‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 210 sur 583 · San-Luis · texte numérisé non relu

San-Luis

Cette province est une des plus petites et des moins peuplées de la république, et à ce point de vue ressemble à La Rioja et à Jujuy, bien que ces deux dernières soient encore un peu inférieures par le nombre des habitants. Le rencensement de 1869 accuse seulement 53 294 âmes, dont 25189 hommes et 28105 femmes. La capitale placée à une altitude de 758 mètres, par Gô** 15' m' de Greenwich (68o 35' 49" de Paris) et 33» 25' 45" lat. S., n'a que 3748 âmes, et cette faible population lui donne, après Jujuy, la dernière place parmi les capitales de province du pays. A côté d'elle il n'existe aucune autre localité importante dans le territoire Puntanien, dénomination usuelle employée par les habitants de San-Luis et empruntée à l'ancien nom de la ville, appelée San-Luis de la Punla à l'époque où elle appartenait encore au gouvernement du Chili et en constituait la pointe orientale.

A l'est, la province est bornée par celle de Cordova, dont nous avons déjà fait connaître la ligne de démarcation ; au nord par La Rioja dont la ligne de démarcation court sous 30 5' lat. S.; au nord par Mendoza, dont le Rio Desaguadero forme la ligne (le démarcation, et au sud elle se prolonge sans délimitation précise dans les steppes de Patagonie, où elle englobe la région de la lagune Bevedcro. Elle forme une large plaine, interrompue dans le nord par la sierra, coupée en diagonale dans le sud par le Rio Quinto. Elle offre peu de ressources agricoles, mais s'approprie très-bien à l'élève des animaux. La moitié sud est en grande partie formée de pacages qui malheureusement sont encore exposés aux attaques dos Indiens. Les hordes qui habitent le

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sud de celte province sont d'une nature très-sauvage et apparli^nnent à la grande famille des Araucaniens, dont ils possèdent entièrement le caractère. Ils portent le nom de Ranqueles et sont de la branche septentiionale des Puelches, rameau oriental des Araucaniens. D'api'ès Azara ils ont absorbé les débris des Querandisel habitaient par conséquent la province de Buenos- Aires ". La principale richesse de la province est dans la sierra, cpii contient des mines importantes connues depuis fort longtemps, mais exploitées avec méthode seulement depuis peu de temps". La sierra où se trouvent ces mines est peu étendue, comme nous Tavons vu en la décrivant (pag. 338), mais elle s'élève à une grande hauteur. Les sommets les plus importants, le Cerro Pancata, le Cerro Monipote et le Cerro Tomalasla, atteignent 15110, 2000 et 2200 mètres.

D'après le recensement de 1809, cette province a 65 413 habitants, dont 32291 hommes et 33122 femmes. Elle forme une plaine qui s'incline doucement du pied des Cordillères latérales dans les pampas jusqu'au Desaguadero, sa limite orientale, en s'abaissant d'une élévation moyenne de 770 à 800 mètres à un minimum de 410 à 420 mètres au-dessus du niveau de la mer. Au nord elle est bornée par San-Juan de façon à ce que le bassin du Rio San-Juan lui appartienne, et celui du Rio de Mendoza à celte dernière province. La démarcation est formée par une ligne imaginaire tirée de la source du Rio de los Palosjusqu*à la lagune Guanacache. A l'ouest, elle confine au Chili, la crête principale occidentale des Cordillères servant de frontière. Au sud elle se prolonge jusque dans les steppes patagonnes, mais ne possède plus aucun ét^iblissement au sud du Rio Diamante. Dans presque toute son étendue le sol de la province est de la pampa stérile: mais comme les petits ruisseaux qui descendent des Cordillères et les rivières du Rio de Mendoza, du Rio Tunuyan, du Rio Diamante et du Rio Atuel, qui toutes coulent par un pays déclive^ facilitent les irrigations ariificielles, il s'est créé près des deu^

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premières nommées des terrains de culture étendus sur lesquels on récolte du blé, du maïs et de la luzerne. Après l'agriculture, Tengraissement du bétail est l'industrie la plus importante. Les

quatre provinces des Cordillères envoyent chaque année 40 000 à 50000 tètes de bétail au Chili, dont le prix moyen s'élève à 20 p. f. Mendoza en fournit un quart, San-Juan un tiers, les deux autres provinces le reste, Catamarca la moins (3 à 4000 têtes), parce que cette province possède peu de surfaces en culture au pied des Cordillères.

Après l'agriculture proprement dite, les arbres fruitiers sont un des revenus les plus importants du pays. Les melons, les pèches et les abricots de Mendoza comptent parmi les meilleurs ; les pêches, notamment, récoltées en grand nombre et desséchées, viennent jusqu'à Buenos-Ayres. Mais la fabrication du vin surtout promet de bons bénéfices, bien qu'on le consomme presque tout dans la province, et que par la manipulation défectueuse du raisin il reste de qualité médiocre. Des producteurs plus intelligents pourront faire mieux. L'auteur, pendant son séjour à Mendoza possédait un champ de vigne (vina) et pendant une année entière n'a bu que du vin du cru. Il peut certifier que le raisin bien traité fournira des vins très-buvables, et que souvent le vin rouge vieux et dépouillé se rapproche du bourgogne. On plante la vigne et la luzerne dans des champs clos, que l'on submerge de temps en temps, au moyen de canaux qui parcou- ' rent tous les champs et sont sous la surveillance d'un employé particulier. Celui-ci prend soin que chaque lot de terre reçoive la part d'eau qui lui revient. Outre le vin, on fait encore beaucoup de raisins secs qui se vendent bien à Buenos-Ayres. On récolte aussi des olives que l'on expédie jusqu'à Buenos-Ayres sous foi*mc de conserves.

La ville de Mendoza a été complètement anéantie par le violent tremblement de terre du 20 mars 18(H ; mais on l'a reconstruite à neuf*. D'après le recensement elle a 8124 habitants et était plus peuplée avant le tremblement de terre. Elle est riche et offi-ait avant le cataclysme l'aspect d'une jolie cité avec cinq belles

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égalises, quatre couvents, dont trois de moines et un de religieuses, qui, m'a-t-on dit, seront reconstruits, mais seront inférieurs aux anciens édifices par l'étendue et l'élégance. La position géojn'aphique avait d'abord été portée trop à l'ouest puisqu'on la plaïjait par 52" ouest de l'Ile de Fer (72" de Paris et 69^ 40' de Greenwich). De nouvelles observations ont démontré que cette position était presque d'un degré trop à l'ouest, et que son véritable emplacement, déduit de trois observations faites par divers auteurs, devait être ainsi fixé : 68<» 45' 9" ouest de Greenwich (7i« 5' 49" de Paris) et 32» 52' lat. S. •^. Les observations de mon ami Moneta sont un peu différentes, et donnent OB'» 45' 39" pour la longitude et 32° 53' 5" pour la latitude. J'ai déterminé moi-même son élévation au-dessus du niveau delà mer à 772 mètres, movennede plusieurs observations barométriques que j'y ai faites.

Le côté occidental de la province est montagneux ; il contient l'extrémité des chaînes latérales des Cordillères connues sous le nom de Sierra de Uspallatî\; et le prolongement du massif principal des Cordillères, avec les sommets élevés de l'Aconcagua el du Tupungato, traverse la province dans toute sa longueur. Ce que nous avons déjà dit antérieurement sur ces deux montagnes (p. 204 et 204) est suffisant. La Sierra de Uspallata possède à l'ouest, vers Uspallata, des mines de cuivre exploitées avec peu d'énergie. Les fonderies pour le cuivre se trouvent dans la Milléo de Uspallata sur la principale route allant au Chili.

En dehors de la capitale, la province ne possède plus aucun*' autre ville et aucune localité ayant iOOO habitants.Après Mendoza, le village le plus important est Lujan, au sud de la province, el San-Vinrent à Test, peuplés chacun de 800 habitants. Le point liabité le plus méridional de la province est le fort San-Raphael suite Rio Diamante. Il n'existe aucun établissement a l'intérieur des Cordillères, et dans la Sierra de Uspallata on ne trouve que dos estanzias pour le bétail, avec peu d'habitants. Le district agricole le plus important est la région supérieure du Rio Tunuyan, cnfiv Totoral et Estacado.

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