‹ Description nautique des côtes de l'Algérie (volume 2)Chapitre 7 sur 35 · HAUTEURS · texte numérisé non relu

HAUTEURS

observées.

milles.

mètres.

REMARQUES

La plus grande erreur des observations faites à ia mer est, comme on voit d'environ 3/100" de la hauteur totale , c'est-»

dire, de 36 m sur 1.200 m .

La moyenne n'est en erreur que d'environ 2/100°*, ou de 24 m sur 1.200™.

* Pour ce cas où l'horizon s'est trouvé borné par ia côte, on a fait de plus à l'angle observé la correction de Ja table II de Guéprate.

Nous avons obtenu ainsi environ deux cents hauteurs de divers points de la côte; sur ce nombre plus de cinquante ont pu être contrôlées par plusieurs observations, et nous avons remarqué que les différences moyennes des résultats étaient comprises entre ytt et ttt ^e ^ a hauteur totale, et que les quatre pïus grandes donnaient 10, 13 ? 15 et 16 mètres en plus ou en moins sur 100 mètres de hauteur.

Pour les calculs, nous avons employé les formules suivantes :

sm (h H — -)sm —

H=2R 1 77 J — r— 1 — d. m. tang. (h ■+ °- )

cos ( h -+- D ) & V 1 2 '

où R représente le rayon de courbure de la terre pour la latitude du lieu et l'azimut dans lequel on observe 1 ; D, la distance en minutes et secondes; H, la hauteur observée en degrés et corrigée de ia dépression et de la réfraction terrestre, celle-

1 Dans ta plupart des cas où l'angle de hauteur est pris à l'horizon de la fcier, on peut employer tout simplement le rayon moyen de la terre.

ci étant évaluée au 0,0 8 de la distance D lorsque l'on n'a pas d'observation qui la donne pïus exectement; d , le nombre de milles et dixièmes de mille contenus dans la distance; m, la valeur du mille en mètres. La seconde est plus simple et suffisamment exacte *.

II y a des points dont nous avons obtenu les hauteurs en observant leurs dépressions, c'est-à-dire en prenant , avec le théodolithe de Gambey, des distances zénithales de l'horizon de la mer. Nous nous sommes servis, pour le calcul, de la formule H=| tang 2 D, dans laquelle R est le rayon de courbure pour le lieu de l'observation et pour l'azimut dans lequel on observe; D, l'angle de dépression corrigé de la réfraction terrestre, c'est-à-dire égal à «Tétant la dépression observée, et n le coefficient de ia réfraction terrestre.

En comparant les divers résultats que nous avons obtenus dans quelques circonstances, pour le même objet, on pourrait certainement être étonné des différences qui existent entre eux; mais les personnes qui ont fréquenté souvent ces parages trouveront au contraire ces différences assez petites, car il est très-difficile de mesurer des angles exacts , à cause des réfractions extrêmes qui s'y présentent habituellement. Tous ceux qui ont atterri sur Alger , pendant l'été, à l'époque où l'on voit presque continuellement dans le ciel une vapeur blanchâtre, ont été surpris de l'apparence extraordinaire des montagnes; on les croit au premier abord beaucoup plus hautes qu'elles ne sont réellement. Cet état de l'atmosphère est d'ailleurs changeant, nous l'avons vue dans quelques cas d'une transparence remarquable. Plusieurs fois la planète de Vénus, à son lever, s'est montrée tout à coup au moment où son disque était à l'horizon. Le 7 septembre 1833, nous vîmes les côtes d'Espagne à 25 lieues. Dans bien des parages, cette transparence subite et extraordinaire de l'air est souvent le présage d'un coup de vent, surtout en hiver.

1 Voyeï la note II.

Les déclinaisons de l'aiguille ont été observées avec grand soin partout où nous avons pu nous établir à terre, et nous nous sommes aïors servis d'une boussole à lunette , de Lenoir. Sous voiies, à bord du brick, on les a observées tous les jours au moyen des compas d'azimut, soit au moment d'i lever ou du coucher du soleil, en mesurant son amplitude, soit au moment des stations , en reïevant le point terrestre dont on prenait ïes distances au soleil pour en déduire l'azimut vrai. Nous donnerons les principaux résultats trouvés à terre dans ie tableau des positions géographiques. Maintenant nous aïïons faire connaître les déclinaisons qui ont été obtenues, à différentes époques, sur les côtes de l'Algérie.

Le pilote Michelot, dans son portulan de 1704, donne pour

déclinaison à Alger. . , 5° à 6° N. O.

Le même, édition de 18 05. 14° à 15°

M. de Chabert , le 9 août 1 764 , au N.

de Caxine 17°

Le 24 août 1 764, auprès de Matifou. . 1 7 Nous avons trouvé le 2 juillet 18 31.. .20

Mais nous nous sommes aperçus, quelques jours après, que l'instrument était placé à 8 ou 10 mètres d'un magasin considérable de boulets.

Le L5 octobre 1831, auprès de la tour du phare, nous avons obtenu , de 8 h à 10 h du matin ..... 18° 57' N. O.

Il y avait encore dans le voisinage une pile de boulets.

Le 1 er août 18 32, nous avons fait nos observations sur la terrasse du commandant de la marine, dans un endroit qui nous a paru loin de toute masse de fer; à 9 h du matin nous avons eu , .,..19° 25'

Le 19 octobre 1833, de l h à 2 h après-midi, nous avons trouvé 19° 4'

Du 10 au 11 septembre 1764, M, de Chabert observa

la déclinaison de l'aiguille auprès de l'île de la Galite; il

obtint 15° 16' et 15° 30' N.O.

Le 31 mai 18 33, à midi, nous avons eu 17° 7' Le 28 août 1764, M. de Chabert

trouva sur l'île Pisan 16° 40' N.O.

Le 12 août 1832, à 10 b du matin,

notre boussole a donné 18° 23'

Le 2 août 1 764 , M. de Chabert observa aux îles Habibas 16° 0' N.O.

Le 2 2 septembre 1833, nous y avons

trouvé .... 20° 12'

En général , pour les observations qui ont été faites à bord , on s'est servi d'un compas qui était employé à tous les relèvements de jour et de nuit, et qui, comparé à terre avec la boussole deLenoir, a souvent donné des résultats plus forts d'environ un degré; aussi avons-nous trouvé presque toujours des déclinaisons plus grandes que celles qui avaient été obtenues à terre , dans les mêmes parages. Mais il faut ici faire la part des influences locales, car il n'était pas possible de conserver cet instrument dans le même endroit du bâtiment, surtout pour les observations d'amplitude. Nous croyons cependant qu'on pourrait les regarder comme exactes à un degré près, à cause de l'attention soutenue que commandait notre genre d'explorations; mais nous n'avons porté sur les cartes que les déclinaisons observées avec la boussole à lunette de Lenoir. Nous devons prévenir toutefois que lorsqu'on est très-près de la côte, certains rochers peuvent avoir de l'influence sur ' l'aiguille aimantée : c'est ce que nous avons éprouvé auprès du rocher le Lion et aux environs du cap Rosa i .

C'est ici le moment d'indiquer un moyen de diminuer ou plutôt d'écarter les erreurs que l'on commet ordinairement en se servant uniquement de la boussole pour relever les points

1 Sur le rocher le Lion on a trouve' 10° 41 de déclinaison N. 0. tandis que , à Bone, à un mille an S. O. ou a eu 17° 45'. Dans te premier endroit ï'inctinaison de t'aiguille n° 1 a été de 59° 2' et dans le second 56° 51'.

de la côte qui doivent servir à fixer la position du bâtiment. If vaut beaucoup mieux ne relever qu'un seul point et prendre, avec un sextant ou un cercle de réflexion, des angles de ce point à tous les autres. On est bien plus sûr d'un relèvement qui se fait sans préoccupation et sans être obligé de faire tourner d'une grande quantité la boîte de la boussole, ce qui donne toujours un certain mouvement à l'aiguillé. Ce relèvement étant corrigé de la déclinaison , on en déduit les autres et on les porte sur la carte. Pour les personnes qui ne craignent pas d'abandonner d'anciennes habitudes, il serait encore préférable d'employer les constructions indiquées par M. Beautemps- Beaupré dans l'appendice du voyage de d'Entrecasteaux. On peut encore déterminer la position du bâtiment par une méthode nouvelle et facile que donne M. de Tessan dans sa note III, où l'on trouvera en outre des développements fort intéressants sur ce sujet.

Nous croyons qu'il serait avantageux de se servir , pour diriger la route et pour prendre des relèvements, d'un compas à correction \ On abrégerait ainsi le calcul de la réduction des routes, et lorsqu'on aurait à porter un gisement sur une carte, il n'y aurait plus de chance de se tromper en la corrigeant de la déclinaison. Nul doute que cette correction mal appliquée n'ait été la cause de la perte de plusieurs bâtiments , lorsque pendant la nuit, surpris par l'apparition subite d'une terre ou d'un danger, il a fallu donner à l'instant même une route corrigée. M. de Tessan a imaginé un petit mécanisme * fort simple, au moyen duquel on peut changer, quand on veut, la position de l'aiguille. II a été adressé à M. le ministre de la marine une demande pour qu'on en fît l'essai; d'après ses ordres, deux compas ont été embarqués à bord d'un bâtiment de l'Etat, qui est parti de Brest pour faire campagne. On a en même temps essayé un autre mécanisme d'une invention heureuse, qui est dû à M. Daussy, ingénieur en chef, mais qui

(1) Voyez la note VIL

convient plus particulièrement an compasde relèvement. Après cette expérience, quelques objections ont été présentées à l'emploi de ces boussoles; celle sur laquelle on paraît s'appuver davantage est la nécessité où. Fon se trouve de toucher souvent à la rose , pour appliquer 1$ correction , et de ne pouvoir le faire d'une manière exacte quand la déclinaison n'est pas connue. Mais n'est-on pas obligé tous les jours d'employer une déclinaison quelconque pour donner une route ou pour faire le point? On porte sur ïe journal les déclinaisons qui ont été obtenues par les amplitudes observées le matin et le soir, on note aussi à midi celle qui a servi à faire le point, eh bien, il faut écrire de même celle qui a été employée pour corriger le compas , afin qu'on puisse y apporter les rectifications convenables , orsqu'on sera resté plusieurs jours sans observations 1 .

Nous allons maintenant donner le tableau des positions des principaux points de la côte que nous avons explorée. Les signes©. indiquent les résultats obtenus parles observations du soleil et des étoiles, le signe a désigne les positions déduites de la construction. Nous y avons joint les déclinaisons de l'aiguille, observées à terre, et les azimuts qui ont servi à orienter notre travail.

Nous ferons connaître auparavant les positions des endroits où l'on a fait à Toulon les observations nécessaires pour régler nos montres, parce que c'est en partant de ce méridien que nous avons conclu la longitude d'Alger.

Observatoire de la marine.

Latitude N. 43° 7' 20". Longitude E. 3° 35' 30". En temps h 14' 22".

Cour la plus S. du Lazaret.

Latitude N. 43° 4' 48". Longitude E. 3° 34' 37", 5. En temps h 14' 18', 5.

Cette dernière a été obtenue au moyen d'une station rapportée sur un plan de M. Gautier.

l Voyez la note VII.

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