‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 208 sur 583 · Santiago del Estera · texte numérisé non relu

Santiago del Estera

Cette province est une des plus grandes de la république et si on lui attribue encore le Gran Ghaco, comme elle le re?eDdique, elle se trouvera la plus vaste de toutes. Mais la partie en culture de ce territoire, que le recensement un peu exagéré estime à 10000 lieues carrées, est seulement de 3000 lieues carrées, et reste pour la densité de la population en arrière de plusieurs des autres provinces. La population totale, d'après k recensement, s'élève à 132 898 âmes, dont 66 017 hommes el 66 881 femmes. Si on la calcule d'après l'aire, on trouve 75 individus par lieu(» carrée, tandis que Buenos-Aires en a deux cinquièmes de plus, c'est-à-dire 125, etTucuman, province dont la population est la plus dense, arrive au chiffre presque double de I fô individus. Mais dans ses districts peuplés, Santiago ne compte guère moins de têtes par lieue carrée que la plupart des autre? provinces. G'est par l'adjonction de tout le d'an Ghaco quVIlo devient la province la moins peuplée et en même temps r^'lleo» les Indiens sont on plus grand nombre; des villages entiers 9\iuèf

NATURE W SOL DE CETTE PROVliNCE. 335

jusque dans les parties cultivées se servent du guarani comme de leur langue maternelle.

Quant aux limites de la province de Santiago, elles sont indéterminées à Test, où elle confine au Gran Chaco ; au sud elle est bornée par Gordova, par la ligne de séparation indiquée plus haut ; au nord elle a pour voisines Tucuman et Salta, et la limite passe du Rio Dulce à l'embouchure du Rio Hondo jusqu'au Rio Salado près de l'Estanzia Mojon, en se prolongeant sans détermination sûre au delà, dans le Gran Ghaco. La position de Mojon est fixée à 25*4(y lat. S. et 6/*«80' ouest de Greenwich {66'bO' de Paris), mais elle manque de précision rigoureuse. A l'ouest, Santiago confine à Gatamarca ; la limite longe la Sierra Ancasta du Rio Guacra jusque dans la Grande saline, mais laisse à la province de Gatamarca les établissements situés au pied de la sierra.

La plus grande partie du sol de la province appartient à la pampa stérile, et la partie occidentale se classe dans les régions les plus misérables du pays. Des surfaces immenses sont occupées par le désert salé, impropre à toute espèce de culture. La colonisation commence seulement à partir du Rio Dulce à Test, où on rencontre Atamisqui, la Ganada, Salavina, et quelques autres localités voisines habitées par des descendants des Indiens. La région à l'est jusqu'au Rio Salado est la partie la mieux cultivée de la province, on y trouve des pacages ; mais déjà près du Salado commence le caractère forestier du Gran Ghaco, qui s'étend de là jusqu'au Rio Paranà et est habité ou parcouru seulement par des hordes d'Indiens. Dans le sud de la province, où elle confine à celle de Gordova, elle en prend aussi le caractère; c'est-à-dire que la pampa stérile y prédomine, avec forêt d'arbrisseaux, sans surfaces un peu étendues propres à l'agriculture. J'ai visité cette région dans mon voyage ; à la station de Portezuelo {Reise II, p. 103) on touclie le sol de Santiago del Estero, et on y reste jusqu'à Gramillo. Au delà de ce poste, à Baguai, le caractère beaucoup meilleur du district de Tucuman commence à se montrer.

La province entière forme une plaine continue sans montagnes ;

336 SES l»RODLCTIONS.

la seule exception est la petite sierra stérile de Guazayan, à TouH de la capitale. Elle est formée de roches métamorphiques et ne s'élève pas à plus de 330 mètres au-dessus de la plaine. Celle-ci estla partie la plus déprimée de la plaine argentine centrale, et se trouve en moyenne entre 140 et 180 mètres au-dessus du niveau de rOcéan en se relevant lentement à l'ouest au pied des montagnes voisines. La steppe salée en est le point le plus bas <*t se trouve à peine à 140 mètres au-dessus de l'Océan. La province a un climat très-chaud, et comme elle participe déjà à la pauvreté en pluies de tout le côté occidental, elle n'offre aucune chance de succès à l'agriculture sans irrigations artificielles. La région du Rio Hondo seule a des champs de blé. Le bétail, les chevaux et surtout les mulets sont les produits les plus fructueux et les plus recherchés. Les oranges de Santiago sont les meilleures du paj-s; àRoblesetHiguerasurleRioDulce, on cultive la canne à sucre, et on apporte de l'intérieur du Gran Chaco sur le marché de Santiago beaucoup de miel de la guêpe lecheguana (Chartergus). Les districts indiens fournissent les étoffes des vêtements ordinaires, et principalement des ponchos et des couvertures de laine que les femmes tissent avec habileté et savent, par des pi*océdés simples, orner avec des laines teintes. Cette industrie est très-ancienne chez les femmes indiennes et s'est conservée jusque chez les générations actuelles. Avant la conquête elles emplopient le coton.

La capitale, Santiago, bien que la plus ancienne ville de Tintérieur (voy. p. 88) a été longtemps un centre très-insignifiant d'un aspect misérable. En 1869 elle n'avait que 7 775 habitants et aucun édifice remarquable, car l'ancienne cathédrale était tombée en ruine; mais elle est reconstruite aujourd'hui. La seule curiosité est un couvent avec une haute tour. La ville, d'après la détermination du lieutenant Page, est située sur le Rio Dulce par 66* ii 15" ouest de Paris (64« 22' 15" ouest de Grenwich.) et i? 46' 20" lat. S., position assez conforme à celle admise antéiieurcment. M. Moneta m'a donné au contraire 66» 39' 55' comme résultat de ses observations. — En dehors de cette ville il

Page 1