ANCIENNES DESCRIPTIONS DE BUENOS-AYRES
lation. Buenos-Ayres possède un grand nombre d'écoles, dont une publique dans chaque paroisse; beaucoup de collèges privés pour les enfants de la haute société, un collège national, une université ; mais elle ne fait que des docteurs en droit. Suivant le système allemand, l'enseignement secondaire s'y rattache sous le titre d*Estudios preparativos ; en outre une faculté de médecine, la seule du pays. L'enseignement de la théologie n'existe pas et les jeunes étudiants doivent aller au séminaire de Cordova pour l'apprendre ; d'ailleurs beaucoup d'ecclésiastiques sans cures sont étrangers.
Nous avons une courte description de Buenos-Ayres en 1691 par le jésuite Anton Sepp, dans laquelle on l'appelle une petite ville, car elle n'avait alors que deux rues en croix ; les maisons étaient construites en pisé, les toits couverts de paille et le tout si mal établi, que ces maisons duraient à peine sept années et s'écroulaient ensuite. Là ville possédait alors^ quatre couvents, dont les bâtiments et les églises n'étaient pas mieux construits. Les jésuites, arrivés peu de temps auparavant, commencèrent à cuire ie la brique et à bâtir avec de la chaux , matériaux de construction inconnus jusque-là à Buenos-Ayres, car les tuiles pour la toiture de la nouvelle habitation du gouverneur furent apportées i'Espagne. L'habitation du gouverneur n'était guère mieux que les autres maisons, quoiqu'elle fût entourée d'un petit rempart et i'un fossé. La garnison était de 900 hommes, mais on pouvait compter sur 30000 hommes d'origine indienne, les aïeux des Gauchos, montés à cheval et avec leur armement particulier. Après le D^ouverneur, le premier personnage était révêque,dont le revenu s'élevait à 3000 thalers (pesos espagnols), ce qui ne veut pas dire beaucoup, car tout était très-cher. Un couteau ordinaire se payait 1 p. f., un chapeau 10àl2 p. f., une carabine 20 à 30 p. f., suivant la qualité, une vara de toile 2 p. f., ou à l'intérieur jusqu'à 3 et^-p. f. Au contraire, tous les vivres étaient à vil prix : une vache ne coûtait pas deux réaux, un cheval le double ; les figues • et les pêches étaient en superflu; on les donnait pour rien, car tout le monde en avait assez.
illH PROVINCE DE SANTA-FÉ.
lîn siècle plus tard, Félix de Azara vint à Buenos-Ayres et nous décrit cette ville comme étant déjà un lieu considérable. ElleaN-ait alors iOOOO habitants, était bien bfttie dans le vieux style espagnol, et possédait la Cabildo et les cinq grandes églises voisines de la Plaza qui en font encore aujourd'hui Tornement ; le portail grec de la cathédrale n'existait pas encore. Nous supposons cette description connue, et comme ce livre se trouve dans toutes les mains, nous ne la répéterons pas. Beaucoup de ce qu'il dit sur le mode d'existence de la ville à cette époque s'applique encore à l'état actuel, et prouve l'exactitude de ses observations et la ténacité avec laquelle les habitudes nationales persistent une fois acquises et transmises.
En outre de la capitale, la province de Buenos-Ayres a encore un nombre assez grand de petites villes qui forment le centre des districts dans lesquels on la divise. Le recensement indique le chiffre de la population de chacun de ces districts, mais sans détailler celui des villes, ce qui ne nous permet pas de connaître le nombre de leurs habitants. Parmi les plus importantes citons Lujan, Mercedes, Chivilcoy, Ghascomus, San-Nicolas, Pergamino, Lobos, Dolores et Azul qui ont de 8 à 10 000 habitants dans le district et 2 à 3000 dans la ville ; les autres districts ont de5i 6000 habitants et les villes 1000 à 1200. La contrée la mieux peuplée est celle de Lujan ; elle est la plus proche de Buenos-Ayres etla plus ancienne ville de la province. Elle a été construite sur l'emplacement où on retrouva le cadavre du cavalier du même nom tué dans le premier combat contre les Indiens et à côté de lui son fidèle cheval encore envie (voy.note 33, p. 124).
î« Santa-Fé.
La province de Santa- Fé forme une zone de terre étroite entièrement plate sur la rive occidentale du Paranâ, longue d'environ 70 milles géographiques et lai-ge de 15 à iO. Elle s'étend de l'Arl'oyo ilol Iley au nord sous :Î9* lai. S., jusqu'à l'Arrojo dei