AIGUILLE
THERMOMETRE à l'air.
BAROMETRE.
REMARQUES
fl
Ciel couvert, vent d'O.
Ciel nuageux : le soleil a paru.
Beau temps, vent de S. O.
Beau temps.
Beau temps, petite brise d'E.
Temps couvert, brise du N. N.E. au N. N. O,
Ciel clair, brise du N. N. O.
Ciel nuageux, vent frais de l'E.
Idem.
Ciel nuageux et à grains, vont frai» d'O.
Ciel parsemé' de gros nuages.
Ciel clair, petite brise d'E.
Idem.
Beau temps, vent de N. E.
Idem.
Temps couvert , vent de N. très-fort.
Beau temps, petite brise d'O.
Temps couvert et pluvieux.
Le même jour, la déclinaison, dans cet endroit, a été trouvée de 19° 11'
Lorsque, dans le cours de notre navigation, le calme est venu interrompre nos traversées ou nos opérations, nous avons profité de cette position à peu près fixe du bâtiment pour mesurer la température de la mer à diverses profondeurs. Les résultats que nous aiions présenter en tableau ont été obtenus à l'aide d'un thermomètre a maxima et a minima que les Anglais ont appelé Six' thermomcter, du nom de l'inventeur, et auquel nous avons donné en France le nom de thermométro graphe. Celui dont nous nous sommes servis le plus souvent avait un pied et demi de long et pesait l kl, ,224; on l'introduisait dans un étui cylindrique en cuivre, épais de 3 lignes et du poids de 8 kli ,81 1, capable de résister aux plus grandes pressions, ayant une seule ouverture qui se fermait au moyen d'un couvercle à vis. On l'attachait ainsi renfermé au bout d'une ligne de sonde à laquelle on suspendait encore un plomb de 15, 20 ou 30 kh\, suivant les profondeurs auxquelles on voulait le faire parvenir. En 18 33, pendant la troisième campagne, ces expériences ont été faites avec un nouveau thermométrographe, beaucoup plus léger et plus petit que le précédent, mais aussi plus difficile à manier, parce que les curseurs se dérangeaient quelquefois. Il pesait llI ,051 et son étui 2 kil ,270.
Il était important de connaître le temps que ces instruments mettent à prendre la température des milieux dans lesquels ils sont plongés; aussi, avant de quitter Toulon, nous avons fait quelques essais dans ce but, en les plongeant successivement dans de grandes masses d'eau froide et d'eau chaude, et nous avons trouvé que les grands thermométrographes employaient 30 minutes à indiquer la température ambiante, et les petits 15 minutes. Lorsque les étuis étaient remplis d'eau, ces intervalles de temps étaient moindres d'environ un tiers.
Les expériences faites en mer ont été entourées des plus minutieuses précautions : le thermométrographe était d'abord comparé avec un bon thermomètre, qui lui-même différait peu de celui de l'observatoire de Paris. Ou lisait aux deux
côtés de leur échelle et Ton notait exactement la place des deux curseurs : on évitait avec soin îes moindres secousses ; on écrivait l'heure et la minute précises de toutes les circonstances de l'observation.
Nous avons employé ïes grosses lignes de sonde que l'on donne ordinairement aux bâtiments de l'État; leur longueur était de 9 5 à 100 brasses, leur diamètre de 1 7 millimètres, et le poids moyen de ïa brasse 2 52 grammes. Avec ces lignes il est difficile de faire les expériences précédentes au delà de 1,2 00 brasses, parce que le frottement qu'on a à vaincre pour retirer l'instrument est si considérable qu'elles n'y résistent ordinairement pas \ H faut d'ailleurs employer tout l'équipage à cette manœuvre , ce qui empêche de la renouveler souvent. Afin d'éviter ce dernier inconvénient, nous avons essayé de remplacer les lignes par un fil de fer recuit, d'un millimètre de diamètre environ; H a cassé plusieurs fois et nous a fait perdre un instrument; nous sommes parvenus cependant à filer un plomb de 5 kil. jusqu'à 8 00 brasses : quelques difficultés se sont encore présentées pour 1 le retirer; il a fallu produire de grands efforts , au risque de le voir rompre à chaque instant. Le bâtiment ayant pris un peu de mouvement, ce fil de fer s'est mis en vibration continue, et a produit des sons pareils à ceux des grosses cordes à boyaux.
Le 9 mai 1833, nous avons fait un second essai avec une ligne de soie écrue, d'un millimètre de diamètre, et dont la densitéétait 1,379. Avant d'y attacher un instrument, il nousa paru important de savoir si on pouvait atteindre de grandes profondeurs sans craindre de îe perdre. Un plomb de 5 kil. a donc été mis au bout de cette ligne, et on l'a laissée couler : sa vitesse, d'abord assez grande, a diminué peu à peu, et à 1,650 brasses, elle a presque entièrement cessé; car alors la ligne ne coulait qu'à mesure que nous la dévidions avec la main du tour sur lequel elle était enroulée. Lorsqu'il a fallu
1 Voyez la noie VI.
la retirer, nous avons été tous surpris de îa force qu'on a dû employer, le tour a été cassé, et ce n'est qu'avec les plus grandes précautions, et après plus de deux heures de travail, que nous sommes parvenus à la sauver entièrement. Le plomb a rapporté un peu de vase grise mêlée de quelques grains de sable très-fin. Cette expérience a été faite dans une embarcation : nous étions alors par 4o° 21' de latitude N., et par 4° 40' de longitude E., à environ 20 lieues à l'O. des côtes de Sardaigne; le temps était très-beau et la mer caïme et unie comme une glace.
La ligne qui a été employée dans cette circonstance pouvait supporter juste un poids de 10 kil.; il serait difficile de s'en servir pour de plus grandes profondeurs, car ii faudrait y ajouter un piomb de plus de 5 kil., et il est probable qu'on la casserait en la retirant. Peut-être y parviendrait-on en employant des lignes de diverses grosseurs, et un mécanisme qui ferait détacher le plomb au moment où il arrive au fond. II est à désirer qu'on fasse encore quelques expériences sur un sujet qui peut nous conduire à connaître la température et îa pïus grande profondeur des mers. M. de Tessan, dans sa note VIj donne pour avoir la profondeur un moyen tout à fait nouveau , et qui évite l'embarras des lignes de sonde.
Les températures qui suivent ont été corrigées de toute erreur , et ramenées à l'échelle du thermomètre de l'observatoire de Paris.
DATES ET LIEUX des observations.
| J Le 26 juin 1831, tic 4 b à 8 h du m.,i ,U " ître Majorque et la côte d'Afrique , > 763" »L. t. 38", 29', longitude E. 1°, 21' ... J
(JUJ
e et
Le 27 juin 1831, de 2 1 ' k3 b âO r dum.\.
t. 38% 17', long. E. 1°, 1' j 761 > 4
Le 28 juin 1831, de 9 1 ' à 10 h 40' du m.
mouillage de Sydy-Ferougj, par
* 1 fond de vase
Le 15 novembre 1831, de l h 10' à 30' du m., lat. 39°, 20', long. O. , i 44', entre le cap Saint-Martin ct[ '
îles Colombrcttcs
Le 23 novembre 1831, de l h 50 30' de l'après-midi, à 7 milles au S. ^768 ,1
cap Scpet, près de Toulon
Le 23 juillet 1832, de t h 20' à 3 b 50 l'après-midi, a 14 milles au N. E.1762 ,!
Bougie
tout a
Le 9 août 1832, de midi à l b 10', àj milles au N. de Bougie j
Le 23 août 1832, de 2'' 30' à 3 b 20' ) ! l'après-midi. Golfe de Bougie, à > 767 ,0 milles de terre. l
: 23 oct. 1832, h \ ^ 45' "P™ 3 raidi
^at. 40°,4i' N. (315
.ong. 0% 26' O. j 3 45
/ 5 1 ' du matin. . . .
! 10mail833,à. .15 45
Lat. 39",57' N. \ 6 5
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TEMPERAT.
REMARQUES
Beau temps, calme plat. Ligne verticale. L'instrument est resté l h 49' h 1,200'" ; on amis l h lô' a le retirer. L'étui s'est trouvé au 3/4 plein d'une eau écumeuse.
L'air s'est échappé en sifflant dès qu'on a dévissé le couvercle.
Presque calme. Ligne oblique.
Le bâtiment dérivant un peu , l'instrument est resté 38' à 600 ,,r , on a mis 55' à le retirer. On a trouvé unpoucc d'eaudans l'étui.
f L'instrumcntétaità l br du fond.
(L'étui est resté vide.
r L'instrum 1 est resté 28' àG00 b , 1 on a mis 42 ' aie retirer. L'ét. est \ revenu avec 1 pouce d'eau. Beau ( temps. Horizon bruni. Cal me plat.
Beau temps. Calme. On a laissé l'instrument 30' à740 1> .Ona trou vé dans l'étuiun 1/2 pouced'eau.
(Calme. L'instrum' est resté 22 à 721 1 " , on a mis 15' pour le faire jpasserde465 a721 br . HafaIIu/i3' (pour le retirer. L'ét. est resté vid
(Calme. Trcs-beau temps. L'étui a été préalablement rcmpl
(moitié d'eau de mer.. II est resté 26' par 50 b , on a mis 12' à le retirer Calme. L'étui était à moitié pfein d'eau avant l'expérience. II est resté 20' a 50 br .
Calme. L'étui rempli à moitié | avant l'expérience.
!II est resté 20' à chaque pro fondeur. A la dernière expérience la ligne de 80 br était oblique.
L'étui qui étaitvide est revenupl.
II est resté vide.
Idem
Idem
Idem
Idem •
Idem
L'eau coinmenceàentrerdansl'ét.
L'ét. estrev. avec un peu plus d'eau
Idem
On l'a vidé, il est revenu avec
un pouce d'eau.
C On Fa encore vidé avant l'ex- \périence; il a été retiré toutà fait ) plein. Le curseur de droite était iTcmonté de deux degrés, ce qui (rend cette observation douteuse.
Nous ajouterons comme document qui peut avoir quelque connexion avec ce qui précède, que les plus basses températures observées en janvier 1833, par M. Boïle, à la surface de la mer, sont : 10° auprès des côtes de Provence, 11°, 10° 5' et 10° %'■ à la hauteur des îles Baléares, et 13° 3', 1 2° 4', et 1 1° 2' à une petite distance des côtes d'Afrique.
Avant de terminer ce chapitre, nous croyons devoir encore citer quelques observations qui auront peut-être de l'intérêt pour la physique et l'astronomie. Pendant la nuit du 12 au 13 novembre 1831, nous trouvant sur les côtes d'Espagne auprès de Carthagène, nous avons été témoins du phénomène des étoiles filantes, qui acquiert aujourd'hui une si grande importance par les nolices et les explications de M. Arago; notre observation a été déjà consignée dans l'Annuaire du bureau des longitudes de l'année 18 36, c'est pourquoi nous n'en parlerons pas davantage.
Du 23 au 26 septembre 1832, étant au mouillage dans la baie d'Alger, nous avons vu pendant plusieurs jours de suite la lumière zodiacale sous une forme distincte et assez bien déterminée. Le 26, de trois heures et demie à quatre heures et demie du matin , elle a été surtout fort remarquable ; elle avait l'apparence d'une pyramide inclinée vers le S. Sa base occupait environ 6°, sa pointe correspondait un peu au-dessous de a et /S de la constellation de Castor et de Pollux, de sorte qu'elle pouvait s'élever jusqu'à 25° au-dessus de l'horizon.
Pendant notre exploration sur les côtes d'Afrique, nous avons eu l'occasion de voir des trombes marines ; M. de Tessan a suivi avec beaucoup d'intérêt l'apparition de ces météores : on trouvera dans la note X leur description détaillée et un essai sur la tnéorie de leur formation.