FAÇADE PRINCIPALE
portail de 27 pieds de large ( I ) sur 60 pieds environ de hauteur, et dont l'architecture appartient a la fin du XVe siècle. La porte (2), dont les battants sont ornés de têtes de lions de bronze, est surmontée d'une grande baie divisée par trois meneaux et dont un réseau flamboyant occupe la partie supérieure. Deux voussures, des bandeaux ornés et un grand nombre de moulures encadrent à la fois la porte et la fenêtre ; cet encadrement est flanqué à droite et à gauche par deux massifs de pinacles et de clochetons appliqués qui s'élèvent jusque sous la balustrade en qualre-feuilles , qui termine l'ordonnance de ce frontispice.
Les bandeaux et les voussures sont ornés de divers sujets religieux : Sarnson tantôt déchirant le lion de Tirana, tantôt renversant le temple deDagon, se voit dans les premiers, qui offrent aussi les figures de plusieurs martyrs. Les sujets des voussures sont tirés de la vie de Jésus-Christ, ou représentent des scènes de l'Ancien Testament qui y ont un rapport allégorique évident, telles que le Sacrifice d'Isaac et le Prophète Jonas englouti par la baleine. Les sujets du Nouveau Testament qui sont les plus reconnaissables aujourd'hui, sont : l'Annonciation, le Mariage de Joseph et de Marie, la Présentation de Jésus au Temple, l'Adoration des Rois, le Massacre des saints Innocents, Jésus au milieu des docteurs, la Fuite en Egypte , etc.
Au-dessus des voussures de la porte se trouvent six niches trilobées , dans quatre desquelles on voit encore de grandes statues reposant sur des piédestaux ornés de pampres.
Les armoiries de l'évêque Aymon de Montfaucon (3), qui
(i) Toutes les mesures que j'indique sont en pieds de roi.
(2) L'inscription tirée du livre des Psaumes : j'entrerai dans ta maison avec lk respect qui t'est d# , et c j 1 1 î se lit sur le linteau Cil marbre noir de celle porte, fut «ravée en 1774.
(3) Ces armoiries étaient placées dans Tc^Iisc avec une telle pjo-
se voient sur ce portail, indiquent que sa construction a dû être achevée dans les premières années du XVIe siècle.
C'est la tour du midi, soit celle du côté de Tépître, qui est terminée; cette tour qui, dans toute sa hauteur, affecte la forme rectangulaire, est flanquée à chacun de ses angles par des contreforts qui supportent des tourelles carrées du côté du midi et circulaires du côté du nord (1). L'ordonnance de la partie inférieure du clocher où se trouvent les salles des archives est très-simple, mais la décoration s'enrichit dans les deux étages du beffroi, dont toutes les faces sont percées de baies en ogive, séparées par des colonnes; une balustrade en pierre et quatre clochetons octogones (2) , élevés sur les tourelles des contreforts , en couronnent la partie supérieure. La terrasse qui recouvre le beffroi est élevée de près de 140 pieds au-dessus du sol, et l'on y accède par 220 marches. Une flèche à huit pans, continuation de la partie centrale du clocher, perce cette terrasse et la surpasse de plus de 40 pieds; un amortissement en cuivre, affectant toujours la forme octogonale et ayant près de quatre pieds de diamètre dans sa partie la plus large, termine cette flèche, qui était autrefois couverte en tuiles vernissées de même que plusieurs parties de l'église.
Le beffroi renferme cinq cloches ; la plus grosse, communément appelée Marie-Magdeleine , porte la date de 1583
fusion, qu'on les retrouve encore répétées plus de soixante fois, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
(î) Ces dernières contiennent deux escaliers qui donnent, accès au sommet du clocher.
(2) Ces clochetons, construits en pierre jusqu'au sommet du toit pyramidal qui les termine, sont ornés sur chacune de leurs faces par une arcade ogivale reposant sur deux colonnes et surmontée d un fronton; le bas de ce fronton repose sur des tètes grimaçantes; à la pointe il se termine par un amortissement qui varie dans chaque face.