côté, ornements incrustés; rosaces, palmettes, etc. — • Provenant du pavé de l’une des salles de la tour du château de Gisors. (Par M. Brongniart, 1 843. )
259. Une plaque carrée de 0,12e de côté, ornements incrustés, rosace à entrelacs. — Provenant du pavé de la salle des gardes de Guillaume le Conquérant, à Caen, aujourd’hui détruite. (Par le Bon Taylor, 1844.)
260. Deux plaques carrées de 0,13e de côté, ornements incrustés; quadrille à fleurs de lis, oiseaux opposés (M., Pl. XXXIII, fig. 2). — Trouvées dans les ruines d’un ancien château, couvertes aujourd’hui par la végétation forestière, près deQuimperlé (Finistère). (Par M. Le Gutllou, 1842.)
261 . Quatre plaques carrées de 0,12e de côté, ornements incrustés; rosace en croix fleurdelisée, quadrille à entrelacs, oiseau, etc. (M., Pl. XXXIII , fig. 3). — Provenant du pavé de l’une des chapelles de l’église Saint-Étienne d’Agen, autrefois la cathédrale , maintenant détruite. ( D’envoi de M. de Saint- Amans, 1839.)
La dégradation que le temps a fait éprouver a deux de ces carreaux , permet cT apprécier clairement les procédés de fabrication.
262. Une plaque carrée de 0,13e de côté; pâte rougeâtre; au centre, large fleur de lis concave réchampie en jaune piqueté de vert (M., Pl. XXXIII, fig. 7). — Provenant du pavé d’un ancien château de Cosne (Nièvre), rasé en 1838, pour faire place à l’établissement d’une nouvelle route. (Rapportée et donnée parM. E. Préaux, 1839.)
CARREAUX ÉMAILLÉS ET PEINTS, DES XVI" , XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES.
— *263. a. Trois fragments d’architecture, moulure, corniche, rosace; cette dernière en partie réchampie de couleur violette. — b. Fragment d’une plaque carrée ; pâte jaunâtre , dont les ornements tracés en creux , à la pointe , sont réchampis par teintes plates d’émaux blanc, bleu et jaune, de couleurs bien déterminées (M., PI. XXX11I , fig. 15). — - Provenant du château royal de Madrid-Boulogne dit le château de faïence, de ce que son extérieur était en partie revêtu de briques émaillées; bâti par François Fr, vers 1530, dans l’ enceinte du parc de Boulogne, près Paris, et rasé vers 1790.
Ces faïences étaient F œuvre de Girolamo et de César della Robbia, petitsneveux du célèbre Luca (1), inventeur de la terra inuetriata, et non celle de Bernard Palissy, comme on le dit communément.
Les fragments d 'architecture ont été donnés par M. Born, propriétaire du restaurant bâti sur une portion du terrain de cet ancien château , dont M. Born père avait été concierge; ils ont été trouvés en travaillant à des fouilles dans le jardin. Le fragment do carreau, d’une provenance moins certaine, a été donné par M. Vachée, marchand de curiosités.
207 . Plaque carrée de 12e de côté; pâte line rougeâtre, ornement tracé en creux, ;i la pointe, et réchampi en teinte plate d’émaux blanc, bleu et jaune, comme le fragment 263 b , mais d’un moins bel éclat (M., PI. XXXIII, f/g. 13). — • Provenant du château d’Anet, bâti en 1552. (Rapporté et donné par M. .). Boilly, peintre, 1841.)
265. Carreaux peints divers, de 0,1 Ie de côté, à légendes, entrelacs, fruits, arabesques, etc. (M., PL XXXIII , fig. 9). Fabrication de Bernard Palissy. — • Provenant des pavés détruits du château d’Écouen. (ParM. Gabion de Macquen oise , ancien officier des chasses du prince de Coudé, 1835.)
266. Carreau en forme de losange, aux armoiries peintes de Marie de Latour d’Auvergne, épouse du Ve de Thouars (M., Pl. XXXIII, J/g ■ 14), xviip siècle. s — Provenant du pavé de la bibliothèque du château de Thouars, en Poitou. (ParM. E. Préaux, 1837.)
267. a. Plaque carrée de 0,12e de côté, ornée d’arabesques tracés en creux, ii la pointe, et réchampis en teintes plates d’émaux colorés, comme le fragment n° 263 b, et la plaque n" 264. — b. Autre plaque carrée de 0,13e de côté, peinte en camaïeu bleu; cartel de paysage à écoinçons, cantonnés de rosaces. — • Pro-
(I) Voir dans Vasari, Vies et OE livres îles Peintres, traduction de MM. LeclanchÉ et Ji akron , à la Vie de Luca delta Robbia, tome II, page 41, et la dissertation de M. Léon Vaudoyer, architecte, sur le chateau de Madrid, Magasin pittoresque , 1812, page 267.
POTERIES ÉMAILLÉES
venant des revêtements qui se voyaient anciennement au château royal de Trianon, près Versailles, maintenant détruits. (Par M. Philippar, professeur d’agriculture à l’école Normale de Versailles, 1844.)
— 268. Carreaux peints en bleu et en jaune, champ mosaïque à rosaces, bordure à entrelacs; larg. de côté, 0,11e; attribués à la fabrication rouennaise du xvme siècle.
— Provenant du revêtement de la salle de bain d’une maison bâtie vers 1780, rue Blanche, nu 5, à Paris. (Par M. Brongniart, 1843.)