LES PLUIES ET L4 NEIGE
Pendant Tannée 1857-1858, que je passai à Mendoza, // plut 39 fois dans la ville et les environs, mais la plupan de ces pluies étaient si courtes qu'elles ne duraient pas une heure , et quelques-unes seulement pligs de deui heures. Les mois d^hiver, juin, juillet et août furent sans pluie, on vit seulement tomber deux ou trois fois une bruine fine, vaporeuse, qui dura même toute la journée, et transforma la poussière du sol en une boue épaisse, très-incommode pour les habitants. Mais M. Tross a vu tomber plusieurs fois de la pluie pendant Phiver de Tannée 1852, et il a même compté pendant les trois mois 5 jours de pluie, dans Pun desquels (le 16 juin) il tomba aussi de la neige. Ce phénomène est régulier à Mendoza; il passe rarement une année sans qu'il y tombe de la neige, et moi-même j'en ai vu tomber le 3 septembre 1857, dans le premier mois du printemps. Déjà, depuis deux jours, le ciel était couvert et Tair humide, mais sans véritable bruine ; enfin, le troisième jour, la neige commença à tomber vers midi et elle tomba jusqu'à 3 heures après-midi;, le lendemain, tout le sol élail couvert d'une couche de neige de 3 à 4 pouces, épaisseur qui augmenta constamment jusqu'à midi. A une heure, le soleil se montra k travers les nuages; bientôt la neige commença k fondre et continua ainsi jusqu'au soir, on elle avait complètement disparu. Mais sur les monlagnes voisines, on vit encore de la neige pendant quelques jours: on en voit ainsi de temps en temps, même pendant les jours les plus chauds de janvier, quoique le sommet des montagnes de la sierra d'Uspallata n'atteigne pas la ligu^ des neiges perpétuelles. Des vents froids de Sud-Ouest qui passent sur les pics voisins des Cordillères, couverL^ d^ neiges perpétuelles, refroidissent pour quelque temps le> sommets des montagnes du coté occidental de Mendoia, et transforment les nuages en neige. J'ai vu plusieurs foi> ce phénomène, même en janvier. Il va sans dire qu»^peiî-
int l'hiver, ces montagnes sont couvertes de neige pour leiques mois, non-seulement sur leurs sommets, mais Lcore dans les vallées de l'intérieur, qui les séparent des tritables Cordillères.
La grêle tombe encore plus souvent, k Mendoza, que la îige. Moi-même, je n'ai vu qu'une seule fois une chute î grêle, le 18 décembre 1857; elle était accompagnée de luie et commença à 5 heures après-midi. Les grêlons 'étaient pas très-abondants et leur grosseur ne dépassait as celle d'un pois. Cependant, durant mon voyage k Menoza, j'ai observé une forte chute de grêle le 5 mars 857, tout près de San José del Morro, et M. Tross a vu eux fois en Tannée 1855, le i*' avril et le 19 novembre, Bs grêlons de la grosseur d'un œuf de poule, qui tuèrent, IDS un champ de maïs, tout près de son domicile, isqu'à 50 perroquets (Conurus patagonicus). Le phénolène de la grêle se répète annuellement avec autant de igularité que celui de la neige, mais il n'est pas aussi Mictement fixé sur la même saison, car la neige tombe ulement pendant la durée de Thiver et jusqu'au comencement du printemps , et la grêle au printemps et I été '\
Aucune chute de neige si forte n'a jamais été observée Buénos-Ayres ni dans les provinces orientales de la Réiblique ; mais au centre, plus élevé, il neige aussi quellefois, et moi-même j'en ai vu tomber k Cordova, le 16 illet 1859, k mon départ de la ville.
Les 39 jours de pluie observés par moi k Mendoza se disbuent entre neuf mois de l'année, les trois d'hiver n'en ant aucun, de la manière indiquée dans le tableau ci- >sous. J'ai joint k mes observations celles de M. Tross, l'année 1852, pour montrer que le nombre des pluies presque le même et que leur chiffre annuel en est ibablement voisin.
Malheureusement, M. Tross ne pouvait pas mesurer la